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Full text of "Exposition des primitifs français au Palais du Louvre (Pavillon de Marsan) et à la Bibliothèque nationale : catalogue"

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THE J. PAUL GETTY MUSEUM LIBRARY 



FROM THE LIBRARY OF 

Frank Simpson 



ŒUVRES EXPOSEES 

AU 

PALAIS DU LOUVRE 



PEINTURES — DESSINS — ÉMAUX 
TAPISSERIES 



PEINTURES & DESSINS 



LES PRIMITIFS FRANÇAIS 



Imprimé pour 

LE COMITÉ DE l'eX POSITION 

DES PRIMITIFS FRANÇAIS 

par la 

GAZETTE DES BEAUX-ARTS 

Paris, S, rue Favart 



EXPOSITION 

DES 



Primitifs Français 

AU PALAIS DU LOUVRE 

(Pavillon de Marsan) 



A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE 



Catalogue 



REDIGE PAR 

MM. Henri BOUCHOT, Conservateur au Département des Estampes 
{Peintures et Dessins) ; Léopold DELISLE, Membre de l'Institut. 
Administrateur général de la Bibliothèque Nationale Miniatures 
et Manuscrits de la Bibliothèque Nationale et collections 
particulières); J.-J. GUIFFREY, Membre de l'Institut. Administra- 
teur de la Manufacture Nationale des Gobelins {Tapisseries); 
FRANTZ-MARCOU, Inspecteur général des Monuments histori- 
ques (/iWis;»^') ; Henri MARTIN, Conservateur à la Bibliothèque 
de l'Arsenal {Miniatures de la Bibliothèque de V Arsenal : Paul 
VITRY. attaché aux Musées Nationaux {Sculpture). 

Préface de M. Georges LAFENESTRE, Membre de l'Institut, 
Conservateur des Peintures au Musée du Louvre 



PARIS 

PALAIS DU LOUVRE 
ET BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 
Avril 1904 

4845" 



THE J. PAUL GETTY MUSEUM LIBRARy 



PRESIDENCE D'HONNEUR: 

M. LE Ministre de l'Instruction Publique. 

VICE-PRÉSIDENCE D'HONNEUR : 

M. LE Directeur des Beaux- Arts ; M. le Directeur de l'Enseignement 

Supérieur 



ADMINISTRATION DE L'EXPOSITION 



Président : M. Edouard Aynard, député du Rhône, membre de 
l'Institut. 

Vice-Président : M. Georges Berger, membre de l'Institut, président 
de l'Union Centrale des Arts décoratifs et de la Société des Amis du 
Louvre. 

Vice-Président des Comités d'organisation : Le Comte Robert de 
Lasteyrie, membre de l'Institut, professeur à l'Ecole des Chartes. 

Administrateurs : M. Léopold Delisle, membre de l'Institut, admi- 
nistrateur général de la Bibliothèque nationale; M. J.-J. Guiffrey, mem- 
bre de l'Institut, administrateur de la Manufacture des Gobelins ; M. Ga- 
briel Hanotaux, de l'Académie française; M. Kaempfen. Directeur des 
Musées nationaux; M. J.-L. Pascal, membre de l'Institut, architecte, 
inspecteur général des Bâtiments civils; M. E. Saglio, membre de l'Ins- 
titut, conservateur honoraire du Musée de Cluny. 

Secrétaire général : M. Henri Bouchot, conservateur du Département 
des Estampes à la Bibliothèque nationale. — Secrétaire : M. P. -A. Le- 
moisne, archiviste paléographe; — Adjoints: MM. Carie Dreyfus et 
André Germain ; — Commissaire de l'Exposition du Pavillon de Marsan : 
M. Metman, conservateur du Musée des Arts décoratifs. — Trésorier : 
M. T. MoRTREuiL, secrétaire trésorier de la Bibliothèque nationale. — 
Trésorier adjoint : M. Paul Lacombe, trésorier de la Société de l'Histoire 
de Paris. 



VI 



COMITÉS D'ORGANISATION 

i'* Section. — Peintures et dessins. — Président: M. Georges 
Lafenestre, membre de l'Institut, conservateur du Département de la 
Peinture au Musée du Louvre. 

Membres : MM. Camille Benoit, conservateur adjoint des Musées 
nationaux; François Benoit, professeur à l'Université de Lille; Bigard- 
Fabre, chef de bureau à l'administration des Beaux-Arts; H. de Chenne- 
viÈRES, conservateur adjoint des Musées nationaux; Jules Comte, direc- 
teur de la Revue de l'Art, ancien Directeur des Bâtiments civils ; L. Dimier, 
critique d'art ; Comte Paul Durrieu, conservateur honoraire des Musées 
nationaux; Charles Fphrussi, directeur de la Galette des Beaux-Arts; 
Louis GoNSE, membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts ; Anatole 
Gruyer, membre de l'Institut, conservateur des Peintures du Musée 
Condé à Chantilly ; Jean Guiffrey, des Musées nationaux; André Hal- 
LAYS, du. Journal des Débats; Raymond Kœchlin, secrétaire général de la 
Société des Amis du Louvre; Henry Lemonnier, professeur de l'Histoire 
de l'art à l'Université de Paris; Paul Leprieur, conservateur adjoint des 
Musées nationaux; Paul Leroi, directeur de l'Art; Jules Maciet, collec- 
tionneur, vice-président de l'Union centrale des Arts décoratifs ; Manzi, 
directeur du journal Les Arts; Jean Masson, collectionneur; André 
Michel, conservateur du Département de la Sculpture au xMusée du 
Louvre; Pierre de Nolhac, conservateur du Musée de Versailles; André 
Peraté, conservateur adjoint du Musée de Versailles; Bernard Prost, 
inspecteur général des Bibliothèques et archives; Schlumberger, membre 
de l'Institut ; Paul Vitry, attaché aux Musées nationaux. 

IP Section. — Manuscrits et miniatures. — Président : 
M. Henri Omont, membre de l'Institut, conservateur du Département 
des manuscrits à la Bibliothèque nationale. 

Membres : MM. Couderc, conservateur adjoint au Département des 
Manuscrits de la Bibliothèque nationale ; Léon Dorez, bibliothécaire au 
Département des Manuscrits ; le Comte Paul Durrieu ; Camille Enlart, 
conservateur du Musée du Trocadéro ; Henri Gallice, collectionneur; 
Paul Leprieur; Gustave Macon, conservateur adjoint du Musée Condé à 
Chantilly ; Mâle, professeur de première au Lycée Louis-le-Grand ; Ch. 
de La Roncière, sous-bibliothécaire au Département des Manuscrits ; 
Henri Martin, conservateur du Cabinet des ÎSlanuscrits à la Bibliothèque 
de l'Arsenal ; Salomon Reinach, conservateur du Musée de Saint-Ger- 
main. 

III' Section. — Tapisseries et étoffes peintes. - Président : 
M. Maurice Fenaille, collectionneur. 



VII 



Membres : MM. Crost (L.), chef de bureau à l'administration des 
Beaux-Arts; Farcy (L. de), historien d'art à Angers ; Fournier-Sarlovèze, 
artiste peintre, collectionneur et amateur ; J. Guibert, sous-bibliothécaire 
au Département des Estampes ; J . Maciet, vice-président de l'Union 
centrale des Arts décoratifs ; Gaston Lebreton, conservateur du Musée de 
Rouen, membre correspondant de l'Institut ; Martin Le Roy, conseiller à 
la Cour des comptes ; xVIetman, conservateur du Musée des Arts décora- 
tifs ; Albert Maignan, artiste peintre, collectionneur. 

IV*" Section. — Emaux. — Président : Frantz Marcou, inspecteur 
général des Monuments historiques. 

Membres : MM. François Courboin, bibliothécaire au Département 
des Estampes; E. Haraucourt, conservateur du Musée de Cluny ; Henri 
DE La Tour, conservateur adjoint du Département des médailles à la 
Bibliothèque nationale ; Abel Lefranc, secrétaire du Collège de France ; 
Gaston Migeon, conservateur du Département de la Renaissance au 
Musée du Louvre ; Lucien Magne, architecte ; J.-J . Marquet de Vasselot, 
attaché aux Musées nationaux ; Paul Vitry, attaché aux Musées natio- 
naux. 

M. P. Vitry a bien voulu se charger de choisir les sculptures qui 
ornent les salles du Pavillon de Marsan. 

COMITÉ DE PATRONAGE 

MM. le Prince A. d'ARENBERG, de l'Institut ; Edouard Aynard, de 
l'Institut ; Ernest Babelon, de l'Institut ; S. E. M. Barrère, ambassadeur 
de France, Palais Farnèse, Rome ; le duc de Bauffremont ; Georges 
Berger, de ITnstitut ; Bihourd, ambassadeur de France, Berlin; 
D'' W. Bode, Directeur du Musée Royal de Berlin; L. Bonnat, de 
l'Institut; S. E. M. Cambon, ambassadeur de France, Londres; 
Ch. L. Cardon, architecte, Bruxelles ; Georges Clemenceau, Sénateur, ; 
Corrado Ricci, Directeur du Musée des Offices, à Florence (Italie) ; Lio- 
nel CusT ; Deville, Président du Conseil municipal; Stéphane Dervillé, 
Président du Conseil d'Administration du P.-L.-M. ; Lady Dilke ; Gus- 
tave Dreyfus; Charles Ephrussi ; Fétis, Directeur de la Bibliothèque 
Royale de Bruxelles (Belgique) ; Lady de Grey ; J.-J. Guiffrey, de l'Insti- 
tut ; Gabriel Hanotaux, de l'Académie Française ; Henri Hymans, Con- 
servateur du Cabinet des Estampes, Bibliothèque Royale, Bruxelles (Bel- 
gique) ; Kaempfen, Directeur honoraire du Musée du Louvre, Palais du 
Louvre ; Paul Leroi, Directeur de VArt] S. A. S. le Prince de Liechten- 
stein, Palais de Liechtenstein, Vienne (Autriche < ; J. Maciet; Monsei- 
gneur Perraud, de l'Académie Française, Cardinal Évêque d'Autun ; S. A. 
le Prince Radolin. Ambassadeur d'Allemagne, Paris ; le Marquis de Re- 
VERSEAux, Ambassadeur de France, Vienne (Autriche) ; Henri Roujon, 



VIII 



Secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts ; I. Van Rijswijck, 
bourgmestre de la Ville, Anvers (Belgique) ; A. Schaffer ; S. E. le D*" 
ScHONE, Directeur des Musées royaux, Berlin ; le Comte de Seckendorf ; 
de Selves, Préfet de la Seine, Hôtel-de-Ville de Paris ; S. E. M. de 
Stuers, Ambassadeur des Pays-Bas ; Supixo ; S. E. le Comte Tornielli, 
Ambassadeur d'Italie ; E. Verlant, Directeur des Beaux- Arts Bruxelles ; 
Waldeck-Rousseau, Sénateur ; M' auters, Professeur de l'histoire de 
l'Art, à Bruxelles ; le Comte Wilczek, à Vienne (Autriche). 

DAMES 

M'"'' Edouard André; la marquise Arconati Visconti, ; la comtesse 
de Béarn; la comtesse Jean de Castellane ; la comtesse Greffulhe; la 
comtesse de Pourtalès. 

MEMBRES PROTECTEURS 

MM. le duc de La Trémoïlle ; Paul Lacombe ; Gabriel Lacombe ; 
Gadala, agent de change ; le prince d'Essling ; Fenaille ; Mareuse ; 
Edouard Aynard ; De Rothschild frères,; Beurdeley : Méry; H. Pereire ; 
J. de Kerjégu ; Hugues Krafft ; Cercle de l'Union Artistique; Denys 
CocHiN, ; le baron Gérard; Bamberger; Charles Porgès; Archdeacon ; 
L. Goldschmidt; Drake; Moreau-Nélaton ; André Germain; le comte 
L. Cahen d'Anvers; F. Bischoffsheim ; le comte de Pomereu ; 
C. Groult; F. Roy; Isidore Leroy; le comte I. de Camondo ; le comte 
Boni de Castellane; le Cercle Artistique et Littéraire; M'"* la comtesse 
de Pourtalès ; M. Ernest Courbet. 

MEMBRES ÉTRANGERS DE LA COMMISSION SUPÉRIEURE 

MM. le D"" John Bottiger, Stockholm; Bredius, La Haye; S. Colvin, 
British-Museum ; Herbert Cook ; Robert Dell, Directeur du Bur- 
lington-Magazine; Destrée, Directeur des Musées Royaux des Arts 
Industriels, Bruxelles; Max Dvorak; C. Fairfax-Murray, Londres; Fie- 
rens Gewaert, Professeur à l'Université de Liège ; D"" Firmenich-Richartz, 
Bonn; J. Friedlander, Kœnigliche-Museum; D'' von Frimmel, historien 
d'art; H. de Geymuller. Baden-Baden; Arthur Haseloff, Berlin; Jules 
Helbig, Directeur de la Revue de V Art Chrétien^ à Liège; Heseltine, 
Londres; Cornélius Hofstede de Groot, La Haye; Georges Hulik, Pro- 
fesseur à l'Université de Gand, Gand; D'' Richard von Kaufmann, Pro- 
fesseur à l'Université et Conseiller intime, Berlin; H. Kervyn de Letten- 
hove, Bruxelles; Max Lehrs, Kœnigliches Kupferstich Kabinet Director, 
Dresde; Le Nain (L); Koch (feu Pierre), Musée des Beaux-Arts d'Anvers ; 
J. Lessings, Directeur du Kœnigliches Kunstgewerbe Muséum, Berlin; 
D"" A. Lichtwark, Hamburg ; C. de Mandach, Privât docentà l'Université 



de Genève; James Patox, F. L. S, Superintendent Corporation Art 
Galleries and Muséums, Glasgow ; A. Pit, Amsterdam ; de Platon Waxel, 
conseiller d'Etat, membre effectif de l'Académie impériale des Beaux- 
Arts de Saint-Pétersbourg ; Claude Philipps, Londres, Trustée of the 
Wallace Collection; B.-W.-F. van Reenneck, directeur du Rijks-Mu- 
seum, Amsterdam; Max Rooses, conservateur du Musée Plantin à 
Anvers ; Paul Seidel, director des Hohenzollern Muséums, Berlin ; 
W. de Seidlitz, directeur des Beaux-Arts, Dresde ; Jaro Spfinger, conser- 
vateur adjoint au Cabinet Royal des Estampes ; B. Supiko, directeur des 
Musées Nationaux, Florence; Thompson, conservateur du British Muséum; 
TscHUDi, directeur de la National Gallerie, Berlin; Camille Tulpinck, 
secrétaire-général de l'Exposition de Bruges ; Verhaegen, député de Gand ; 
James Weale, Londres; Weber (le Consul], Hambourg; Weizsaeker, 
Staedelsches Kunst Institut, Francfurt-a/-Mein. 

MEMBRES DE LA COMMISSION SUPÉRIEURE 

MxM. le Baron d'ALBEXAS, collectionneur ; Arsène Alexandre, critique 
d'art ; Aude, Bibliothécaire de la ville d'Aix ; Philippe Auquier, Conserva- 
teur du Musée de Marseille ; Albert Babeau, membre de l'Institut ; Ernest 
Babelon, membre de l'Institut ; Germain Bapst ; Sigismond Bardac, col- 
lectionneur ; Henri Béraldi, collectionneur ; Berr de Turique ; Bigard- 
Fabre, Chef du Bureau des Musées à la Direction des Beaux-Arts ; 
A. de BoiSLiSLE, membre de l'Institut, administrateur de Chantilly ; 
Léon Bourgeois, ancien président de la Chambre des Députés ; 
Breteuil, (M^s de) ; Etienne Bricon, critique d'arf ; Brouillon, (D"") ; 
Georges Cain, conservateur des Musées de la Ville de Paris ; Capi- 
taine Sadi Carnot, collectionneur ; Chevreux, conservateur du 
Musée d'Epinal ; Clemenceau (Georges), sénateur ; Jules Claretie, 
de l'Académie Française ; Ernest Courbet, receveur municipal de 
Paris ; L. Crost, chef de bureau à la Direction des Beaux-Arts ; Henr 
Dallemagne, écrivain d'art ; Pierre Daumet, membre de l'Institut 
Pierre Dauze. publiciste; Dayot (A.); Emile Delignières, à Abbeville 
Devilll, avocat, président du Conseil municipal; d'Hesvernay; Paul Du- 
bois, membre de l'Institut, directeur de l'Ecole des Beaux- Arts ; Monseigneur 
DucHESNE, membre de l'Institut, directeur de l'Ecole de France à Rome; 
Durand (G.) Amiens ; E. Durand-Gréville. écrivain d'art ; Edmond Foulc, 
collectionneur; L. de Fourcaud, professeur à l'Ecole des Beaux- Arts ; 
Funck-Brentano, de la Bibliothèque de l'Arsenal; Paul Gauchery, ingé- 
nieur-architecte, à Vierzon ; Gustave Geffroy, écrivain d'art ; Léon Giron, 
conservateurdu Musée N.-D. du Puy; Guignard (l'abbé) (Loches); baron 
Guillibert; Henri Havard, inspecteur général des Beaux-Arts; Maurice 



Kann, collectionneur ; Labande, conservateur du Musée Calvet; Louvrier de 
Lajollais ; Henri Lapauze, critique d'art; Henri Lavedan, membre de 
l'Académie française -, Louis Legrand, conseiller d'Etat; Lépine, préfet de 
police; Letort, conservateur-adjoint à la Bibliothèque ; Emile Lévy, direc- 
teur d"y4r/^/Z)^V6ir<^//6»;2; Lyox (Maire de) ; Ch. Mannheim, collectionneur; 
Farcy (P. de), Angers ; Manzi, directeur du journal Les Arts; G. Marcel, 
conservateur-adjoint ù la Bibliothèque Nationale ; Paul Marchai, conser- 
vateur à la Bibliothèque Nationale ; A. Marignan, écrivain d'art ; Roger 
Marx, inspecteur-général des Beaux-Arts ; Frédéric Massox, membre 
de l'Académie Française ; F. de Mély, écrivain d'art ; Mézières, de l'Aca- 
démie Française, conservateur de Chantilly ; Emile Michel, membre 
de l'Institut ; Emile Molinier, ancien conservateur du Musée du Louvre, 
ancien directeur des Expositions rétrospectives de 1900 ; Le président 
Henri de Montégut, écrivain d'art ; Georges Montorgueil, écrivain d'art ; 
A. Moureau, bibliothécaire au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque 
Nationale; Peyre, collectionneur; Ponsonailhe, critique d'art; Jules 
Protat, imprimeur et collectionneur; Antonin Proust, ancien ministre; 
Louis Quarré-Reybdurbon, écrivain d'art ; Maurice Quentin, conseiller 
municipal; Quentin-Bauchart, conseiller municipal; A. Raffet, biblio- 
thécaire au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale ; Redon, 
architecte du Palais du Louvre; Req.uin (M. l'abbé) ; Marcel Reymond, 
écrivain d'art ; Ricart ; Georges Riat ; Richtenberger, critique d'art ; Roche- 
BLAVE, professeur d'histoire à l'Ecole des Beaux-Arts ;Roger-Milès, critique 
d'art; Joseph Roman, collectionneur et écrivain d'art; Alexis Rouart, 
collectionneur; Henri Rouart, collectionneur; André Saglio. commis- 
saire des Expositions; Henri Stein. écrivain d'art, archiviste aux archives 
nationales ; V. de Swarte, trésorier payeur général du Nord, président 
de la Commission des Musées; Thiébault-Sisson, critique d'art; Félix 
Thiollier, collectionneur et écrivain dart ; Thierry, député des Bouches- 
du-Rhône; Trawinski, secrétaire des Musées nationaux; Urseau le cha- 
noine ; Melchior de Vogué, de l'Académie française. 



INTRODUCTION 



I 



Depuis que les Gaulois, nos ancêtres, amis des cou- 
leurs vives et des paroles sonores, furent initiés, par 
leurs conquérants, aux séductions de la culture gréco- 
romaine, la pratique des arts, plastiques ou littéraires, 
n'a guère été interrompue dans notre pays. L'art de la 
peinture, notamment, le plus souple de tous et le plus 
expressif, facile associé de la poésie, s'y est toujours 
montré l'interprète fidèle de nos croyances, de nos 
sentiments, de notre pensée. Même aux époques les 
plus troublées, à travers les longs flux et reflux des 
invasions barbares, sons les Mérovingiens et les Carlo- 
vingiens, on couvre encore d'images coloriées, (décor 
mural, mosaïques, tissus brodés), plus ou moins gros- 
sières, les basiliques et les palais, comme, autrefois chez 
les gallo-romains, les temples et les villas. Les scribes 
chrétiens s'efforcent aussi de répandre, à leur tour, sur 
les feuillets des Missels et des Psautiers une parure 
semblable à celle dont leurs prédécesseurs païens 
décoraient les rouleaux des Poètes et des Philosophes. 

Les chroniques nous apprennent quelles légendes sa- 
crées ou héroïques se déroulaient, en scènes parlantes, 
sur les murs des cathédrales et des résidences impé- 
riales. Quelques manuscrits précieux nous ont conservé, 
outre les noms de leurs illustrateurs, des témoignages 
de la sincérité naïve, avec laquelle ces protégés de 
Charlemagne et de Charles le Chauve essayaient déjà 
d'exprimer, par une technique enfantine, la beauté du 
décor architectural qui les entourait, la vivacité, sau- 
vage ou élégante, des personnages si mêlés qu'ils y 
vovaient se mouvoir. 



XII 



Vers le xi* siècle, les ombres de notre histoire s'é- 
claircissent. Le génie national, dès lors formé d'élé- 
ments divers dont la fermentation ne cessera d'être 
renouvelée par les apports intermittents du Nord, de 
l'Est et du Midi, commence à se reconnaître ; il se con- 
centre, se fortifie, s'enhardit, se développe avec suite 
et rapidité, puis, tout à coup, fait explosion. Par l'hé- 
roïque élan des croisades, débordant sur l'ancien 
monde, il mêle, en des rivalités pacifiques ou violentes, 
les diverses nations d'Europe encore mal formées; il 
reprend avec l'Orient byzantin et l'Orient arabe, foyers 
encore actifs de l'art et de la science, un contact fécond. 
Aussitôt se précipite chez nous, surtout dans l'Ile de 
France, le mouvement, déjà commencé, d'une activité 
enthousiaste, créatrice, expansive, la plus originale 
qu'on ait connue, depuis l'activité hellénique au v' siècle 
avant Jésus-Christ. 

L'hégémonie de la France, aux xiT et xiir siècles, 
dans les arts comme dans les lettres, n'est plus contes- 
tée aujourd'hui. Les érudits d'Allemagne, d'Angleterre, 
de Scandinavie, d'Italie, ne sont pas les moins ardents 
à recueillir nos titres de gloire. Ce sont même eux qui, 
plus d'une fois, les premiers, ont rendu sur ce point, 
justice à nos architectes et à nos sculpteurs, autant 
qu'à nos troubadours et nos trouvères. 

Comment se fait il que nos préjugés scolaires et 
mondains, notre ignorance utilitaire, nos passions re- 
ligieuses ou politiques nous aient si longtemps caché 
la vue de notre passé et fermé les yeux à ses gran- 
deurs ? N'a-t-il pas fallu plus d'un siècle pour que les 
esprits d'élite, eux-mêmes, reprissent, chez nous, cons- 
cience de leur atavisme? On dirait vraiment que notre 
activité, si constante dans ses manifestations, mais si 
variable dans ses directions, nous condamne sans cesse, 
par ses ardeurs même, à l'ingrat dédain d'hier dans 
l'enivrement présomptueux d'aujourd'hui ! On dirait 
que, fatalement disposés, par notre situation géogra- 
phique et notre composition ethnique, par notre terri- 
toire ouvert et nos âmes complexes, à recevoir, 
accueillir, attirer sans cesse les communications du 
dehors, nous soyions toujours prêts aussi à oublier, 
dans ce besoin généreux d'assimilation et de pro- 



XIII 



pagande, les qualités fondamentales et persistantes de 
notre propre génie ! Quels courageux et longs efforts, 
pour triompher de ces ténèbres, ont dû faire au 
XIX' siècle, tant d'érudits, d'archéologues, de poètes, 
d'artistes, Chateaubriand, Emerie David, Victor Hugo, 
de Caumont, Vitet, Mérimée, Viollet-Leduc, Lassus, 
Quicherat, Courajod, etc ! Que de patience et de 
volonté il a fallu encore aux associations fondées ou 
inspirées par eux, officielles ou libres, parisiennes ou 
provinciales, sociétés d'antiquaires, commissions des 
monuments historiques, pour sauver non sans peine, 
quelques reliques, toujours menacées, du plus magni- 
fique patrimoine d'art que jamais un vieux peuple, infa- 
tigablement laborieux, ait jamais légué à ses enfants ! 

Bénis soient ces morts, puisqu'ils ont accompli leur 
œuvre ! 

Grâce à eux, nos loyaux « Maistres d'œuvres />, nos 
honnêtes « Imaigiers » constructeurs et décorateurs de 
nos cathédrales, monastères, chapelles, châteaux, 
palais, logis, ont repris, dans l'admiration et la recon- 
naissance du monde civilisé, la place qu'ils méritaient. 

Pourquoi la même justice, en même temps, n'a-t-elle 
pas été rendue aux innombrables et bons peintres qui 
coloriaient leurs murs, enluminaient leurs statues, 
dessinaient ces vitraux, tapisseries, orfèvreries, sans 
lesquels leur œuvre leur eût semblé froide, inanimée, 
incomplète? La réponse, hélas! est trop simple. Par 
leur nature même, fragilité des substances, fragilité des 
supports, qu'elles aient été fixées sur des pierres, des 
plâtres, des bois, des verres, des tissus ou des métaux, 
toutes les œuvres de peinture, promptement altérables, 
sont aussi les plus facilement destructibles. Elles n'ont 
point pour résister aux ravages du temps et des hommes 
la force des matières dures dans lesquelles les archi- 
tectes et les sculpteurs ont pu fixer leur rêve et dont 
les débris, même les plus mutilés, nous peuvent dire 
encore l'habileté de la main qui les travailla, la vigueur 
ou la délicatesse de l'imagination qui en conçut la 
beauté. 

L'exposition qui s'ouvre a donc pour but de réparer, 
dans la mesure possible, les injustices d'un long oubli 
à l'égard de nos vieux peintres. En y présentant à 



XIV 



l'examen et à l'étude celles de leurs œuvres qu'on a pu 
rassembler, on espère appeler désormais sur toutes 
les autres, égarées ou absentes, l'examen attentif des 
chercheurs et des curieux, la sollicitude respectueuse de 
leurs détenteurs et propriétaires. Le nombre de ces 
oeuvres est encore bien limité ; cependant ces témoins 
variés d'une fécondité incessante (peintures murales, 
tableaux, miniatures, dessins, tapisseries) suffiront à 
prouver combien, là comme ailleurs, sur le terrain des 
arts, furent opiniâtres et vivaces la résistance de notre 
vitalité, aux plus tristes heures, comme aux plus glo- 
rieuses de notre histoire, et la continuité, éclatante ou 
troublée, des recherches et des aspirations particulières 
à notre esprit français. 

II. 

On comprendrait mal les évolutions qui s'opèrent 
dans l'art de peindre, entre l'avènement de Philippe VI 
(1328) et celui de Henri IV (1589), sous les trois dynas- 
ties des Valois, si l'on n'en connaissait les origines aux 
xir et xiir siècles. Dès cette époque, durant la double 
floraison du génie national, dans la période romane 
et la période gothique, les peintres, alliés des 
architectes, émules des sculpteurs, collaborateurs 
des théologiens et des poètes, s'efforcent, comme 
eux, de parler, dans leur langage visible, à l'esprit de 
tous. Ils s'adressent donc, à la fois, au peuple par les 
représentations murales, à l'élite, ecclésiastique ou 
laïque, par les illustrations des manuscrits. Sous ces 
deux formes extrêmes et génératrices de toutes les 
autres, le décor des édifices et le décor des livres, 
ils travaillent, avec une liberté croissante, à instruire, 
réjouir, enrichir les imaginations de leurs contempo- 
rains. La plupart exerçaient à la fois ces différents 
genres, en y joignant souvent la pratique de l'archi- 
tecture et de la sculpture. Ainsi s'expliquent l'unité 
extraordinaire de l'art du moyen-âge et l'harmonie 
décorative qui, jusqu'à la fin, animera toutes ses 
œuvres, même les moindres, et leur assurera une 
valeur esthétique. 

Les peintures du Temple de Saint-Jean, à Poitiers, 



XV 



de V Église de Saint-Savin (^Vienne), de la Chapelle du 
Zz^^/ (Indre-et-Loire), de V Église de Poncé {S2irt]iQ), 
de l'Église du Petit- Oiievilly (Seine-Inférieure), de la 
Chapelle Saint-Michel, à Rocamadour, restent des 
témoignages vénérés et émouvants de la force et du 
charme avec lesquels se déroulaient sur les parois d'un 
édifice religieux, dans un ensemble harmonieux et ins- 
tructif, les grandes pages imagées de l'épopée évangé- 
lique. Le style de ces décors sacrés, ici, comme dans 
les autres pays, se ressent encore, plus ou moins, de 
l'enseignement byzantin qui s'était répandu, si bril- 
lamment, sur toute l'Europe depuis deux siècles. Néan- 
moins, sous la décomposition très visible de tradi- 
tions insuffisantes, reparait déjà, s'essaie et s'enhardit 
le génie indigène, impatient des formules, de plus en 
plus sensible aux choses de la vie, ami de la vérité 
plus que du rêve, de la grâce plus que de la beauté, de 
la nature plus que de la science, observateur naïf et 
sincère, trouvant l'émotion poétique dans la variété 
simple et proche des spectacles quotidiens, et l'expri- 
mant, sans emphase, avec une franchise loyale et une 
liberté enjouée. Les relevés faits, en divers lieux par 
MM. Gélis-Didot et Laffilée (notamment au Petit- 
Quevilly), en fournissent plus d'une preuve \ 

Ce mouvement d'émancipation se poursuit durant 
tout le xiir siècle. Il ne semble pas, néanmoins, avoir 
créé, sur les murs, dans l'ordre narratif et monumental, 
des ensembles aussi remarquables qu'au siècle précé- 
dent. A mesure que l'architecture gothique, en France, 
plus élancée, plus compliquée, plus aérienne, restrei- 
gnait, dans ses savants enchevêtrements de colonnes 
et de voûtes, les grands espaces de surfaces planes 
naguère livrés aux peintres dans les anciennes basili- 
ques, ceux-ci doivent s'y réduire de plus en plus au travail 
décoratif. Dans l'Italie, au contraire, où les tra- 
ditions classiques ne furent qu'à peine troublées, çà et 
là, par l'art ogival, la conservation des murailles plates 

I. Les relevés de peintures murales faits pour le service des Monuments histo- 
riques (Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts; sont déposés à la 
Bibliothèque du Musée de Sculpture comparée au Palais du Trocadéro. V. le 
Catalogue des Relevés, Dessins, Aquarelles des Monuments Historiques par 
Perrault-Dabot. V. aussi la Peinture Décorative en France du xi' au xvi* siècle 
pnr MM. Gélis-Didot et Laffilée. 



ne cessa d'appeler la fixation tranquille des narrations 
développées dans des cadres réguliers. C'est une des 
causes qui s'ajoutèrent aux raisons climatériques, pour 
conserver, en Italie, à la peinture murale, son rôle 
prépondérant et directeur, tandis qu'en France, devaient, 
au contraire, de plus en plus, triompher les applica- 
tions diverses de la peinture architecturale, notamment 
dans les vitrauxet tapisseries, décors utiles et mieux 
appropriés aux exigences variables d'un climat moins 
lumineux, plus humide et plus froid. 

Peintures murales, vitraux, tapisseries, tout, d'ailleurs, 
durant cette période, s'inspire, d'abord, des dessins plus 
ou moins grossiers, de style barbare ou enfantin, puis 
des enluminures, de plus en plus habiles et brillantes, 
dont se parent et s'éclairent les manuscrits sacrés et pro- 
fanes. C'est dans ces délicats et libres travaux, dont s'ins- 
pirèrent bien souvent les grandes peintures anéanties, 
qu'on peut vraiment suivre et admirer la rapide éman- 
cipation, sous l'influence des lettrés laïques, de l'esprit 
observateur et de la sensibilité humaine, en même 
temps que les progrès de la technique, chez les minia- 
turistes de l'Ile-de-France et des provinces avoisinan- 
tes. Peut-être florissaient aussi, dès lors, dans les villes 
de la Loire, Orléans, Blois, Tours, des écoles déjà an- 
ciennes. En tout cas, les Enlumineurs de Paris prennent 
bien vite, et pour longtemps, dans l'admiration des 
nations voisines, le même rang que les architectes et 
les sculpteurs français. Leurs ouvrages, d'un transport 
facile, vont fournir au delà du Rhin, des Alpes, des 
Pyrénées, de la Manche, des modèles innombrables à 
tous les arts renaissants. Un quartier entier, dans la 
région de l'Université, au milieu d'une population 
énorme et cosmopolite de professeurs et d'étudiants est 
occupé par les libraires et leurs collaborateurs. Dans 
ces ateliers laborieux les artistes allemands, flamands, 
italiens, qui viennent y gagner leur vie ou apprendre 
leur métier, sont presque aussi nombreux que les artis- 
tes français. 



III 

Au commencement du xiv' siècle, Paris est donc le 
centre de l'activité européenne, pour les artistes comme 
pour les lettrés. 

Sans doute, à ce moment, la prépondérance, dans 
l'art de peindre, est en train de passer du côté de l'Ita- 
lie, grâce au génie des Siennois et des Florentins, à 
Duccio, à Giotto, Simone di Martino, qui le font réso- 
lument sortir des incertitudes et lui montrent, dans un 
contact direct, méthodique et réfléchi, avec la nature 
vivante, le moyen de retrouver la beauté endormie aux 
fragments épars de l'antiquité gréco-romaine. Sans 
doute, la France n'est point ignorante des chefs-d'œu- 
vre nouveaux, elle n'est point insensible à leurs séduc- 
tions. En 1304 Philippe-le-Bel reçoit à sa cour trois 
peintres de Rome, Philippe Rusuti (probablement l'ar- 
tiste florentin, dont la signature se trouve au bas d'une 
mosaïque de l'ancienne façade, à Santa Maria-Mag- 
giore), son fils Jean, et Nicolas de Massi. Sans doute, 
les papes français, installés par lui à Avignon, en 1309, 
ne tardent pas à y appeler Giotto, qui n'y vint peut-être 
pas, mais aussi Simone di Martino, qui s'y installe et 
y meurt en 1344, puis, après eux, d'autres Italiens, Sien- 
nois, Romains, Toscans, qui s'y succèdent en nombre. 
Néanmoins, les Parisiens ne se laissent point encore 
entamer par ces influences, trop passagères ou trop 
lointaines, d'un art en formation comme le leur. Au 
moment même où Philippe-le-Bel accueillait despeintres 
romains, n'envoyait-il pas, de son côté, à Rome, «chargé 
de diverses affaires », un peintre de sa cour, Etienne 
d'Auxerre, qui devait être un gros personnage ? La 
multitude de praticiens du Nord qu'on trouve à Paris, 
soit de passage, soit en résidence, n'implique pas, 
non plus, de leur part, une action décisive sur la 
production locale. Presque tous, apprentis plus que 
maîtres, arrivaient de l'Artois, du Hainaut, du Brabant, 
des Flandres méridionales, toutes provinces de langue 
et de culture françaises, gouvernées par des princes 
vassaux et parents du roi de France. L'art, comme la 
littérature, qui s'y formaient alors, ne s'y pouvaient dis- 
tinguer, dans leurs traits généraux, de l'art et de la lit- 



XVIII 



térature du centre parisien. L'individualité flamande, 
dans les régions septentrionales, commence seulement 
à se préciser et se caractériser. On a donc beaucoup 
exagéré l'importance et la valeur des apports que les 
artistes flamands, sculpteurs ou peintres, ont pu laisser, 
à cette époque, dans ce centre actif où ils étaient attirés 
à la fois parle désir de voir et de s'instruire, l'appât du 
gain et l'espoir de la renommée et qui devait, comme il 
arrive toujours en pareil cas, les assimiler, les franciser, 
leur donner plus que recevoir. Ne suffit-il pas de regarder 
les images naturelles et vivantes, tantôt gracieuses, tan- 
tôt hideuses, parfois d'une noblesse imposante, parfois 
d'une laideur grimaçante, qui peuplent les portails, les 
chapiteaux, les toitures de nos églises ou qui couvrent 
les marges de nos manuscrits pour être bien certains 
que nos tailleurs de pierre et nos enlumineurs avaient 
déjà, d'un œil libre et hardi, embrassé tout le champ 
des réalités humaines ? Ils n'avaient plus rien à 
apprendre de personne en fait de sincérité, délicate ou 
brutale, d'observation grave ou maligne. 

Qu'on se rappelle, vers l'an 1300, le vaste décor de 
la Coupole dans la Cathédrale de Cahors, les restes des 
peintures murales de la Cathédrale de Clermont-Fer- 
rand, (^Vierge entre deux anges, Vierge entre un prêtre 
etunenfant de chœur ag en oui lié), ^uis, que l'on s'arrête, 
à l'Exposition, devant le Parement de 'Narhonne, la 
Mitre du Musée de Cluny, la Chape, prêtée par M. Mar- 
tin Leroy, dessinés sous Charles V, vers 1370 ou 1380 ; 
on reconnaîtra, àpremière vue, que c'est bien le même 
art, la même façon de voir et de comprendre les êtres 
et les choses, qui se perpétue, en se modifiant, s'affi- 
nant, se compliquant, s'inquiétant, s'agitant ! Partout, 
les figures réelles se mêlent sans fausse honte aux figu- 
res idéales; et celles-ci ne sont elles-mêmes que des 
figures réelles transfigurées par la sincérité de l'émo- 
tion. A Cahors, des paysans et des seigneurs accompa- 
gnent des saints dans le paysage : ces paysans sont de 
lourds rustauds; à Narbonne, des bourreaux frappent 
le Christ : ces bourreaux sont d'ignobles soudards. 
Leurs laideurs brutales ou grimaçantes sont aussi ex- 
pressives que peuvent l'être, à leurs côtés, dans sa 
noblesse douloureuse, la beauté de la Vierge, dans sa 



XIX 



tendresse soumise, la grâce de la Madeleine, dans leur 
minauderie souriante, les anges efféminés et les jeunes 
rois Mages. Ce qui attire sans cesse le peintre, ce qu'il 
veut rendre, ce qu'il rend, bien ou mal, avec plus ou 
moins d'incorrections et de gaucheries, mais ce qu'il 
rend toujours, c'est, avant tout, la vérité franche de 
l'attitude, la vivacité claire du mouvement et du geste, 
l'expression opportune de la physionomie dans l'action 
paisible ou pathétique. Pour bien dire ce qu'il veut dire, 
il n'hésite jamais dans ses affirmations ; il insiste, sans 
peur du ridicule, sur tous les détails, tous les traits qui 
peuvent accentuer le jeu, le caractère, le type de ses 
acteurs; la gesticulation, anguleuse ou violente, s'exa- 
gère parfois jusqu'à la contorsion et la laideur, incon- 
sciente ou fanfaronne, jusqu'à la caricature. Néanmoins, 
comme ces excès d'un réalisme naïf sont presque tou- 
jours à leur place, ils nous semblent encore l'expression 
légitime d'un sentiment sincère. 

Dans presque toutes les peintures survivantes du 
xiv" siècle, on trouve des portraits. Dès lors, en effet, le 
portrait, transcription fidèle de la personnalité humaine, 
devient, pour toute l'Ecole française, comme il restera 
toujours, l'objet de ses études préférées, sa passion la 
plus constante, la source la plus durable de sa gloire. 
Les peintures murales de ce temps, dont l'écriture seule, 
hélas ! nous a gardé la mémoire, aux châteaux de Van- 
dreuil (^Histoire de César), de Conflans {Réunions de 
Chevaliers, Combat naval), dans l'église des Carmes, à 
Paris {Pèlerinage de saint Louis an Mont Carmel), 
contenaient des portraits de personnages contempo- 
rains dans des scènes historiques. Histoire et portraits, 
c'est le même goût pour la vie et pour la vérité, dans le 
présent ou dans le passé, un noble goût que nous 
conserverons toujours. Le tableau le plus ancien qu'on 
voit à l'Exposition est donc un Portrait, celui dit roi 
Jean, peint, durant sa captivité en Angleterre, par son 
peintre favori, son compagnon d'exil, Girard d'Or- 
léans (1359). Certes, le loyal artiste n'a pas flatté son 
maître, non plus que Jean d'Orléans, son successeur à 
la cour, son fils peut-être (car les peintres d'Orléans 
sont une dynastie) ne flattera Charles V et la reine de 
Bourbon, dans le dessin de Narbonne (vers 1374). La 



pensée d'un mensonge, si léger qu'il soit, ne vient 
jamais à ces braves gens-là, ni au modèle, ni à l'artiste. 
Dans ce rude profil, épais et charnu, du roi Jean, quelle 
ancestrale grosseur du nez ! Quelle épaisseur de lèvres ! 
Quelle rusticité lourde et sérieuse dans cette mine 
abattue, dans cette négligence des vêtements et de la 
chevelure ! Mais aussi quel accent de sincérité navrante, 
quelle puissance de vérité impitoyable ! Cette seule 
pièce suffirait à nous dire, par la hardiesse virile et la 
largeur libre de sa facture, qu'il y avait alors à Paris des 
peintres, de vrais peintres, dans le sens complet du 
mot, déjà différents des miniaturistes et brodeurs, et 
capables de brosser de grands ouvrages, vigoureux et 
simples, comme devaient l'être bientôt, à l'église des 
Célestins, tous ces «Ouvraiges de Souverains maîtres», 
et au cimetière des Innocents « les Peintures notables 
de la Danse Macabre et autres » si fort admirées d'un 
contemporain, Guillebert de Metz. 



IV. 

Après la mort de Charles le Sage (1380), durant une 
trentaine d'années encore, jusqu'aux grandes misères, 
émeutes, massacres, épidémies, famines, occupa- 
tion anglaise qui appauvrirent Paris, le dépeuplèrent 
et l'isolèrent, la vieille capitale de Philippe-Auguste 
et de Saint-Louis conserva le prestige qu'un bon gou- 
vernement lui avait rendu en peu d'années. Les frères 
du feu roi, les Ducs d'Anjou, de Bourgogne, de Berri, 
et son fils cadet, Louis d'Orléans, étaient aussi pas- 
sionnés que lui pour les arts. Leurs apanages se cou- 
vrirent d'édifices magnifiques, châteaux, palais, saintes 
chapelles, où les orfèvreries, tapisseries, sculptures, 
tableaux, miniatures de toute provenance, s'accumu- 
laient avec une abondance et une richesse qu'attes- 
tent les inventaires. 

« Jamais l'amour des arts et du luxe n'avait été 
'K poussé plus loin», dit Renan. «En 131)0, lors du mariage 
« d'Isabelle, fille du roi, avec Richard d'Angleterre, 
« chacun trouvait que nul pays n'égalait la France pour 
« la pompe et les superfluités. On se croirait à deux 



XXI 



« pas de la Renaissance. » Ce deux pas? C'est trop peu 
dire. On y entrait, dans la Renaissance, on y marchait, 
et à grands pas, et de tous côtés ! A Dijon, Bourges, Poi- 
tiers, Riom, Pierrcfonds, La Ferté-Milon, non moins qu'à 
Paris, devançant, comme en Italie, entraînant et pres- 
sant le^ peintres, les architectes et les sculpteurs agran- 
dissaient, développaient, simplifiaient, fortifiaient, vi- 
vifiaient leurs ouvrages par une conception plus claire et 
plus forte de l'art. Chez tous le respect des exigences pra- 
tiques et décoratives, l'amour passionné de la nature et 
de la vérité, s'épuraient progressivement par des aspira- 
tions croissantes comme au-delà des monts, vers la poé- 
sie, la grâce et la beauté. Renaissance plus naturelle 
et plus libre que ne devait l'être celle du xvf siècle, 
fondée sur une imitation matérielle de l'antiquité mal 
traduite par des décadents italiens, Renaissance plus 
nationale surtout, plus spontanée, et s'épanouissant 
sans efforts, joyeusement comme une fleur du terroir, 
naïve et fraîche, sortie, en sa juste saison, de la tige 
robuste des traditions séculaires. 

Le petit diptyque peint à Calais sans doute, en 1396, 
à l'occasion de ce mariage royal, dont parle Renan, 
appartient à Lord Pembroke ; il est fâcheux qu'il n'ait 
pu figurer à l'Exposition. On y aurait vu dans la douce 
et noble figure du jeune roi agenouillé, combien le 
peintre français s'apparente, d'avance, avec Vittore 
Pisano pour la finesse du trait expressif, et dans le 
cortège d'Anges, couronnés de roses, aux types déli- 
cats et féminins de damoiselles pudiques et élégantes, 
types français et anglais mélangés, combien il approche 
aussi de Gentile de Fabriano, de Lorenzo Monaco, 
d'Allegretto Nuzi, en pressentant Fra Angelico. Il 
saute aux yeux de qui a vu et comparé en France, en 
Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas, les peintures, sur- 
tout les dessins de cette époque que, durant vingt ou 
trente ans, par suite de communications dont les faits 
nous échappent, une gestation générale dans le même 
sens s'opère sur ces divers points. Les similitudes de style, 
de technique, d'observations, de détails qu'on trouve à 
lafois chez des Flamands, des Bourguignons, des Pari- 
siens, des Véronais, des Toscans, desOmbriens, des Co- 
lonais, ne sont pas dues au pur hasard. Pour la sculp- 



xxi; 



ture, l'influence de l'Ecole Dijonnaise sur les Ecoles 
ToscanesetLombard.es, par les œuvres, deMarville, Slu- 
ter, Claus de Werve, etc.. sur Jacopo délia Quercia, 
Donatello, Jacopino del Tradate, ne semble pas contes- 
table. On trouvera un jour les preuves matérielles des 
contacts par lesquels se sont formées alors les deux 
grandes Ecoles de peinture, la flamande et la florentine, 
dont la virilité souveraine éclata presque en même 
temps, à Gand, par le Triomphe de V Agneau, des frè- 
res Hubert et Jan Van Eyck (142. ..-1432) et à Florence, 
par les Fresques du Carminé, de Masolino da Panicale 
et de Masaccio (1422-1427). 

A cette date, hélas ! l'Ecole française a perdu son 
avance ; quelqu'en soit notre désir nous ne saurions 
montrer alors une peinture puissante et harmonieuse, 
dont l'exécution, à la fois correcte et pondérée, libre 
et savante, solide et brillante, puisse être comparée à ces 
chefs-d'œuvre d'un naturalisme si profondément poé- 
tique par sa gravité supérieure. Dans le désarroi où les 
événements ont jeté l'Ecole de Paris et celles des pro- 
vinces en proie à l'invasion étrangère, aucun des cen- 
tres successifs qui se forment, çà et là, sous la protec- 
tion de quelques princes éclairés, en Bourgogne, 
d'abord et dans leBerri, puis sur les bords de la Loire, en 
Provence, dans le Lyonnais et le Bourbonnais, ne 
devient assez prépondérant et prospère pour qu'il s'y 
développe, avec suite et méthode, une tradition scho- 
laire assez forte pour grouper de nouveau tant d'élé- 
ments hétérogènes. Dans ces centres, en effet, les ar- 
tistes étrangers, appelés par les nobles amateurs, se 
mêlent partout aux artistes indigènes, et, suivant qu'ils 
sont plus rapprochés des Flandres ou de l'Italie, on y 
demande, plus ou moins souvent, des conseils aux 
nouvelles écoles grandissantes. Les quelques puis- 
santes personnalités qui s'y vont former resteront trop 
isolées pour rallier à temps une assez grosse armée de 
bons Français capables de résister, par leur masse, à 
l'envahissement extérieur. 

Raison de plus pour que, constatant les difficultés de 
la situation et reconnaissant les fatalités de la défaite 
prochaine, nous ayions à cœur de reconnaître et de 
constater aussi la valeur collective de ces écoles et la 



XXIII 



valeur individuelle des artistes qui s'y sont formés ; 
c'est précisément cette valeur que l'Exposition doit 
mettre en lumière. Si, durant la lutte anxieuse pour la 
libération du territoire, architectes, sculpteurs, peintres, 
avaient pu et dû s'attarder dans l'inaction ou la pau- 
vreté, leur réveil, à l'aurore de la paix, fut rapide et 
admirable. Jamais on n'a tant bâti, sculpté, peint en 
France, que depuis le Traité d'Arras jusqu'à la défaite 
de Pavie, sous les règnes réparateurs de Louis XI, Char- 
les VIII, Louis XII et le jeune François I". Jamais, 
non plus, notre génie ne se sentit si jeune, si gai, si 
franc, si libre, si prêt à profiter des exemples d'autrui, 
mais si décidé aussi à reprendre tranquillement et hon- 
nêtement la belle route, droite, lumineuse et ver- 
doyante, un instant barrée par le malheur, qu'avaient 
ouverte les ancêtres. 

Enrépartissant, par groupes locaux, dans des salles spé- 
ciales les tableaux de Bourgogne, du Midi, de la Loire, 
du Bourbonnais, les organisateurs de l'Exposition auront 
singulièrement facilité cette constatation consolante. 

La Bourgogne et les Flandres, au xV siècle, unies 
et prospères sous les mêmes princes, travaillent de 
concert à la même œuvre de progrès. A Lille, Tour- 
nay, Ypres, Bruges, à Dijon ou Beaune, ce sont les 
mêmes amateurs qui commandent, souvent les mêmes 
artistes qui exécutent. Tout cet art franco-flamand, 
jusqu'à l'apparition de Van Eyck, procède de l'art 
parisien à la mode sous la génération précédente. Sur 
les panneaux de Jean Malouel, présentés ici, comme 
sur ceux de Broederlam, restés à Dijon, et sur le 
Diptyque de Lord Pembroke, c'est la même façon, 
vive et légère, de poser et d'animer les figures, de les 
draper à plis minces et secs, avec des tons frais et 
transparents d'aquarelle. C'est le procédé des miniatu- 
ristes du XIV' siècle, celui aussi des peintres siennois 
dont l'influence est durable et visible, mais qui déjà 
tend à s'affermir, à devenir plus viril, et plus grave. 
Cette évolution s'accentue bientôt, dans l'enluminure 
même, entre les mains des trois frères de Limbourg, 
neveux de Malouel, instruits et résidant depuis leur 
première jeunesse à Paris, de Jacquemart de Hesdin, 
des frères Van Eyck, etc. 



Toutefois, le fond même, l'esprit, reste un dévelop- 
pement naturel de l'art français, avec un retour plus 
expérimenté vers la simplicité forte des sculpteurs du 
xiir siècle, et une intelligence plus étendue de la 
nature extérieure et des réalités prochaines. Le jour 
où l'on voudra connaître cet art d'une façon com- 
plète, il faudra joindre aux œuvres de l'Artois, toutes 
celles, au moins, de l'ancien Hainaut. Rogier de la 
Pasture (Van der Weyden) « Rogerus Gallicus » pour les 
Italiens, comme Jan Van Èyck est «Johannes Gallicus» 
Rogier et ses compatriotes, les Tournaisiensdelangue et 
de sentiments si français (i), auraient bien le droit de 
prendre part à ce concours. En soumettant aux critiques 
des experts quelques œuvres du Maître franco-flamand, 
encore mal connu, dit le Maître de FlémaUe, on a déjà 
indiqué l'étendue et les difficultés de la question. 

Tous ces morceaux précieux de la section bourgui- 
gnonne, d'un sentiment pathétique si naturel et si 
intense, avec leurs fonds et leurs rehauts d'or, leurs 
gesticulations anguleuses, souvent brutales, peuvent 
encore, il est vrai, malgré les douceurs expressives des 
visages pâles, sembler des ouvrages indécis, de vrais 
primitifs. Il n'en est pas de même dans les trois autres 
sections composées d'œuvres postérieures au Traité 
d'Arras(i435). Icil'on a pu, heureusement, reconstituer, 
dans leurs milieux provinciaux, les personnalités de 
plusieurs grands artistes. La résurrection éclatante et 
définitive de Jean Fouquei et du Maître de Moulins 
pour les Ecoles de la Loire et du Centre (Bourbonnais 
et Lyonnais), celle à'Enguerrand Charonton et de 
Nicolas Froment pour les écoles du Midi (Avignon et 
Provence), parmi leur entourage d'émulés ou de dis- 
ciples encore anonymes, ne seront pas la conséquence 
la moins heureuse de la consultation solennelle pré- 
parée par l'érudition chaleureuse et hardie, par l'acti- 
vité militante et infatigable de M. Bouchot. 

Grâce au concours généreux et empressé que nous 
avons trouvé partout, à l'étranger comme en France, 
pour cette entreprise française, chez les chefs d'Etat, les 

I. Les habitants de Tournai fournissaient leurs gardes à Charles VII et 
Louis XI. Dès qu'ils apprirent la captivité de Jeanne d'Arc, ils lui firent porter, 
à Arras, une grosse somme, 22 couronnes d'or. 



XXV 



administrateurs, les collectionneurs, nous avons pu re- 
constituer, dans son intégrité, l'œuvre actuellement con- 
nue de notre peintre le plus national au xv' siècle, Jehan 
Fouquet. Aux morceaux déjà célèbres, prêtés par le 
Musée du Louvre, le Portrait de Charles VU, le Por- 
trait de Jouvenel des Ursins, sont venus se juxtapo- 
ser les deux volets du Diptyque de Melun, la Vierge, 
sous les traits d'Agnès Sorel, appartenant au Musée 
d'Anvers, E. Chevalier et son patron, saint Etienne, 
confié par le Musée de Berlin, et deux admirables 
Portraits d' honini.es, le premier déjà fameux, le second 
encore ignoré, tous deux venant de Vienne, prêtés l'un 
par le prince de Lichstentein, l'autre par le comte Wil- 
czeck. On pourra donc, pièces en mains, juger la valeur, 
comme peintre, de ce laborieux et loyal artiste qui fût 
un novateur, si résolu et si séduisant, dans ses compo- 
sitions d'enluminure, qui fut aussi l'un des premiers 
propagateurs, des plus libres aussi et des plus intelli- 
gents, de la fusion des deux génies latins, dans la 
douceur tourangelle unie à la douceur toscane. Tous 
ces portraits ont été peints entre 1445 et 1480. Quel 
rang faut-il assigner à Jean Fouquet parmi ses prédé- 
cesseurs et contemporains Vittore Pisano, J. Van Eyck, 
Masaccio, Paolo Uccello, Fra Filippo Lippi, comme 
peintre de la physionomie humaine? Nous laissons 
au spectateur, avec le plaisir d'admirer, celui d'y réflé- 
chir et de décider. 

Nicolas Froment, d'Uzès, déjà rendu à la lumière 
depuis quelques années par les découvertes heureuses 
de quelques amateurs érudits, va reprendre aussi une 
place plus importante, dans cette école d'Avignon, si 
active au xv" siècle, dont les innombrables produits 
sont encore dispersés, dans les églises et collections, 
sous les rubriques aventureuses à' Ecole Flamande et 
d'Ecole Italienne. Le fait est, comme nous le savons 
par les recherches de l'abbé Requin, que, dans cette 
ville pontificale, où la peinture religieuse était naturel- 
lement une industrie privilégiée, les ateliers présentent 
un caractère d'internationalisme particulier. Les patrons 
et les apprentis sont aussi souvent des Septentrionaux, 
Flamands, Lorrains, Francs-Comtois, Parisiens, que 
des Méridionaux, Provençaux, Lombards ou Toscans. 



XXVI 



De là, malgré le voisinage d'Italie et les communica- 
tions plus fréquentes avec elle, le caractère mixte de 
presque toutes les œuvres. Les Flandres y revivent 
fréquemment par certains détails de types, de style, 
d'accessoire ; le commerce des maîtres piémontais, 
lombards, toscans, s'y révèle aussi par la force du 
coloris, la chaleur de l'atmosphère, la variété et la 
fermeté plastique des figures lumineuses, la distinction 
et la régularité de certains visages. Néanmoins, dans 
cette salle, il n'est point un tableau qui, par l'ensemble 
et la facture, ne porte la marque de son origine, et 
n'atteste une assimilation spontanée et libre d'éléments 
divers amalgamés, transformés, vivifiés par un esprit 
local de simplification à la fois plus clair que l'esprit 
flamand et moins traditionnel que l'esprit italien, et 
par une émotion simple, profonde, humaine, devant 
les réalités de la nature et dévie qui se distingue encore 
de l'analyse à outrance des Septentrionaux, et de la 
vision sommaire, plastique et sereine, des Méridionaux. 

Depuis la Vierge Glorieuse d'Enguerrand Charon- 
ton (1453) jusqu'aux derniers travaux de Nicolas 
Froment et de ses successeurs, vers 1480, il y a là 
toute une série de chefs-d'œuvres inattendus qui font 
un singulier honneur à nos maîtres d'Avignon et des 
provinces environnantes. 

La Pieta vient de l'Hospice de Villeneuve-sur-Avi- 
gnon comme la peinture de Charonton. Le fonds d'or 
traditionnel trahit un artiste élevé dans les vieux 
principes, mais la gravité puissante des figures, l'inten- 
sité pathétique de leurs expressions, la fermeté mâle 
de l'exécution chaude et colorée, révèlent aussi un 
artiste de premier ordre, comparable à Le Moiturier, 
son contemporain et son concitoyen, le beau sculpteur 
de la Pieta à Saint-Pierre d'Avignon. Dans les deux 
ouvrages, même grandeur d'attitudes, même naturel 
de gestes, même intensité de douleurs, même largeur 
de style ample à la façon bourguignonne, plus contenu 
encore, moins débordant. L'influence de Dijon dut, 
en effet, se produire à Avignon, dans la peinture aussi 
bien que sur la sculpture. C'est pourquoi nous attribue- 
rions encore à l'Ecole de cette région l'éblouissante An- 
nonciation, de l'Eglise Sainte-Madeleine, à Aix, où 



M. Bouchot retrouve avec raison une transformation 
de l'art bourguignon. 

Comme la plupart des œuvres de cette provenance, 
V Annonciation surprend, tout d'abord, et ravit les yeux 
par la beauté du décor où la scène est placée. L'inté- 
rieur d'église gothique, où le bel ange s'agenouille 
devant la Vierge, se développe, en oblique, derrière le 
groupe, dans une lumière recueillie, avec une exacti- 
tude singulièrement pittoresque. Cette entente du milieu 
réel, plein air ou intérieur, et de son éclairage, est, un 
des traits communs les plus frappants dans toutes les 
œuvres avoisinantes. Non loin de là, un autre chef- 
d'œuvre, venu aussi d'Aix, la Légende de saint Mitre, 
nous montre, dans une perspective ensoleillée, une 
place et une rue de la ville, toutes grouillantes de 
figures mouvementées et expressives, dont quelques- 
unes, notamment le bourreau, appellent une comparai- 
son impartiale avec les plus beaux morceaux de 
Mantegna. Da.nslesdeu:iResîi7^rection' de Lazare, l'une 
avec quinze personnages, l'autre avec un donateur, 
même sincérité, même chaleur, même poésie dans le 
paysage rustique que dans le paysage urbain. Rien de 
plus ardent encore, de plus solennel que le crépuscule 
dont la pourpre enveloppe les Trois Maries et le Che- 
valier, agenouillés autour d'un Christ mort, près des 
murs d'une ville fortifiée où se dresse un fin clocher 
accompagnant une Sainte Chapelle (coll. d'Albenas). 
Rien de plus frais, de plus charmant que l'aurore jaunis- 
sant, au-dessus de la muraille grise, dans la cour silen- 
cieuse d'un château féodal, pour illuminer la tête ex- 
quise d'une V^ierge provençale adorant son enfant cou- 
ché, tandis que s'approchent un chevalier, en armure 
éclatante, et son patron, un Saint Evêque, à mine cou- 
perosée, soulevant sa mitre par un geste embarrassé 
de pieux respect (Musée d'Avignon). Le premier 
tableau a été attribué à Antonello de Messine; le 
second à Gérard de Harlem. Ce sont, à n'en pas douter, 
des œuvres provençales, des œuvres éclatantes, de 
premier ordre. Le paysage de la vallée du Rhône, avec 
l'épanouissement touffu, sur le premier plan, des 
branches et des feuilles vertes, formant le bouquet 
majestueux sur lequel trône la Vierge épanouie dans 



XXVIII 



le Buisson ardent, l'œuvre capitale de Nicolas Fro- 
ment, présente le même attrait dans la même exacti- 
tude. Dès que ces braves artistes eurent déchiré les 
tentures d'or ou de broderies dans lesquelles s'enfer- 
maient leurs vieux maîtres, ils n'ont pu se contenter 
ici, comme on le fit d'abord en Italie et, souvent même 
dans le Nord, d'une indication sommaire pour les édi- 
fices, les terrains, les arbres, l'éclairage, mais ils ont 
regardé de tous leurs yeux, ils ont admiré de tout leur 
cœur, la vérité entière dans les objets extérieurs, et ils 
ont voulu nous la dire ! C'est délicieux et c'est touchant. 

Sans doute tous ces frères de la vieille famille Fran- 
çaise sont bien dispersés. Comme ils se ressemblent, 
pourtant, à distance, comme ils se font signe et se 
retrouvent ! Presque tous les Avignonnais, Nicolas 
Froment d'abord, furent les familiers du roi René, et 
ce dilettante éclectique, presqu'aussi flamand que 
français, aussi italien que flamand, aussi provençal 
qu'angevin, plus artiste que prince, semble vraiment 
leur avoir insufflé à tous son amour cosmopolite pour 
l'infinie variété des choses dans la nature et dans l'art. 
Et cependant, nous le voyons bien cet éclectisme, 
vivant et fécond, n'était pas le privilège des seuls 
Méridionaux, car voici un autre vrai maître, un plus 
complet peut-être, un plus délicat assurément, qui nous 
est révélé ailleurs et qui, lui aussi, avec une aisance 
merveilleuse, plus souple et plus habile encore, se 
meut dans les traditions du passé, flamandes, ita- 
liennes, françaises, tourangelles surtout, pour entrer 
doucement, mais résolument, dans la grande Renais- 
sance. 

D'où vient-il, cependant, ce délicieux artiste, que nous 
sommes réduits provisoirement à wovuvdQr le Maître de 
Moulins? De Paris, de Tours, de Lyon, de Moulins ? 
A-t-il vu l'Italie ? En a-t-il seulement respiré le par- 
fum dans quelques œuvres importées? Il tient à Fouquet, 
foncièrement, constamment, mais il tient aussi aux 
Dijonnais, aux Lombards, aux Toscans, et, néanmoins, 
il est bien lui-même. Voici désormais son œuvre retrou- 
vée et parlante. Que dire des grâces souveraines, 
grâce d'arrangement, grâce d'expression, grâce de cou- 
leur, tendrement associées dans la Nativité de l'évêché 



XXIX 



d'Autun, les Portraits de Pierre, duc de Bourbon et 
de sa femme Anne de Beaujeu (Musée du Louvre). 
V Avoué-Chevalier protégé par St Victor, (Musée de 
Glasco\\^), dans la Donatrice et la Madeleine (collec- 
tion Agnevv^ de Londres), dans la Vierge et les quatre 
Anges (Musée de Bruxelles), dans cette pièce capitale 
enfin, le grand Triptyque de la Cathédrale de Moulins^ 
avec la Vierge glorieuse, les figures en pied du Duc et 
de la Duchesse de Bourbon, accompagnés de saint 
Pierre et de sainte Anne? Il est plus doux et plus facile 
de les admirer que d'en parler. Quoiqu'il soit, l'artiste 
qui les fit est un grand artiste, égal à ses meilleurs 
contemporains d'Italie et de Flandres, dans le tableau 
religieux et le portrait. Est-ce Jehan Perréal, le fameux 
Perréal, le collaborateur de Michel Colombe pour le 
tombeau de Nantes, Lyonnais ou Parisien, peintre de 
Charles VIII, Louis XII, François I", auquel les 
Gonzagues de Mantouedemandaientunportrait, presque 
du vivant même de Mantegna ? C'est bien probable. 
On l'avait de suite pensé; nous sommes disposés, chaque 
jour, à le croire davantage. Par pitié. Messieurs les 
archivistes, nos amis, un petit document, un tout 
petit document, s'il vous plaît, qui nous permette de 
saluer cet homme glorieux de son vrai nom ! 



V 



Le Maître de Moulins est-il le seul qui, durant les 
premières expéditions d'Italie, dans la joie nouvelle 
d'une rencontre, libre et intelligente, avec les vrais Maî- 
tres de la Renaissance ultramontaine, dont l'irrésistible 
éblouissement allait enivrer et prosterner tous les peu- 
ples, ait cru possible un renouvellement parallèle de 
l'art français par le développement naturel des traditions 
indigènes ? Ce serait invraisemblable et ce n'est pas vrai. 
La question Perréal soulève la question Bourdichon 
qui, elle-même, en appelle bien d'autres ! N'aurions- 
nous ici que ce Triptyque de V Eglise de Saint-Antoine 
a Loches, de 1485, et quelques fragments de tapisseries 
postérieures, nous pourrions le dire hardiment : Oui, 



XXX 



sous Charles VIII, sous Louis XII, alors que le génie 
toscan et le génie vénitien étaient encore représentés 
chez nous par des artistes supérieurs, d'une âme sym- 
pathique, impartiale, large, ouverte, Fra Giocondo, Léo- 
nard de Vinci, Andréa Solari, on pouvait espérer encore 
cette évolution pacifique, spontanée, progressive vers 
une beauté supérieure et complète qui eût été la nôtre. 
Malheureusement, c'est moins dans les rétables et les 
tableaux, conservés en trop petit nombre, que dans les 
vitraux et les tapisseries dont nos peintres fournis- 
saient les cartons, que cette preuve pourrait être faite ; 
or, une exposition de ce genre présente de telles diffi- 
cultés qu'il n'était point possible, à l'heure actuelle, d'y 
songer. On devrait, d'ailleurs, y réunir, avec les pièces 
de cette période, celles aussi de la période posté- 
rieure, en apparence, la moins originale, de notre 
histoire, celle du xvr siècle. Peut-être y verrait-on, 
alors, même après l'invasion officielle des virtuoses 
expéditifs de l'Italie, durant le divorce brutal opéré 
par la mode et le pédantisme, entre l'art de cour, aris- 
tocratique et factice, et les arts nationaux, populaires 
et naturels, peut-être y verrait-on bon nombre de 
peintres inconnus ou méconnus, poursuivre honnê- 
tement, sous une forme ou sous une autre, dans l'œu- 
vre décorative, historique, littéraire, les recherches 
qui, de tout temps, nous furent chères. L'art du por- 
trait où les Clouet, Corneille de Lyon et leurs disciples 
nous conservèrent, avec une modestie exquise et une 
loyauté exemplaire, notre supériorité séculaire, (comme 
on peut le constater ici en un grand nombre de pan- 
neaux et de dessins délicats), n'est pas le seul genre où 
nos ancêtres aient gardé leur vieille sincérité, où ils 
aient précédé et préparé leurs grands successeurs des 
xvir, xviir et XIX' siècles. 

La tâche, entreprise par M. Bouchot et ses collabo- 
rateurs était déjà assez vaste pour qu'on dût s'y tenir 
en attendant mieux. L'occasion, fournie par l'admi- 
rable Exposition des Flamands, à Bruges, en 1902, d'une 
comparaison méthodique et scientifique de deux arts 
contemporains, fraternels et jumeaux, était trop sédui- 
sante pour qu'on s'y dérobât. L'empressement avec 



XXXI 



lequel les pouvoirs publics, les personnages influents, 
les artistes, les amateurs et les savants, à l'étranger 
autant que chez nous, ont répondu à notre appel, nous 
a confirmés dans la pensée, que, sur ce point, leurs désirs 
n'étaient pas moins vifs que les nôtres. Nous désirons 
sans doute, que cette consultation internationale tourne 
à l'honneur de nos artistes mais nous n'avons nulle 
prétention d'en imposer, d'avance, les conclusions, 
même les plus probables, aux esprits éclairés et aux 
juges impartiaux, car, nous voulons, avant tout, nous 
garder de ces sottes exagérations de vanité patriotique 
qui sont la cause la plus fâcheuse des erreurs et des que- 
relles, lorsqu'elles se glissent dans les questions d'art, 
d'histoire, de science. Comme les vieux artistes que 
nous aimons, nous recherchons, la vérité, nous ne 
désirons que la vérité. 

Le terrain, d'ailleurs, où nous nous plaçons, avait été 
bien préparé en ces dernières années. A la suite des 
anciens et hardis explorateurs qui, les premiers, avaient 
fouillé dans ces champs oubliés, Emeric David, L. de 
Laborde,Ph. de Chennevières, A. de Montaiglon, Paul 

Mantz, etc de nouveaux érudits, consciencieux et 

patients, de nouveaux critiques, passionnés et perspica- 
ces, ne cessent, par leurs publications documentaires ou 
leurs études sagaces, presque chaquejour, d'enremettre 
en lumière quelque coin mieux défriché. Les savants 
travaux de MM. Léopold Delisle, Jules Guiffrey, 
Bernard Prost, l'abbé Requin, Paul Durrieu, de 
Lasteyrie, E. Mâle, P. Vitry, Dimier, Salomon Rei- 
nach, etc., les études judicieuses et chaleureuses de 
MM. A. Gruyer, André Michel, L Gonse, P. Leprieur, 
C Benoit, André Hallays, L. de Fourcaud, etc., bien 
d'autres contributions apportées par des travailleurs infa- 
tigables et modestes aux Archives des Monuments His- 
toriques, aux Comptes-Rendus des réunions annuelles 
des Sociétés de Beaux- Arts, aux Archives de l'Art 
Français, à la Gâchette des Beaux-Arts, à la Revue de 
TArt ancien et inoderne offrent une vaste carrière, 
pour leurs études, à ceux qu'intéresse l'histoire de notre 
vieille peinture. 

Les abords de toute cette science seront, d'ailleurs, sin- 



XXXII 



gulièrement facilités, aux visiteurs de l'Exposition, par 
les renseignements abondants que M. Bouchot fournit, 
dans le catalogue même, sur les œuvres exposés, leur 
provenance et leur histoire. Catalogue et Exposition, 
tous deux sont des œuvres de bonne foi ; qu'il nous soit 
permis d'espérer, que, comme toutes les œuvres de 
bonne foi, elles seront utiles ! 

Georges LAFENESTRE. 




N" I du Catulogue 



Sanvauaud, phot. 



PEINTURES ET DESSINS 



1. GIRARD D'ORLÉANS? vers 1359. 

Portrait du roi de France Jean II, dit le Bon. 

H. 0,91, L. 0,41. 
Le roi, âgé d'environ quarante ans, est représenté de profil à 
gauche. Il porte la barbe rare, les cheveux coupés sur le front et 
tombant en mèches sur le col. Il est vêtu d'une robe bleue à gar- 
naches et létices de fourrure blanche. Le fond est d'or, appliqué 
sur plâtre et toile, la toile elle-même collée sur un panneau de 
bois. Une gaufrure, en dentelle au poinçon, est inscrite sur le 
pourtour du champ d'or. La peinture exécutée à l'œuf a pris un 
ton foncé que fait ressortir l'éclat du fond. Ce tableau paraît avoir 
été peint en Angleterre, pendant la captivité du roi, aux environs 
de 13^9- Né en 13 10, le roi Jean avait alors près de quarante ans. 
Nous savons, grâce à un compte publié par Mgr le duc d'Aumale, 
que le peintre Girard d'Orléans était, en qualité de valet de 
chambre, attaché à la personne du Roi en Angleterre, et qu'il 
peignit, par son ordre, divers tableaux. Le présent portrait était 
autrefois dans les appartements du roi Charles V à l'hôtel Saint- 
Paul, et il faisait partie d'un quatriptyque fermant, renfermant trois 
autres portraits, ceux d'Edouard 111 d'Angleterre, de Charles IV 
Empereur d'Allemagne et -x Roi des Romains» et de Charles V alors 
duc de Normandie. Une mention de l'inventaire du Roi Charles V 
publié par Labarte n" 2217 montre que Girard d'Orléans avait 
peint un quatriptyque de ce genre. Cette œuvre d'un intérêt histo- 
rique considérable, à peu près unique aujourd'hui en Europe, est 
la preuve la plus saisissante de l'activité et du talent naturaliste 



XIV' SIECLE 



des artistes parisiens du xiv° siècle. Dans le xvi" siècle il passa à la 
famille du précepteur de François l", Arthur de Gouffier, sieur de 
Boisy, et fut transporté à son château d'Oyron. C'est là que Roger 
de Gaignières le trouva et l'acquit vers la fin du xvii' siècle. A la 
vente de ce dernier en 1717, le portrait du Roi Jean fut réservé 
pour le roi Louis XV et, depuis, il est resté dans les collections 
nationales. Il appartient aujourd'hui au Département des Estampes 
de la Bibliothèque nationale. 

Noyer, toile et enduit de plâtre doré, peinture en détrempe. 

2. ECOLE DE PARIS i36o. 

Mitre d'évêque en samit avec dessins. 

Cette pièce faisait partie d'une chapelle quotidienne comme le 
Parement de Narbonne (n" 3) et elle dut être « historiée » à 
Paris. Cette mode de remplacer les broderies par de la peinture ou 
des dessins fut constante pendant un siècle. On en connaît une sur 
parchemin dans la collection L'Escalopier à la Bibliothèque 
d'Amiens ; il y en a une du xiii' siècle français, à Namur chez les 
Sœurs noires. En 1389, Guillaume de Lestrange, archevêque de 
Rouen, possédait une « mistre historiée de paintures » vendue 
4 livres à l'évêque de Saintes, suivant que l'indique M. P. de Farcy. 
Dans le trésor du duc Jean de Berry on trouve « un cothidian de 
satin blanc pour le tems de Karesme, paint à ymaiges de blanc et 
noir de la Passion », 1404. Ces chapelles quotidiennes servaient 
donc surtout pendant le Carême, et cette dernière mention est 
fort explicite. Celle que possédait le duc de Berry devait être de 
la main d'un artiste. 

La pièce fut trouvée aux Archives nationales ; elle n'est au 
Musée de Cluny que depuis quelques années. 

Soie. Dessin à V encre de chine. Musée de Cluny. 



3. JEAN D'ORLÉANS? vers 1374. 

Parement d'autel, sur samit, avec divers tableaux de 
la Passion du Christ, vers 1374. 

H. 0,78. L. 2,86 
Cette pièce capitale pour l'art français du xiv' siècle se compose 
d'un motif central, qui est le calvaire, et d'une suite de scènes à 
droite et à gauche, séparées entre elles par des décorations archi- 
tectoniques, encadrées dans des arcatures gothiques quadrilobées. 
La scène principale renferme une vingtaine de personnages, des 
séraphins et des anges. De chaque côté, sous une arcade plus 
étroite et partagée dans son milieu, on voit à gauche la vraie Foi, et 




N" 3 du Catalogue 



Ga;effe des Rcaiix-Arls. 



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N" 3 liu Catalogue 



Ga;c-lh' ,û:s Bcanx-Arfs. 



XIV« SIECLE 



à droite la Synagogue ; à l'étage du dessous à gauche, un roi cou- 
ronné est représenté dans l'attitude de la prière ; à droite une reine 
également couronnée et priant. Six autres scènes se déroulent, 
trois à gauche, trois à droite. A gauche on a V Arrestation de Jésus, 
\z Flagellation, \e Portement de croix; à droite, la Mise au tom- 
beau, la Descente aux limbes, le Christ Jardinier. Une découverte 
récente a permis de comparer la composition de ces scènes avec 
celles d'un célèbre manuscrit du à\xc deBerry, les Petites Heures, 
conservées à la Bibliothèque Nationale. Le style des figures, la 
disposition dramatiques des scènes, font penser à une inspiration 
prise par l'artiste dans la représentation d'un mystère de la Pas- 
sion. Les caractères généraux du dessin, les thèmes employés, 
sont ceux des sculpteurs parisiens de la date voisine de 1380. La 
figure de la Vraie Foi rappelle celle que nous a conservée Villard 
de Honnecourt, dans un album de 1250 environ. Le roi représenté 
est Charles V, et la reine, Jeanne de Bourbon, sa femme. Le chif- 
fre K (Karolus) inscrit sur les bordures démontre que nous avons 
affaire à une œuvre commandée par le Roi. 

Ce parement faisait partie d'une chapelle quotidienne, c'est-à- 
dire d'une réunion d'objets du culte pour une fête déterminée. 
Nous savons par des notes d'inventaire que Girard d'Orléans avait 
exécuté de ces chapelles en dessin noir et blanc sur soie (Inventaire 
de Charles V en 1379 publié par Labarte). En 1374, date approxi- 
mative du Parement, Girard d'Orléans était très vieux, mais son fils 
Jean lui succédait dans ses charges à la cour du Roi. Il est intéres- 
sant de rapprocher cette œuvre d'une mitre conservée à Cluny, la- 
quelle faisait partie d'une chapelle identique, et est conçue dans le 
même sentiment de décoration. Un manuscrit de Mandeville con- 
servé à la Bibliothèque nationale (n" acquisit.4515) qu'on sait de la 
main de Raoulet d'Orléans, est enluminé dans ce style particulier. 
Le nom de Jean d'Orléans peut donc être indiqué à titre de renseigne- 
ment. Il était peintre du roi, il allait en 1391 devenir le chef de la 
corporation des peintres, lorsque ceux-ci se séparèrent des selliers 
pour prendre une existence à part. Quoiqu'il en soit, ce dessin en 
grisaille sur soie est un des documents les plus intéressants de 
notre vieille école du xiv' siècle, on y retrouve la « barbarie savou- 
reuse » dont parlait Paul Mantz, et surtout une allure particulière- 
ment écrite et individuelle. 

On le nomme le Parement de Narbonne parce qu'il fut trouvé 
dans cette ville par le peintre Boilly qui l'acheta au commencement 
du XIX'' siècle. Il fut cédé au Louvre en 1852 pour la somme de 
isoo francs par M. Jules Boilly. 

Dessin sur soie blanche (samit) Musée du Louvre. 



XIV° SIECLE 



4. JEAN D'ORLEANS? vers 1 38o. 

La Mise au Tombeau. 

H. 0,33. L. 0,21. 
Ce tableau, dont les rapports avec le Parement de Narhonne et 
les miniatures de manuscrits français sont indiscutables, est peint 
sur fond d'or. Le style des figures est celui des imagiers parisiens 
de la seconde moitié du xiv" siècle ; l'allure en est noble, en 
dépit des naïvetés gothiques de l'artiste, mais se distingue 
expressément des travaux contemporains attribués à Malouel ou à 
Beauneveu. La Vierge sous son voile est très rapprochée de celle 
du Parement de Narbonne et des manuscrits à origine certaine de 
l'Ile de France. 

Bois. Musée du Louvre. 

5. ÉCOLE DU MIDI vers 1395. 

L'adoration des Mages. 

H. 0,290. L. 0,185. 

Cette peinture, qui a de grands rapports de technique 
avec certains travaux parisiens, rappelle à la fois les Malouel 
et Simone Memmi. L'œuvre est celle d'un peintre sellier pei- 
gnant sur fond d'or. M. R.-E. Fry, qui a étudié cette pièce 
et la suivante, lors de leur passage à Londres chez MM. Dowdeswell, 
écrit cette phrase « This picture is no doubt rightly attri- 
buted to the french school of the end of the fourteenth century » 
{Burlington maga:{ijie^ june 1903, p. 90). On y retrouve certains 
caractères des miniatures de manuscrits attribués à André 
Beauneveu par M. le Comte Durrieu. Toutefois les costumes de 
femme sont plus provençaux que parisiens ;la Vierge est plus dans 
les données de Simone di Martino que dans celles des peintres de 
Paris. On se rendra compte de la différence des deux écoles en 
comparant les deux panneaux à celui de la Collection Carrand de 
Florence représentant également une Adoration des Mages. 
M. Fry met les deux peintures dont nous parlons en parallèle avec 
la Mise au Tombeau du Musée du Louvre exposée ici (n" 4). 
Il trouve de grands rapports entre les bleus des uns et de l'autre ; 
à notre sens le style est très différent. Cette pièce et la suivante 
ont un intérêt capital pour l'étude de la technique. On voit que 
les fonds d"or étaient préparés avant la peinture, et que cette 
peinture s'appliquait ensuite sur un croquis à la plume. 

Ces deux œuvres ont été gracieusement prêtées à l'Expo- 
sition par Madame Lippmann, veuve du regretté directeur du 
Cabinet des Estampes de Berlin. 

Bois, plâtre et or. Peinture . Madame Lippmann, Berlin. 



XIV« SIECLE 



6. ECOLE DU MIDI, vers ^3^5. 

La mort de la Vierge. 

H. 0,290. L. 0,185. 

Cette scène est celle qui offre le plus de rapports avec certaines 
miniatures attribuées à Beauneveu, mais les costumes, les meubles 
sont de la France méridionale. Le dernier apôtre dans le haut à gau- 
che, rappelle l'un des présentateurs du duc de Berry dans le manus- 
crit de la Bibliothèque de Bruxelles n- 11060, attribué à Beauneveu, 
mais qui est peut-être d'un artiste parisien. 

Même provenance que le précédent. 

Bois^ plâtre et or. Peinture. Madame Lifpmanx, Berlin. 

7. ÉCOLE DE PROVENCE 1390. 

Le Calvaire — Le Christ jardinier. 

H. 0,26. L. 0,15. 
Cette pièce, peinte sur panneau à la façon des peintres selliers 
du XIV' siècle, avec fond d'or sur plâtre, est de l'école avignonnaise. 
La partie peinte a été rapportée sur un ais de reliure du xvi' siècle, 
encore décoré de rinceaux dans la façon de Grollier. La croix du 
Christ est d'influence parisienne, mais le manteau semé de fleu- 
rettes est plus italien. 

Bois préparé. Peinture à Vœuf. M. Ed. Aynard, Lyon. 

8. ECOLE DE PARIS, vers 1390. 

La Trinité et lesEvangélistes. 

H. 0,35. L. 0,35 fermé et 0,(^6 ouvert. 
Cette forme quadrilobée est très fréquente dans les décorations 
gothiques de l'Ile de France, et plusieurs mentions d'inventaires si- 
gnalent des œuvres peintes ainsi encadrées. La pièce, capitale 
pour l'histoire de la peinture en France, a été trouvée à la char- 
treuse de Dijon et acquise par M. Baudot. A. Michiels, d'après cer- 
taines comparaisons avec les volets du retable de Champmol aujour- 
d'hui au Musée de Dijon, l'attribuait résolument à Melchior Bro- 
derlam, peintre du duc Philippe. Il y a lieu d'être moins affirmatif. 
Ce tableau rappelle par plusieurs points les miniatures des manus- 
crits du duc de Berry, le thème de la Trinité est fréquemment retrou- 
vé dans les grandes et dans les petites heures de ce prince. Les meu- 
bles, les fonds d'or, le type des anges procèdent à la fois du 
Parement de Narbonnc^ des Très riches heures du Musée Condé à 
Chantilly, et de certaines parties de la tapisserie de V Apocalypse d'An- 
gers. Le fond d'or poinçonné en damasquinure est celui du portrait 



XIV^ SIECLE 



du roi Jean le Bon. Nous signalons les très grands rapports entre le 
Christ en croix de cette pièce et celui du Parement de Narbonne 
(voir n" 3) ci-devant décrit. 

Le triptyque faisait partie de la vente Baudot à Dijon en 1894, 
sous le n" 12. Il fut acquis pour le compte de M. le consul Weber, 
de Hambourg, qui a bien voulu le prêter à notre exposition. 

Bois, enduit de plâtre, peinture â T œuf sur or. 

M. Weber, Consul à Hambourp. 



9-11. ECOLE DE PARIS, XIV SIECLE, 1390? 

Trois feuillets d'un livre d'heures ayant appartenu au 
duc de Berry, et dont la plus grande partie est dispersée. 
Le Père éternel — Moïse et la Vierge sur un trône — La 
Toussaint. 

H. 0,27. L. 1,75. 
Le premier et le second de ces tableaux omt de proches parentés 
avec le Parement de Narbonne (n" 3). Dieu le père sur son 
trône, nous offre les thèmes de plis et accessoires qui seront 
adoptés par tous les peintres flamands dans le xv" siècle, à partir de 
Broderlam et des Limbourg. La Vierge du second feuillet est celle 
du Parement. Au bas du tableau principal, une petite miniature 
montre le duc de Berry agenouillé devant le Christ, la Vierge et 
saint Jean. Le troisième feuillet est peut-être de la main d'André 
Beauneveu. Le livre d'où ces feuilles ont été arrachées a disparu 
récemment dans l'incendie de Turin. Il avait été heureusement 
publié, en l'honneur de M. Léopold Delisle, par M. le comte Dur- 
rieu. Comparez ces feuillets avec les grandes heures du duc à la 
Bibliothèque nationale, lat, 919. 

Vélin. Miniatures. Musée du Louvre. 



12. CLAUS SLUTER, vers 1395. 

Dessin d'un personnage en costume de deuil (Pleu- 
rant). 

H. o, 17. L, 0,09 

Nous conservons ici l'attribution que nous a obligeamment 
fournie M. Walter Gay, mais les plis du manteau ne rappellent pas 
ceux de Sluter. Il s'agirait plutôt d'un dessin de Gérines dans le 
xV siècle. 

Papier gris. Dessin rehaussé. M. Walter Gay, Paris. 



XIV" SIÈCLE 



i3. JEAN MALOUEL? 1395 
La Vierge et l'Enfant. 

H. 0,21, L. 0,14. 
Ce très délicat petit panneau est d'un artiste tout près de 
Jean Malouel travaillant à Dijon chez le duc de Bourgogne, en 139S. 
La Vierge, avec son nez effile', ses yeux noirs, ses mains longues et 
fines, se rapproche beaucoup de la Vierge attribuée à Malouel et 
conservée au Musée du Louvre (n° 15). La matière de ce tableau 
est d'une saveur picturale toute particulière, les ors du fonds, très 
délicatement traités, trahissent les influences des peintres parisiens. 
Le corps de l'enfant est de toute beauté, et son minois éveillé très 
différent de celui qu'on est habitué à retrouver à ces époques. 
Bois préparé ati plâtre^ gravure des nimbes. 

M. Edouard Aynard, Lyon. 

14. JEAN MALOUEL 1398. 

Pieta. Le Christ mort est soutenu par deux anges, 
saint Jean et la Vierge. 

H. 0,39, L. 0,26 

Ce morceau est peint à la détrempe, sur bois préparé au plâtre et 
doré. Une des particularités de la scène est dans ce détail : les 
anges portent au front la croix que Van Eyck adoptera plus tard, 
et qui passera pour une de ses inventions personnelles. St-Jean 
porte un manteau rouge, la Vierge un manteau bleu. Le fond d'or 
est empreinte , en creux, et non en relief; il rappelle le fond du 
portrait du roi Jean (n" i). Le cadre tient au panneau qui est creusé 
en cuvette et devait à l'origine être orné de pierres. Cette pièce 
est à rapprocher du petit tableau circulaire du Louvre représen- 
tant aussi une Pieta avec Dieu le Père, également attribuée à Ma- 
louel. Elle a beaucoup souffert; les bijoux du cadre ont disparu, 
le bois est à découvert en certaines parties, la tête du Christ et celle 
de saint Jean sont perdues. Donné au Musée de Troyes, par 
M. Fléchey. 

Bois préparé. Musée de Troyes (Aube). 

i5. JEAN MALOUEL vers 1398. 

Pieta avec Dieu le Père, la Vierge, saint Jean et des 
anges. 

Diamètre 0,64. 
Cette oeuvre a été donnée à Jean Malouel dans les catalogues 
du Louvre parce que le revers porte les armes du duc de Bourgo- 
gne chez qui travaillait Malouel ; mais il ne faut pas oublier que le 



XIV» SIECLE 



duc de Berry envoyait à son frère de Bourgogne de fre'quents 
cadeaux en objets d'art, et qu'on y représentait l'écusson 
du destinataire. Nous devons reconnaître toutefois que la 
manière générale de ce tableau est très différente de celle des 
parisiens caractérisée par nombre de miniatures de manuscrits et 
par diflférentes œuvres ci-devant décrites : la Mise au tombeau^ 
(n" 4). Le Parement de Narbotine^ (n" 3), le diptyque de la 
collection Carrand au Musée des Offices. Au contraire on y trouve 
les caractères d'une Pieîa du Musée de Troyes (n" 14) et d'une 
petite Vierge appartenant à M. Edouard Aynard (n" 13). Les anges 
sont ceux de la Pieta de Troyes ; ils sont au nombre de six. 
Bois préparé., peinture à l'œuf. Musée du Louvre. 

16. ATTRIBUÉ à JEAN MALOUEL, vers 1400. 

Le martyre d'un saint Evêque. Sa dernière communion. 

H. 1.60. L 2,08. 
Le martyre de saint Denis est considéré comme l'œuvre de 
Jean Maelwael dit Malouel, peintre Gueldrois établi à Dijon vers 
1398, et qui devint un Français comme l'Allemand Memling, établi 
en Flandres, devint un Flamand. Toutefois, certains rapports entre 
la figure du Christ et celles de diverses autres représentations de 
Jésus, dans les Très riches heures du duc de Berry, permettent de 
penser que l'œuvre a pu être exécutée à Paris, dans les ateliers du 
duc, par l'auteur des miniatures qu'on dit être l'un des frères Lim- 
bourg. D'après les recherches les plus récentes, les frères Limbourg 
seraient les neveux de Malouel; ils fussent venus étudier leur 
art à Paris dans la fin du xiV siècle. Ils avaient alors 14 et 16 ans. 

La comparaison de l'architecture du tableau avec les miniatures 
des Très riches heures de Chantilly, et surtout avec celles du ms. 
français 166 à la Bibliothèque Nationale, attribuées également aux 
frères Limbourg, donne une grande vraisemblance à cette hypo- 
thèse. D'autres concordances établissent une parenté entre les 
Limbourg et le peintre anonyme aujourd'hui désigné sous le nom 
de Maître de Mérode ou de Flemalle dont il sera parlé ci-après. 
Des remarques de détail montrent que le peintre du tableau avait 
connu certaines œuvres italiennes, et qu'il s'était imprégné de ce 
qu'on nommait alors « l'ouvraige de Lombardie », cette dernière 
considération pourrait laisser croire à l'intervention de l'un des 
artistes du duc ayant travaillé en Lombardie, tels Jean Mignot ou 
Jacques Cône. En l'état actuel des connaissances, il faut réserver 
son opinion définitive, mais le Martyre de saint Denis n'en reste 
pas moins l'un des morceaux les plus précieux de la peinture go- 
thique. Ce tableau provient de la Chartreuse de Champmol à 
Dijon. Il a été donné au Louvre par M. Reiset, en 1863. 

Bois préparé au plâtre avec fond d'or. Musée du Louvre. 




^ 



XIV' SIÈCLE 



17. ÉCOLE DE PARIS, vers 1400. 

Statuette de la Vierge sous un tabernacle muni de 
volets peints décorés de la vie de Marie et de Jésus, vers 
1400. 

H. 0,46. L. 0,21. 
Les peintures de ces volets montrent VAiinonciatioji^ la Visita- 
tion^ V Apparition aux Bergers^ la Nativité^ les Magcs^ la Fuite en 
Egypte^ ï Idole brisée^ la Présentation au Temple, le Massacre des 
Innocents. 

On pourra comparer les peintures de cette remarquable pièce 
au Parement de Narhonnc (n" 3). On y aperçoit un personnage 
portant une queue de cheveux comme on en voit à un des bour- 
reaux du Calvaire du Parement. Le saint Joseph de la Nativité est 
retrouvé dans le manuscrit 166 français de la Bibliothèque natio- 
nale. Les soldats sont ceux de France vers 1400 ; l'un d'eux y a le 
chapeau de fer, l'autre le bassinet du temps de Duguesclin. 
Bois. Peinture à V œxij\ fond d'or. 

M. Ch. Léon Cardon, à Bruxelles. 

18. ÉCOLE DE PARIS, vers 1400. 

Mort, Assomption et Couronnement de la Vierge. 

H. 0,64. L. 0,33. 
Ce dessin a été attribué à André Beauveneu; il paraît être de la 
main de l'artiste qui peignit le célèbre diptyque représentant Ri- 
chard II, aujourd'hui en la possession de Lord Pembroke à Vilton- 
House. Rien n'autorise à donner le nom de Beauneveu plutôt que 
celui de Jean d'Orléans ou de tout autre. Toutefois, le rapproche- 
ment avec le Parement de Narbonne et divers manuscrits nous au- 
torise à indiquer l'école des miniaturistes parisiens. 

Papier. Dessin. Musée du Louvre. 

19-22. ECOLE FRANÇAISE (Commencement du XV* siècle). 

Seize feuillets d'un Livre d'Heures, enluminé en 
France, représentant des Saints. 

Chaque pièce. H. 0,056. L. 0,052. 

i" cadre. — Saint Jean, saint Etienne, saint Laurent, saint 
Biaise. 

2" cadre. — Saint Pierre, saint Jacques, saint Christophe, saint 
Antoine. 

y cadre. — Sainte Marie-Madeleine, sainte Geneviève, sainte 
Théodoxie, sainte Agnès. 



XV= SIECLE 



4' cadre. — Saint Martin, saint Eloi, sainte Barbe, sainte Cathe- 
rine. 

Ces miniatures ont été exécutées par un artiste français contem- 
porain du duc de Berry, vers 1410 environ. Les fonds sont encore 
ceux des manuscripteurs du xiv" siècle. 

Vélin^ miniatures application d'or . M. Jean Masson, Amiens. 

23. ÉCOLE DE PROVENCE, vers 1400. 

La Vierge sur son trône entre Saint-Jean et un béné- 
dictin. En bas, trois saints. Saint-Louis de Toulouse. 

H. 0,28. L. 0,18. 

Cette pièce restaurée rappelle certains manuscrits exécutés 
pour le chancelier de l'Empereur, par des artistes méridionaux, 
et que M. Max Dvorak a signalés dans son livre : Die Illumi- 
nât or en. ■ 

Bois fond or. M. Ed. Aynard, Lyon. 

24. INCONNU, vers 1400. 

Le Jugement dernier et la Résurrection des Morts. 

H. 2,9^ . L. 0,60. 

Cet antipendium est peint sur fond d'or gaufré au fer chaud en 
relief sur un mastic. C'est l'œuvre d'un des peintres selliers, très 
souvent nomades, venus de l'Ile de France, de la Picardie ou de 
l'Artois. Le caractère des figures, l'extrême simplicité des moyens 
assurent à ce morceau de l'école française du xiv° siècle une impor- 
tance exceptionnelle. On ignore malheureusement à quelle époque 
il fut placé dans l'église Saint-Wulfran d'Abbeville où il est encore, 
mais tout porte à croire qu'il y est resté depuis le xiv' siècle. Peut- 
être est-il l'oeuvre d'un de ces peintres de Hesdin dont les premiers 
avaient été formés par la comtesse Mahaut d'Artois avec l'aide 
des artistes parisiens, entre 1300 et 1329. 

Bois préparé fonds d'or. Saint-Wulfran d'Abbeville. 

25. ECOLE DE PARIS, vers 1410. 

Le Calvaire avec un donateur portant des armes. — 
Le Père éternel et le symbole des quatre évangélistes. 

H. 0,56. L. 0,26. 

Les armes du personnage représenté sont celles de Gérard de 
Montaigu, évêque de Poitiers (1406), puis de Paris 1409. chancelier 



XV" SIECLE II 



du duc de Berry, mort en 1420. M. le C'° Durrieu estime que ces 
deux miniatures peuvent être attribuées à Jacques Cône ou Coene, 
peintre Brugeois fixé à Paris dès avant 1398. C'est ce Jacques 
Coene qui avait été appelé à xMilan pour construire le Dôme. 
Vélin. Miniature. Musée de Cluxy. 

26. ÉCOLE FRANÇAISE 1410. 

Portrait d'un prince. 

H. 0,200. L. 0,175. 
Ce portrait représente Louis II duc d'Anjou, roi de Sicile et de 
Jérusalem, père du roi René. La confirmation de cette attribution 
se trouve dans le manuscrit latin 11 56 ade la Bibliothèque Natio- 
nale, manuscrit ayant appartenu au roi René, où lui-même est 
représenté portant une longue barbe italienne. L'aquarelle ici expo- 
sée a été léguée au Département des Estampes de la Bibliothèque 
Nationale par M. Miller, membre de l'Institut. C'est l'œuvre d'un 
des peintres de la cour de France. Traité en miniature, ce portrait 
présage les travaux de Fouquet dans le même genre. Il appartint 
à J. Ballesdens, le concurrent de Corneille à l'Académie, et fut 
ensuite à Roger de Gaignières qui le fit agrandir sur les bords et 
orner d'une lettre. Celle-ci disparaît dans l'encadrement, mais elle 
a été reproduite dans la copie que Gaignières avait fait faire dans 
ses albums de costumes. 

Papier. Aquarelle. Département des Estampes. 

27. ÉCOLE FRANÇAISE vers 1420. 

L'embarquement d'un roi de France. — Un roi sur son 
trône salué par cinq personnages. 

H, 0,10. L. 0,08. 
Ces miniatures, arrachées au manuscrit 5077 de la Bibliothèque 
de l'Arsenal, appartiennent à l'école de Paris. Elles ont beaucoup de 
rapports avec le tableau de la Vierge au manteau, du Musée duPuy 
(n° 28). 

Vélin. Miniature. Musée du Louvre. 

28. ECOLE DE L'AUVERGNE vers 1420. 

La Vierge protectrice. 

H. 1,45. L. 1.90. 

Ce tableau, qui dut servir de bannière à l'origine, est peint sur 

toile. La Vierge, dans le goût des madones des artistes du duc de 

Berry, est représentée debout, couronnée et tenant son enfant 

pressé contre elle. Elle porte une robe rouge semée de fleurons d'or. 



12 XV= SIÈCLE 



Son large manteau d'hermine est soutenu par deux saintes 
femmes. En arrière, on aperçoit six personnages nimbés. En bas, 
de chaque côté de la Vierge, deux groupes distincts de dignitaires 
ecclésiastiques, de princes et seigneurs laïques, les religieux à 
gauche, les laïques à droite. Dans le premier groupe, on remar- 
que un pape, des cardinaux, un évêque, des abbés cisterciens et 
franciscains. A droite, le groupe des laïques comprend un empe- 
reur qui paraît être Charles IV, un roi qui est probablement 
Charles VI, une reine qui est Isabeau de Bavière, et des princes 
dont l'un, coiffé d'un haut chapeau, est en arrière du groupe. Les 
costumes sont ceux des princes et seigneurs français vers 1415, tels 
qu'on les retrouve notamment dans les Très riches heures du duc 
de Berry à Chantilly. Trois personnages de la fin du groupe parais- 
sent être les donateurs de la bannière ; c'est un riche bourgeois 
entre deux femmes. En tout 28 personnages. Le tableau complet 
renferme 38 figures y compris celles de la Vierge et des saints. 

Cette œuvre est très visiblement influencée par l'école de Paris, 
et par les artistes du duc de Berry. La peinture en est soignée et 
fine. Il faut penser à un artiste venu du Nord et qui s'est inspiré 
de certaines théories avignonnaises. Le sentiment général est fort 
rapproché de certaines fresques retrouvées dans la région. Il pré- 
sage visiblement Enguerrand Charonton (n" 72). 

Provient du couvent des Carmes du Puy, donnée au Musée en 
18^0 par la Fabrique de la paroisse des Carmes. 

Toile, peinture à la détrempe, Musse du Puy. 

29. ÉCOLE DE L'ARTOIS? 1430 

Suite de 6 pièces sur la vie du Christ, avec portrait 
d'un chanoine donateur. Miniatures en grisaille. 

Chaque pièce : H. 0,087, L. 0,060. 
Cette suite de grisailles rehaussées d'or rappellent de très près 
les œuvres du maître dit de Flémalle. 

Velin. Miniature. M. Jean Masson. Amiens. 

30. ÉCOLE DE L'ARTOIS (LE MAITRE 

DE FLÉMALLE), vers 1430. 

La Vierge glorieuse, Saint-Pierre, Saint-Augustin et 
un augustin. 

H. 0,480. L. 0,216. 
Cette œuvre, comparable aux plus célèbres panneaux attribués 
aux Van Eyck, est donnée par quelques personnes au peintre 
inconnu, désigné aujourd'hui sous le nom de Maître de Flémalle 



XV» SIECLE 



13 



par M. Von Tschudi de Berlin. (lahrbuch 1898.) On a voulu iden- 
tifier ce maître anonyme avec un certain Jacques Daret, person- 
nage considérable de la cour du duc de Bourgogne, lequel était né 
à Tournai. (Georges Hulin de V identité de Maîtres anotiymes. Gand 
1902). Mais personne n'a remarqué encore la descendance très 
écrite entre la facture er les moyens généraux de ce délicat artiste 
et les peintres des Très riches heures du duc de Berry à Chantilly. 
Une concordance absolue, mais où l'on sent une différence de date 
sensible, relie le prétendu Maître de Flémalle aux prétendus 
Limbourg. L'usage des rayons en fusées radiantes remarqués dans 
le calendrier des Très riches heures, dans la Nativité du même 
manuscrit et en divers endroits, est une note caractéristique. Les 
plis d'étoffe, les paysages sont traités de même. Dans le présent 
panneau la ville est essentiellement française, elle rappelle certaines 
fortifications du Nord de Paris ; les types d'hommes, notamment 
celui de St Pierre, qu'on retrouve dans V Adoration des Bergers, 
du même maître au Musée de Dijon sous les traits de Saint-Joseph, 
accusent des conformités plus sensibles encore avec les miniatures 
françaises du xv" siècle. M, Hulin estime que le tableau fut peint 
pour l'abbaye d'Eaucourt en Artois. Sans rien affirmer, nous ex- 
posons ce tableau en le rapprochant de celui de M. Salting de 
Londres, où nous avons signalé une particularité singulière, l'écran 
d'osier rencontré dans la miniature initiale des Très riches heures. 
L'influence de la France sur le prétendu maître de Flémalle est 
confirmée par une Visitation du Musée de Berlin, où l'on aperçoit 
le logis de Nesle et les cygnes du duc de Berry. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée d'Aix. 

3i. ÉCOLE DE L'ARTOIS (LE MAITRE 

DE FLÉMALLE), vers 1430. 
La Vierge et l'enfant dans un intérieur. La Vierge est 
assise sur un banc ; elle est protégée de la flamme du 
foyer par un écran d'osier. Par la fenêtre, on aperçoit 
une ville. 

H. 0,62. L. 0,4s. 
Nous exposons ce tableau à cause de l'écran d'osier que nous 
trouvons absolument semblable dans la miniature initiale des Très 
riches heures de Chantilly, derrière le duc de Berry à table. 

Cette particularité fort rare, jointe aux nimbes radiants, au 
paysage aperçu par la fenêtre ouverte, note une descendance indis- 
cutable entre les artistes du duc et le Maître dit de Flémalle. Cet 
artiste dut vivre dans l'Artois entre 1425 et i4=,o. Peut-être même 
vint-il à Paris. Ses origines sont inconnues encore et nous n'osons 
suivre M. Hulin qui en fait Jacques Daret. 
Bois. Peinture à Vhuile. 

M. George Salting, esquire., Londres. 



14 XV' SIECLE 



32. ECOLE DE L'ARTOIS, (LE MAITRE 

DE FLÉMALLE), vers 1430. 

L'adoration des bergers. 

H. 0,99. L. 0,66. 
Nous avons déjà parlé de ce maître au n" précédent, Ce 
tableau de Y Adoration est assurément l'une des oeuvres les plus 
plus fortes sorties de l'atelier de ce peintre inconnu. On a signalé 
les caractères qui le rattachaient aux miniatures du livre d'heu- 
res du duc de Berry à Chantilly ; ici nous retrouvons plusieurs 
particularités qui achèvent la démonstration. Dans les figures, le 
type de la Vierge avec les cheveux rejetés derrière les oreilles, 
est celui des Très riches heures^ pour Eve dans le Paradis terrestre, 
etc. ; Son manteau blanc étoile est semblable à celui de ï Adora- 
tion des Bergers du manuscrit. L'ajustement des coiffures de fem- 
mes'est aperçu à peu près identique dans les Heures^ quoique à des 
dates un peu antérieures. Le Saint-Joseph de la peinture est 
très près comme figure, barbe et calvitie du premier berger des 
Très Riches heures dans Y Annonciation aux bergers. L'un des 
bergers avec sa musette est retrouvé dans le manuscrit et dans le 
présent tableau. Le paysage du tableau est traité dans la manière 
du peintre du manuscrit. La forme des montagnes du fond est 
identique dans les deux œuvres, mais une particularité, c'est 
le soleil perçant en arrière de ces montagnes dans le tableau et 
qu'on revoit presque identique dans la Visitation des Très riches 
heures. Le fait est trop rare pour ne pas être signalé comme 
une concordance décisive. Le reste du paysage, avec son château 
et son lac, ou mer intérieure, paraît être, dans le tableau, un de 
ces arrangements comme en firent les artistes du duc de Berry, 
qui figuraient de très grandes nefs à voiles sur la rivière de Mehun- 
-sur-Yèvre, et agrémentaient le paysage de montagnes poin- 
tues. Quant aux banderoles aperçues ici, elles sont constantes 
dans les Très riches heures et achèvent d'accuser des conformités 
trop persistantes pour être l'effet d'un pur hasard. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée de Dijon. 

33-36. ECOLE DU MIDI, vers 1430. 

Légende de Saint-Georges, en quatre tableaux sé- 
parés. 

H. 1,03. L. 0,50. 

Ces tableaux sont d'une peinture de la partie du midi avoisinant 

l'Espagne. Toutefois, certains indices trahissent nettement 

l'influence française, par exemple le conseiller au Parlement qui se 

retrouve dans le tableau de Y Accusation. On pourra comparer ce 



XV^ SIECLE 15 



personnage avec les pages des Heures de Fouquet au Muse'e 
Condé. Certaines excentricités dans les chapeaux, et les yeux 
tombants sont un indice en faveur des pays voisins de la Navarre. 
Les 4 tableaux sont : i" V Accusation — i° La Flagellation — 3" Le 
Saint trainc par des chevaux — 4° La Décapitation. 

Bois ; fond doré. M. Théophile Belin, Paris 

37. ÉCOLE DE BOURGOGNE vers 1440. 

L'Annonciation dans une église gothique. 

H. 1,55. L. 1,76. 

Ce tableau a été successivement attribué à Jean van Eyck et à 
Albert Diirer ; ces opinions ne se peuvent soutenir. Certains dé- 
tails non remarqués encore nous permettent de rattacher l'œuvre 
au rameau français des artistes issus des ateliers du duc de Berry. 
L'architecture rappelle les plus remarquables miniatures du livre 
célèbre des Très riches heures conservé à Chantilly. La décoration 
générale, les statuettes de prophètes, inspirées du Puits de Moïse, 
l'ornementation des chapiteaux par des raisins et de la vigne, éloi- 
gnent l'idée d'un peintre néerlandais. De plus les types du Père 
Eternel, de l'Ange, de la Vierge concordent avec les manuscrits 
bourguignons à origine certaine ; la Vierge est bourguignonne, 
comme la Vierge de Charonton est picarde. D'autres constatations 
achèvent d'édifier l'opinion. Entre deux colonnes de l'église, à 
droite on aperçoit un autel dont le dais est nettement semé de 
France, c'est à dire de fleurs de lis sans nombre. Un Flamand v 
eût ajouté les armes de ses princes régnants. Plus à droite, divers 
personnages assistent à une messe, ils sont costumés à la mode fran- 
çaise de 1440 environ. Sur un vitrail, les armes des Rochechouart. 

L'Ange, revêtu d'une ample dalmatique pourpre à orfroi d'or, 
rappelle certains similaires de la sculpture dijonnaise et celui du 
Btiisson Ardent de Nicolas Froment. Il a des ailes empruntées à 
un faucon, ce que faisaient volontiers les artistes du duc de Berry. 
La Vierge, à genoux devant un pupitre sculpté, est très blonde ; 
elle est revêtue d'un ample manteau en brocard de Tours, et, devant 
elle, un 'manuscrit enluminé est ouvert. En haut, à gauche. Dieu le 
Père darde ses rayons sur elle, et dans ces rayons, un petit enfant 
s'aperçoit très nettement — formule naïve et inhabituelle imaginée 
pour expliquer l'Immaculée-Conception. Par une baie ouverte 
en arrière de l'Ange, un paysage s'étend, traité largement, sans 
rien des précisions méticuleuses des flamands. Sur le premier 
plan, le vase de fleurs obligé, où «le lis le plus pur » est montré. 
En comparant ces divers éléments de discussion à l'œuvre des 
maîtres capables d'exécuter avec cette décision un pareil morceau, 
en opposant à leurs moyens connus, aux types adoptés par eux 



i6 XV» SIECLE 



les remarques ci-devant faites, on s'aperçoit que le tableau ne peut 
avoir été composé que par un artiste français du milieu du xv° 
siècle, contemporain de Fouquet et de Charonton, mais séparé 
d'eux par des influences, une technique plus serrée et des 
modèles différents. Si le tableau a été exécuté dans le midi, il le 
fut par un de ces artistes voyageurs venus de la région dijonnaise, 
attirés par René d'Anjou. Cet artiste avait la tradition des peintres 
des Très riches heures du duc de Berry, s'il n'était l'un d'eux. Il 
est bon de rappeler ici que Jean Changenet, artiste de Langres, et 
Grabusset de Besançon, travaillèrent dans la région au milieu 
du xv* siècle. (Note de M. l'abbé Requin). 

L'entrée du tableau à l'église de la Madeleine est inconnue. 

Bois^ peinture à V œuf sur plâtre. 

Eglise de la Madeleine v» Aix-en-Provence 



38. JEAN FOUQUET. vers 1445. 
Portrait de Charles VIL 

H. 0,86. L. 0,72 
Le nom du personnage représenté nous est fourni par le cadre, 
dans une légende en caractères spéciaux imaginés par Jean Fouquet, 
et retrouvés dans la plupart des miniatures du livre d'heures 
conservé à Chantilly. Le Très Victorieux Roy de France Charles 
SEPTiESME DE CE NOM. Ce priuce est représenté de trois quarts en 
grandeur naturelle, tourné à droite et coiffé d'un chapeau, à bords 
relevés, orné d'une ganse endenchée. La robe est en velours rouge 
garnie de loup-cervier au col et aux poignets. Les n>ains sont posées 
l'une dans l'autre, suivant une attitude remarquée dans la miniature 
célèbre du Procès du duc d'Alençon à Munich (Cimiliensaal n" 38) 
En arrière, un rideau bleu, partant du milieu du panneau, est relevé 
à droite et à gauche. L'inscription est partagée en deux; une partie 
en haut, le reste en bas. Pour qu'on osât lui donner ce nom il 
fallait que le prince méritât le titre de Victorieux; ce ne fut guère 
qu'après la bataille de Formigny, le i^ avril 1450, et surtout après 
la conquête de la Guyenne en 1453, qu'il eût pu le revendiquer. 
Mais le roi paraît âgé ici d'une quarantaine d'années ; en 1453, ^ 
eût eu cinquante ans. On n'avait donc pas attendu les victoires 
finales et on avait dû lui décerner le titre de Victorieux dès la 
conférence d'Arras (1444). Ce devait être le moment où Fouquet 
revenait d'Italie; il avait peint là bas le portrait du pape; il était 
devenu un personnage. 

Né aux environs de 1410-15. Jean Fouquet a bien près de 
trente ans. Mais sa main n'a pas l'assurance qu'on lui verra dans 
le portrait d'homme de la galerie Liechtenstein. Il est minia- 




îs" 58 du Catalogue 



Girandon, phoi. 



XV» SIÈCLE 17 



turiste encore, et les colorations sont hésitantes. Ce tableau avait 
été copié dans le recueil de Gaignières. mais il ne figure pas à sa 
vente de 1717. Il fut acquis par Louis-Philippe comme ouvrage 
grec en 1838 et payé 450 francs. 

Bois. Peinture à T huile. Musée du Louvre. 

39. JEAN FOUQUET, vers 1450. 

Buste de Christ. 

H. 0,128. L. 0,089. 

Cette miniature exécutée sur un feuillet indépendant a été 
rapportée dans un manuscrit, connu autrefois sous le nom de« Livre 
d'heures de la dernière comtesse de Flandre ». Elle y accompagnait 
d'autres miniatures de Fouquet mélangées à des figures de mains 
différentes. La tête du Christ est fort intéressante ; elle y témoigne 
d'une influence de Fra Angelico sur Fouquet pendant son voyage 
en Italie. Le manuscrit où elle était collée provient des 
collections Ganay et Spitzer. (Voir n" 49). 

Vélin. Miniature. M. le Comte Paul Durrieu, Paris. 

40. JEAN FOUQUET 1450. 

La Vierge Mère, avec un donateur, Diptyque. 

Chaque volet : H. 0,93. L. 0,85. 
L'œuvre illustre ici exposée et reconstituée pour la première 
fois depuis 177s. était autrefois conservée à la cathédrale Notre- 
Dame de Melun. A l'origine, les deux volets étaient enfermés dans 
une riche bordure de velours bleu, décorée d'émaux d'or gravés, ou 
figurait peut être le portrait de l'artiste, aujourd'hui au Louvre et 
provenant de la collection de Janzé. Cette bordure portait une al- 
ternance de sujets émaillés et de lettres EC enguirlandées d'une 
cordelière comme on en retrouve dans les feuillets des Heures du 
Musée Condé à Chantilly. Cette pièce avait été commandée au 
peintre Jean Fouquet, de Tours, par Maître Etienne Chevalier, tré- 
sorier des finances du Roi Charles Vil. Elle montrait, à droite du 
spectateur, la Vierge, et à gauche, le donateur Etienne Chevalier 
lui-même, présenté par saint Etienne, son patron. Par une particu- 
larité fort intéressante et très précieuse pour l'identification de ce 
diptvque. les Heures du Musée Condé nous offrent à leur première 
page une scène presque identique, sauf que certains détails sont 
précisés, et que la Vierge est représentée au porche d'un temple. A 
Melun OLi l'œuvre était attachée à la muraille de la cathédrale, elle 
surmontait l'endroit précis de la sépulture d'Etienne Chevalier et de 
sa femme Catherine Budé, morte en 1452 et représentée avec son 



XV" SIÈCLE 



mari sur une plate tombe de cuivre. Comme une légende fort an- 
cienne voulait que la Vierge du diptyque fût représentée sous les 
traits d'Agnès Sorel, maîtresse du roi Charles VII, et protectrice 
de Maître Etienne Chevalier, on s'étonnait que Catherine Budé ne 
parût pas dans la composition, et on pensait que la prétendue 
Agnès Sorel était vraisemblablement la femme du Trésorier. 

La comparaison des portraits d'Agnès Sorel, entre autres la sta- 
tue du tombeau de Loches et certaines copies assez habiles faites 
d'après des œuvres disparues, tel le crayon de la Méjanes à Aix, et 
celui du Département des Estampes, semble donner consistance à 
la légende. L'œuvre parait avoir eu une destination antérieure par- 
faitement explicable. Etienne Chevalier avait été nommé exécu- 
teur testamentaire d'Agnès en 1450, il avait dû faire peindre le dip- 
tyque pour l'église de Loches, et ceci expliquerait l'absence de 
Catherine Budé. Lors des difficultés soulevées par Louis XI à pro- 
pos de la sépulture d'Agnès, Etienne Chevalier dut faire dispa- 
raître son acte de reconnaissance ; il était devenu le courtisan du 
nouveau roi. Sa femme était morte en 1454, le 24 août; on était en 
i46i,ilfit transporter le tableau au lieu de sa sépulture à Melun,où 
il devint anonyme : nul ne savait que ce fut là la belle Agnès. De 
1461 à 1775, le diptyque demeura là; mais le cadre avait dû dispa- 
raître plus tôt, car à la dernière date, les deux volets étaient sépa- 
rés et placés sous un rideau de serge verte. 

Enlevés vers la fin du xviii' siècle, ils eurent des fortunes di- 
verses. La Vierge fut recueillie dans la collection Van Ertborn et 
entra au Musée d'Anvers ; le panneau représentant Etienne Cheva- 
lier fut retrouvé à Munich sous le premier Empire, et reconnu par 
M. Brentano, qui possédait le fameux livre d'heures aujourd'hui à 
Chantilly. M. Brentano le légua à ses héritiers avec les Heures^ et 
on les voyait naguère dans la salle de billard du petit hôtel de 
M. Brentano à Francfort sur la Taunus-Platz. Le Musée de Berlin a 
acquis le Donateur en 1896. 

i" Volet de droite. La Vierge, costumée en française du xv° siè- 
cle, avec le petit bandeau de front particulier aux femmes de 
France, a le sein nu, et porte sur ses genoux un enfant Jésus. 
Comme nous l'avons dit, sa physionomie rappelle celle d'Agnès 
Sorel; la gorge nue concorde avec la remarque du Bourguignon 
Châtelain, un ennemi, qui lui reprochait son impudeur: « elle des- 
couvroit les espaules et le seing, devant, jusques aux tettins. » Ce 
volet du dyptique est fort intéressant à comparer à l'autre. Il est 
resté gothique, tout français, à peu près sans influence étrangère. 
Il y aura à le mettre en regard du Triomphe de la Vierge d'En- 
guerrand Charonton, daté de 1453. ^^^ séraphins multicolores se 
rencontrent très semblables chez l'un et l'autre artiste ; ils pro- 
viennent de ces anges retrouvés dans les célèbres manuscrits du 
duc de Berry, et non des anges italiens comme on l'a dit. 

Bois. Peinture à Vhuile. Musée d'Anvers. 



XV« SIÈCLE 



19 



41 . — 2° Volet de gauche. Etienne Chevalier vêtu d'une houppelande 
foncée, dont la forme se retrouve exactement dans le dessin de sa 
tombe que nous a gardé Gaignières, est présenté à mi-corps, de- 
vant son patron, au milieu d'un portique richement décoré de 
marbre et d'or. Il y a lieu cependant de ne pas voir ici, aussi for- 
mellement qu'on l'a voulu faire, un pastiche italien ; nous retrou- 
vons ce fond très semblable dans le portrait de Jouvenel des 
Ursins au Louvre, avec ses ors gravés que le peintre affectionnait 
particulièrement et qui passeront à Nicolas Froment d'Uzès. 

Etienne Chevalier, comme tous les courtisans, cherchait à se 
faire la tête de son souverain. Il était fils et petit-fils d'officiers 
royaux. Son grand-père, Pierre Chevalier, était valet de chambre du 
roi Charles V, et il avait pu connaître les peintres Jean d'Orléans, 
Colart de Laon, pour ne nommer que les plus célèbres. Son père, 
Jean Chevalier, était en 1423 secrétaire de Charles VII. Etienne 
Chevalier avait été très jeune ambassadeur en Angleterre (144^). 
maître des Comptes (1449), trésorier de France (145 1). Comme 
nous l'avons dit, Agnès Sorel l'avait nommé son exécuteur testa- 
mentaire, et la chronique un peu scandaleuse, mais invraisemblable, 
attribuait à une passion partagée, l'absence de Catherine Budé dans 
le diptyque. Nous avons cherché à rétablir les faits dans leur sens 
le plus juste. Etienne Chevalier avait de nombreux châteaux: 
Eprunes, Plessis-le-Comte, Grigny, et il était originaire de Melun. 
Son séjour en Tourraine était la conséquence de son office à la 
cour du « Roi de Bourges». Lorsqu'il connut Jean Fouquet vers 
1446-^0, celui-ci était déjà allé à Rome où il avait exécuté le portrait 
du pape Eugène IV. Cependant, eu égard aux différences notables 
de composition et de technique remarquées entre les deux volets, 
on pencherait à penser que le portrait d'Agnès avait été peint 
avant la date de 1450, pendant la vie de la dame de Beauté, et que le 
portrait de son ami fut exécuté à cette date précise. 

Bois. Peinture à Vhuile. Musée de Berlin. 

42. — 3" Email de la bordure. On suppose que Jean Fouquet favori 
de la maîtresse royale, a peint cet émail pour consacrer son souve- 
nir et sa gratitude. Il s'est représenté de face, la tête coiffée d'une 
petite calotte emboîtant le crâne. Il paraît âgé de trente à quarante 
ans environ, ce qui concorde avec la date 1450 fixée pour l'exécution 
définitive du dyptique. Né vers 141 5, Fouquet avait alors trente- 
cinq ans. Sa physionomie finaude et sincère est encore celle de 
certains paysans de la Touraine. 

La technique de cette pièce remarquable est celle des miniatu- 
res du maître. Fouquet aimait à rehausser d'or au pinceau les plis, 
les étoffes, les ciels et les figures. Il tenait le moyen des vieux 
miniaturistes du duc de Berry, mais il l'avait élargi, et lui avait 
donné la valeur des camaïeux blancs autrefois exécutés par les 



20 XV" SIECLE 



artistes du roi Charles V. Jean Fouquet a tenu à n'être pas confondu 
avec un autre, il a écrit son nom dans ce caractère enjolivé, un 
peu personnel à lui, qu'on retrouve dans le livre d'heures de Che- 
valier au Musée Condé. Il se nomme Jehan Fouquet et non Foucquet, 
suivant qu'on l'écrit à tort. On pourra comparer ce portrait à celui 
de la Galerie de S. A . S. M. le Prince de Liechtenstein exposé ici ; 
la date de ce dernier portrait est donnée dans ces caractères spé- 
ciaux dont nous parlions. 

Email sur argent. Musée du Louvre. 

43. JEAN FOUQUET, vers 1450. 

Portrait d'un homme d'une cinquantaine d'années 
portant un large chapeau noir, une houppelande fourrée 
et tenant un verre à la main. 

H. 0,62. L. 0,45. 

Ce personnage rappelle un peu le Charles VII^ du Louvre ; il 
avait été blessé au cou d'un coup de pointe, la cicatrice en est très 
visible. L'absence d'armoiries et de tout insigne ne nous permet 
pas d'établir son nom. 

Bois. Peinture. M. le C" Wilczeck, Vienne. 

44. JEAN FOUQUET 1450? 

Portrait d'homme de 3/4 à droite, portant une calotte 
emboîtant la tête, et un foulard noué autour du cou. 

H. 0,195. L. 0,130, 

Ce portrait rappelle de trop près les portraits que nous con- 
naissons de Fouquet, et la calotte est trop rapprochée de celle de 
Jacques-Cœur et de certains petits personnages des Heures 
d'Etienne Chevalier, pour qu'on puisse beaucoup hésiter dans l'at- 
tribution. Le dessin, par ses qualités supérieures de décision et de 
fermeté, est à mettre en parallèle avec le portrait d'homme de 
de S. A. S. le Prince de Liechtenstein. On lit en haut, à droite 
de la main de l'artiste dans une écriture de 1450 environ: « Un 
Roumain légat de nostre St-Père en france ». Cette lettre mon- 
tre que nous avons affaire à une oeuvre française, exécutée à la 
cour de France au milieu du xV siècle. Le Romain légat du pape 
était sans doute un cardinal romain, peut-être un de ceux qui de- 
vinrent papes ultérieurement. 

Papier. Crayon. M. Heseltine, ^5$'7/7r^, Z<9wc//V5. 



XV« SIECLE 21 



45. JEAN FOUQUET, vers 1460. 

Portrait d'un riche seigneur. 

H. 0,92, L, 0,74 
Il est représenté de trois quarts tourné à droite; à mi-corps, 
tête nue; il porte une robe fourrée et une escarcelle à la ceinture. 
Il paraît agenouillé devant un prie-Dieu dont le coussin est à ses 
armes. Dans le fond de la salle, l'architecture inspirée de "l'ouvrage 
de Lombardie" admis en France dès la fin du xiV siècle, offre un 
système de revêtement en marbre vert, encastré dans des boiseries 
dorées. Les armes sont celles de la famille Orsini, de Rome, que 
prétendaient porter les Juvenal ou Jouvenel des Ursins, italiens 
établis en Champagne dans le xiV siècle. Le personnage représenté 
est Guillaume Jouvenel des Ursins, baron de Trainel, chancelier 
de France sous Charles VII et sous Louis XI, né à Paris le 15 mars 
1400, mort le 23 juin 1472. Il parait âgé ici d'une soixantaine 
d'années. 

Guillaume Jouvenel, personnage considérable, servit souvent de 
modèle à Jean Fouquet dans ses miniatures. C'était un gros 
homme, haut en couleur, bon vivant et joyeux. Son portrait avait 
appartenu à Gaignières dans le xvii' siècle, mais celui-ci ne l'attri- 
buait pas à Fouquet. A la vente de Gaignières, en 1717, il disparut; 
peut-être fit-il partie du Cabinet de Quentin Crawfurd à la fin du 
xviir- siècle. 11 fut acquis en 18;^ par le roi Louis-Philippe à M. le 
Comte du Hamel pour la somme de 900 francs, et on l'attribua à 
Wolgemuth, suivant la mode d'alors. Ce portrait a été gravé dans 
les Monuments de la Monarchie françoise du P. Montfaucon, et 
récemment par M. Achille Jacquet, membre de l'Institut. 
Bois. Peinture a Vhtiile. Musée du Louvre. 

46. JEAN FOUQUET, 1460? 

Portrait d'homme tourné à gauche portant son cha- 
peau sur une calotte de tête. 

H. 0,225. L. 0,185. 
Ce dessin est fort rapproché des œuvres attribuées à Fouquet ; 
la calotte ronde emboîtant la tête, sur laquelle le chapeau est placé 
est une des coiffures françaises que Fouquet employait le plus dans 
ses œuvres. Le nom du personnage est inconnu. 

Papier^ crayon. Musée du Louvre. 

47. JEAN FOUQUET? vers 1460. 

Portrait d'un seigneur tenant une flèche et une poignée 
d'arc. Il porte un large chapeau noir et un habit à man- 
ches larges. Une chaîne d'or pend à son col. A côté de 



XV» SIECLE 



lui à droite, une horloge sur laquelle on lit : Tant que je 
vive autre n'auray. 

H. o, . L. o, 
Ce remarquable portrait était donné à l'école Flamande à cause 
de la devise qu'on avait lue : Tant que je vive Antwerpen. On peut 
comparer le costume de ce personnage avec la miniature du Saint 
Martin de Jean Fouquet ici exposée (n" <jd) pour se rendre 
compte des rapports entre l'un et l'autre. La devise est celle de 
Philippe le Bon lors de son mariage avec la duchesse Isabeau 
(Tant que je vive autre nauray dame Ysabeau !) mais elle était 
courante au xV siècle ; elle fut celle des Trasignies, celle de divers 
seigneurs tourangeaux avec des variantes. L'attitude du person- 
nage, la pose des mains rappellent le Charles vu qu'on aperçoit 
près de lui. La matière et la technique sont aussi fort rapprochées. 
Nous devons ce tableau à la gracieuse intervention de M. le 
Bourgmestre d'Anvers M. Jan van Rysv^^yck, et à la bienveillance de 
Messieurs les membres de la Commission du Musée d'Anvers. 
Bois. Peinture à riiuile. Musée d'Anvers. 

48. JEAN FOUQUET (Ecole de), vers 1460. 

Portrait d'une femme de quarante ans environ por- 
tant un chapeau conique avec voile clair avançant sur le 
front une robe décolletée et un collier en chainette d'or. 
Lesmanches sont cousues etbordées de fourrure. La dame 
tient un chapelet. Sur une fenêtre proche un pot d'œillets 
blancs et rouge. 

H. 0.56. L. 0,28* 

Cette peinture n'est pas de la main de Jean Fouquet, mais par 
certains détails la femme représentée rappelle le portrait de Marie 
d'Anjou copié dans les recueils de Roger de Gaignières. Provient 
de M. de Somzée à Bruxelles, 

Bois^ peititure d lliuile. MM. Agnew, Londres. 

49. JEAN FOUQUET vers 1470. 

Portrait d'une dame en hennin, à genoux, en compa- 
gnie d'autres dames. 

H. 0,150. L. 0,105. 

Les armes d'or au lion de sable qu'un historien donnait comme 
celles de la Flandre avaient fait désigner le manuscrit à laquelle 
appartient cette miniature comme « les Heures de la dernière 
comtesse de Flandre :^. En réalité il n'y avait plus de comtesse de 



XV' SIÈCLE 23 



Flandre alors, et les armes sont celles de Baudricourt dont était 
le célèbre Baudricourt de Jeanne d'Arc. La dame représentée doit 
être Anne de Beaujeu des sires d'Amplepluis, dame de Baudricourt. 
Vélin. Miniattire, M. le comte Paul Durrieu, Paris. 

5o. JEAN FOUQUET, vers 1450? 

Deux feuillets d'un livre d'heures, i" Une sainte ber- 
gère dans un paysage. 2° Un saint à cheval, en costume 
du XV' siècle, partageant son manteau avec un pauvre. 

1° H. 0,91. L. 0,1 19. 
2" H. 0,160. L. 0,1 18. 

Ce sont là deux fragments du livre d'heures célèbre exécuté 
par Jean Fouquet pour Etienne Chevalier. Un autre feuil- 
let représentant saint Paul est au British Muséum, un autre, les 
Trois Marie à la Bibliothèque nationale. Le reste du manuscrit 
est aujourd'hui conservé au Musée Condé à Chantilly (quarante 
feuillets). 

Le premier tableau nous montre sainte Marguerite avec ses 
compagnes. Le cavalier aperçu devant un château qui paraît être 
le château de Loches avec le donjon de Foulques Nerra, est le 
général romain Olybrius sous les traits du roi Charles Vil. 

Le second tableau montre saint Martin sous les traits du roi de 
France, passant sur le Pont au Change de Paris au milieu de son 
escorte. Nous ferons remarquer les rapports entre l'attitude du 
saint Martin, le costume qu'il porte, et Vhomine à l.i flèche du 
Musée d'Anvers (n» 47). Ces miniatures ont été étudiées par 
M. le C" Paul Durrieu. 

Véltn. Musée du Louvre. 

5j. JEAN FOUQUET. 1470. 
Portrait d'homme. 



H. 0,470 L. 0,395. 

11 semblerait que ce portrait eût été l'étude d'après «le vif» pour 
l'un des petits personnages de la miniature des Statuts de 
Tordre de Saint-Michel conservée à la Bibliothèque Nationale. 
L'homme inconnu que nous avons sous les yeux a été étudié dans 
ses moindres détails de physionomie. Son regard, divergent et 
spirituel, marque une énergie et une philosophie sereines. Nous 
sommes au plein du talent de Fouquet, à vingt ans au moins du 
portrait à' Agnes Sorel et de Charles Vil • dans les comparaisons 
que l'on pourrait faire de cette pièce capitale avec les miniatures 



XV» SIECLE 



connues du maître, il faudrait donc rapprocher le portrait de ceux 
des Statuts de Saint-Michel^ ingénieusement restitués à Fouquet 
par M. le comte Paul Durrieu, et de l'admirable page du Boccace de 
Munich, représentant le procès du duc d'Alençon. Sans vouloir 
opposer cette œuvre à celles ordinairement attribuées à Jean van 
Eyck, ou à d'autres, on peut dire que bien peu d'effigies peintes au 
xv" siècle ont à la fois cette précision dans la minutie et cette 
ampleur d'effet. Le portrait de la Galerie Liechtenstein est le chef- 
d'œuvre du maître de Tours, et l'un des morceaux de peinture les 
plus considérables du xV siècle, dans tous les pays. 
Bois. Peinture à Vhuile. 
S. A. S. Le Prince de Liechtenstein, à Vienne. 

52. ÉCOLE DE JEAN FOUQUET, vers 1470. 

Portrait d'homme coiffé d'une calotte noire. 

H. 0,44. L. 0,27. 

Ce personnage est tourné à droite, il porte une calotte ronde ; 
il paraît âgé de 60 ans environ, et est dans sa taille naturelle. 
Grâce au portrait que possédait autrefois Gaignières et qui a été 
reproduit dans son recueil Oa 15, fol. 9 du Département des 
Estampes de la Bibliothèque Nationale, nous connaissons le per- 
sonnage. M. Paul Vitry a récemment publié une notice à ce sujet. 
Le même portrait a été également donné dans les Hommes illus- 
tres d'André Thevet. C'est Jean, bâtard d'Orléans, comte de Dunois 
et de Longueville, fils naturel de Louis d'Orléans; c'est le compa- 
gnon de Jeanne d'Arc et d'Arthur, connétable de Richemont ; il 
mourut en 1468, et il résidait à Châteaudun qu'il avait bâti. 

L'original de cette figure était incontestablement de la main de 
Fouquet. La résidence du comte à Châteaudun permettait à l'ar- 
tiste de l'y venir chercher sans grand peine. Mais cet original qui 
appartenait dans le xvi* siècle à la duchesse de Longueville-Estou- 
teville, descendante de Dunois, a disparu après avoir appartenu à 
Gaignières. Celui qui est ici exposé est une copie vraisemblable- 
ment exécutée dans la fin du xV siècle pour quelque église des 
environs de Châteaudun. A cet égard nul doute. L'art de Fouquet 
se retrouve très bien, dans la transcription un peu naïve, mais les 
yeux n'ont point la fermeté des yeux de Fouquet, et l'aspect géné- 
ral est un peu blafard. Quoiqu'il en soit, c'est ici une relique pré- 
cieuse, à comparer au Louis XI, ayant également appartenu à 
Gaignières qu'on voit à côté. D'après M. Gabeau, possesseur du 
portrait de Dunois, l'œuvre aurait pu figurer dans les collections 
du château de Chanteloup appartenant aux Choiseul. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Gabeau, à Amboise. 




N° 40 du Catalogue 



Hanfstaengl, phot. 




X" 41 du Catalogue 



Haiifstaeng] , phot. 



XV° SIÈCLE 25 



53. ÉCOLE DE JEAN FOUQUET, vers 1475. 

(COLIN D'AMIENS?) 

Portrait d'un personnage de quarante à cinquante 
ans, coiffé d'une calotte rouge et d'un habit orange à 
revers noirs. Il porte le collier de l'ordre de Saint-Michel 
précieusement dessiné. 

H. 0,22, L. 0,15. 
Portrait inédit du roi Louis XI, exécuté par un miniaturiste sur 
un panneau de bois creusé en cuvette. Le roi, né en 1423 et mort 
en 1483, paraît âgé de cinquante ans. Il est à rapprocher des minia- 
tures de Fouquet pour le détail du collier de l'ordre. Partie enlevée 
dans le front. Colin d'Amiens était peintre du roi. 
Bois. Peinture à Vhuile. 
M. George de Montbrison. Château de Saint-Roch . 

54. FRANÇOIS FOUQUET?vers 1480. 

Le calvaire au centre. A l'entour divers épisodes de 
la Passion. 

H. 0,40. L. 0,30. 
D'après une ingénieuse conjecture de xM.Thuasne, le François 
dont on ne connaît que le prénom par une lettre de Robert Gaguin 
pourrait être identifié avec l'un des fils de Jean Fouquet ayant 
porté ce prénom. D'autres ont pensé à François Colombe. 
Vélin. Miniature. Musée de Cluny. 

55. ÉCOLE FRANÇAISE vers 1450. 

Panneau peint sur les deux faces. Un buste de la 
Vierge; une sainte face. 

H. 0,43. L. 0,32. 
Ce panneau préparé au plâtre avec dorure et ornements au 
fer, semble appartenir à la région Avignonnaise au temps du Roi 
René. On peut le comparer à une tête de Vierge peinte dans un 
livre d'heures du Roi René ms. latin 17332 à la Bibliothèque Na- 
tionale. C'est un modèle assez rare de ces tableaux portatifs dont 
une ancienne peinture de la sainte chapelle de Paris, aujourd'hui 
détruite, mais conservée dans une reproduction de Gaignières, 
nous montrait un spécimen curieux. C'était un panneau diptyque 
oiïert au pape Clément VI à Avignon par Eudes de Bourgogne en 
présence du futur Jean le Bon, alors duc de Normandie. 
Bois. Peinture à Vœuf. 

Madame la Comtesse Durrieu, Paris. 



26 XV" SIECLE 



56. ÉCOLE DE L'ARTOIS vers 1450. 

Les quatre docteurs de l'Eglise. 

H. 0,920. L. 0,305. 

Les quatre personnages sont devant des pupitres et assis. Saint 
Jérôme en cardinal ; Saint Grégoire en évêque ; Saint Augustin 
en évêque avec un cœur en main ; Saint Ambroise tient un livre 
ouvert sur ses genoux et s'apprête à écrire. Ce sont les volets d'un 
triptyque au verso duquels est une Annonciation. 

Bois, Peinture à F huile. M. Martin Le Roy, Paris. 

5y. ÉCOLE DE TOURAINE vers 1450. 

Pieta avec saint Jean et la Madeleine. 

H. 0,33. L. 0,25. 

La Vierge, coiffée et vêtue à la mode des Vierges de Jean Fouquet, 
est penchée sur le corps de son fils. Derrière elle se tiennent Saint 
Jean et la Madeleine. La scène se présente sur un fond damassé. 
Le travail rappelle celui de deux volets d'un diptyque décrits sous 
les n"'62-63, appartenant à M. Brouillon de Marseille. Le cadre est 
cintré par en haut, il tient au panneau. 

Bois. Peinture à l'huile et à l'œuf. Musée du Louvre. 

58. ÉCOLE DE TOURAINE vers 1460. 

Deux donateurs, un clerc et une dame. Vitrail. 

H. 0,40. L. 0,49. 

La femme porte un hennin semé de quartefeuilles dans des 
entrelacs d'or, une robe rouge et une chemisette. L'homme 
tonsuré porte une houppelande bordée de fourrures. Fond bleu 
damassé et fond jaunâtre. Origine inconnue. 

Verre peint. M. Léon Arnoult, Paris. 

59. ECOLE DE LA LOIRE vers 1470. 

Portrait d'un jeune homme inconnu. 

H. 0,37. L. 0,26. 

Ce portrait d'homme qui a été donné à Memling, puis à Anto- 
nello de Messine, représente un personnage français de la seconde 
moitiédu xv' siècle. L'habit et surtout la calotte qui est celle portée 
par Jean Fouquet dans son portrait par lui-même sont un indice. 
Les mains appuyées au rebord du tableau, sont fort étudiées et 



XV" SIECLE 27 



rappellent celles de l'homme inconnu, peint par Fouquet, faisant 
partie de la collection Liechtenstein et celles du Christ de M. le 
comte Paul Durrieu. Dans la main gauche le personnage tient un 
œillet rouge. Il porte une houppelande fourrée entrouverte sur 
le devant ; il paraît âgé de 30 à 35 ans. Les considérations ci-dessus 
énumérées rendent toute attribution à un flamand aussi impru- 
dente que l'était celle de jMichiels donnant le tableau de Ville- 
neuve-les-Avignon à Van der Meire. 

Bois. Peinture à Vhiiile. M. Ch. du Bourg, à Ferreux, {Loire). 



60. ECOLE DU NORD DE LA FRANCE 1460. 

Miniature représentant la Vierge et un donateur pré- 
senté par saint Nicolas. 

H. 0,060. L. 0,043. 

Cette petite miniature, arrachée à un précieux livre d'heures, 
montre la Vierge assise devant une draperie damassée à la mode 
française. 

Parchemin. Miniature. M.Jean Masson. Amiens. 



61. ECOLE DU CENTRE vers 1475. 
La Vierge et l'enfant. 



H. o,i2. L. 0,08. 



La Vierge est vêtue d'une robe bleue avec rehauts d'or dans le 
style français. Le fond est formé d'anges à peine visibles et traité 
au pinceau à l'or. Due Vierge exactement semblable et peinte à 
l'huile est en la possession de M. Cardon. 

Vélin. Miniature. M. Charles Léon Cardon, Bruxelles. 



62. ECOLE DU CENTRE vers J480. 
Piéta. 



H. 0,40, L. 0,23. 



La Vierge, vêtue d'un manteau noir qui lui voile la tête, et por- 
tant une guimpe blanche, tient le corps de son fils sur ses genoux. 
En arrière, un paysage que bornent des montagnes. Les physiono- 
mies rappellent certaines figures du retable de Loches et permet- 
tent de rapprocher ce tableau et le suivant des œuvres tourangelles. 

Bois, peinture à F huile et à F œuf. 

M. LE D' Brouillon, Marseille. 



XV' SIECLE 



63. ECOLE DU CENTRE vers 1480. 

Flagellation. 

H. 0,40, L. 0,23. 
Le Christ, attaché à une colonne de porphyre, est battu du 
fouet d'un bourreau dont l'habit est relevé. Le travail de ce pan- 
neau rappelle les œuvres de certains artistes tourangeaux et notam- 
ment du peintre du retable de Loches. 

Bois, peinture à Vœtif et à Vhiiile. 

M. LE D' Brouillon, Marseille. 

64. ECOLE DE TOURAINE vers ]48o. 

La Vierge et sainte-Anne sur un trône avec Dieu le 
Père, deux anges et deux saints. 

H. 0,47, L. 0,31. 
Ce tableau trahit de nombreuses parentés avec l'école de Fou- 
quet dans les figures, les draperies, l'emploi de l'or sur les meubles 
et les tentures du dais. Certaines analogies le rapprochent de la 
Rcsîirrcction de Lazare aux offices de Florence, peinte par Nicolas 
Froment d'Uzès. On a dit les rapports des peintres de Provence 
avec l'Anjou et la Touraine sous l'influence du Roi René. La figure 
d'homme à droite a de grandes affinités avec les visages des person- 
nages barbus des Heures de Chantilly exécutées par Jean Fouquet. 
Les deux femmes, la Vierge et sainte-Anne ont des physionomies 
très françaises, sans rapports, même lointains, avec les Vierges des 
Flandres. Les anges sont aussi très proches des anges français des 
manuscrits. Quant à sainte-Anne, son atour de tête est exactement 
celui de la Vierge dans l'Ascension des Heures de Chantilly. Les 
plis, les étoffes, la décoration du dais sont dans les théories Fou- 
quettistes. 11 ne paraît pas cependant que l'œuvre puisse être 
donnée sans arrière-pensée à l'un des artistes tourangeaux de la 
seconde moitié du xv° siècle. Origine inconnue. 

Bois. Peinture à V œuf et à l huile. 

Eglise Saint-Jean Joigny (Yonne). 

65. ÉCOLE D'AMIENS, vers 1480. 

Fragment. L'ange d'une Annonciation avec Dieu le 
père. 

H. 1,80, L, 0,58. 
Ce fragment de tableau trouvé à Amiens, rappelle les anges 
autrefois peints contre la muraille de la Cathédrale, aux côtés du 



XV' SIÈCLE 29 



tombeau de l'évêque de Mailly. Ces anges ont été repeints par 
Viollet-le-Duc sur l'ancienne fresque. Ils étaient l'oeuvre d'un 
artiste amiénois. 

Bois. Peinture à l'œuf. Musée d'Amiens 



66. ECOLE FRANÇAISE, vers 1480. 

Une cour de justice à gauche ; à droite, un inté- 
rieur de ville avec de nombreux personnages. 

H. o. , L. o, . 
Cette pièce a de proches affinités avec quatre panneaux de la 
légende de Saint-Georges ci-devant décrits (n"' 33-36) et appartenant 
à M. Th. Belin. Provient d'un livre d'heures. 

Velin. Miniature. Musée du Louvre. 



67. ECOLE FRANÇAISE, vers 1480. 

Feuillet arraché à un manuscrit montrant « comment 
les Platoniciens ont dessiné la vraie beneureté, soit es 
anges, soit es hommes. » 

H. 0,46, L. 0,32. 

C'est un fragment d'une Cité ac /)/V//, de saint Augustin, divisé 
en tableaux concurrents. Les costumes en sont très précis et ser- 
vent à établir diverses comparaisons avec les tableaux ordinaire- 
ment réputés flamands. 

Vélin. Miniatiirc, rehauts d'or. 

Bibliothèque de la Ville, Mâcon. 

68. ÉCOLE FRANÇAISE, vers 1480. 

Feuillet arraché d'un manuscrit montrant en différentes 
scènes liées des épisodes empruntés à la Bible et à la 
Mythologie : Sodome, Phaéton, Rémus, Hélène et Paris, 
etc., en costumes de la fin du règne de Louis XI. 

H. 0,46, L. 0,32. 
Fragment d'une Cité de Dieu^ par saint Augustin. 
Vélin. Miniatures., rehauts d'or. 

Bibliothèque de la Ville, Mâcon. 



30 XV» SIECLE 



69. — ÉCOLE DE JEAN FOUQUET 1485. 

Triptyque retable représentant, au centre, le Calvaire, 
à gauche, un Portement de croix, à droite, une Mise au 
tombeaîL. 

H. 1,43, L. 2,83 

Ce tableau, qui est aujourd'hui à l'église Saint-Antoine de 
Loches, provient de l'ancienne Chartreuse du Liget. Le donateur, 
qui était un des moines de la Chartreuse, s'est fait représenter à 
droite près du tombeau du Christ. En dépit de l'état de délabre- 
ment où il est en ce moment, ce tableau est un des documents les 
plus précieux de notre école de Touraine; il est daté de 1485, 
c'est-à-dire du temps où Memling terminait le retable de Guillaume 
Moreel, et avant qu'il composât la Châsse de Sainte Ursule. Pour 
ceux qui ont étudié les miniatures de Jean Fouquet, aujourd'hui 
conservées au Musée Condé de Chantilly, le tableau de Loches 
offre des points de repère significatifs. Un thème général de 
composition, certaines physionomies, les paysages, les lances sur 
le ciel bleu, l'accoutrement des Juifs, le cheval du premier plan, 
sont autant de faits que les plus opposants ne sauraient mécon- 
naître. La parenté éclate également dans la forme radiante des 
nimbes, dans les attitudes, le raccourci des visages. On a pensé à 
Bourdichon comme pouvant être l'auteur de cette œuvre capitale ; 
de fait, certaine façon de dessiner les yeux, d'y mettre des 
lumières blanches, certains visages, sont du maître de Tours, 
élève de Fouquet; mais cela est cependant trop près de Fouquet 
pour ne pas lui tenir de plus près encore. En avait-il donné le plan 
général, et son fils François aurait-il terminé la besogne com- 
mencée? 

Nous connaissons les deux fils de Jehan Fouquet, Louis et 
François, par une note de Jean Bresche jurisconsulte de Tours 
dans ses commentaires sur les /'^«^^r/^5 (Lyon l'^Sé, in-fol. p. 410). 
M. Thuasne a même donné à ce François Fouquet les miniatures 
de la Cité de Dieu de Saint-Augustin de la Bibliothèque Nationale 
qui ne paraissent pas de la main du peintre de notre tableau. 
Ce serait alors peut-être Louis Fouquet. Cependant Jean 
Bresche met au-dessus de Fouquet un certain Jean Poyet, le même 
qui enluminera le fameux livre d'heures d'Anne de Bretagne avec 
Bourdichon. Or il y a un manuscrit, récemment entre les mains 
de M. Marcel Thévenin, aujourd'hui passé à l'étranger, qui renfer- 
mait onze miniatures de la main du peintre de notre tableau de 
Loches. Le doute n'est plus permis, comme on va le voir. 

Ce manuscrit, étudié récemment dans une brochure intitulée 
Le livre d'heures de Marguerite de Rohan, comtesse d'Angoulême 
(Paris, Leclerc, 1903), reproduisait, dans les plus délicieuses minia- 
tures du livre, le portrait de la comtesse en costume religieux. 



X\- SIÈCLE 31 



C'est elle qu'on retrouve dans le tableau à gauche de la scène, 
soutenant la Vierge. Si l'on considère en outre la scène où les deux 
hommes de la partie de droite ensevelissent le corps du Christ, 
on aperçoit de la part de l'un d'eux un geste d'indication plein 
de naturel. Ce geste est le même dans une des miniatures du 
livre, la Mise en Croix. Dans cette même Mise en croix., les lances 
sur le ciel, sont celles du calvaire du tableau. Mais il y a mieux : 
un homme barbu, qui a servi de modèle à l'enlumineur du livre 
de Marguerite de Rohan, est exactement le même qu'on retrouve 
dans les trois scènes du tableau, tantôt sous un personnage, tantôt 
sous un autre. Les casques, les turbans, les armures, les physiono- 
mies sont identiques dans l'un et dans l'autre suivant qu'on 
pourra s'en convaincre,parla reproduction de miniatures du manus- 
crit. Une autre particularité', ce sont les nimbes radiants, peu 
habituels, et qui sont semblables dans le ms. et dans le tableau. 
On ne concluait en faveur de personne dans la notice, mais on 
pensait à un Tourangeau pour les enluminures. Ce miniaturiste 
ne serait-il pas l'un des fils de Fouquet, Louis ou François, plutôt 
Louis? ou bien Jean Bourdichon qui se fût assimilé la facture de 
son vieux maître ? Le problème n'est pas résolu; mais la preuve 
de l'œuvre française et tourangelle est faite. Si l'on compare la 
composition à une œuvre identique de Memling, dont la partie cen- 
trale est à Budapest et les volets à Vienne, on aura loisir de juger 
combien peu l'artiste français avait à demander au flamand, 
surtout pour l'anatomie. 

Le tableau, comme on a dit, provient de la Chartreuse du 
Liget-les-Loches. On a expliqué la lettre F. I. B. par Fecit 
Johannes Bourdichon ce c\n\ est bien peu dans les usages. L'homme 
représenté dans le costume de Chartreux n'était-il pas tout simple- 
ment ce frère Jean Bourgeois, que Bourdichon avait représenté 
prêchant devant le roi de France, suivant que nous l'apprend le 
Dictionnaire de Jal au mot Bourdichon'^ C'est fort plausible. 
C'est la première fois que le panneau vient à Paris pour y être 
étudié. 

Bois. Peinture à V œuf et à l'huile. 

Eglise de Saint-Antoine de Loches. 

70. ECOLE DE PROVENCE, vers 1440. 

L'extase du bienheureux Pierre de Luxembourg. 

H. 0,78. L. 0,58. 
Ce tableau donne du bienheureux Pierre de Luxembourg une 
représentation qui est devenue populaire et qui a inspiré de nom- 
breux artistes du xv° au xviii" siècle : l'extase miraculeuse du jeune 



32 XV» SIÈCLE 



cardinal devant le Christ qui lui apparut en croix, eut lieu lorsqu'il 
se trouvait à la cour du pape avignonnais Clément Vil. 

Pierre de Luxembourg, né à Ligny-en-Barrois, le 20 juillet 1369, 
fut nommé cardinal le 15 avril 1384 et mourut à Villeneuve-lès- 
Avignon, le 2 juillet 1387. Son procès de canonisation fut engagé 
dès l'année 1389. 

Ce panneau, qui parait avoir été peint vers 1470, se trouvait 
jadis au-dessus du tombeau du bienheureux, en l'église des 
Célestins d'Avignon. Il a été acquis par le Musée Calvet en 1840 
et reproduit dans le Livre d'or du Musée Calvet avec notice de 
M. L.-H. Labande, qui le fait remonter à 1430. 

Bois. Peinture. Fonds gaufrés sur or. Musée d'Avignon. 

71. ENGUERRAND CHARONTON 1453. 
Le triomphe de la Vierge Marie. 

H. 1,83, L. 2,20. 

Ce tableau a une importance exceptionnelle, en ce qu'il est à 
peu près le seul dont l'état-civil soit indiscutable. Dans l'histoire 
de la peinture en Europe, il occupe un rang prépondérant ; il nous 
montre que l'art prétendu flamand était en réalité une formule de 
pratique générale employée tout aussi bien dans le Midi que dans le 
îs^ord. On avait longtemps attribué cette œuvre au Roi René, puis à 
Jean Van Eyck, et enfin à Van der Meire ; M. l'abbé Requin, d'Avi- 
gnon, a retrouvé dans l'étude du notaire Giraudy, au protocole de 
Jean Morelli à l'année 14^3, le contrat passé entre un prêtre, Jean de 
Montagnac, et le peintre Enguerrand Charonton, de Laon, pour la 
confection de ce tableau. Un programme très étroit était imposé au 
peintre ; il est transcrit tout au long dans le contrat, et M. l'abbé 
Requin l'a publié in-extenso dans l'opuscule intitulé : Un tableau 
du Roi René au Musée de V ill en euve-lè s- Avignon. (Paris, Picard, 
1890, in-8''). Voici la partie de ce programme concernant le Triom- 
phe de la Vierge: « Premièrement y doit estre la forme de paradis 
« et en ce paradis doit estre la Sainte Trinité, et, du Père et du 
« Fils, ne doit avoir nulle différence, et le Saint-Esprit en forme de 
« colombe et Nostre-Dame devant, selon qu'il semblera mieulx, 
« audit maistre Enguerrand, à laquelle Nostre-Dame la Sainte-Tri- 
« nité mettra la couronne sur la teste... » Toute la composition de 
cette œuvre est ainsi précisée à l'artiste. Les vêtements doivent 
être riches : « Celui de Nostre-Dame doit être de damas blanc, 
« figuré selonc l'advis dudict maistre Enguerrand, et alentour la 
« Sainte-Trinité doivent être Chérubins et Séraphins ». Remar- 
quons dans le tableau la couleur rouge de ces derniers ; c'est ainsi 
que Jean Fouquet les traite dans la Vierge d'Anvers (voir n" 40) 
et en divers endroits de ses miniatures. 




N" ^s du Catalogue 



A. Giraudon, phot. 



XV« SIÈCLE 



La description fournie par l'acte authentique concorde avec le 
tableau, sauf en certains détails insigniliants ; l'artiste avait d'ail- 
leurs le droit de varier. Aussi la robe de la Vierge est-elle en damas 
d'or, dans le style des ornements de Nicolas Froment. La décoration 
des dalmatiques des deux personnes de la Trinité est d'une préci- 
sion remarquable; on comprend que l'on ait proposé Van Eyck 
pour l'auteur du tableau. 

L'œuvre renferme cinquante figures sans compter les anges, 
la Trinité et les bienheureux ou damnés, en tout, plus de cent 
personnages. Jean de Montagnac est représenté dans le bas, au pied 
de la croix avec une mitre en tête; devant lui est le P. abbé de la 
Chartreuse de Villeneuve, également à genoux devant la croix. 

A gauche, dans le groupe des personnages tournés vers la scène 
principale, on remarque un pape, un roi, des princes, des prélats, 
des moines. A droite, des papes, des prélats, des princes, des reli- 
gieuses et des moines, tous nimbés. Dans le coin, à droite, on 
retrouve la figure de la Vierge blonde, qui était peut-être la femme 
d'Enguerrand Charonton, et on aperçoit le profil très poussé d'un 
homme coififé d'une calotte qui pourrait être l'artiste lui-même, 
comme Nicolas Froment s'est montré dans la Résurrection de 
La^are^ du Musée des Offices, signée de lui. 

On ne saurait trop insister sur la valeur considérable de cette 
pièce si peu connue, laquelle est cependant un document de tout 
premier ordre. Les visages, les mains, sont d'une exécution qui 
rappelle les plus belles miniatures de Jean Fouquet ; la composi- 
tion générale concorde avec certaines des miniatures aperçues 
au Musée Condé à Chantilly. Nous avons signalé les anges rouges 
qui sont si souvent employés par Fouquet, et qui viennent des 
miniaturistes français du xiV siècle (cf. ms. latin 919 à la Biblio- 
thèque Nationale). 

Enguerrand Charonton, né vers 14 10 dans le diocèse de Laon, 
était venu à Avignon en 1447. Il s'y était établi et marié, il y était 
encore en 1461. Son origine picarde indiscutable est établie par des 
mots inscrits par lui, dans l'acte passé avec Jean de Montagnac, 
Chiel pour ciel, anchien pour ancien, aiitier faltare) pour 
autel. Le tableau, commencé le 14 avril 14=) 3, fut placé surl'autel de 
la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, en septembre 1454. 
Enlevé à la Révolution, il fut recueilli depuis par les soins de l'un 
des administrateurs de l'hospice et il figure dans le petit musée de 
cet établissement. Il fut étudié par Mérimée (Voyage dans le Midi^ 
p. 163), par A. Michiels : (L'art flamand dans le Midi) et d'une 
façon décisive par M. l'abbé Requin. 

Bois. Détrempe ; fond d'or préparé sur toile et plâtre. 
Hospice de Villeneuve-les-Avignon (Musée). 



XV'^ SIECLE 



72. ECOLE DU MIDI, vers ^So. 

Saint Bernardin de Sienne, sainte Catherine et saint 
Louis de Toulouse. 

H. 0,3^. L. 0,69. 

Ce tableau a été repeint dans sa plus grande partie, mais le 
saint Bernardin et le saint Louis ont la Ogure intacte. Les fonds 
étaient damassés à l'origine. 

Bois. Peinture à Vœuf. M. G. Schlumberger, Paris. 

73. ÉCOLE DE PROVENCE, vers 1460. 

Calvaire avec deux donateurs, dont l'un est présenté 
par saint Sébastien, l'autre par saint Gilles. 

H. 0,62. L. 2,07. 
Au milieu d'un paysage tourmenté dont une partie est occupée 
par une ville ornée de minarets figurant Jérusalem, le Calvaire est 
représenté. A gauche, la Vierge; à droite, saint Jean. La Vierge est 
dans le pur style français. Derrière la Vierge, un chevalier est à ge- 
noux devant un prie-Dieu, et il a derrière lui saint Sébastien 
dont le corps est criblé de flèches. Les armes de la cotte d'armes 
sont de gueules à trois clés d'or, deux et une. A droite, présenté par 
un évêque qui est saint Gilles, un homme en costume de magis- 
trat. Dans une notice sur ce tableau M. S. Bayle s'est donné la 
tâche de démontrer qu'il était flamand, et que les personnages re- 
présentaient : le chevalier Nicolas Rolin ; le magistrat Jean Rolin. 
Les trois clés des armes sembleraient donner raison à cette hy- 
pothèse, mais il ne faut pas oublier que plusieurs familles portaient 
ces armes, et que les Rolin portaient ^'an^iir et non de gueules. 
Le chevalier n'est pas le chancelier Rolin, comme le dit 
M. Bayle, mais vraisemblablement un seigneur du nom de Sébas- 
tien. Le magistrat ne peut être Nicolas Rolin, le visage ne rappelle 
guère celui du rétable de Beaune, et le saint est saint Gilles. Quant 
à l'auteur du tableau, n'est-il pas plutôt un de ces artistes qu'on a 
cru élèves des Flamands : Enguerrand Charonton, Nicolas Fro- 
ment, Pierre Villate ou Jean Desplans d'Uzès ? Jean Desplans avait 
illustré un missel pour le cardinal Rolin ; les Rolin avaient fondé 
une chapelle de Saint-Lazare aux Célestins d'Avignon, mais ils 
n'avaient pas fait venir un tableau de Bruges pour la décoration de 
cette chapelle. 

Cette œuvre étrange appartenait à la famille d'Albertas qui 
l'avait acquise à Villeneuve-les-Avignon. C'est de la famille d'Al- 
bertas que la tenait M. Clérian, directeur de l'école de dessin 
d'Aix, qui la céda à xVl. Paul Arbaud, le grand collectionneur. 
Bois., peinture à l'huile M. Paul Arbaud, à Aix . 



XV' SIÈCLE 35 



74. ROI RENÉ (Le) vers 1470?. 

Adoration des Mages. 

H. 0,351. L. 0,253. 

Parmi les œuvres si nombreuses attribuées au Roi René, celle-ci 
offre quelque vraisemblance. La tradition lui confère un titre de 
possession. Cette pièce fut donnée par le Roi aux Dominicaines, 
dites les Dames de Saint Barthélémy d'Aix. En '1790 elle fut 
recueillie par le P. Pouillard, garde des tableaux du cardinal Fesch, 
et depuis on la suit jusqu'à nous. 

Toile de soie. Peinture à la détrempe. 

M. LE BARON GUILLIBERT, à AtX. 

75. ECOLE BOURGUIGNONNE, vers 1460. 

Portrait d'un seigneur présenté par un saint pape tenant 
une ancre, et portant une mitre fleurdelisée. En arrière, une 
ville et dans le ciel, un ange. 

H. 0,49. L. 0,37. 

Le cadre ancien porte en latin : Crédendo seciindiim quod pro 
nobis deprecare. L'allure un peu brutale du personnage, une 
vague ressemblance avec Charles le Téméraire et le paysage, rappe- 
lant certaines villes de l'Est de la France, semblent indiquer que ce 
tableau est d'origine bourguignonne. Le saint est saint Clément. 
On peut rapprocher ce tableau d'un autre attribué à Froment, 
conservé aux Offices. 
Bois. Peinture à Vhiiile. M. George S.a.lting, esquire^ Londres. 

76. NICOLAS FROMENT, vers 1470. 

Portrait d'un saint évêque en pied, et bénissant de la 
main droite ; de la gauche, il tient une crosse à édicule 
gothique. 

H. 2,07. L. 0,66 

Cette pièce capitale de Nicolas Froment représente un saint de 
la région Avignonnaise, saint Siffrein. La tête penchée qui rappelle 
de si près une des figures du Buisson ardent^ la matière de la peinture, 
la saveur brutale et savante du travail ne laissent aucun doute sur le 
peintre qui l'a exécutée. La dalmatique porte un orfroi d'or qui a les 
plus grandes analogies avec l'encadrement an Buisson ardent à' K\yi. 
La figure du saint, qui est vraisemblablement le portrait d'un prélat 
de la région, est d'un caractère noble et puissant; elle s'enlève sur 
un fond d'or tout à fait semblable à celui de la Pieta de Villeneuve- 
les-Avignon exposée auprès (n" 77). L'art de ce morceau est 



36 XV" SIÈCLE 



tout à la fois inspiré de Fouquet et de Charonton, mais avec un ac- 
cent très personnel et supérieurement vigoureux, 11 n'y a, dans 
l'œuvre, rien qui puisse la faire considérer comme flamande, elle 
n'a pas les côtés précieux et un peu mesquins de l'école du Nord, 
ni les caractères théâtraux et décoratifs des Italiens. Le mors de 
bride figure une signature N. F. de Carpentras en bas à gauche. 

L'origine de ce tableau est singulière; il servit longtemps de 
couvercle à un coffre de l'église de Magon, et fut offert par le curé 
à l'archevêque d'Avignon Mgr. Debelay, qui le légua au grand 
séminaire, où il est conservé. 
Bois. Peinture à V œuf sur or. Grand Séminaire d'Avignon. 

77. ECOLE DE NICOLAS FROMENT 1470? 

Pieta, avec Saint Jean, la Vierge, la Madeleine et un 
donateur. 

H. 1,67. L. 2,15. 

Ce tableau, comme le Saint Sifjreiii., n'a jamais été exposé.. 11 
représente une Pieta. La Vierge âgée, dans une attitude d'un na- 
turalisme douloureux, porte le corps de son fils sur ses genoux. 
A gauche, Saint-Jean penché sur le visage du Christ, à droite, 
la Madeleine, les cheveux épars, tenant un vase à parfums. 
Dans le coin, à gauche, le donateur, curé d'une paroisse, revêtu d'un 
surplis. Cette dernière figure est d'une énergie et d'une beauté de 
métier particulières. Elle représente un méridional à l'œil vif, au nez 
très court, aux pommettes saillantes. 11 paraît âgé de cinquante à 
cinquante-cinq ans. Tout le fond de la composition est d'or 
très brillant. On lit en haut sur une dentelle habilement gra- 
vée : qui transitis per viam., attendite- videte si est dolor etc. Cette 
inscription est continuée à droite et à gauche. Les nimbes, histo- 
riés et gravés, portent le nom des saints personnages en latin. En 
arrière du donateur, une ville orientale, avec minarets et croissants, 
qui montrent que l'artiste avait eu d'excellents modèles sous les 
yeux. 

L'œuvre est tout entière peinte sur le fond d'or. Les lettres et 
les nimbes sont gravés à l'outil au repoussé. Son origine n'est pas 
connue, mais elle provient de la Chartreuse de Villeneuve 
comme le tableau d'Enguerrand Charonton (n" 71). 

Bois. Peinture à F œuf et à V huile. 

Hospice de Villeneuve-lès-Avignon. 

78. NICOLAS FROMENT 1475-76. 

Le Buisson ardent. A gauche, un volet sur lequel est 
représenté un personnage en costume civil, présenté par 



XV« SIECLE 



37 



trois saints dont un est saint Maurice. A droite, une prin- 
cesse présentée par trois saints : saint Jean, sainte Agnès 
et saint Nicolas. 

H. 4,10. L. 3,05 

Ce tableau monumental est trop connu pour être longuemeat 
décrit. On sait, par les pièces découvertes aux archives des Bou- 
ches-du-Rhône par M. Blancard, que l'auteur en est Nicolas Fro- 
ment, à qui on redevait, en 147s, 30 écus sur la composition du 
Buisson Ardent commandé par le roi René pour la cathédrale 
d'Aix. On a cru longtemps que ce morceau capital de l'art français 
était une œuvre flamande, même on l'attribua à Van Eyck, à cause 
du paysage remarqué dans le panneau central. Ces illusions d'op- 
tique proviennent de l'ignorance où nous sommes des véritables 
origines de notre école. Ce nom de Froment, que M. xMichiels 
avait revendiqué pour la Flandre, est celui d'un praticien, né à 
Uzès. Il composa divers tableaux, entre autre une oeuvre qu'il 
signa «Nicolaus Frumenti absolvitopus 1461 », et qui est aujourd'hui 
conservée au?dusée des Offices à Florence. Dans ce dernier tableau 
Froment s'est représenté en haut, à gauc'ne, sous les traits d'un 
homme encore jeune, au nez très aquilin. et coiffé d'une calotte, 
qui pourrait être signée Jean Fouquet. Dans le Buisson Ardent^ le 
saint Nicolas, placé en arrière de la reine Jeanne de Laval, femme 
du roi René, sur le panneau de droite, est très rapproché du saint 
Siffrein ici exposé (n" 76), et qui est également de Nicolas Fro- 
ment. La pose est presque identique. Les colorations puissantes de 
cette pièce sont en désaccord formel avec les tons plus mièvres 
des écoles du Nord. La distance entre les deux écoles sorties du 
rameau parisien du xiV siècle s'accentue ici d'une manière for- 
melle et indiscutable. 

Les personnages représentés sont à gauche, le roi René, dont 
le patron saint Maurice porte les mêmes armes que celui du dona- 
teur de Glasgow. La princesse est Jeanne de Laval, sa femme. La 
Vierge, substituée à Dieu le Père sur le Buisson, indique une 
œuvre Victorine ; René était chanoine de saint Victor. 

L'absence d'un historien de la peinture en France nous a em- 
pêchés longtemps de connaître ce remarquable artiste, l'un des 
hommes les plus considérables de l'art en Europe. Il avait connu 
Enguerrand Charonton. certaine figure d'homme de la Résurrec- 
tion de Lazare aux Offices note une parenté très étroite avec le 
Triomphe de la Vierge (n" 71), c'est le disciple de la droite du 
Christ avec une mèche de cheveux sur le front. Il y aura lieu aussi 
de mettre en regard de la photographie du tableau des Offices, 
la Vierge et sainte Anne, de l'église de Joigny, (n" 64). Les deux 
figures de saints de ce dernier tableau sont dans le tableau des 
Offices. 



XV^ SIECLE 



En réalité le Buisson Ardent d'Aix est pour l'art français en 
rivalité d'importance, sinon de valeur ou d'époque, avec VAgneatt 
Mystique des Van Eyck. Et il a l'avantage d'être étayé par des piè- 
ces d'archives indiscutables. 

Bois. Peinture à lliuile. Cathédrale d'Aix. 



79. NICOLAS FROMENT vers 1476. 

Diptyque. A gauche, le portrait d'un homme âgé 
portant le collier de Saint Michel. A droite, une dame 
coiffée d'un chaperon de velours noir à long bavolet. 

H. 0,15, L. 0,24. 

En rapprochant ce petit diptyque du tableau du Buisson 
ardent, il est facile de reconnaître dans les deux personnages le 
roi René d'Anjou et sa femme Jeanne de Laval. On attribue géné- 
ralement l'œuvre à Nicolas Froment à cause de ce rapport. Le 
diptyque est connu sous le nom de diptyque de Marteron. 

Bois. Peinture à Vœuf. Musée du Louvre. 



80. ECOLE DE NICOLAS FROMENT, vers 1480. 

Miracle d'un saint portant sa tête dans ses mains, en 
présence de donateurs. 

H. 1,60. L. 1,50 

L'histoire du saint représenté ici est essentiellement une 
légende de la ville d'Aix. Saint Mitre, grec d'origine, quitta son 
pays après s'être dépouillé pour les pauvres, et vint s'établir à 
Aquae Sextiae dans la fin du V siècle. Là, il devint l'esclave volon- 
taire d'un préteur romain du nom d'Arvandus, qu'il espérait gagner 
au Christ. Celui-ci lui ayant confié les clefs de sa vigne et de sa 
cave, Saint Mitre cueiUit quelques raisins qu'il donna à des 
pauvres. On l'accusa de larcin; il comparut devant Arvandus qui 
le fit mettre à mort. Alors il prit sa tête dans ses mains et s'en fut 
la porter à la cathédrale, sur le seuil de laquelle l'attendaient les 
prêtres. Ce sont ces diverses scènes qu'un très habile artiste de 
l'école de Provence, s'inspirant de Froment — s'il n'était Froment 
lui-même — s'est donné la tâche de reproduire. La remise des 
clefs, le saint conduit au prétoire, et dans le fond la treille, et les 
pauvres, puis le saint exécuté, le saint portant sa tête à l'église, 
tout est décrit avec une précision et une naïveté très sincères. La 
ville représentée est, dit-on, la ville d'Aix au xV siècle; de fait 
certains monuments s'en peuvent encore reconnaître. 



XV^ SIÈCLE 



39 



Ultérieurement, le tableau dut être repris, à la sollicitation de 
donateurs qui firent ajouter leurs figures à gauche et à droite du 
saint debout sur le premier plan. Ces personnages sont d'une 
main bien infe'rieure. D'après M. Faurie de Saint-Vincent, l'homme 
serait Jacques de La Roque, fondateur de l'hôpital d'Aix. et la 
femme, habille'e à la mode de 1490-1500, serait l'épouse de ce La 
Roque. 

Ce monument fort curieux de l'art provençal, nous prouve 
que l'école de ces contrées avait des tendances particulières, à la 
fois inspirée du Nord et du Midi, de la Touraine, de l'Anjou et de 
la Provence. Le Miracle de Saint Mitre est un des tableaux les 
plus concluants de l'Exposition, en ce qu'il explique les rap- 
ports créés entre l'Anjou et le Midi par le Roi René. 

Bois. Peinture à l'huile. Cathédrale d'Aix. 



81. NICOLAS FROMENT, vers 1465. 

La Résurrection de Lazare au milieu d'un paysage 
borné par une ville fortifiée. La scène comporte quinze 
personnages dont un donateur. 

H. 0,76. L. 1,40. 

Ce tableau est donné à Nicolas Froment ; de fait le saint Pierre 
à droite est retrouvé semblable dans un tableau des Offices qui lui 
est attribué. Le paysage est celui de la Provence. Le Christ, la mère 
de Lazare sont des types très français. Ce tableau remarquable est 
aujourd'hui pour la première fois soumis au contrôle du Buisson 
ardent. La conclusion se tirera d'elle-même. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Richard von Kaufmann, Berlin. 



82. ECOLE DE NICOLAS FROMENT, vers 1480. 

Résurrection de Lazare avec un donateur. 

H. 0,590. L. 0,785. 

Dans un paysage où l'on voit à gauche un château-fort sur une 
colline, et à droite une ville fortifiée, le Christ ressuscite Lazare. 
La scène comporte quatorze personnages; dans le bas à droite un 
seigneur à genoux dont le costume sombre rappelle celui du 
bâtard d'Orléans, comte de Dunois. C'est un vieillard de 70 ans 
environ, vraisemblablement fondateur d'une maladrerie où était 
déposé le tableau; son prénom était Anne. 

Bois. Peinture à Vluiile. M. le D' Reboul, Lyon. 



40 XV^ SIÈCLE 



83. ECOLE DE NICOLAS FROMENT, vers 1480. 

Deux saints évêques. Saint Augustin. Saint Louis de 
Toulouse? 

H. 1,60. L. 1.35. 

Ces deux figures étaient séparées ; elles sont réunies dans un 
cadre à meneaux. La peinture en est bonne et rappelle les 
œuvres de Nicolas Froment d'Uzès. Le dessin des mains, sinon 
celui des visages est inférieur aux travaux de Froment, mais les 
motifs de décoration employés par le maître du Buisson ardent, 
ont été conservés dans les mitres et les crosses. 

Bots. Peinture à Vhiiile et à l'œuf. 

M. PoNTHiER, Conservateur du Musée d''Aix. 

84. ECOLE DE PROVENCE, vers ]48o. 

Pieta. La Vierge, un chevalier et deux saintes 
Femmes. 

H. 0,42. L.0,57. 

Ce tableau a paru l'oeuvre d'un flamand travaillant dans le voi- 
sinage des Alpes. On a cru aussi retrouver l'indication d'une ori- 
gine flamande dans le profil de l'église dont une partie rappelle 
une Sainte-Chapelle française. Le donateur est un homme chauve 
de 1480 environ, dont le costume est celui d'un seigneur. Il tient 
un chapelet, et est représenté de profil à gauche, à genoux. Der- 
rière lui, le tombeau du Christ. Au fond du tableau une ville for- 
tifiée, la chapelle dont il a été parlé, une tour de clocher et des 
montagnes couvertes de neige. Autrefois attribué à Antonello de 
Messine. 

Bois. Peinture à F huile. M. le baron d'Albenas, Montpellier. 

85. ECOLE DE PROVENCE, vers 1480. 

L'Enfant Jésus adoré par un chevalier et un évêque. 

H. 0,95. L. 1,10. 
Sous un portique d'architecture méridionale, en avant d'un préau 
fermé par un rempart dans lequel une porte fortifiée a été percée, 
l'enfant Jésus, assis, reçoit les hommages d'un chevalier, d'un évê- 
que et de sa mère. Celle-ci porte le costume des femmes de la Pro- 
vence influencé par les modes Milanaises. Le chevalier est revêtu 
d'une armure foncée avec cotte d'armes de la fin du xv' siècle. 




N" 7(3 du Catalogue. 



Siiindiiaiid, pliot. 




N° 80 du Catalogue 



Sauvanaiid, phot. 



XV» SIECLE 41 



L'évêque, qui doit être son patron et paraît être saint Louis de Tou- 
louse, porte la main à sa mitre comme pour l'ôter. Il n'est pas sans 
intérêt de rapprocher cette œuvre du tableau de M. le baron d'Al- 
benas attribué à Antonello de Messine (n" 84). M. Waagen nom- 
mait Gérard de Haarlem, mais son opinion a été combattue par 
M. L.-H. Labande dans le Livre d'or du Musée Calvet. L'œuvre est 
delà descendance de Nicolas Froment, la chape de l'évêque est trai- 
tée dans la manière précieuse et finie des costumes de la Résurrection 
de Lazare aux Offices de Florence. 

Bois. Peinture à Vhuilc. Musée d'Avignon. 



86. ECOLE DE PROVENCE, 1490. 
Apothéose d'une sainte. 



H. 0,183. L. 0,119. 



Sainte Marie l'Egyptienne est enlevée au ciel, au milieu d'un 
site sauvage rappelant la sainte Baume. Au verso, un Christ et 
une prière en français. Cette pièce a des rapports avec un tableau 
du Musée Calvet, à Avignon, '< la Fontaine de sang ». 

Vélin. Miniature. M. Jean Masson, Amiens. 



87. SUITE DE NICOLAS FROMENT, vers )5oo. 

Peint sur les deux faces. 
1" L'Annonciation; 
2" L'ange saint Michel terrassant le démon. 

H. 0,80, L. 0,59. 

M. Wauters et l'abbé Requin attribuent cette œuvre à 
Nicolas Froment, ce qui semble un peu osé. On rapprocherait 
la manière de l'artiste de deux panneaux conservés à la Galerie de 
Buda-Pesth représentant sainte Barbe et sainte Catherine. Ceux-ci, 
en dépit de leurs rapports lointains, mais certains, avec le Vinci, 
sont des œuvres du nord de la France. L'inscription du nimbe de 
sainte Catlierine le prouve. Sancta Katerina. au lieu de Katarina 
qui est constant en dehors de France. Ils portent la date 1520, qui 
serait peut-être plus juste pour le tableau d'Avignon, étant donnée 
la cuirasse noire et historiée du saint Michel. La précision des 
détails écrit une parenté très évidente entre le tableau d'Avignon 
et les panneaux de Buda-Pesth. 

Bois. Peinture à lliuile. Musée d'Avignon. 



42 XV" SIÈCLE 



88. INCONNU, vers 1480? 

Portrait de femme. 

H . 0,34. L. 0,26. 
Jeune femme tournée de trois quarts à gauche, portant un hen- 
nin et un corsage échancré en pointe. La robe est retenue à la 
taille par une large ceinture. Elle caresse un petit chien blanc. Gri- 
saille. 

Bois. Peinture à Vliuile. M. le baron de Christiani, Paris. 

89. ECOLE DE PICARDIE, vers 1480. 

Le Songe du Grand Echanson. 

H. 0,32. L. 0,23. 

Le grand echanson explique son rêve à deux personnages dont 
l'un en costume de riche bourgeois, et l'autre en costume de pri- 
sonnier est assis sur son lit les fers aux pieds. Cette scène est dans 
le style de certains manuscrits d'Amiens conservés à la Biblio- 
thèque de l'Arsenal. 

Une ancienne écriture attribue ce tableau à *■' Olbinse, (Hol- 
bein?) peintre flamand ". 
Bois. Peinture à Vhuite. M. Edouard Aynard, Lyon. 

90. ECOLE DE NAVARRE, vers 1480. 

La Vierge entourée de quatre anges. 

H. 0,76 L. 0,90. 

Cette pièce est d'un art très voisin de la légende de Saint- 
Georges, ci-devant (n"' yyy^^- Les nimbes à cercles concentriques, 
sont une preuve du voisinage des Espagnols, mais nous savons que 
certains artistes encore très peu connus, travaillaient sous l'in- 
fluence franco-italienne dans la région qui s'étend de la Garonne 
aux Pyrénées, Ce tableau fait partie d'une suite d'oeuvres, repré- 
sentant la vie d'un saint évêque, et dont l'origine hispano-gasconne 
paraît établie par les types d'hommes qu'on y rencontre. 

Tous ces tableaux proviennent du Midi de la France. 

Bois. Peinture à Vœuf. M. H. Haro, Paris. 

91. INCONNU, vers 1480. 

Saint-Georges, Aja et le dragon. 

H. 0,50 L. 0,37. 

Au milieu d'un paysage borné par un très grand château méri- 
dional rappelant quelque peu celui de Tarascon, et séparé par une 
rivière d'une autre forteresse, au faîte de laquelle le père et la mère 



XV' SIÈCLE 43 



d'Aja sont dans l'attente, un saint Georges en harnais de chevalier 
tue le monstre. Saint Georges porte la croix rouge de la confrérie 
franc-comtoise des chevaliers de saint Georges, depuis relevée par 
l'empereur Maximilien. Il est vêtu d'une cuirasse noire dans le genre 
de celles que Memling donne à ses guerriers; le cheval est harnaché 
à la bourguignonne. Aja est habillée à la mode des dames de 1490 
environ, elle a la cape à longues oreillettes. Le paysage paraît 
planté d'oliviers, et le dragon, de fort belle allure, rappelle la 
Tarasque. Il semblerait que ce tableau fut peint par un artiste venu 
de Bourgogne, à la fois influencé par les gens de la suite de Martin 
Schongauer, et les flamands, mais français par certains détails. On 
peut le comparer aux miniatures de la vie de sainte Catherine, ms. 
fr. 6449 de la Bibliothèque nationale, illustré par un miniaturiste 
picard. 

Bois. Peinture à Vhiiile. M. H. Haro, Paris. 

92. ECOLE DE PARIS, vers 1490? 

Le Christ descendu de la croix en présence d'un reli- 
gieux. 

H. 1,00, L. 2,04. 

Le calvaire, étant donnés les fonds qui représentent Saint-Ger- 
main-des-Prés. la Seine, le Louvre et Montmartre, paraît être placé 
non loin du Montparnasse. Le Christ est descendu de la croix ; 
derrière la Vierge est représenté un abbé du xV siècle, nu-tête. 
A droite, Saint-Jean debout, puis Joseph d'Arimathie en turban, 
tenant la couronne d'épines. La Madeleine est à genoux entre le 
spectateur et les personnages, elle tient un vase sur lequel on a voulu 
lire le nom deScipion, qu'on a pensé être celui du peintre. C'est là un 
de ces jeux d'érudition assez fréquents chez Fouquet, Bourdichon 
et autres, qui se plaisaient à inscrire des noms latins sur les objets 
pour donner à leur tableau plus de couleur locale. Fouquet n'ou- 
bliait jamais le S. P. Q.. R. des Romains. 

L'intérêt de ce tableau, qui a une belle tenue d'art, réside sur- 
tout dans la représentation de l'Abbaye de Saint-Germain-des- 
Prés, du Louvre et de Montmartre. Une laitière, qui apparaît sur 
le chemin de l'Abbaye, montre, par son costume, que la date est 
bien près du xvr siècle. Ce tableau était autrefois à Saint-Germain- 
des-Prés, il a été décrit dans J. Bouillard (Hist. de Saint-Gennain- 
des-Prés, p. 169.) L'abbé représenté passait pour être Dom Guil- 
laume, mort en 1418. Cette légende de sacristains, qu'on eut pré- 
cieusement recueillie ailleurs, n'est pas acceptable, pas plus que 
l'attribution de l'œuvre à Fabrino, vénitien qui serait venu à la cour 
de Charles VIL ou la date 1370-1380 proposée par M. de Cla- 
rac. Placé à Saint-Denis depuis la Révolution, il entra au Louvre 
en 1845. 

Bois. Peinture à V huile. Musée du Louvre. 



44 XV» SIECLE 



93. ECOLE DE BOURGOGNE, vers 1490. 

Descente de croix? 

H. 0,75. L. 1,25. 
Cette pièce a longtemps été regardée comme une œuTre 
flamande ; mais la copie qui en existe dans l'église d'Auxerre, 
le type si formel des personnages encore retrouvés dans la Bour- 
gogne, une pseudo Agnès Sorel figurant la Madeleine dans la 
composition, nous inclinent à attribuer ce travail à l'un des peintres 
de Champagne ou de Bourgogne travaillant dans ces contrées dans 
la seconde moitié du xv° siècle. Le paysage est un de ces fonds de 
pratique dont les peintres se servaient pour figurer Jérusalem. 
Bois. Peinture à F huile. 

M. MuNiER-JoLAiN, avoccit, Purts. 

94. ECOLE DE LORRAINE, vers 1475. 

Ecce Homo. Les Juifs sur le premier plan. En arrière 
les marches au faîte desquelles est présenté le Christ. 
A gauche une rue de ville. 

H. 0,50. L. 0,35. 
Le style de cette pièce, les costumes sont ceux des manuscrits 
exécutés dans l'Est, en Lorraine principalement. 

Bois, i^cinture à l'huile. iVl. Crews, Londres . 

95. ECOLE DE CHAMPAGNE, vers 1480. 

H. 0,67. L. 0,58. 

Calvaire avec la Vierge et saint Jean sur un fond de 
paysage d'après un original de 1400 environ. 
Bois. Peinture à T huile. M. Martin Le Roy, Parts. 

96. ECOLE DE L'EST, vers 1480. 

Triptyque. Pieta avec saint Jean et la Madeleine de- 
vant la ville de Jérusalem avec la mosquée d'Omar. A 
droite, volet : sainte Catherine. A gauche, sainte 
Barbe. 

H. 0,46. L. 0,33, volets 0,16. 
La rue de Jérusalem est fort soignée et traitée en grisaille. Cer- 
tains ornements rappellent Van Mecheln, mais la Madeleine est 
d'inspiration française. On penserait à un tableau exécuté en 
Alsace ou en Souabe. Le verso porte une Annonciation dans le 
goût français. 
Bois doré. Peinture à l'huile. M. Richard von Kauffmann, Berlin. 



XV' SIÈCLE 45 



97. ECOLE DE BOURGOGNE vers 1480. 

La mort de la Vierge. 

H. 1.35. L. 0.75. 

Dans une salle très décorée et dont la voûte est supportée par 
des colonnes de jaspe, la Vierge est couchée sur un lit tendu de 
rouge. Les apôtres sont autour d'elle et récitent les prières des 
agonisants. Ce tableau comme le précédent paraît avoir été peint 
dans la région Campano-Bourguignonne. 

Bois. Peinture à Thuile. Musée de Lyon. 

98. ECOLE DE BOURGOGNE, vers 1480 

Le couronnement de la Vierge. 

H. 1,38. L. 0,73. 

La Vierge agenouillée sur les dalles d'une salle très décorée est 

couronnée par Dieu le père assis sur un trône de marbre avec dais. 

Le trône de l'Eternel est d'un travail compliqué rappelant certains 

sièges de Jean Fouquet et de Bourdichon. Les types sont français. 

Bois. Peinture à Vliuilc. Musée de Lyon. 

99. ECOLE DE BOURGOGNE, vers 1495. 

Portrait d'homme en costume de la fin du xv' siècle, 
portant un chapeau noir, une chemisette et un pourpoint 
décolleté. Cintré. 

Avec le cadre. H. 0,360, L. 0,275. 
On lit au verso d'une écriture ancienne : Pierre de Laval, baillif., 
juge d'apel en ia justice de Tournus au commencement du siècle de 
1400 (sic) qX procureur fiscal en ladite justice. Cette pièce inté- 
ressante a beaucoup souffert ; elle est peinte dans la manière ordi- 
naire des petits portraits français de cette date. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Lex, Mâcon. 

100. ECOLE FRANÇAISE XV SIECLE, vers 1495? 

Pieta. La Vierge et le Christ au milieu d'un paysage. 

H. 0,72. L. 0,55. 
La coiffure de la Vierge est fort rapprochée de celle de certaines 
figures de manuscrits de l'enclave lorraine. Le tableau est vraisem- 
blablement exécuté dans le voisinage des x\rdennes. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Lenoir, Visé {Belgique^. 



46 XV» SIÈCLE 



loi. ECOLE FRANÇAISE, vers 1490. 

Portrait d'homme coiffé d'une petite toque noire, 
vêtu d'un habit violet à revers sur un fond doré et mou- 
cheté de noir. 

H. 0,17. L. 0,14. 
Ce portrait représente un personnage du temps de Charles Vlll 
au temps où les guerres d'Italie avaient mis à la mode les modes 
transalpines. On retrouve de ces habillements dans les livres im- 
primés de Vérard. Provient du marquis Charler de Valori. 

Bois. Peinture à l'œuf. 

M. Walter Gay, Paris. 



J02. ECOLE FRANÇAISE, vers 1490. 

Portrait d'homme (Louis XI), de profil, à droite ; 
il porte un chapeau sur une calotte de tête, et le collier 
de Saint-Michel. 

H. 0,37. L. 0,27. 

Ce portrait, qui a été retrouvé récemment, a eu un gros succès 
de curiosité. 

Cest un des portraits du roi que posséda au xvii" siècle le 
célèbre collectionneur Roger de Gaignières ; celui-ci le fit 
d'ailleurs transcrire dans le recueil qu'il destinait aux récréations 
de Madame de Montespan, conservé au cabinet des estampes. 

Bois. Peinture à Vliiiile. 

M. LE BARON ViTTA. Puris. 



io3. LE PEINTRE DES BOURBONS, 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1480. 

Nativité avec deux anges, un cardinal et deux bergers. 

H. 0,55. L. 0,71 
L'œuvre ici exposée fut exécutée à Autun à la fin de la vie 
du cardinal qui a été représenté par l'artiste sur le tableau. Ce 
prélat est indiqué par les armes qui sont : écartelé au i et 4 d'azur 
à trois clefs d'or en pal, qui est Rolin ; aux 2 et 3 d'argent à la 
bande d'azur chargée d'une merlette d'argent. C'est Jean Rolin, 
fils de Nicolas Rolin, qui naquit à Autun en 1408. A 22 ans, il était 
chanoine et archidiacre de la cathédrale de cette ville et conseiller 
du duc Philippe le Bon. D'abord évêque de Châlons en 1436, il 



XV- SIECLE 47 



fut confesseur du dauphin depuis le roi Louis XI. C'est lui qui fit 
reconstruire la cathédrale d'Autun incendiée. Bien que peu scru- 
puleux sur les moyens, à la mode des seigneurs de son temps, il 
enrichit les églises d'œuvres d'art remarquable. Le tableau ici mon- 
tré dut être l'un de ses derniers portraits ; il dut être exécuté, 
deux ou trois ans avant sa mort, vers 1480, car Jean Rolin mourut 
en 1483, âgé de 7s ans. C'est environ l'âge du personnage dans le 
tableau. 

La disposition de l'oeuvre est d'une simplicité et d'un sentiment 
qu'il sera bon d'opposer aux œuvres concurrentes et contempo- 
raines des artistes des Flandres. Ici le naturalisme précieux s'allie à 
l'idéalisme le plus rafliné et le plus délicat. Cette Vierge, chez 
laquelle on n'a pas de peine à retrouver le visage de la Vierge du 
triptyque de Moulins, est une jeune femme candide, surprise de sa 
gloire, et dont le geste d'extase est charmant. Elle est vêtue d'une 
robe étroite de couleur bleuâtre, serrée aux manches, d'un manteau 
léger, coitiée d'un voile blanc; ses mains élevées, dans l'attitude du 
respect, sont d'un dessin et d'une grâce achevés. Devant elle l'En- 
fant Jésus nouveau-né, — un vrai enfant naissant, potelé, tel que 
le pourrait vouloir le peintre moderne le plus précis — est adoré 
par deux anges. Ces anges sont retrouvés dans une miniature du 
ms. 143Ô3, au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale. 
Ce sont les anges du maître français, que nous ne voulons nommer 
encore, mais qui est le peintre des Bourbons. Derrière la crèche 
saint Joseph, homme barbu et jeune, joint les mains comme pour 
une prière ; ces mains sont un chef-d'œuvre. Plus loin, à l'intérieur 
de l'étable, un bœuf — qui est un véritable animal du Bourbonnais 
et non l'une de ces bêtes de pratique trop souvent rencontrées 
dans les œuvres du Nord — rumine paisiblement. Deux paysans 
sont venus regarder la scène par dessus la barrière ; ce sont eux 
aussi des portraits, comme est d'ailleurs la figure principale, celle 
du cardinal évèque Jean Rolin, placé à droite, à genoux, les mains 
jointes, avec sur les plis de son manteau rouge son chien favori, 
d'une vérité d'expression incroyable. Tout au fond de la composi- 
tion, un paysage du centre de la France, avec une église et une 
ville ; des ruines à droite et à gauche, complètent ce morceau d'un 
charme, d'une grandeur, d'une impression que seuls les grands 
maîtres ont su rendre. 

Il semblerait que, chronologiquement, ce tableau fût le plus 
ancien connu dans les œuvres du Maître des Bourbons. Ceux du 
duc et de la duchesse paraissent de huit ans postérieurs. Certains 
détails de costumes et d'attitudes, des concordances de dates font 
penser au célèbre Jean Perréal, dit de Paris, dont M. de Maulde a 
écrit une notice fort savante, mais en dehors du sujet qui nous 
occupe. Le tableau de l'évêché d'Autun n'a pas souffert, il n'a 



48 XV« SIECLE 



guère quitté l'évêché où il dut entrer il v a plus de quatre cents ans. 
11 ne faut plus songer à van der Goes pour ce tableau, ni à aucun 
tîamand, mais la descendance de la Vierge de Fouquet y est for- 
melle, (voir n" 41). 

Bois. Peinture à Vliuile. Evéché d'Autun. 



104. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS, 1488. 

Portrait d'un seigneur à mi-corps, coiffé d'un chapeau, 
portant le collier de Saint Michel, et présenté par Saint 
Pierre. 

H. 0,84, L. 0,77, avec le cadre. 

Ce personnage est indiqué par une inscription sur la bordure du 
cadre qui ne laisse aucun doute sur son identité, mais ces inscriptions 
étant très souvent remises après coup, comme on le voit sur 
nombre de tableaux célèbres, nous lui avons fait subir une enquête 
d'identité; D'après l'inscription c'est : Pierre., duc de Bour- 
bon et d^ Auvergne., conte de Clerniont., de Fourest (Forez) et de 
Giem (Gien), vicomte de Cariât et de Murât., seigneur de Beau- 
jolois., de Chatel-Chinon., de Bourbon Lancey et d" Annonay per et 
chamberier de france., lieutenant du roy et gouverneur de Lan- 
guedot Van mil CCCC IIII XX et VIII. Or, si l'on compare ce 
portrait à celui que nous retrouvons en tête du ms. de la Biblio- 
thèque nationale, fonds français 14363, où le duc est aux côtés de 
Charles VIII, son beau-frère, on est frappé de ce fait que le por- 
trait paraît avoir été fait le même jour par le même artiste. La 
pose de la figure est identique, les traits absolument semblables ; 
nul doute n'est donc possible. En revanche, il est moins recon- 
naissable, bien que pris dans la même pose, sur le triptyque de 
Moulins, où l'artiste lui a ajouté des cheveux et l'a rajeuni. 
Le fonds de paysage a été pris sur nature aux environs du château 
de Bourbon-l'Archambaud ? peut-être dans le parc du château. Le 
prince a 49 ans, étant né en 1459. 

Ce tableau fut au roi Louis-Philippe en 1842, et fut acquis pour 
500 francs à un M. Vallet. Il resta à Versailles jusqu'en 1870 ; à 
cette époque, le Louvre le réclama comme œuvre d'art. 

Bois. Peinture à ïhuile. Musée du Louvre. 



io5. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS, 1488. 

Portrait d'une dame en costume sombre, portant une 



mfBf^MmiB. mMmmMJB mt&^mEm 




X., piloi. 



XV' SIÈCLE 49 



cape, et au col un bijou très riche tombant surla poitrine. 
Elle est présentée par saint Jean. 

H. 0,84, T_. 0,50 

Le panneau qui faisait pendant au précédent a été rogné à 
droite et débarrassé de son cadre. Il représente Anne de Beaujeu, 
fille de Louis XI, femme de Pierre de Bourbon. Elle a, à Tépoque 
du tableau, environ vingt-sept ans, étant née en 1461. En 1488, 
son mari devient duc de Bourbon, et elle duchesse. Le patron 
saint Jean qui la présente est peu explicable; c'est sans doute une 
dévotion particulière de la part de la princesse, mais il est impos- 
sible de ne pas la reconnaître en la comparant au volet de droite 
du diptyque de Moulins. Le paysage du fond, vraisemblablement 
arrangé par l'artiste, n'a pas permis de retrouver l'une des rési- 
dences du duc de Bourbon. On a pensé à Bourbon l'Archambaud 
et à la tour de Quiquengrogne, mais sans preuves. 

Le tableau arraché à un triptyque dont le portrait de son mari 
(n** 94) constituait l'autre volet, fut acquis à la vente La Béraudière 
par M. Jules Maciet qui en fit don au Louvre. La partie centrale 
qui représentait soit un calvaire, soit un ensevelissement du Christ, 
est aujourd'hui égarée; elle figure peut être en un musée sous un 
nom étranger. 

Bois. Peinture à Vlixiile. Musée du Louvre 

]o6. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1488. 

Un donateur avotLe-chevalier de Saint-Victor, protégé 
par un saint guerrier. 

H. 0,550. L. 0,465 
Le personnage, portant un cercle de chevalier sur le front et 
une dalmatique en brocard d'or, est tourné à gauche. Derrière lui 
un saint, qu'on sait être saint Victor de Paris par les armes au rais 
d'escarboucle. Ces armes sont également retrouvées dans le Buis- 
son ardent de Nicolas Froment à côté d'un saint qui protège le 
Roi René. On ne peut s'empêcher de penser à la corrélation 
entre le tableau que nous décrivons et l'Etienne Chevalier du 
Musée de Berlin; la descendance de l'un à l'autre s'impose très 
expressément. Le chanoine est un prince de la maison de France, 
la fleur de lis de la cuirasse du saint le semble indiquer. On a vu 
dans le personnage, le roi René lui-même, mais M. le comte 
Durrieu propose Charles III d'Anjou, neveu du Roi René, en 
costume d'avoué de Saint-Victor de Marseille. Il convient de re- 
marquer, aussi que, suivant un manuscrit de la Bibliothèque de 
l'Arsenal, exécuté pour le Roi René, et ayant rapport à l'ordre 
du Croissant, le saint avec les armes au rais d'escarboucle était 
saint Maurice. Y a-t-il quelque rapport entre le personnage et les 

4 



50 



XV» SIECLE 



chevaliers du Croissant du Roi René ? Cet ordre se portait sous 
le bras droit, et il semblerait que le saint eût l'ordre du Croissant. 
Cette pièce capitale de l'art français, tout en montrant de très 
grandes conformités avec le Maître de Moulins, notamment dans 
le paysage, ne serait-elle pas d'un artiste de l'Ecole de Jean Fouquet? 

Bois. Peinture à Vhiiile. Musée de Glasgow, Ecosse. 

Î07. LE PEINTRE DES BOURBONS, 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1490. 

Portrait d'une petite fille en costume français avec la 
cape, le corsage échancré, un bijou de cou, et un cha- 
pelet en main. 

H. 0.32. L. 0.23 

Ce portrait, donné pour celui de Jeanne la Folle dans la collec- 
tion de Don Sébastien Gabriel de Bourbon, était attribué à Hol- 
bein. Il suffira de comparer cette petite fille avec le portrait de 
Suzanne de Bourbon, fille du duc Pierre de Bourbon et d'Anne de 
Beaujeu, pour être pleinement édifié, (voir n" 112). Il s'agit ici de 
Suzanne de Bourbon, qui épousera plus tard son parent Charles, 
le célèbre connétable; celui-ci lui devra de devenir ducde Bourbon. 
C'était une pauvre enfant chétive, maussade et renfrognée, dont 
le caractère n'était guère en concordance avec celui de son époux. 
Elle devint difforme avec l'âge, et les crayons du xvi" siècle la 
montrent ainsi. 

L'attribution à Holbein a été combattuepar M. Camille Benoît, 
{Galette des Beaux-Arts^ 1901, p. 328). C'est M. le comte Paul 
Durrieu qui a constaté le premier la ressemblance de l'enfant avec 
la Suzanne de Bourbon de Moulins. Le paysage paraît être le châ- 
teau de La Palisse, mais la preuve n'a pas été faite. 

Le tableau fut acquis en 1890 par le possesseur actuel. 

Bois. Peinture à Vhuile. 

j^me pg Yturbe, Puris. 

Ï08. LE PEINTRE DES BOURBONS, 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1490. 

Une dame présentée par la Madeleine. 

H. 0.55. L. 0,40 

La dame, d'un certain âge, aux traits accusés, est à genoux, les 
mains jointes. Sa robe de velours tanné est bordée d'hermines ; les 
manches serrées s'évasent aux poignets ; le corsage entrouvert 
est retenu par un bijou. Elle est coiffée d'un chaperon de velours 
noir. L'index de la main droite porte une bague. Derrière elle, à 



XV» SIÈCLE 51 



gauche, Marie Madeleine tenant le vase de parfums et coiffée 
comme la sainte Anne du triptyque de Moulins et les statues dont 
le dessin est de Perréal. indique de la main sa cliente à une Vierge 
qui a disparu. Cette ligure, et la perfection de ses détails, sont à rap- 
procher à la fois du donateur de Glascow (n" 106), et du triptyque 
de Moulins (n" 112). La dame représentée doit être une princesse, 
dont le prénom était Madeleine, et qui devait appartenir à une 
branche de la maison de Bourbon ; toutefois rien ne permet de 
l'aflirmer, car l'artiste, comme dans le portrait de l'Anne de 
Beaujeu du Louvre, a pris soin de n'inscrire ni date, ni armoiries, 
ni signe quelconque d'identité. 

Si l'on compare la Madeleine à la Tempérance du tombeau du 
duc de Bretagne à Rennes dont le dessin est de Jean Perréal, on 
est frappé de la similitude absolue dans le style général, dans la 
simplicité des physionomies et leur tranquilité, ce qui est juste- 
ment le cas de la Madeleine dans le tableau. Davantage il faut 
reconnaître que la technique, l'invention, le caractère général se 
rapportent étrangement aux procédés d'opération du triptyque de 
Moulins. M. Georges Hulin estime que Jean Perréal pourrait être 
considéré comme l'auteur de ces oeuvres aujourd'hui groupées 
sous le nom du MaUre de Moulins. 

Bois. Peinture à V huile. M. M. Agxew. Londres. 

109. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1490. 

La Vierge et l'enfant Jésus avec quatre anges. 

H. 0,26, L. 0,26 
Ce tableau, qui est aujourd'hui au Musée de Bruxelles, provient 
de la collection Huybrechts d'Anvers. M. Camille Benoit a longue- 
ment parlé de cette œuvre dans la GaT^ette des Beaux-Arts de 1901, 
p. 374. A ses remarques, il faut ajouter une particularité qui ferait 
reconnaître le Maître entre tous autres, c'est la sévérité des phy- 
sionomies, l'absence de sourire des anges et de la Vierge. Cette 
caractéristique est fort sensible également dans la miniature initiale 
du ms. fr. 14363 de la Bibliothèque nationale, montrant 
Charles VIII son beau-frère et son cousin; elle sera décisive dans 
le grand triptyque de la cathédrale de Moulins (n" 112) dans le 
portrait de jeune fdle de Madame Yturbe (n" 107), dans la dona- 
trice de MM. Agnew de Londres (n" 108) et aussi dans le délicieux 
tableau inconnu de X Annonciation révélé ici pour la première 
fois (nMii). Dans le présent tableau, la Vierge est une indiscutable 
française ; le type qu'elle nous montre s'est conservé encore à peu 
près tel. C'est, on le sent, une descendance absolue de l'influence 
Fouquettiste, avec les innovations d'une technique plus consom- 



S2 XW" SIECLE 



niée et plus sûre d'elle-même. L'enfant, que l'on pourra comparer 
à celui de la Vierge de Fouquet, est d'une vérité et d'un natura- 
lisme exquis. En l'opposant à la Vierge du triptyque de Moulins, 
on constate que les mêmes modèles ont servi à composer la mère 
et l'enfant dans les deux tableaux. Quant aux anges, ils sont aussi 
les mêmes dans les deux cas. Il faut noter que l'un d'eux relève le 
coussin de l'enfant Jésus, comme les anges du tombeau de Rennes 
celui du duc de Bretagne. 

La provenance ancienne est inconnue. Le tableau fut mis en 
lumière à Londres et reconnu pour Français en 1902, à l'expo- 
sition des Primitifs flamands du Burlington Club. 

Boh. Peinture à l'huile. Musée de Bruxelles. 

iio. LE PEINTRE DES BOURBONS 

ou JEAN BOURDlCHON?i494. 

Portrait d'un enfant habillé de blanc. 



Le jeune enfant âgé de 26 mois est tourné à gauche. II porte un 
chapeau blanc à oreillettes; il est vêtu de blanc. C'est le fils d'Anne 
de Bretagne et de Charles VIII, né au Plessis-les-Tours, le 10 oc- 
tobre 1492, et auquel on donna le nom de Charles^ en l'honneur 
de Charlemagne, et à'Orland en l'honneur du Preux Roland. Il 
porte dans son portrait l'une de ces toques du prix de 50 sols tour- 
nois que la reine faisait confectionner par Jean Georget de Tours. 
La reine l'avait voué au blanc: elle prenait, en 1493, à Jean de 
Poncher, marchand du roy, « treize aunes de drap d'argent pour 
l'habillement du daulphin ». Charles Orland tenait, de son père et 
de sa mère, une débilité congénitale que le portrait exprime dans 
cette chute des joues et cet aspect boursouflé : l'enfant qui avait sa 
maison montée, ses écuyers d'honneur, ses gouvernantes, mourut 
à Amboise, le 6 décembre 1495, âgé de trois ans et cinquante-huit 
jours. 

Le portrait envoyé par la reine à son mari, fut pris à Fornoue 
dans les bagages royaux. Il est signalé en 1532 dans une collec- 
tion de Venise. C'est donc un objet capital de l'art français. On 
a induit que Perréal en était l'auteur et qu'il l'avait porté au roi 
en allant le rejoindre cette année-là en Italie. Il est probable, 
cependant, que le portrait fut exécuté par Bourdichon, qui travail- 
lait volontiers en grisaille, suivant que nous l'apprennent les 
comptes. Du reste, il était le peintre officiel des portraits royaux ; 
il fit le roi, la reine. M"' de Tarente, (1491). Le portrait d'Orland, 
qui est un chef-d'œuvre, ne se rapproche pas expressément des 
oeuvres, aujourd'hui données au Maître Je Moulins^ que certains 



XV« SIECLE ^3 



pensent être Jean Perréal. En 1492, l'année de la naissance du 
dauphin, Bourdichon reçut un habillement complet au nom du 
Roi. Quant à Perréal, il n'est pas allé en Italie en 1494, comme le 
dit M. Hulin, et il n'entra à la cour de France qu'en 1497. Voilà 
donc beaucoup de présomptions en faveur de Jean Bourdichon, 
peintre oflîciel de la reine, et nous croyons pouvoir lui attribuer la 
paternité du portrait de Charles Orland en 1494. 

Bois^ Peinture à Vhuile. M. Ayr, Londres. 

111. LE PEINTRE DES BOURBONS, vers 1498. 

La Vierge glorieuse couronnée par les anges. 

H. 0,20. L. 0,16. 
La Vierge, vêtue d'une robe bleue, et dont le manteau est 
soutenu par six anges, a le pied sur le croissant de la lune. Trois 
autres anges la couronnent. Le fond de la composition est jaune, 
entouré de nuages foncés. Au-dessous un paysage avec montagnes 
et une ville sur le premier plan. Cette pièce, de tout premier ordre, 
a été exécutée sous l'inspiration du Maître de Moulins, sinon par 
lui. Les anges procèdent à la fois de Fouquet et du peintre en 
question. La finesse des phvsionomies, le charme du coloris assurent 
à cette œuvre un des premiers rangs dans les oeuvres similaires. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. A. Quesnet, Paris. 

112. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS, vers 1498. 

La Vierge, l'Enfant Jésus entre deux donateurs. 

H. 1,57. L. 2,83. 
Ce tableau, autrefois attribué à Ghirlandajo, est composé d'un 
panneau central où est représentée la Vierge d'après le ch. xii, ver- 
set I de l'Apocalypse. « Elle est vêtue de soleil. Elle a la lune sous 
les pieds, Elle a mérité d'être couronnée de douze étoiles. » Marie 
assise tient l'Enfant nu qu'elle regarde. Sa robe bleue est doublée 
d'hermine, son manteau est de pourpre et retenu par une tresse 
d'or terminée par trois grosses perles. Les anges, la Mère de Dieu 
doivent être rapprochés d'une miniature de la Bibliothèque Natio- 
nale, ms. fr. 14363, où ligure précisément le portrait de Pierre II 
de Bourbon qui est sur le volet gauche du présent diptique. Il 
faut remarquer aussi la physionomie sévère et sérieuse des person- 
nages, qui est générale dans les œuvres de ce maître. Le cadre du 
tableau a été conservé, il porte les lettres P et A liées, on lit sur la 
dalmatique de Saint Pierre la fameuse devise des Bourbons : Espé- 
rance ! 



34 XV^ SIECLE 



Volet de gauche. (H. 1,57. L. 0,63). 

Le duc Pierre II de Bourbon, dont les traits peuvent être comparés 
à ceux du panneau du Louvre (n" 105) et au portrait du ms. 14363 
est en grand costume ducal; il est présenté par saint Pierre, dont la 
chape est un chef-d'œuvre de détail et d'harmonie. 

Volet DE DROITE. (H. 1,57. L. 0,63). 

La duchesse Anne de France, fille de Louis XI, est représentée à 
genoux ; elle est en costume de duchesse, et a derrière elle sa 
fille Suzanne mariée depuis au célèbre connétable de Bourbon. 
A côté d'elle sainte Anne debout, dans le style des figures du tom- 
beau d'Anne de Bretagne. 

Fermé, le triptyque laisse apercevoir une grisaille française re- 
présentant V Annonciation. 

Cette pièce capitale de notre école du xv^' siècle, est attribuée à 
Jean Perréal, peintre du duc. 

Bois. Peinture à Vhuile. Cathédrale de Moulins. 

ii3. LE PEINTRE DES BOURBONS 

dit LE MAITRE DE MOULINS? vers i5i4? 

Portrait d'une jeune femme à la coiffure anglaise. 

H. 0,20. L. 0,15. 
Ce petit portrait, si rapproché des œuvres du maître de Moulins, 
surtout du tableau de l'évêché d'Autun, est censé représenter 
Yolande, sœur de Louis XI, duchesse de Savoie. Une devise 
Par tout^ par bien est inscrite en haut à droite. La jeune femme 
est tournée à droite, elle porte une coiffure à fond relevé qui pré- 
sage les coiffes particulières rencontrées dans les crayons d'Holbein 
à Windsor, et dans le portrait peint du même, représentant Jane 
Seymour. Peut-être sommes-nous ici en présence de la reine Marie 
Tudor, qui épousa Louis XII après la mort d'Anne de Bretagne, et 
l'on pourrait nommer Perréal à cause des très grands rapports entre 
cette physionomie et celles du tombeau des ducs de Bretagne à 
Rennes dont le dessin passe pour être de sa main. Quant à 
Yolande, sa date de mort, 1478, ne concorde nullement avec le 
costume de la jeune femme. N'oublions pas que Perréal fut envoyé 
en Angleterre par Louis XII pour y donner des modèles de modes 
françaises à la reine xMarie. Ce portrait est imité et non copié 
d'un autre, en la possession de M. Benda de Vienne (Autriche). 
Bois. Peinture à Vhuile. xM. Walter Gay, Paris. 

114. ECOLE FRANÇAISE, vers 1490. 

La Véronique 

H. 0.59. L. 0,39. 

Ce tableau placé dans un cadre cintré, devait être employé 
comme porte de tabernacle. La Véronique est vue jusqu'à mi-jam- 
bes ; elle est à demi cachée par le voile dont elle fait l'ostension. 



XV^ SIÈCLE 55 

Sa tête est coiffée d'un turban bleu foncé, bleu clair et louge ; elle 
a une robe rouge et un manteau vert. On a rapproché la manière 
dont est traitée la tête du christ imprimée sur le voile de celle du 
saint Jean dans le tableau représentant Anne de Beaujeu au 
Louvre (n- 105). Quant à la figure ironique de la sainte femme, on 
lui sait de grandes analogies avec une série d'oeuvres françaises, 
telles la Logique dans la fresque àQsArts libéraux au Puy, lasainte 
Anne du triptyque de Moulins (n° 112), ou la Madeleine de la 
Donatrice Somzée (n" 108). M. le comte Durrieu rapproche éga- 
lement la Véronique de manuscrits exécutés pour le père ou la 
mère de François I, notamment des fol. 23, verso 36 et iio du 
ms. français 875, à la Bibliothèque nationale. 

Cette pièce fut longtemps conservée en Italie dans un monas- 
tère de la vallée de FArno, puis à l'Annunciata de Florence. 
Bois. Peinture à lliuile. M"* la Comtesse Durrieu, Paris. 

ji5. ECOLE FRANÇAISE, vers j5oo. J^^J^ u ^ 7^^>.,^^ 4<^c 

Nativité avec douze personnages dont sept anges. 

H. 0.72. L. 0,83. 
Cette pièce a de proches affinités avec les peintres français de 
la fin du XV' siècle, notamment le Maître de Moulins. Les types 
d'anges sont purement ceux des peintres de Paris. Le tableau pro- 
vient de M. Nicolle, conservateur du Musée de Valenciennes. 
Bois. Peinture à l'huile. Musée de Valenciennes. 

jj6. ECOLE DE PICARDIE, vers 1490. 
La Visitation. 

H. 0,1 10, L. 0,075. 
La Vierge est visitée par sainte Elisabeth dans un délicieux 
paysage français, rappelant certaines miniatures de la région du 
Nord. Sa robe est bleue. 

Miniature sur vélin. 

M. LE D' Brouillon, Marseille. 

117. ECOLE DE PICARDIE, vers 1490. 
L'Annonciation. 

H. 0,1 10, L. 0,75. 
Dans une salle renaissance avec piliers gothiques aux fenêtres, 
l'ange Gabriel est en face de la Vierge. Celle-ci, agenouillée à 
droite, porte une robe bleue. 
Miniature sur vélin. 

M. LE D"" Brouillon, Marseille. 



56 XV' SIÈCLE 



118. ECOLE DE L'EST, 1490. 

La Vierge Mère dans un paysage. 

H. 0,70. L. 0,61 . 
Les montagnes et le lac, la forme des maisons, le nimbe de 
l'enfant franchement fleurdelisé, semblent annoncer une œuvre 
voisine de l'Alsace ou de la Franche-Comté. Le Jpanneau a^été 
transporté sur toile. 

ToiJe. Peinture à l'huile. 

M. Franck-Chauveau sénateur^ Paris. 

119. ECOLE DE L'AMIENOIS, vers 1490. 

Jésus au milieu des docteurs. 

H. 1,08, L. 0,65. 
Jésus enfant est assis sur un trône massif et placé sous un dais 
conique, inspiré des objets de même forme employés dès le 
XIII' siècle, par les artistes parisiens. Derrière lui, une draperie de 
. damas d'or empreintée au fer. Sur la partie de la salle, en avant 
du trône, sont rangés douze personnages pris sur les modèles con- 
temporains du peintre, hommes de loi et seigneurs. L'intérieur 
est en briques rouges, ce qui est en faveur de l'origine pi- 
carde. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Donaldson, Londres. 

120. ECOLE DE L'AMIENOIS, vers i5oo. 

Portrait d'un chanoine, présenté par saint Jérôme. 

H. 0,62, L. 0,45. 

Ce portrait a été donné comme celui de Jérôme de Busleyden. 
Les armes timbrées d'un chapeau cardinalice et les initiales P. B. 
ne sont pas les caractéristiques du protecteur de l'Université de 
Louvain dont les armes étaient des quintefeuilles. Ici se sont 
des roses. Ces armes paraissent être celles de la famille de Baradat 
en France. M. Weale attribue au Hainaut l'origine de ce tableau, 
qui offre les caractères de certains manuscrits de la région d'Amiens. 
Le livre que le personnage a devant lui est enluminé dans le goût 
des heures d'Anne de Bretagne. 

Il faut faire remarquer les grandes concordances de pose, de 
rendu, d'expression générale entre ce tableau et celui du donateur 
de Glasgow. Les deux artistes sont sous une même influence de 
direction. L'attribution à Roger de La Pasture n'est pas maintenue ; 
l'œuvre est d'ailleurs d'une qualité de tout premier ordre. 
Bois. Peinture à F huile. 

M. E. P. MoRRELL, csquirc. Black Hall, Oxford. 




N° 109 du Catalogue 



Ga;ette des Beaux- Arts. 




N° iio du Catalogue 



A. Pèricat, à Tour' 



XV« SIÈCLE 57 



121. JEAN BOURDICHON, vers 1490. 

Portrait d'un seigneur blond très clair, portant au col 
la toison d'or et un oeillet de la main droite. 

H. 0,155, L. 0,130 

Ce petit panneau cintré est censé représenter l'Empereur Maxi- 
milien au moment où il devait épouser Anne de Bretagne. La date 
1 5 10 aurait été mise sur la bordure après coup. Il se pourrait cepen- 
dant que ce prince ne fût pas l'Empereur, car sa bouche très line- 
ment dessinée ne rappelle en rien le prognatisme singulier de 
Maximilien. N'est-ce point là tout simplement un de ces gentils- 
hommes demi flamands, demi français, comme on en connut vers la 
lin du XV' siècle, qui passaient à la cour de France ? On peut com- 
parer ce portrait à celui que nous a conservé Gaignières, représen- 
tant Charles, comte d'Angoulême, père du roi François I". C'est la 
même coiffure, le même œillet, mais il manque la Toison d'or. On 
pourrait aussi rapprocher ce très curieux petit portrait de ceux 
retrouvés dans une reliure de la Bibliothèque Nationale, qui mon- 
trent Charles VIII et Anne de Bretagne à peu près au même temps, 
(voir Exposition des manuscrits). 

Le portrait a appartenu au duc d'Angoulême, lils de Charles X. 

Bois. Peinture à Diuile. M. H. Haro, Paris. 



122. ECOLE DE BOURDICHON, vers 1495. 

Un saint écrivant. 

H. 0,15, L. 0,12. 

Miniature découpée dans le même livre que les suivantes. Elle 
paraît de la main de J. Bourdichon. 

Velin. Miniature. M 

123. ECOLE DE JEAN BOURDICHON? vers i5oo. 

Une sainte à qui le démon souffle sa chandelle. Enca- 
drement de cordelières. Signature L. C. 

H. 0,153, L. 0,112. 

C'est sainte Geneviève et non sainte Gudule comme on le 
croit généralement. 

Vélin. M. Jean Masson. Amiens. 



XV'SIECLE 



124. ECOLE DE JEAN BOURDICHON, vers i5oo. 

Un saint franciscain tenant un calice et ayant près de 
lui un cheval à genoux, dans un coin, près d'un oratoire. 
Signature L. C. 

H. 0,153, L. 0,1 12. 
Saint Antoine de Padoue, qu'on peut voir presque semblable 
dans les Heures d'Anne de Bretagne, par Bourdichon. 

Vélin. M. Jean Masson. Amiens. 

125. JEAN BOURDICHON, vers 1510. 

Quatre miniatures représentant les quatre états de la 
société. L'homme sauvage, le pauvre, l'artisan, l'homme 
riche. 

Chaque pièce. H. 0,151. L. 0,150. 
Ces miniatures sont à rapprocher de celles des Heures de la reine 
Anne de Bretagne conservées à la Bibliothèque Nationale. Elles 
sont dans la tradition des œuvres de Jean Fouquet avec rehauts 
d'or. 

Vélin. Miniature. M. Jean Masson, Amiens., 

126. ECOLE D'AMIENS, vers i5oo. 

Sainte Famille. 

Cette Sainte Famille a été donnéeau maUre de la mort de Marie 
à cause de certains détails, mais il n'est pas prouvé que ce maître 
soit d'une contrée plutôt que d'une autre ; on en a fait Joos van 
Clève reçu à Anvers dans la ghilde, en 1511. Sans doute nous 
devons tenir compte des opinions de M. Firmenich-Richartz à ce 
propos, mais pour le tableau qui nous occupe Joos van Clève, n'a 
point à intervenir. Nous avons ici une descendance fort écrite d'avec 
les illustrateurs du duc de Berry pour les Très riches heures. Le 
chapeau de paille de saint Joseph, l'arrangement de tête et les 
rayons des nimbes sont formels; le paysage de même. D'ailleurs 
ce tableau qui provient de la collection du Prince de Salm, n'a pas 
été trouvé en Allemagne, mais à l'abbaye de Toussaint, près 
Saint-Quentin. Divers manuscrits exécutés à Amiens vers la fin du 
xv° siècle nous offrent des caractères à rapprocher de ceux-ci, et 
divers tableaux, dits du Puy d'Amiens, concordent également, à des 
dates plus basses. 

11 existe de nombreuses répliques de ce tableau, dont une à 
saint Pétersbourg au Musée de l'Ermitage, et l'autre à Varemme, 
(Belgique), chez M. le baron de Selys-Longchamps. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée d'Epinal. 



XV' SIÈCLE 59 



127. ECOLE DE PARIS, vers 1495. 

Deux dessins : i" Arrivée d'une princesse dans une 
ville, combat et armement d'un jeune chevalier. 
2" Bataille, mort d'un guerrier, bataille. 

H. 0,56. L. 0,30. 
Ces dessins sont des compositions pour cartons de tapisserie ; 
ils ont été exécutés par l'artiste français des Heure de Simon 
Vostre et des Heures de la Vierge de Thielman Kerver. En depit 
de son extrême fécondité, son nom est inconnu. 

I" Le premier tableau représente l'arrivée de Penthesilee a 
Troie, la bataille des Amazones, Pyrrlms revêtu de ses armes, et 
Pyrrhus au combat. 

2° Bataille, mort d'Achille, bataille. 

On possède du même artiste une grande estampe représentant 
la Passion du Christ, conservée au Cabinet des Estampes et 
acquise ces années dernières. Cette pièce a été gravée sur bois 
d'après un dessin identique à ceux dont nous parlons. 

Dessin lavé au bistre. Musée du Louvre. 

128. ECOLE FRANÇAISE, vers i5oo. 

Résurrection dans une lettre R. 

H. 0,20. L. 0.15. 
Miniature de l'Ecole de Paris, rehaussée d'or. 

Yélin. M. Jean Masson, Amiens. 

,29. ECOLE D'AMIENS iSio. 

Un prêtre vêtu d'une robe rouge et d'un surplis, pré- 
senté par saint Jean-Baptiste. Au revers, le cadavre avec 
un phylactère. 

^ ■' H. 0,36. L. 0,44. 

Ce panneau est attribué à Simon Marmion, mais les dates s'y 
opposent ; iMarmion mourut en 1489. Or, on voit en arrière du prê- 
tre, sur une terrasse, devant le monument qui est représente a 
gauche du tableau, deux petits personnages en costume du temps 
de François i-'. L'influence de Memling est très sensible dans cette 



œuvre. 



Bois. Peinture à l'huile. Musée de Valenciennes. 



i3o. PEINTRE INCONNU 

DE L'ILE DE FRANCE, vers i5io. 

Deux volets d'un triptyque, représentant : l'un, saint 
Guillaume portant un drapeau fleurdelisé, et présentant 



6o XV« SIÈCLE 



cinq personnages hommes, le père et ses quatre fils, 
dont un moine ; l'autre saint François présentant une 
dame et ses trois filles. 

Ces deux pièces, d'un art supérieur, ne sont pas sans rapports 
avec Jean Bellegambe ; le saint Guillaume fleurdelisé est essentielle- 
ment le contemporain de certains bois des livres de Vérard. Les 
personnages sont des portraits pleins de vie et de sincérité. Le 
paysage a déjà de ces exagérations mises à la mode par les Italiens 
et les Flamands, mais les tonalités générales fines et d'une 
grande distinction s'éloignent autant des Italiens que des 
Flamands. Bien que les tons fussent différents, on songerait 
au dyptique de V Immaculée Conception de Douai, peint par Jean 
Bellegambe pour Jean Pottier et Marguerite Muret en 1526. Le 
paysage des fonds n'y contredirait pas. 

Ces deux pièces ont été bizarrement encadrées, et les ligures 
principales sont coupées par une baguette du cadre. 

Bois. Peinture à l'huile. M. H. Haro, Paris. 

i3i. ECOLE DE TOURA] NE, vers ]5oo. 

Portrait d'un homme tourné à gauche. 

H. 0.20. L. 012. 

Ce petit portrait rappelle le portrait de Jacques de Beaune 
Semblançay autrefois peint sur les vitraux du château de la Carte, 
près de Tours. Il est de descendance tourangelle et représente un 
personnage de 1490-1500 environ. 

Bois. Peinture à Vhuilc. M. l'abbé Requin, Avignon. 

i32. ECOLE DE TOURAl NE, vers i5oo. 

La Vierge, l'Enfant Jésus essayant des sandales, et une 
sainte religieuse. 

H. 0,33. L. 0.37. 
Ce tableau rappelle, par des dispositions architecturales, une 
miniature de la Sainte Famille dans les Heures d'Anne de Bretagne 
à la Bibliothèque Nationale. Le portique, venu de Fouquet et de 
l'école de la Loire, est fort rapproché dans les deux représentations. 
Mais rien ne rappelle Bourdichon, l'auteur des Heures, ni dans la 
représentation des personnages, ni dans les coloris, ni surtout 
dans le dessin des ligures. 

Bois. Peinture à lliuilc. MM. Colnaghi et C''', Londres. 



XVI' SIECLE 



i33. ECOLE DE LORRAINE, vers i5oo. 
La Présentation au Temple. 

H. 0,47. L. 0,32. 
Cette pièce paraît avoir été peinte dans la partie de la Lorraine 
avoisinant la Champagne. Le type du Saint-Joseph tient à l'Alle- 
magne ou aux Provinces de l'Est de la France. 
Bois. Peinture à Vliuile. 

M. Franck-Chauveau, sénateur 

j34. ECOLE LYONNAISE, iSoj. 

Portrait de Sainte-Catherine en pied. Au bas une 
prédelle avec donateurs. M. Bruchet, M. Gillier et de 
l'autre côté A. Polioce, P. Delorme et A. Sarrasin. Date 

Mccccc vir. 

H. 1,66. L. 1,00. 
Tableau votif de fabriciens en exercice dans le courant de 1507. 
Bois. Peinture ci Vhuilc. Musée de Lyon. 

i35. ECOLE DE LA HAUTE-BOURGOGNE, vers iSio. 
Pieta. 

H. 0,47. L. 0,33. 
Cette pièce remarquable paraît avoir été exécutée dans le Jura 
ou la Franche-Comté sousdîversesinfluencesfrançaisesetflamandes. 
L'architecture des fonds rappelle expressément certaines églises du 
Jura, entre autres celles de Beaufort, de Savigna, de Montevillars 
(à Poligny). Le paysage tourmenté ne contredit nullement cette 
opinion. En tout cas, ni dans le type du personnage, ni dans les 
fonds on ne retrouve l'origine flamande. 

Bo is. Peinture à Vliuile. M. le baron Lazzaroni, Paris. 

i36. ECOLE FRANÇAISE, vers i5i5. 

L'ange annonçant à Abraham la naissance d'un fils. 

H. 0,78. L. 0,58. 
L'artiste s'est tenu strictement à l'interprétation du passage de 
la genèse. « Un ange dit à Abraham : Sara, votre femme, aura un fils. 
« Ayant entendu cette parole, Sara se mit à rire derrière la porte..» 
Le geste d'Abraham avec son ironie est de bonne essence française. 
Il est vêtu d'une robe rouge, d'un chaperon bleu. Sara est en rose 
avec fourrure aux manches, et elle porte un manteau vert. L'ange 
est en robe blanche. Sur le devant, un chien barbet jaune taillé en 



62 XVI^ SIECLE 



lion, ce qui se voit assez rarement dans les peintures de ce temps. 
La peinture, par l'esprit qui l'anime, le caractère des personnages, 
le style de la partie architecturale, l'harmonie du coloris est ap- 
parenté à un groupe de miniatures de manuscrits d'une extrême 
finesse exécutées pour des princes de la maison de Valois. L'ange 
est fort rapproché de ceux du maître de Moulins. 
Bois. Peinture à Vhuile. 

Madame la Comtesse Durrieu, Paris. 

137. JEAN PERREAL? vers i5i5. 

Mariage mystique de Sainte-Catherine, entre la Vierge, 
Sainte-AnnCj Saint-Jean-Baptiste, Saint-Louis et Sainte- 
Barbe, au milieu d'un riche paysage. 

H. 0,80. L. 1,20 
Ce tableau a été attribué à Perréal, fort justement, d'après le 
tableau du Louvre qui lui est donné et qui provient de M. Bancel. 
Mais il ne paraît pas que ce maître soit Perréal à qui on reporte 
plus volontiers les œuvres du Maître dit de Moulins. Le présent 
tableau est d'une très grande perfection de détails ; la présence du 
roi saint Louis sous les traits de Louis XII, apparenterait cette 
œuvre à divers tableaux, entre autre à celui du sacre de Louis XII 
au Musée de Cluny, ici exposé. Les fonds nous montrent diverses 
scènes de la vie du Christ. On devra comparer aussi le tableau à 
celui de l'Eglise de Joigny. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Richard von Kaufmann, Berlin. 

i38. JEAN PERRÉAL? vers 1 5] 5. 

La Vierge et deux donateurs. 

H. 0,72. L. 0,51. 
Ce tableau a été le prétexte d'un livre publié par M. Bancel 
qui donna depuis le tableau au Louvre. Les initiales J. P. ne sont 
pas celles de l'artiste, mais celle des deux donateurs, qu'on disait 
être Charles VIII et Anne de Bretagne. 

Bois, Peinture à V huile. Musée du Louvre 

139. ECOLE DE L'EST, vers i5i5. 
La Sainte Famille au repos. 

H. 0,35. L. 0,30. 
Cette peinture d'une belle qualité montre des ruines dans le 
goût des fabriques employées par Jean Cousin dans ses vitraux. 
Saint-Joseph est habillé en colporteur. Les maisons, en arrière à 
droite, rappellent celles du voisinage de l'Allemagne. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Arnoult, Paris 



XVP SIÈCLE 63 



140. ECOLE FRANÇAISE vers iSip. 

Calvaire avec la Vierge, saint Jean, saint Etienne, 
saint François, et un évêque à genoux. Armes : d'or au 
chevron de gueules à 3 coquilles de sable deux et une, 
qui est Poncher. 

H. 0,85, L. 1,05. 
L'intérêt historique de ce tableau ressort de ce fait, que les deux 
personnages — l'un en saint Etienne, l'autre en évêque agenouillé 
— représentent les deux Poncher. successivement évêques de 
Paris, de 1503 à 1^32. Le premier. Etienne Poncher, avait été con- 
seiller au Parlement en 1485, Président aux Enquêtes, 1498, évêque 
de Paris en 1503, Chancelier de Milan, Chevalier de l'Ordre, 1512, 
négociateur de la paix de Noyon, 1516, ambassadeur en Espagne, 
15 19, Il avait fait exécuter de grands travaux à l'hôtel de Sens à 
Paris, et bâtir le château de Villeneuve-en-Brie. François, le second, 
qui dut faire peindre le tableau, fut curé d'Issy, lorsque Rabelais 
était curé de Meudon ; à la mort de son oncle, en 15 19, il fut 
nommé évêque de Paris; mais en 1529, ayant manœuvré pour faire 
prolonger la captivité du roi François et empêcher Louise de Savoie 
d'être nommée régente, il fut enfermé à Vincennes. Il mourut en 
prison en 1532 et fut enterré à N.-D. de Paris, dans le chœur. La 
tradition veut que Marie Poncher, sœur de ce dernier, mariée à 
Eustache Luillier, soit représentée dans le tableau sous les traits de 
la Vierge Marie. Acquis dans le milieu du xix* siècle par M. Niel, 
auteur de l'ouvrage Personnages illustres du xvi' siècle^ qui l'un 
des premiers en France, s'occupa d'études iconographiques. 

Bois. Peinture à Vhuile. M"' Niel, Paris. 

141. INCONNU, vers 1 520. 

Adoration des mages. Triptyque. 

Ouvert. H. 0,52. L. 0,90. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Gaston le Breton, Rouen. 

142. INCONNU, versi53o. 

Portrait d'un homme à manteau d'hermine. 

H. 0.27. L. 0,19. 
Portrait de seigneur français de la cour de François L'. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Ed. Aynard, Lyon. 



64 XVI'' SIÈCLE 



143. INCONNU XVI' SIECLE. 

Portrait d'un prince portant la toison d'or et d'une 
princesse coiffée d'un chaperon et d'une robe brochée 
d'or. 

Chaque: H. 0,24. L. 0,15. 

On lit au dessus du portrait de l'homme: Philipus dei gratia 
dux Austrioe uxor Margareta. Au dessus du portrait de la femme : 
Margareta filia Régis Romanorum. On a pensé à Jean Perréal 
pour ces portraits à cause de ses travaux à Brou. C'est l'archiduc 
Philippe et Marguerite d'Autriche qui, devenue veuve, lit construire 
Brou. 

Bois. Peinture à lliuile. MM. Agnew, Londres. 

J44. JEAN CLOUET, vers iSio. 

Portrait d'homme coiffé d'une toque. 

H. 0,35. L. 0,27. 

Le personnage représenté doit être le vicomte de Turenne, 
François de la Tour, lieutenant-général en Auvergne sous la con- 
duite de Jean Stuart duc d'Albany. C'est lui qui, par procuration, 
épousa pour le roi François la reine Eléonore d'Autriche. Il mou- 
rut à 35 ans en 1532 ; il était contemporain immédiat du roi Fran- 
çois I". Un crayon représentant ce personnage est à Chantilly, 
sous le nom de « Vicomte de Turaine gran père. » 

Bois. Peinture à lliuile. M. Ch. Forgés, Paris. 

145. JEAN CLOUET, vers i52o. 

Portrait d'un seigneur portant un chapeau noir abords 
relevés, une pelisse fourrée et tenant à la main un bou- 
quet de pensées. La devise porte : Fol désir nous abu^e. 

H. 0,35. L. 0,26. 
Portrait présumé de Guillaume Gouffier, sieur de Bonnivet, 
tué à Pavie en 152=,. 
Bois. Peinture à lliuile. M. E. Richtenberger, Paris. 

J46. ECOLE DE BOURDICHON, vers i52o. 

Un repas littéraire ; cinq hommes de lettres attablés, 
dont l'un déclame. Sur le devant, deux enfants. 

H. 0,12. L. 0,093. 
Ce curieux dessin à la gouache rappelle la miniature du 
Macault, en tête du Diodorc de Sicile, manuscrit du Musée Condé. 




N° io8 du Catalogue. 



Sauvanaud, pliot. 



XVI» SIÈCLE 65 



Le poète récitant n'est-il pas Jean Marot, père de Clément, l'un 
des littérateurs les plus célèbres du commencement du xvi» siècle. 
Papier? Gouache . M. Orville, Paris. 

147. JEAN PERRÉAL? \Si\. 

Portrait d'un seigneur âgé portant une toque relevée. 
La lettre indique sur le cadre Monsieur de Belefourière. 

H. 0,48. L. o. 33. 
M. Thiébault-Sisson, Paris. 

148. JEAN CLOUET iSiS. 

Portrait d'un seigneur âgé, à la figure émaciée ; il 
porte le collier de saint Michel, une robe fourrée et un 
chapeau maintenu par un ruban. 

H. 0.37, L. 0,26. 

Ce tableau fort important montre la descendance de Fouquet 
poursuivie jusqu'au xvii' siècle, C'est ici le portrait de Guillaume 
baron de Montmorency, chevalier d'honneur de Louise de Savoie, 
mort en 1 531. Il fut le père du Connétable Anne de Montmorency. 
Un portrait de la même date et de la même taille est au Louvre. 
Ce dernier provenait de Saint Martin de Montmorency. Ce sont là 
deux œuvres dues au peintre miniaturiste qui a dessiné les crayons 
de cette date conservés à Chantilly et les portraits miniatures 
si remarquables du manuscrit français de la Bibliothèque Nationale 
sur les Commentaires de la Guerre Gallique (fr. 13429). 

Bois. Peinture d Vhuile. Musée de Lyon. 

149. JEAN CLOUET, i53o. 

Portrait d'un prince coiffé d'un chapeau à plumes 
blanches et vêtu d'un pourpoint clair à très larges man- 
ches. Il porte le collier de saint Michel et a la main gau- 
che sur la garde d'une épée très riche. 

H. 0,96. L. 0,74. 

Ce portrait, qu'une tradition fort ancienne donnait à Janet Clouet 
était à Fontainebleau en 1642. Depuis, divers auteurs l'ont débap- 
tisé. Bien que représentant le roi François dont le peintre en titre 
d'office était Jean Clouet, Denon en fit une œuvre de Jean Mabuse. 
De notre temps on a voulu y voir l'œuvre de l'un des italiens de la 



66 XVP SIECLE 



décadence travaillant à Fontainebleau. L'allure générale du portrait 
est française, et il n'y a aucune raison pour le refuser à Jean Clouet, 
père de François Clouet, peintre du roi et portraitiste de la 
cour. 

Bots. Peinture à rhuile. Musée du Louvre. 

i5o. JEAN CLOUET (Ecole de) vers i53o. 

Portrait d'un seigneur portant un chapeau de feutre 
noir orné d'une plume blanche, et habillé d'un justau- 
corps décolleté et à crevés. 

H. 0,14. L. 0,10. 
Tortrait de François I" à l'âge de 30 ans environ. 
Bois. Peinture à Vhiiile. Musée de Lyon. 

i5i. JEAN CLOUET. vers i534. 

Portrait d'une jeune princesse portant un chaperon à 
queue relevée, un corsage décolleté et un petit collier. 
Elle tient ses patenôtres. 

H. 0,18. L. 0,13. 

Cette princesse a été prise par Clairambault, qui l'avait trou- 
vée chez Gaignières, pour Elisabeth fille de Henri II, mais les 
dates de costume s'y opposent. C'est en réalité Jeanne d'Albret, 
fille de Henri d'Albret et de Marguerite de Valois, celle qu'on 
appelait alors la « Mignonne de nos Rois » et qui épousa le 20 oc- 
tobre 1548, Antoine de Bourbon. Elle fut la mère d'Henri IV. 
Elle mourut en 1^72, à l'âge de 44 ans. Elle était née en 1528. Voir 
à Chantilly un crayon la représentant au même âge. 

Bois. Peinture à l'huile M. M. Agnew, Londres. 

i52. JEAN CLOUET, vers 1540. 

Portrait d'un personnage de trente à quarante ans, 
portant un chapeau plat à médaille, un habit tanné et 
tenant un livre sur lequel on lit Petrarca. 

H. 0,37. L. 0,31. 

Portrait présumé de Claude d'Urfé, sieur de Chateauneuf, 
bibliophile, homme de guerre, ambassadeur au Concile de Trente 
en i=)47. Cette peinture, fort rapprochée de la manière d'Holbein, 
comme les crayons de Chantilly le sont de ceux de Windsor, 
explique les rapports constants des peintres entre eux. Les détails 



XVI' SIÈCLE 67 



de cette œuvre la rapprochent des Deux ambassadeurs de la Natio- 
nal Gallery, attribués à Holbein, qui sont deux français notables 
du XVI' siècle. 

Bois. PeiiiUire à Vliiiile. S. M. le roi Edouard VII. 

i53. JEAN CLOUET. vers 1540. 

Portrait d'un personnage vu de face, portant une 
toque à plume foncée et un justaucorps à crevés. Fond 
bleu. 

H. 0,16. L. 0,13. 
Ce portrait, par sa qualité, paraît être de la main de Jean dit 
janet Clouet. Il se peut confondre avec ceux ordinairement attri- 
bués à Corneille, mais il leur est supérieur. Le nom du personnage 
est inconnu. 

Bois. Peinture à Vhtiile. M. Walter Gay, Paris. 

154. CLOUET (Ecole Française) vers 1540. 

Portrait de dame coiffée d'un chaperon ; on lit d'une 
écriture du temps Brasac. 

C'est l'orthographe ordinaire du nom de Brissac chez cet artiste, 
qui a donné la plus grande suite des crayons du xvi* s. aujourd'hui 
conservés à Chantilly et provenant de Castle Hov^^ard, M°" de 
Brissac femme du maréchal, Charles de Cossé. 

Papiers. Crayons de couleur. M. Deligand, Paris, 

i55. ECOLE DES CLOUET, vers i53o. 

Portrait d'une dame coiffée à l'espagnole, portant de 
riches bijoux et tenant une bague. 

H. 0,26. L. 0,20. 
Portrait de la reine Eléonore dans son costume espagnol à cre- 
vés. Une œuvre semblable est conservée au Musée Condé à Chan- 
tilly. Une dame Béatrix Pacheco du même peintre est au Musée 
Stàdel à Francfort. 

Bois. Peinture à V huile. 
M. George de Montbrisox, Cliàtcaii de Saint-Rocli 

]56. JEAN CLOUET, vers i535. 

Portrait d'une jeune femme blonde tournée à gauche 
portant un corsage décolleté, un chaperon à templette, 
et l'auréole des morts. 

H. 0,14. L. 0,10. 
Le tableau représente une jeune femme de trente ans à peine. 



XV1« SIECLE 



Elle est coiffée de bandeaux plats, légèrement frisés aux tempes ; 
elle porte un chaperon à templette, orné d'un cercle d'orfèvrerie 
précieuse. Sa robe, échancrée à la mode de 1530-35 environ, est 
bleue, et elle a sur la poitrine un collier d'or et de perles. Dans ses 
bras elle tient un agneau. Ce portrait, d'une qualité très particu- 
lière, paraît être celui de l'une des filles de François l", et de 
Claude de France, morte jeune. Fond vert. 
Bois. Peinture à r huile 

M. Gaetano Frizzoni, Milan. 

i5j. JEAN CLOUET, vers i535. 

Portrait d'homme coiffé d'une toque noire à plumes 
blanches. Il porte le collier de saint Michel. 

H. 0,160. L. 0,135. 
Portrait de Henri d'Albret, roi de Navarre, mari de Marguerite 
de Valois et grand-père de Henri IV, né en 1503, mort en 1555. 
Bois. Peinture à Vlniile. 
M. George de Montbrison, château de Saini-Roch . 

i58. CORNEILLE DE LYON? vers 1548. 

Portrait d'un jeune prince portant un chapeau à plu- 
mes blanches sur un bonnet d'enfant. 

H. 0,16. L. 0,13. 
Portrait de François II enfant, né le 19 janvier 1544. Ses par- 
rains furent Paul III, le roi François P', et la Seigneurie de Venise. 
Sa marraine. Madame Marguerite, depuis duchesse de Savoie, sa 
tante paternelle. Il était venu après 10 ans de mariage de Henri II 
et de Catherine. Il est représenté ici dans ses premiers habits 
d'homme. Catherine de Médicis nous apprend elle même dans une 
lettre que l'enfant « ne veult plus aller en femme », c'est-à-dire 
porter une robe de petite fille. Comparer avec un portrait de 
Chantilly dessiné au crayon vers la même date. Provient de Roger 
de Gaignières en 17 11. 

Bois. Peinture à Thuile. Musée d'Anvers. 

159. CORNEILLE DE LYON 1548. 

Portrait d'une jeune femme de trois-quart à droite 
portant un chapeau, un corsage décolleté et un collier de 
perles. 

H. 0,175. L. 0,140. 
Ce portrait était donné comme celui de la reine Claude, mais 
le costume s'y oppose; la date de la mort de la reine est de 1525, 



XVI» SIÈCLE 69 



le costume est de 1^40-50 environ. II y avait au revers quatre vers 
de Ronsard qui ont été enlevés lors d'une restauration. Provient 
de la vente Léopold Double, 30 mai 1881. 

Bois. Le fond refait. M. Féral, Paris. 

160. CORNEILLE DE LYON (École de) vers 1548. 

Portrait d'un seigneur portant une toque noire, un 
pourpoint foncé et des manches claires. 

H. 0,18. L. 0,14. 
Charles de Cossé Brissac, maréchal de France. (Comparer à un 
même portrait au Louvre). 

Bois. Peinture à Vhtiile. M. Walter Gay, Paris. 

161. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait de jeune homme portant une toque noire, un 
habit brodé et le collier de l'ordre. 

H. o, 16, L. 0,13. 
On a donné ce personnage comme étant Jean de Bretagne, 
mari de la duchesse d'Etampes. Le même portrait est au Musée du 
Louvre, mais l'âge des personnages et la date du portrait ne per- 
mettent pas de reconnaître le duc d'Etampes qui avait 42 ans à 
l'époque où l'œuvre fut exécutée. Ce portrait provient de la collec- 
tion de Gaignières. Bonnivet le Jeune? 
Bois.^ peinture à Vlixiile. 
M. George de Monbrison, château de Saint-RocJi. 

162. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait déjeune homme de 3/4 à gauche, portant une 
petite toque et un pourpoint clair. 

Ce portrait n'a pu être rapproché d'aucune figure connue ; il 
est de très belle qualité. Peut-être serait-il le jeune Bonnivet. 
Bois. Peinture. Mme Edouard André, Paris. 

i63. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait d'une jeune femme, en corsage échancré, 
portant un chaperon orné de deux cercles d'orfèvrerie, 
un carcan d'or et de perles, une chaîne prise dans le cor- 
sage, et des manches bouffantes. La robe est tannée et 
les manches blanches. 

H. 0,21, L. 0,15 
La jeune dame ne nous est pas connue, mais la qualité de la 



70 



XVI' SIECLE 



peinture indique la main de Corneille de la Haye, dit de Lyon. Ce 
portrait figurait certainement dans la célèbre « Chambre aux pein- 
tures», que Corneille avait formée dans cette ville avec les portraits 
des dames et seigneurs de la cour de France venus à Lyon en 1548. 
La dame, d'après certains indices, pourrait être la fameuse marquise 
de Rothelin, née de Rohan-Gyé, l'une des belles de ces temps. 
Elle n'est pas sans rapports non plus avec Françoise de Longwy- 
Givry, femme de l'amiral Chabot, mais à cette époque celle-ci 
était veuve. 

Bois. Peinture à l'huile. M. Edouard Aynard, Lyon. 

164. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait d'une jeune femme portant une toque à 
plumes et un corsage richement brodé. 

H. 0,18. L. 0,14. 
Ce portrait a dû être peint à Lyon par Corneille ; la proba- 
bilité, c'est qu'il a été gravé dans le Promptuaire des Médailles 
de Rouille à Lyon en 1549. Marguerite de France, fille de 
François I et de Claude de France, mariée au duc de Savoie. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée de Versailles n" 3 181. 

i65. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait d'une jeune femme de 3/4 à gauche, portant 
un chaperon orné, un corsage échancré et des bijoux. 

H. 0,17, L. 0,15. 
Ce portrait, qui est de tous points semblable au précédent, 
montre que le peintre multipliait les effigies de la même per- 
sonne. Le Musée de Versailles la donne comme Jacqueline de 
la Queille, dame d'Aubigny, ce qui est l'attribution la plus 
probable. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée de Versailles n" 3146. 

166. CORNEILLE DE LYON, vers J548. 

Portrait de femme de 3/4 à gauche ; elle est légère- 
ment voûtée. 

H. 0,16. L. 0,15. 

Portrait de Renée de France, duchesse de Ferrare, fille de 
Louis XII et d'Anne de Bretagne, sœur de la reine Claude. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée de Versailles n"3i2i. 



XVI» SIECLE 



71 



167. CORNEILLE DE LYON, vers 1548. 

Portrait d'homme habillé de noir, portant une toque 
noire, et tourné de 3/4 à droite. 

H. 0,19. L. 0,15. 
Ce personnage est un des officiers royaux, mais sa physionomie 
ne peut se rapprocher d'aucune de celles qui nous sont connues . 
Bois, peinture à Vhuile. M°' Ed. André, Paris. 

168. ECOLE D'AMIENS, vers 1540. 

Deux volets d'un petit diptyque. A droite, le donateur 
et quatre fils sous la protection d'un saint archevêque ; à 
gauche, la femme et trois jeunes filles sous la protection 
de saint Jacques. Verso, une Annonciation en grisaille. 

Chaque volet: H. 0,30. L. 0,14. 
Cette petite pièce est l'esquisse destinée par l'artiste à un agran- 
dissement. Le nom des personnages est inconnu ; les costumes 
sont ceux de la Picardie au milieu du xvi° siècle. 
Bois. Peinture à Vhuile. 

M. Louis Legrand, Conseiller d'Etat, Paris. 

169. ECOLE DE CORNEILLE DE LYON, vers 1540. 

Portrait de jeune femme coiffée d'un chaperon, et 
portant un corsage à manches ornées de crevés. 

H. 0,300. L. 0,225. 
Portrait présumé de Renée, fille de Louis XII, duchesse de 
Ferrare, née en 15 10, morte en 1575. Elle est représentée à l'âge de 
trente ans environ. Réplique ancienne. 
Bois. Peinture à Vhuile. 
M. Georges de Monbrison, château de Saint-Roch . 

170. CORNEILLE DE LYON i545. 

Portrait d'un jeune homme vu de face, portant un 
chapeau noir à plumes blanches et le collier de l'ordre; 
on lit en haut: Feu duc cV Orléans. 

H. 0,151, L. 0,113, 
Ce petit portrait représente Charles d'Orléans, fils de François 
I" et frère d'Henri II ; il prit le titre de duc d'Orléans, lorsque 
mourut le dauphin François, fils aîné du roi. Le panneau est usé, 



XVP SIECLE 



mais il est un des plus authentiques qui soient. En effet, il appar- 
tint à Gaignières qui l'acheta directement au dernier descendant de 
Corneille de Lyon, La lettre a été mise postérieurement. 
Bois. Peinture à l'huile. 

M. PiERPONT-MoRGAN, Loudres. 

171. CORNEILLE DE LYON vers i545. 

Portrait d'un homme portant une barrette noire. La 
barbe très longue est rousse. 

H. 0,14. L. 0,11. 
Ce portrait représente un homme d'église, vraisemblablement 
un protonotaire. 

Bois. Peinture à l'huile. M""' Edouard André, Paris. 

172. CORNEILLE DE LYON 1548. 

Portrait d'un cardinal. 

H. 0,19. L. 0,14 
Ce portrait passait pour être celui du cardinal Bembo et avait 
été catalogué ainsi dans la Notice des Tableaux du Musée Calvet, 
par M. Aug. Deloye; c'est Odet de Coligny, cardinal. Une répli- 
que est dans la collection Léopold Goldschmidt. 

Ce petit panneau a été acquis par le Musée Calvet en 1834. 
Bois. Peinture à Vhuile. Musée d'Avignon. 

J73. CORNEILLE DE LYON 1548. 

Portrait d'une jeune femme tournée de 3/4 à gauche, 
portant un chaperon orné de perles, un corsage échancré 
et des manches à crevés; on lit en haut: Madame d'Au- 
beinhy (Aubigny). 

H. 0,17. L. 0,14. 
D'après la lettre, il s'agirait ici d'Anne Stuart, fille de Beraud 
Stuart, femme de Robert Stuart, duc d'Aubigny en France, maré- 
chal de France et gouverneur de Bresse. Un portrait de Madame 
d'Aubigny en 1520 est conservé à Chantilly au nombre des crayons 
provenant de Castle-How^ard. Le Musée du Louvre, de son côté, 
possède un portrait représentant la même dame, avec un corsage 
un peu différent, elle est nommée Louise de Rieux, marquise 
d'Elbeuf. Ce dernier tableau a été donné au Louvre, par M. Kann. 
Un autre est à Versailles, (n" 164 ci-devant). 
Bois. Peinture à l'huile. 

M. Le Colonel Stuart Wortley, Paris. 




N° ()j du Catalogue 



Galette des Beaux-Arts. 



XVP SIECLE 73 



174. ÉCOLE FRANÇAISE j55o. 

La légende de sainte Marguerite en quatre tableaux 
— La sainte et le Roi Olibrius — La sainte battue de 
verges — La sainte et le dragon — Mise à mort de sainte 
Marguerite. 

Chaque panneau : H. 0,30. L. 0,26. 

Il est intéressant de rapprocher cette pièce de la miniature de 
Jean Fouquet exposée ici (n" 30), où l'on voit également sainte 
Marguerite en présence d'Olibrius. Dans la miniature. Olibrius 
représente Charles VII ; ici le tyran romain porte un costume de 
convention, mais ses suivants sont ceux de V Entrée de Henri II à 
Lyon. Toutefois l'artiste qui pourrait être un des contemporains 
immédiats de Geoffroy Tory conserve quelque souvenir du 
gothique de Bourdichon dans l'agencement des scènes. 11 y a lieu 
de mettre cette œuvre très rare en comparaison du livre d'heures 
du roi Henri II, conservé à la Bibliothèque Nationale. Le paysage 
y est traité daus le même esprit. 
Bois. Peinture à l'huile, rehauts d'or. S. M. le Roi Edouard VII. 

175. CORNEILLE DE LYON vers 1548. 

Portrait de jeune femme portant un chaperon orné de 
perles, et un corsage décolleté. Un riche collier et une 
chaînette soutenant un bijou, complètent la parure. 

H. 0,16. L. 0,13 

Ce portrait est donné comme celui de la duchesse d'Etampes, 
Anne de Piesseleu. Il provient de la collection de Gaignières 
comme le numéro 1 59. Il me paraît pas toutefois que ce soit là le por- 
trait de la duchesse qui n'était plus à la cour lors du voyage à Lyon 
en 1548. 

Bois. Peinture à V huile. 

M. George de Monbrison, châteaxi de St-Roch . 

176. CORNEILLE DE LYON vers i55o. 

Petit portrait de femme coiffée d'un chaperon de 
veuve et d'une robe noire. Dans l'échancrure du corsage 
ou aperçoit un bijou suspendu à des lacs de soie. 

H. 0,15. L. 0,14. 
Une lettre moderne indique Madame de Sauves comme étant 
la personne représentée. Cette dame « l'une des plus futées de la 



74 XVI» SIECLE 



cour» perdit son mari de bonne heure et épousa en secondes 
noces le marquis de Noirmoutiers. Elle était de la famille de 
Beaune-Semblançay. Mais la lettre nous laisse les plus grands 
doutes. 

Bois. Peinture à l'huile. M. Doistau, Paris. 

177. CORNEILLE, (École de) vers i555. 

Portrait d'homme en toque noire et costume sombre. 

H. 0,16. L. 0,12. 
René du Puy du Fou né en 1528, marié à la veuve de Charles 
de Chabannes, Catherine de La Rochefoucauld, chevalier de l'or- 
dre en l'jéa, mort en 1570, Voir crayon de Chantilly. I, 61. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Walter Gay, Paris. 

J78. GEORGES REVERDY, vers i55o. 

La Sainte Famille dans un temple, monogramme AA. 

Diamètre, 0,20 
M. Fairfax Murray, Londres. 

179. ECOLE FRANÇAISE vers i55o. 

La Nativité, la Cène, le Calvaire. Triptyque avec 
cadre. 

H. 0,28. L. 0,92. 

Cette œuvre d'un miniaturiste français est inspirée d'oeuvres 
italiennes du xv° siècle. La Cène avec le dais de François I"", et les 
lampadaires est une imitation libre des maîtres italiens. 

Vélin. M. Ch. Léon Cardon. Bruxelles. 

i«o. JEAN DE GOURMONT, vers )55o. 

Combat de gladiateurs dans un temple. 

H. 0,23. L. 0,32 
Ce dessin est très rapproché d'un autre aujourd'hui conservé au 
département des Estampes. 
Papier. Dessin lavé au bistre. M. Fairfax-Murray, Londres. 

)8i. ECOLE DU PONTHIEU, )55i. 

Deux panneaux volets en deux tableaux chacun avec 
légendes en français. 

H. 1,70, L. 0,80. 

Ces travaux de peinture secondaire sont exécutés en 1551 
dans la région d'Avesnes. Le premier tableau de gauche 



XVP SIECLE 7s 



porte sur une verrière les armes de Croy-Renty. Les costumes 
sont français, du milieu du xvi" siècle. Les légendes explicatives 
sont en français. C'est l'histoire de la peste à Rome. 
Bois. Peinture à huile. Eglise Saint-Nicolas. Avesnes. 

182. GEORGES REVERDY DE LYON, vers i5oo. 
Nativité et adoration des bergers. 

H. 0,140. L. 0,270 

Ce dessin attribué autrefois à un prétendu italien, Cesare Rever- 
dino paraît être de la main de Georges Reverdy, artiste lyonnais, 
peintre et graveur du milieu du xvi° siècle. 
Papier. Dessin lavé au bistre. 

M. Jean Masson, Amiens. 

i83. ECOLE DES CLOUET, vers ]545. 

Portrait d'homme en pourpoint clair. 

H. 0,40. L. 0,33. 
Ce personnage n'a pu être identifié. Il porte des boucles d'oreilles. 
Bois. M. Martin Le Roy. Paris. 

184. ÉCOLE DES CLOUET, vers i555. 

Portrait de seigneur en pourpoint blanc et manteau 
fourré. Il porte une petite toque à plumes, et un collier 
de saint Michel. 

H. 1,06, L. 0,75. 

On lit sur le panneau de chaque côté de la tête : 

HENRICVS II FRAC — REX XRIANISSLMVS 
ANNOiïTATIS SU^ — XXXVII, 1555. 

C'est, dit M. Mantz, le roi dans un de ses mauvais jours. L'œu- 
vre est fort médiocre, mais fort intéressante, en ce qu'elle nous 
fournit un type inédit et inconnu de ce prince. La tête, très retou- 
chée, a perdu beaucoup de sa valeur, mais les détails du costume 
sont intéressants. Le fauteuil du roi, marqueté comme une pièce 
d'orfèvrerie ou une reliure, est des plus curieux. Le bijou de col 
est de l'art de Ducerceau. Il semblerait que l'artiste fut plutôt un 
décorateur qu'un portraitiste. Le nom de François Clouet ne peut 
être invoqué ici, mais son entourage proche comptait beaucoup 
d'artistes capables de faire ce travail. 



76 XVP SIÈCLE 



Le tableau, qui a été allongé par en haut, était autrefois de forme 
cintrée. Il fut donné au Musée par M. de La Tour-Maubourg, 
député de la Loire, en 1872. 

Bois, Peinture à V huile. Musée du Puy. 

i85. ECOLE DES CLOUET, vers i555. 
Portrait d'un cardinal. 

H. 0,29, L. 0,19. 

Ce portrait représente Charles de Lorraine Guise, né en 1525, 
fils de Claude de Guise et d'Antoinette de Bourbon. Cardinal à 
21 ans, archevêque de Reims en 1546, il fut député au Concile de 
Trente. Il mourut à Avignon à 49 ans, le 26 décembre 1^74. 

Bois. Peinture à V huile. 

M. Romans, Chat, de Picomtal (Hautes-Alpes). 

186. ECOLE DES CLOUET, ]565. 

Dessin au crayon rouge représentant un homme de 
trente ans environ. 

H. 0,33, L. 0,24. 
Portrait présumé de Poltrot de Méré, assassin du duc de Guise. 
On ne connaît aucune autre effigie de ce personnage. 

Papier. M. Jean Masson. Amiens. 

187. FRANÇOIS CLOUET? i545. 

Portrait d'un prince à cheval. 

H. 0,28. L. 0,22. 
Ce portrait de François I est en peinture au Musée des Offices. 
Celui-ci provient de Roger de Gaignières, et de la collection Sau- 
vageot. Il est à rapprocher du Henri II achevai, provenant d'Azay- 
le-Rideau (n" 186). 

Papier. Miniature. Musée du Louvre. 

188. FRANÇOIS CLOUET, vers iSSp. 

Portrait d'un prince à cheval, en grand costume civil. 

H. 1,60. L. 1,30. 

Ce portrait a été composé d'après des éléments antérieurs, peut 

être au moment de la mort du roi Henri II, dont c'est le portrait. 

La tête, la coiffure, le justaucorps sombre bordé d'or, sont en 

effet ceux du portrait officiel du roi, notamment de celui autrefois 



XVP SIECLE 



77 



peint en miniature et placé dans le livre d'heures de la reine Cathe- 
rine, d'où on l'a retiré dans le xvii' siècle, et qui, après avoir ap- 
partenu à Roger de Gaignières, est aujourd'hui au Département 
des Estampes. 

Quant à l'allure générale du portrait, au harnachement du 
cheval, à la décoration des housses, ce sont les éléments à peine 
transformés du portrait équestre du roi François I". Le cheval est 
ici de robe foncée, il était café au lait pour le roi François, mais 
c'est le même cheval qui a été copié et arrangé par l'artiste. C'était 
une formule officielle, le portrait qu'on offrait aux parents et aux 
amis, on le grandissait ou on le diminuait suivant les besoins. 
L'œuvre est ici d'un artiste très habile, maître de sa technique ; ce 
ne peut être que François Clouet. 

Provient du château d'Azay-le-Rideau. 

Toile. Peinture à Vhuilc. MM. Lawrie, Londres. 

189. FRANÇOIS CLOUET, vers i56o. 

Portrait d'homme jeune à la barbe châtain, portant 
une barrette de magistrat, et une simarre de juge, 

H. 0,016. L. 0,014. 

Ce portrait est une réplique de celui mentionné sous le (n" 19) 
et qui appartient à M. Hutteau, avec quelques différences. 

Bois. Peinture à Vhuile. M"' Ed. André, Paris. 



190. FRANÇOIS CLOUET, vers i56o. 

Portrait d'un seigneur portant une toque noire, un 
pourpoint blanc et un manteau noir. 

H. 0,15. L. 0,13. 

Ce 'portrait paraît représenter Charles de La Rochefoucauld, 
comte de Rendan, qui portait le n" 156 de l'inventaire de Roger de 
Gaignières en' 17 17. Le cachet de Colbert de Torcy retrouvé au 
revers du tableau confère à cette pièce un intérêt exceptionnel, car 
il marquait les objets de la vente de Gaignières, le grand collec- 
tionneur. A la vente, cette pièce atteignit à peine quelques sous. 
En ce moment ce cachet donne au petit tableau une importance 
d'authenticité. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Doistau, Paris 



78 XVP SIÈCLE 

191. FRANÇOIS CLOUET, vers i56o. 

Portrait d'un homme jeune à la barbe châtain clair, 
portant une barrette noire et une simarre damassée. 

H. 0,016. L. 0,014. 
Ce portrait représente un protonotaire ou un ambassadeur ; la 
peinture est d'une telle qnalité que nous la voudrions rapprocher 
du tableau de la National Gallery « Les deux Ambassadeurs » 
attribuée à Holbein (mais qui est peut être d'un autre peintre). Le 
nom de Corneille de Lyon, ordinairement appliqué à des œuvres 
de dimensions égales, ne paraît pas pouvoir être invoqué ici. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Hutteau, ingénieur, Paris, 

192. FRANÇOIS CLOUET j563. 

Petit portrait d'homme portant une toque noire, un 
habit foncé et le collier de l'ordre, sur un couvercle de 
boîte ronde. 

Diamètre 0,101. 
Honorât de Savoie, comte de Tende et de Sommerive, gouver- 
neur de Provence en 1563, neveu du connétable de Montmorency 
et fils de Claude de Savoie, comte de Tende. Ce portrait miniature 
très remarquable était peint à l'intérieur d'un couvercle. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Paul Arbaud. Aix. 

193. FRANÇOIS CLOUET i565. 

Portrait d'un seigneur en costume noir et en toque 
foncée, portant l'ordre de saint Michel. 

H. 0,24. L. 0,22. 
Ce portrait est celui de Arthur de Cossé, seigneur de Gonnord 
et comte de Secondigné, né vers 15 12, surintendant des Finances, 
grand pannetier de France, homme de guerre, mort à Gonnord, en 
Anjou, en 1582. Les armes placées au bas du portrait ont été 
ajoutées. 

Bois. Peinture à Vhuile. Musée d'Aix. 

194. FRANÇOIS CLOUET, vers 1 565. 

Portrait d'homme tourné à gauche, portant un cos- 
tume sombre à col haut; on lit au bas d'une écriture rap- 
portée : Pierre Forget de Fresnes, Secrétaire du Roy. 

H. 0,30. L. 0,2^. 
Ce portrait, d'une belle qualité, porte au verso le cachet de 



XVI' SIÈCLE 



79 



Torcy ; il appartint à Gaignières, et il est cité dans son inventaire 
sous le n" 113. Il fut vendu 4 livres 11 sous à la vente de 1717. 

Bois. Peinture à Vhuile. 

M""' E. Maurice Mayer. Paris. 



195. FRANÇOIS CLOUET, 1560-70. 

Suite de sept dessins exécutés sur nature à la sanguine 
et aux crayons de couleurs. 

1. — La reine Marie Stuart (1560). 

2. — Marguerite de Valois, fille de Henri II (1565). 

3. — Albert de Gondi, duc de Retz (1570). 

4. — Claude Catherine de Clermont, duchesse de Retz (1570). 

5. — Gaspard de Coligny, l'amiral (1570). 

6. — François de Coligny, sieur d'Andelot (1569). 

7. — Renée de Rieux, demoiselle de Chateauneuf (1565). 

Ces portraits d'une exécution supérieure ont été légués par 
Clouet à son neveu Benjamin Foulon, peintre médiocre, qui mit 
les indications des portraits au crayon sur la marge. Ce sont les œu- 
vres les plus rares et les plus précieuses de l'Ecole française du 
XVI' siècle. Le portrait de Marie Stuart a servi à peindre la miniature 
aujourd'hui au château de \\'indsor. 

Papier. Crayons de couleurs. 

Département des Estampes. 



196. ECOLE FRANÇAISE, iSyo. 

Portrait de prince en riche costume sombre brodé 
d'or; il porte une toque et il tient la main sur le pommeau 
de son épée. 

H. 0,82. L. 0,62. 

Ce portrait est donné à Antonio Moro par les traditions du châ- 
teau d'Azay-le-Rideau ; on le croit être Charles IX mais les vrai- 
semblances seraient en faveur du duc d'Alençon, François de Va- 
lois, fils de Henri II et de Catherine de Médicis. Cette pièce re- 
marquable rappelle les dessins du Département des Estampes attri- 
bués à François Clouet. Provient d'Azay-le-Rideau. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Kraemer. Paris. 



8o XVP SIÈCLE 



197. FRANÇOIS CLOUET, vers i565. 

Portrait d'homme coiffé d'une toque et portant le 
collier de l'ordre. La lettre indique Fontaine-Chalan- 
dray. 

H. 0,325, L. 0,210. 
En dépit de la lettre ce doit être ici non pas M. de Fontaine 
Chalandray, marié à M"" de Torcy, mais Sébastien de Luxembourg, 
comte de Martigues, tué au siège de Saint-Jean d'Angely, en 1369. 
Papier. Crayon de couleur. 
M. George de Monbrison. Château de Saint-Roch .' 

198. FRANÇOIS CLOUET, vers iS-jo. 

Portrait d'une jeune femme coiffée en arcelets avec 
parure de bijoux et de perles. Elle porte un corsage 
bouillonné, des carcans d'orfèvrerie et des pende- 
loques. 

H. 0,36, L. 0,27. 
Elisabeth d'Autriche, fille de Maximilien II empereur d'Alle- 
magne, mariée à Charles IX. Le portrait fut d'abord exécuté au 
crayon sur nature, et ce crayon est à la Bibliothèque nationale. Il 
appartint à Roger de Gaignières et provient de l'ancienne collec- 
tion du Musée du Louvre. Cette pièce passe pour être le chef 
d'oeuvre de François Clouet. 

Bois. Peinture à Vhuile. Musée du Louvre. 

199. FRANÇOIS CLOUET, iSjo. 

Portrait d'une jeune dame coiffée en arcelets. 

C'est le crayon sur nature qui a servi à exécuter le tableau du 
Louvre, le portrait d'Elisabeth d'Autriche, le chef d'oeuvre reconnu 
de François Clouet, exposé sous le n" précédent. 
Papier. Crayons de couleurs. 

Département des Estampes. 

200. ECOLE FRANÇAISE, vers i55o. 

Panneau décoratif. 

H. 0,42. L. 0,23. 
Cette pièce est le modèle de la tapisserie du château d'Anet 
représentant la fable de Méléagre. 

Papier. Dessin lavé au bistre. M. Jean Masson, Amiens. 



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N" 195 du Catalogue 



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Sanvanaud, p/iof. 




N" iqS du Catalogue. 



A . Giraiidon, pJiot. 



XVI« SIECLE 8i 



201. JEAN DE COURT, iSjo. 

Portrait d'une jeune fille. 

Ce délicieux crayon représente Marie Touchet, maîtresse du 
roi Charles IX, par Jean De Court? 

Papier. Crayon de cotileur. Département des Estampes. 

202. ECOLE DE FONTAINEBLEAU, vers i56o. 

Flore et deux génies. 

H. 0,94, L. 0,70. 

La déesse sous les traits d'une femme de la cour des Valois, 

coiffée et ornée de fleurs, est accroupie à terre. Elle est nue, mais 

sa coiffure est accommodée, particularité alors fort à la mode chez 

les peintres. Les génies ailés rappellent certains anges du Corrège. 

Bois. Peinture à F huile. 

M. LE Baron d'Albenas, à Montpellier. 

203. ECOLE DE FONTAINEBLEAU, i56o? PRIMATICE. 

Vertumne et Pomone? 

H. 0,251, L. 0,300. 
Dessin attribué au Primatice. 
Papier. Dessin lavé au bistre. M. Jean Masson, Amiens. 

204. ECOLE DE FONTAINEBLEAU, vers iSjo. 

Diane et trois suivantes écoutant la musette d'un 
faune. Dans le lointain, Actéon sous les traits d'un cavalier 
du temps de Charles IX. 

H. 1,37, L. 1,93, 
C'est vraisemblablement une allégorie sur les amours de 
Charles IX et de Marie Touchet, et non sur ceux de Henri II et de 
Diane de Poitiers. 

Bois. Peinture à l'huile. Musée de Rouen. 

205. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET i55o. 

Portrait de femme de 3/4 à gauche portant un chaperon 
ornée de perles et un corsage noir soutaché d'argent. 

H. 0,25. L. 0,20. 
Portrait présumé de Françoise d'Orléans-Rothelin, Princesse 
de Condé, femme de Louis I, prince de Condé. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Stéphane Dervillé, Paris. 



XVI» SIECLE 



206. CLOUET (Ecole de François), vers 1569 (ETIENNE DU- 

MONSTIER?) 

Portrait d'homme au nez très aquilin ; on lit au bas 
d'une écriture très postérieure : Charles ç roy de France 
fait par Du Mouticr, i^6y 

H. 0,35. L. 0,22. 

Ce dessin ne représente pas Charles IX, mais peut-être est-il 
d'Etienne Dumoustier, peintre de Catherine de Médicis. 

Papier. Crayon. M. Walter Gay, Paris. 

207. ÉCOLE DE CLOUET. 

Portrait d'homme portant un chapeau noir. 

H. 0,28. L. 0,27. 
Biaise de Monluc ? 

Bois. M. Thiébault-Sisson, Paris. 

208. ECOLE DE CLOUET, vers i55o. 

Portrait d'un homme de 30 à 35 ans portant une petite 
toque à plumes et le collier de l'ordre. 

Ce portrait donné comme inconnu au Musée du Louvre re- 
présente Charles III, duc de Lorraine, marié à Claude de France, 
fille de Henri II et de Catherine de Médicis. Ce personnage a été 
retrouvé dans le Petit livre d'heures de la reine Catherine de 
Médicis au Louvre. C'est l'original d'après lequel fut exécuté le 
portrait suivant. 

Papier. Crayons de couleurs. Musée du Louvre. 

209. ECOLE DE CLOUET i55o. 

Portrait d'un homme de 30 à 35 ans portant une petite 
toque à plumes et le collier de l'ordre. 

H. 0,31. L. 0.22. 

Portrait de Charles III, duc de Lorraine, exécuté d'après le 
crayon du Louvre ci-devant décrit. 

Bois. PeinUire à Vhuile. M. Kraemer, Paris. 



XVP SIÈCLE 83 



210. LEONARD LIMOSIN, vers i55o. 

Portrait d'homme portant une toque. 

H. 0,35 L. 0,22 
Anne de Montmorency, connétable de France. Crayon ayant 
servi à l'émail du Louvre. 

Papier. Crayon. Musée National Dubouché, Limoges. 
21 1 . JEAN COUSIN, vers i55o. 

Portrait d'une femme de la bourgeoisie portant un 
chaperon noir et tournée à droite. 

H. 0,35. L. 0,275 
L'attribution de ce portrait et du suivant à Jean Cousin se jus- 
tifie par une tradition de famille. Ils n'ont jamais cessé d'apparte- 
nir à la famille Bowyer, depuis le milieu du xvi" siècle. Mais une 
raison intrinsèque vient en confirmation. Le Cabinet des Estampes 
possède le cahier d'apprenti d'un élève de Jean Cousin, qui copiait 
des figures de ce genre dans l'atelier de son maître et donne, entre 
autres, le portrait de Madame Cousin très rapproché de celui dont 
nous nous occupons. La personne ici représentée est Marie Cousin 
(fille du peintre Jean Cousin, et de Christine Rousseau sa seconde 
femme), mariée, à Etienne Bowyer en 1552, morte en 1626 à 90 ans. 
Bois, peinture à Thuile. M. Félix Bouvyer, Paris. 

2)2. JEAN COUSIN, vers i55o. 

Portrait d'un ecclésiastique en barrette noire, tourné 
de 3/4 à gauche, et montrant les mains. 

H. 0,33. L. 0,26 
Ce portrait serait celui de Jean Bouvier ou Bow^yer, chanoine 
de la cathédrale de Sens, né en 15 10, à Soucy. Il avait été curé de 
Soucy. Il était beau frère de Jean Cousin qui avait épousé Marie 
Bowyer sa sœur. 

Bois. Peinture à Thuile. M. Félix Bouvyer, Paris. 

21 3. INCONNU, vers 1540. 

Triptyque. Saint Jérôme dans le désert et deux saints ; 
saint Pierre et saint Paul. Ce dernier est le portrait du 
donateur. 

Ouvert. H. 0,45. L. 0,74. 
Cette œuvre peut être attribuée à l'un des peintres italo-flamands 



84 XVP SIÈCLE 



qui travaillaient dans l'Est de la France dans le xvi' siècle. Les 
revers des volets sont décorés à l'orientale. 

Bois. Peinture à rhîiile. M. Queyroi, à Moulins. 

214. INCONNU, vers i55o. 

Portrait d'homme imberbe coiffé d'une toque. 

H. 0,24. L. 0,18. 
Ce portrait et les deux suivants appartiennent à l'école de l'Est, 
inspirée d'Holbein. 

Bois. M. Fairfax Murray, Londres. 

214 bis. INCONNU, vers i55o. 

Portrait d'un homme barbu. 

H. 0,25. L. 0,17. 
Bois. M. Fairfax Murray, Londres 

2i5. INCONNU, versi55o. 

Portrait d'homme barbu tenant un paquet de papier 
blanc. 

PL 0,26. L. 0,18. 
Bois. M. Kleinberger, Pans. 

216. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET, vers i56o. 

Portrait d'une femme en veuve (Catherine de Médi- 
cis, 1560). 

H. 0,22. L. 0,20. 
Ce panneau a un grand intérêt en ce qu'il peut être rapproché 
exactement d'un crayon du Cabinet des Estampes de la Biblio- 
thèque Nationale, et qu'il montre la façon d'opérer des portrai- 
tistes français du xvi*" siècle. Ceux-ci exécutaient un crayon sur 
nature, et se servaient de ce dessin comme d'un cliché pour 
exécuter des peintures. C'estle cas du portrait de la reine Elisabeth 
au Louvre, dont le crayon est à la Bibliothèque nationale égale- 
ment. Un autre portrait semblable est au Musée de Cahors. 
Provenance inconnue. 
Bois. Peinture à rhuile. M. le baron d'Albenas, Montpellier. 



XVI» SIÈCLE 85 



217. CLOUET (Ecole des) vers j56o. 

Portrait d'une dame coiffée de noir avec cheveux 
moutonnés aux tempes. 

H. 0,18. L. 0,23. 
Mêmes remarques qu'au n" pre'cédent. 

Bois. Peinture à Vhuile. M. Kraemer, Paris. 



218. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET, vers i565. 

Portrait de dame tournée à gauche ; elle porte un 
chaperon et les cheveux moutonnés. 

H. 0,27. L. 0,32. 
Une lettre ancienne, mais fausse, nomme ce portrait Claude 
Gouffîer, dame de Busançois ; c'est Françoise de Longwy-Givry, 
nièce du roi François P"" par sa mère sœur bâtarde du roi. Elle 
épousa à l'âge de 17 ans, en 1527, Philippe Chabot, sieur de Brion, 
amiral de France. Elle était veuve depuis vingt-deux ans quand 
ce portrait fut exécuté en 1565, et elle était remariée à Jacques de 
Perusse des Cars, mais on continua à l'appeler l'amirale. C'était, au 
dire de Brantôme, l'une des plus belles femmes de la cour des 
Valois, et le Musée Condé à Chantilly possède plusieurs crayons 
de cette personne célèbre. 

Le crayon a été retouché en certaines parties, mais le visage est 
original. 

Papier. Crayons noir et couleur. 

M. Elisée Dupuis, architecte à Paris. 



219. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET, vers iSjo. 

Portrait d'homme tête nue, le nez légèrement tordu. 

C'est ici vraisemblablement le crayon original qui a servi à 
peindre le portrait du Musée de Versailles ci-après décrit. 
Papier. Crayon de couleurs. Musée du Louvre. 

220. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET, vers iSyo. 

Portrait d'homme tête nue, portant un pourpoint 
jaunâtre. 

Ce personnage nous a été révélé par un crayon de la Bibliothè- 
que Nationale (collection Clairambault vol. 1123 fol. 48 recto). 



86 XVI« SIECLE 



C'est Georges Babou de la Bourdaisière, comte de Sagonne. Un 
autre crayon du même personnage, conservée au Louvre dans les 
anonymes, a été rapproché du portrait peint. Ce n'est pas le Prince 
de Condé comme on l'avait cru. 

Bois. Peinture à Vhuilc. Musée de Versailles n° 3380. 

221. ECOLE DE FRANÇOIS CLOUET iSyi. 

Portrait de jeune homme. 

D. 0,067. 
Ce portrait miniature de qualité médiocre nous montre Henri 
de Navarre, depuis Henri IV, à l'époque de son mariage avec 
Marguerite de Valois. 

Bois. Peinture à Vhuilc, Musée d'Aix. 

222. JEAN COUSIN, vers iSjo. 

Arthémise. 

H. 0,46, L. 0,31. 
Ce tableau, d'une fort belle matière fut découvert à 
Sens par M. Poncelet vers 186^. Il subit alors le jugement d'un 
tribunal d'art, composé de Galichon, directeur de la Galette des 
Beaux-Arts et de ses collaborateurs. On le déclara de Jean 
Cousin, bien qu'on ne lui reconnût pas « le relief puissant accusé 
« par un modelé lerme et large, bien que fin, par l'exécution qui 
« distingue la Pandore et qui en fait une sœur jumelle de la 
« Diane de Jean Goujon. » En réalité, c'est là une très curieuse et 
très intéressante page, fortement imbue de décadence italienne, 
mais d'une jolie et ferme tenue. L'arrangement de tête, bien que 
fort impersonnel, note une date voisine de 1^70; l'artiste n'a pu 
complètement débarrasser la veuve de Mausole des arcelets chers 
aux dames de son temps à lui. On a trouvé dans V Arthémise une 
parenté avec la Diane de Jean Goujon ; c'est le mot juste. La 
grâce mièvre, la beauté fade remplacent ici les accents souvent si 
énergiques d'un François Clouet ou d'un Corneille de Lyon. Nous 
avons tenu à montrer cette œuvre charmante à cause de sa célé- 
brité, et de tout ce qui la rattache à la Pandore. 

Bois. Peinture à V huile. M. Rumeau, Paris. 

223. ECOLE DE JEAN COUSIN, vers xS-jo. 

Portrait de femme sous la figure de la Paix. 

H. 1,05, L. 075 
Une dame de la cour des Valois a été peinte sous les traits 
de la Paix tenant une colombe et un rameau d'olivier au 



XVP SIÈCLE 87 



milieu d'un paysage dans le goût des œuvres attribuées à Jean 
Cousin, En arrière d'elle, des fabriques ruinées et des montagnes, 
rappelant les Alpes à Sisteron. Elle est coiffée à la mode des fem- 
mes de 1570, ses cheveux sont relevés en arcelets et elle porte 
une toque de velours décorée d'un chaînon d'or. A part un collier, 
et deux bracelets, elle est entièrement nue. 

Marguerite, duchesse de Berry, sœur de Henri II, depuis duchesse 
de Savoie, fut représentée ainsi, mais les traits de la personne 
rappellent plutôt ceux d'Anne d'Esté, duchesse de Guise, que 
ceux de Diane de Poitiers qui était morte à cette époque depuis 
près de dix ans. L'œuvre était autrefois attribuée à JeanMatsys; 
elle est à rapprocher de VEva Prima Pandora comme style général 
et comme intentions. 

Bois. Peinture à Vhxiile. Musée d'Aix. 

224. JEAN COUSIN, vers iSjo. 

Descente de Croix. 

H. 0,650, L. 0.855 
Le corps du Christ, qui vient d'être détaché de la Croix, est 
soutenu par un homme monté sur une échelle à gauche. Un autre 
homme, à droite, retient les pans d'un linceul qui est passé sous 
les bras du Christ. Un troisième arrache les clous qui retenaient les 
pieds du Sauveur. La Vierge, saint Jean et deux des saintes femmes 
sont au pied de la Croix. Dans le fond, paysage avec ruines 
romaines et rochers. 

Ambroise Firmin-Didot,dans son étude sur Jean Cousin, donne 
sur ce tableau l'appréciation suivante : « xM. Lechevallier-Chevi- 
gnard, peintre distingué, qui s'est livré à une étude particulière des 
œuvres de l'époque de la Renaissance et particulièrement de Jean 
Cousin, possède un tableau représentant une Descente de Croix., 
qui a tous les caractères de la peinture de Jean Cousin et où la 
tradition de l'ancienne école française est influencée quelque peu 
par l'art italien. Plusieurs types de têtes, ainsi que les ajustements 
et les draperies, dont les plis sont heurtés, ont une grande res- 
semblance avec ce que nous savons être de Jean Cousin. Je crois 
qu'on peut, sans hésiter, l'attribuer à ce maître ; quelques têtes de 
femmes sont peintes avec soin et ont le caractère qu'on lui recon- 
naît dans ses compositions. » 

Bois. M. Rapilly, Paris. 

225. ECOLE FRANÇAISE, vers iSjo. 

Une dame nue, coiffée d'une couronne, portant un col- 
lier et un bracelet au milieu du bras droit. A côté d'elle 



88 XVP SIÈCLE 

un escabeau chargé d'objets pour la toilette. A ses pieds 
un chien épagneul. Dans le fond, une dame à cheval 
accompagnée d'un cavalier à pied. 

H. 0,51. L. 0,38 
Ce tableau de l'École de Fontainebleau est d'un ton qui rappelle 
VArth émise de Jean Cousin (n" 222). 
Bois. Peinture a Vhuile. 

M. Henry Havard, inspecteur des Beaux- Arts., Paris. 

226. FRANÇOIS QUESNEL, vers i58o. 

Portrait d'une dame au bain. 

H. 0,90, L. 0,80 

Dans une salle splendidement décorée, une baignoire a été ap- 
portée. Une dame y est assise, et s'est fait servir une collation. A 
côté d'elle deux enfants, dont l'un tente de prendre un fruit et dont 
l'autre tette sa nourrice. Dans le fond, une grande cheminée, au 
feu de laquelle une chambrière fait chauffer l'eau du bain. Ce por- 
trait a été plusieurs fois reproduit, et presque toujours, comme ici, 
la tête a été rajeunie postérieurement ; Versailles et Chantilly pos- 
sèdent des répliques. Ici tous les accessoires, sauf le visage de la 
dame, sont une oeuvre originale; le visage de Gabrielle d'Estrées a 
été substitué à celui d'une précédente dame. On croit y voir un 
des portraits idéalisés de Diane de Poitiers ; mais il y a plus de vrai- 
semblance que le visage est celui de la célèbre Gabrielle d'Estrées, 
maîtresse du roi Henri, adapté au tableau auparavant représentant 
Diane. On lit sur la baignoire Janetii opus, ce qui paraît hasardé. 

Bois. Peinture à Vliuile Sir Frederick Cook, Richemont. 

227. FRANÇOIS QUESNEL, vers iSpo. 

Portrait d'une jeune femme. 

C'est Gabrielle d'Estrées au commencement du règne de 
Henri IV. 

Papier. Crayons de couleur. Département des Estampes. 

228. FRANÇOIS QUESNEL. 

Portrait d'homme, de trois quart à gauche, tête nue. 
Il porte un justaucorps sombre et un col blanc. 

H. 0,35. L. 0,23. 
Portrait présumé de Nompar de Caumont, duc de La Force. 
Bois. Peinture à Vhuile. M. Antonin Proust, Par/5. 



XVP SIÈCLE 89 



229. INCONNU. 

Portrait d'une princesse tournée à gauche, en costume 
de cour. On lit en haut : La royne dauphine. 

Cette petite pièce est dans un encadrement très intéressant. 
L'œuvre en elle-même paraît être une des copies faites pour les 
amis. C'est Marie Stuart, nommée la Reine Dauphine^ à la mort de 
Henri II. Décrite par M. Lionel Cust dans son livre sur Marie 
Stuart. 

Provient de la collection Magniac. 
Bois. Peinture à V huile. 

Sa Grâce le duc de Westminster, Londres. 

230. PIERRE GOURDELLE, vers i58o. 

Portrait d'un jeune homme portant une toque noire 
rabattue sur l'œil droit qui est crevé, une collerette em- 
pesée et un pourpoint vert. 

H. 0,40, L, 0.30 
Ce portrait est celui de Louis de Maugiron, mignon de Henri III 
qui avait eu l'œil crevé en duel en 1^77. Un crayon de la Biblio- 
thèque nationale a servi à exécuter la peinture. 
Bois. Peinture a l'huile. 

M. Henri Lavedan de V Académie française^ Paris. 

23i. FRANÇOIS QUESNEL? vers i585. 

Portrait d'une jeune femme portant les cheveux rele- 
vés, une haute collerette en éventail et un corsage 
pincé. 

H. 0,35. L. 0,20. 

Ce portrait est à rapprocher de certains crayons du Dépar- 
tement des Estampes de la Bibliothèque nationale, ayant appar- 
tenu à M. de Villeflix, puis à Gaignières. C'est d'un art souple et 
léger tout à fait gracieux. Les œuvres peintes de cet artiste sort 
fort rares aujourd'hui; celle-ci est l'une des plus remarquables. 
Bois. Peinture à l'huile. M°" Edouard André, Paris. 

232. ETIENNE DUMONSTIER? 1590. 

Portrait d'un gentilhomme en pied. 

H. 0,21. L. 0.15. 
Charles de Balzac d'Entragues. dit Entraguet, mignon de Henri III 
Vélin. Miniature. Musée du Louvre. 



90 XVP SIECLE 



233. ETIENNE DUMONSTIER, iSpo. 

Portrait d'un gentilhomme en pied. 

H. o,2i. L. o 15. 
Estuer de Caussade de St-Mégrin, mignon de Henri III . 

Vélin. Miniature Musée du Louvre 

234. FRANÇOIS QUESNEL? vers iSpo. 

Portrait d'homme de cinquante à soixante ans, por- 
tant le collier du saint Esprit. 

H. 0,^2, L. 0,52 
Personnage inconnu qui doit être un ecclésiastique dignitaire 
de l'ordre du saint Esprit. 
Papier. Crayons de couleur. 

M. George de Monbrison, château de sai t Roch. 

235. FRANÇOIS QUESNEL (École de), vers 1590. 

Portrait de dame en grand costume. 

H. 0,51. L. 0,45. 
Bois. M. Deligand, Paris. 

236. ANTOINE DE RECOUVRANCE 1604. 

Prédication de Saint-Paul à Ephèse, au milieu d'un 
auditoire de la fm du xvr siècle. 

H. 1,30. L. 0,80. 
On lit sur cette composition touffue, au bas du socle surlequel 
est placé Saint-Paul, Antlioinc de Recouvrance pictor régis me fecit 
et donavit 1604. Ce tableau, qui n'est pas sans analogie avec ceux 
du Puy d'Amiens, nous donne le nom d'un peintre médiocre tra- 
vaillant à la cour d'Henri IV. Lui-même s'est montré à gauche 
tenant une plume et écrivant. Tous les personnages sont des 
portraits. 

Bois. Peinture à V huile. M. Scordel, Chaumont. 



EMAUX 



EMAUX 



237. JEAN FOUQUET, peintre du roi Louis XI, y 1480. 

Portrait de Jean Fouquet, vers 1450. 

Diamètre : 0,068. 
Plaque circulaire en camaïeu d'or sur fond noir. 

Musée du Louvre. 

238. ÉCOLE DE MONVAERNL 

La mise au tombeau. 

H. 0,19 L. 0,32, 

Plaque rectangulaire. 

Musée National Dubouché, Limoges. 

239. ÉCOLE DE MONVAERNL 

Pieta. La Vierge de douleur accompagnée de deux 
donateurs. 



Plaque rectangulaire. 

240. ECOLE DE MONVAERNL 

Le Mariage de la Vierge. 

Plaque rectangulaire. 



H. 0,24. L. 0,13. 
Musée de Cluxy. 

H. 0.245. ^- 0)200. 

Musée du Louvre. 



241. ECOLE DE MONVAERNl 

L'Entrée du Christ à Jérusalem. 

H. 0,34. L. 0,29. 
Plaque rectangulaire. 

M. Sigismond Bardac, Paris. 

242. ÉCOLE DE MONVAERNl, fin du XV' siècle. 

H. 0,10. L. 0,10. 

Le Martyre de saint Etienne. 
Plaque rectangulaire. 

M. Piet-Lataudrie, Paris. 



94 XVP SIÈCLE 



243. LÉONARD LIMOSIN, vers 1477. 

Eléonore cV Autriche, y 15 58, sœur de Charles-Quint, 
femme en premières noces d'Emmanuel, roi de Portugal, 
et en secondes de François I", roi de France. 

H. 0,36. L. 0,24. 
Plaque rectangulaire. Signée L. L. et datée de 1536. 

Cf. H. Bouchot. Les portraits aux crayons du XVP et X VIP 
siècles, 1884, p. 172 et 321. 

Musée de Cluny. 

244-245. LEONARD LIMOSIN. 

Jean-Philippe Rhingrave, comte palatin du Rhin, 
colonel des Reitres au service de Henri IL 

H. 0,165. L. 0,145. 

Jeanne de Genouillac, 71567, fille de Galiot de Genouil- 
lac, seigneur d'Assier, femme en secondes noces de Jean- 
Philippe Rhingrave. 

Deux plaques rectangulaires. 

M"" Edouard André, Paris. 

246. LEONARD LIMOSIN. 

Anne de Montmorency^ Connétable de France, -^ 1567. 

H. 0.72. L. 0.56. 

Plaque ovale dans un encadrement formé de huit plaques 
émaillées. Signée L. L. et datée de 15^6. 

Cf. le portrait aux crayons d'Anne de Montmorency que pos- 
sède le Musée National A. Dubouché, à Limoges, et qui figure à 
l'Exposition des Primitifs français. 

Cf. H. Bouchot. Les portraits aux crayons des xvi" et xvii" siècles^ 
p. 319-321. 

L. Bourdery et E. Lachenaud, Léonard Limosin, peintre de 
Portraits, 1897, n" 117. 

Musée du Louvre. 

247. LÉONARD LIMOSIN. 

Anne de Montmorency , Connétable de France, -|- 1567. 

H. 0,31 L. 0,27, 
Plaque rectangulaire. 

M'"" la Baronne Adolphe de Rothschild, Paris, 



XVI° SIÈCLE 95 



248. LEONARD LIMOSIN. 

François de Lorraine, duc de Guise, y 1563, 

H. 0,463. L. 0,312 
Plaque ovale, signée L. L. et datée de 1557. 

Musée du Louvre. 

249-250. LEONARD LIMOSIN. 

Claude de Lorraine, duc de Guise et d'Aumale, 
Marquis de Mayenne et d'Elbeuf, baron de Joinville, 

f 1550- 

Antoinette de Bourbon, femme de Claude de Lor- 
raine, -j- 1583, fondatrice, en 1567, de l'Hôpital de Joinville 
(H'"-Marne). 

H. 0,185. L. 0,136 
Deux plaques rectangulaires, signées L. L., provenant de 
l'Hôpital de Joinville. 

Cf. H. Bouchot. Les Portraits aux crayons des xvi° et xvn° 
siècles conservés à la Bihl. Nat. 1884, p. 321. 

L. Bourdery et E. Lachenaud, Léonard Limosin, peintre de 
Portraits, 1897, ^^^ 1^~1-- 

Musée de Cluny. 

25i. LEONARD LIMOSIN. 

François II, roi de France, y 1560. 

H. 0.447. L. 0,316. 
Plaque ovale. 

Musée du Louvre. 

252. LÉONARD LIMOSIN. 

Anne d'Esté et de Ferrare, duchesse de Guise et de 
Nemours. 

H. 0,19. L. 0,13. 
Plaque rectangulaire. 

M. LE B"" Alphonse de Rothschild, Paris. 

253. LEONARD LIMOSIN. 

Catherine de Médicis, reine de France, \ 1589. 

H. 0,46. L. 0,32. 

Plaque ovale dans un encadrement formé de huit plaques 
émaillées. Signée L. L. et datée de 1568. 

Cf. H. Bouchot. Les portraits aux crayons des xwV et xvii' siè- 
cles, 1884, p. 321. 



96 XVI» SIÈCLE 



L. Bourdery et E. Lachenaud, Léonard Limosin^ peintre de 
Portraits^ 1897, n" 14. 

M. le Baron Edmond de Rothschild, Paris. 

:iS4,. LEONARD LIMOSIN. 

Louis de Gon^ague, duc de Nevers, 1595. 

H. 0,70. L. 0,58. 

Plaque ovale dans un encadrement moderne formé de huit pla- 
ques émaillées. 

Cf. H, Bouchot. Les portraits aux crayons des xvr ety.vn" siècles^ 
1884, p. 321. 

L. Bourdery et E. Lachenaud, Léonard Limosin, peintre de 
Portraits, 1897, n" 121. 

M. Maurice Kann, Paris. 

255. LEONARD LIMOSIN. 

Françoise d'Orléans, -j 1601, iQxn-nie de Louis I" de 
Bourbon, prince de Condé. 

H. 0.345. L. 0.347. 



Plaque rectangulaire. 

256. LEONARD LIMOSIN. 

Portrait d'horcme. 

Plaque rectangulaire. 

257. LEONARD LIMOSIN. 

Portrait d'homme. 



Musée du Louvre. 

H. 0,19, L. 0,16. 
M. SiGisMOND Bardac, PartSy 



Plaque rectangulaire. 



H. 0,19. L. 0,16. 

M. SiGiSMOND Bardac, Paris. 
258. MARTIN DIDIER PAPE (attribuée à). Fin du XVl^ Siècle. 

Catherine de Médicis, reine de France, ^ 1589. 

H. 0,40. L. 0,45. 

Plaque rectangulaire formant la partie centrale d'un triptyque 
dont les volets sont décorés de plaques figurant diverses scènes de 
la vie et de la Passion du Christ. 

Musée de Cluny. 




^ 






TAPISSERIES 



TAPISSERIES 



259. LA TENTURE DE L'APOCALYPSE. 

Atelier parisien de Nicolas Bataille 1375-1380. 

Laine. 

La tenture de l'Apocalypse se composait à l'origine de cinq 
tapisseries ou draps, comprenant 90 sujets. Il en existe encore 
69 entiers ; on a des fragments de neuf autres ; douze sont com- 
plètement détruits. 11 ne serait pas impossible de les restituer, les 
dessins ou patrons exécutés par Jehan de Bandol (Henne- 
quin de Bruges), peintre de Charles V, reproduisant fidèlement 
les miniatures d'un manuscrit conservé à la Bibliothèque de 
Cambrai. Le peintre reçut so livres pour son travail, et le tapissier 
parisien Nicolas Bataille, chargé de l'exécution des tapisseries, 
obtint pour chaque pièce, mesurant 24 mètres de cours sur s mètres 
60 c. de hauteur, la somme de 1000 livres. 

La tenture avait été commandée par Louis I" duc d'Anjou, pour 
décorer la chapelle du « chastel d'Angiers w où était exposée la 
croix à double traverse, formée du bois de la Vraie Croix, provenant 
de l'abbaye de la Boissière. C'est en honneur de cette relique que 
fut établi l'ordre de la Croix et cette croix à doubles bras porta 
d'abord le nom de croix d'Anjou avant de devenir, après 1480, la 
croix de Lorraine. 

Chaque pièce se compose de deux séries de sujets superposés, 
à fonds alternativement rouges et bleus, disposés de manière qu'un 
fond rouge est placé au-dessus d'un fond bleu. A partir du 42" sujet, 
le fond est semé de rinceaux ou de fleurettes. Ce n" 42 porte 
des initiales L.M. (Louis d'Anjou et Marie de Bretagne, sa femme); 
leurs blasons sont tracés sur les ailes des papillons volant autour 
des grands prophètes placés au début de chaque pièce. Des 
inscriptions en caractères gothiques qui expliquaient chaque scène 
ont disparu au xviii" siècle. 11 ne serait pas impossible de les réta- 
blir. 

Mise en vente par le Domaine après 1843, ^''^ tenture, alors en 
fort mauvais état, fut achetée par Mgr Angebault, évèque d'Angers, 
au prix de 300 francs, et offerte par lui à la fabrique ; ainsi a été 
conservé un des plus anciens et des plus précieux monuments de 



XV" SIECLE 



l'art français et de l'industrie parisienne. L'abbé Joubert en entre- 
prit la restauration et, y consacra des sommes élevées. 

M. L. de Farcy, d'Angers, a publié plusieurs études approfon- 
dies sur cette œuvre capitale. Les scènes exposées représentent : 

N" 6 de la 'i" tapisserie : Saint Jean considère les vingt-quatre 
vieillards enlevant leurs couronnes et se prosternant devant 
Jésus-Christ (fond rouge). 

N" 7. Les vieillards chantent un cantique en l'honneur de 
l'Agneau immolé, sanglant, et tenant l'étendard de la Résurrection 
(fond bleu). 

N" 80 (cinquième pièce). Saint Jean contemple les juges assis 
sur des trônes (fond bleu). 

N" 81. Le dragon à sept tètes sort de l'enfer, suivi de guerriers, 
et marche contre la Cité défendue par les soldats fidèles. Le feu 
tombe du ciel pour le dévorer (fond rougej. 

Appartient à la Cathédrale cT Angers. 

260. SEIGNEURS ET DAMES. Deux tentures. 

Atelier français du milieu du xv" siècle. 

H. 2,85. L. 3.40. H. 3,70. L. 2,85. 

Laine ^ soie et métal. 

Jeunes seigneurs et dames en riches costumes se détachant sur 
un fond à larges raies blanches, rouges et vertes, parsemé de fleurs, 
de branches et d'animaux. 

Appartiennent à M. L. Bardac. 

261. COMBAT D'ALEXANDRE ET DE NICOLAS 

— MORT DE NICOLAS. 

Atelier français du xV siècle. 

H. 3,87, L. 4,85. 

Laine et soie. 
Fragment important d'une tapisserie qui avait de plus vastes 
dimensions ; il présente divers épisodes d'un combat acharné au 
cours duquel Nicolas succombe sous les coups d'Alexandre ; on 
lui coupe la tête. Au bas, une légende latine explique les sujets. 

Il est probable que ces épisodes sont tirés d'un roman 
d'Alexandre du xV siècle. 

Appartient à M. Aynard. 

262. BERGER ET BERGÈRE. 

Atelier français, fin du xv" siècle. 

H. 2,10. L. 3,15. 
Laine et soie. 
Un homme et une femme en habits champêtres gardent des 
brebis ; prairie émaillée de fleurs diverses ; oiseaux. Ecusson 



XV- SIECLE loi 

écartelé d'or et d'azur en haut, au milieu. A droite se lit cette 
inscription tronquée : 

Le pcschicr incpcsche 

Car tant plus y p esche 

Et mo in s y p ro uftte . 
Pièce incomplète, sans bordure. 

Appartient an Musée des Gobelins. 

263. PORTRAIT DE CHARLES Vlîl. 

Atelier français fin du xv' siècle. 

H. 3,00. L. 2,00. 

Laine et soie. 

Le Roi Charles VIII, monté sur un cheval blanc et tenant son 
épée, se détache sur un fond sem.é de fleurettes. Dans la bordure 
des petits Amours tiennent des banderoles sur lesquelles se lit la 
devise : Lnquire pacem. 

Une inscription placée à droite porte cette légende : Carolus, 
invicti Ludovicis filius, Parthenopem domui, saîiens sicut Hanihal 
Alpes. 

Tout le bas de la tapisserie a été refait et la Salamandre 
ajoutée. 

Appartient à M. le baron de Schickler. 

264. LE MIRACLE DU LANDiT. 

Atelier français. Commencement du xvi" siècle. 

H. 1,81. L. 1,24. 

L'évêquede Paris, l'abbé de Saint-Denis et leurs assistants sont 
réunis ; un des prêtres tient l'hostie au-dessus d'un corporalier. 
Le larron cache le ciboire en terre. 

Dans le fond, l'abbaye Saint-Denis et un monument rappelant 
le Palais de justice de Paris. 

Légende au bas du sujet : 

A Sainct Gervays ung larron print Vhostie que au lendic mist 
ou s" en alla Teveque de Paris l'abbé Sainct Denys avecque, mais au 
curé deudict lieu est sortie. 

Faisait partie d'une suite de onze pièces sur les miracles de 
l'Eucharistie provenant de l'abbaye de Ronceray d'Angers et ven- 
due au château du Plessis-Macé en 1888 (voir le catalogue). 

Appartient au Musée des Gobelins. 

(Une partie des tapisseries de cette suite se trouve au château de 
Langeais). 



102 XVr- SIECLE 



265. L'IDOLE. 

Atelier français. Commencement du xvf siècle. 

H. i,8i. L. i,io 
Laine et soie. 

L'Idole est précipitée d'un autel surmonté d'un dais. Saint 
Antoine de Padoue nimbé tient le ciboire ; un clerc porte une tor- 
che ; autres personnages. 

Légende au bas : Ungydolatre qui la fov regnia avait ung fd^^ 
sainct Anthoine Cor délier Devant Vyidole Jiostie sacrée porta Sou- 
dainement on la vit trébucher. 

Même origine que le Miracle du Lendit. 

Appartient au Musée des Gobelins. 

266. HERCULE ENTRE LE VICE ET LA VERTU. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. 3,20. L. 3,50. 
Laine et soie. 

Sur un fond rouge, semé de fleurs diverses, un terrain verdoyant 
planté d'arbres porte trois personnages : un homme entre deux 
femmes. Celle de droite qui personnifie sans doute le Vice plus 
richement habillée que l'autre, tient une baguette à la main. Elle 
est séparée de l'homme placé au milieu du sujet par un singe assis 
Il terre qui se gratte. 

Appartient à M. Martin Le Roy. 

267. ANGES PORTANT LES INSTRUMENTS DE LA 

PASSION. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. 1,80. L. 7,00. 

Laine et soie. 

La tenture complète compte trois tapisseries et sept tableaux. 
Elle figure toute entière ici. Elle vient de l'église Sainte Croix du 
Verger, consacrée en 1494, et porte les armes de Pierre de Rohan, 
Seigneur de Gié et du Verger et père de François de Rohan, évê- 
que d'Angers. Elle a dû être exécutée de 15 13 à 1^20. 

Sur un fond vert foncé, semé de fleurettes, d'oiseaux, d'animaux 
variés, des Anges vêtus de chapes ou de dalmatiques d'une grande 
richesse, tiennent en main les instruments de la Passion et suppor- 
tent de larges écriteaux contenant des huitains en lettres gothiques 
et en français se rapportant au sujet du panneau. 

Appartient à la Cathédrale d'Angers. 



XVI'- SIÈCLE 103 



268. PIERRE DE ROHAN ET L'ORGUE. 

Atelier français. Commencement du xvr- siècle. 

H. 2,10. L. 2,70. 
Laine et soie. 

Une femme très richement vêtue est assise devant un orgue 
portatif à quarante tuyaux. Elle semble accompagner un seigneur 
debout à côté d'elle qui chante en suivant les notes inscrites sur 
un papier. Un page fait mouvoir le soufflet de l'orgue. Deux au- 
tres jouent avec un chien et un chat. Le fond est semé de fleurettes. 
La lettre P inscrite sur l'escarcelle du Seigneur fait supposer qu'on 
a ici le portrait de Pierre de Rohan et de Marguerite d'Armagnac, 
sa deuxième femme. Il était, on le sait par le recueil de Gaignières, 
grand amateur de tapisseries. Le Musée des Gobelins possède une 
pièce identique, acquise, il y a une quinzaine d'années en Alsace 
et qui a pu être emportée du Verger, résidence des Rohan, au 
château de Saverne habité par les quatre membres de la famille de 
Rohan qui se sont succédés sur le Siège épiscopal de Strasbourg de 
1704 à 1790. 

Appartient à la Cathédrale cr Angers. 

269. LE CONCERT. 

Atelier français. Commencement du xvi' siècle. 

H. 2,90. L. 3.70. 
Laine et soie. 

Des personnages, hommes et femmes, jouant de l'orgue et de 
divers instruments de musique. Des enfants dans les angles tien- 
nent des jouets. Fond vert semé de fleurettes. Sur l'aumonière du 
principal personnage on lit un A (Armagnac). La seconde femme 
de Pierre de Rohan appartenait à la maison d'Armagnac. 

Cette pièce paraît sortir des mêmes ateliers que la précédente. 
Appartient an Musée des Gobelins. 

270. UNE AMAZONE (Penthesilée?) 

Atelier français. Commencement du xvi" siècle. 

H. 2,20. L. 1,30. 

Sur un fond vert foncé, semé d'ancolies, de pâquerettes et autres 
fleurs, une jeune femme est debout portant casque et armure avec 
une large ceinture. L'inscription inscrite au bas : Au grand Siège 
de Troie Diomedes requit. — A terre Vabati:^ tant qu'il en est mé- 
moire. Avec mon armée tant d'honneur en acquit. — Q"^ entre les 
princes suis en bruyt'itriotnf atoire , — semblerait indiquer que cette 
guerrière représente Penthesilée, la reine des Amazones qui prit part 
au siège de Troie et que nous voyons représentée sur les dessins 



104 XVI'^ SIECLE 



du xv'^ siècle, relatifs à la guerre de Troie, qui appartiennent au 
Musée du Louvre et sont exposés ici. A gauche, un écusson in- 
complet représente trois têtes superposées ; peut-être est-ce le 
blason de la Preuse que l'on voit ici. 

Appartient à la Cathédrale cT Angers. 

27). LA RESURRECTION DU CHRIST. 

Atelier français ; commencement du xvi' siècle. 

H. 3,67. L. 3,83. 
Laine., soie et métal, 

La scène principale représentant le Christ sortant du tombeau 
et entouré des soldats romains renA'ersés à terre, est accompagnée 
de deux autres épisodes empruntés au Nouveau Testament : l'appa- 
rition du Christ à Saint Pierre, à gauche, et à la Madeleine, à 
droite. 

Cette tapisserie fait partie d'une tenture en quatorze pièces, 
trois grandes pour les portes du chœur et onze moins hautes pour 
les dossiers des stalles, données en 15 18 par l'abbé Jacques de Saint 
Nectaire ou Sennectère, 38- et dernier abbé régulier de la Chaise- 
Dieu, pour décorer le chœur de l'église. Chaque pièce porte les 
armes de l'abbé ; d'argent à trois fuseaux d'azur, surmontées de la 
mitre et de la crosse abbatiale. 

Appartient à V église delà CJiaise-Dicii (récemment réparée aux 
Gobelins). 

272. HISTOIRE DE SAINT-SATURNIN. 

Atelier français, 1527. 

H. 2,60. L. des trois panneaux 9,67. 

Laine et soie. 

Cette tenture, composée à l'origine de sept ou huit tableaux, a 
été exécutée probablement dans les ateliers des bords de la Loire 
sur les dessins du florentin André Pollastron. Elle avait été donnée 
à l'église de Saint Saturnin à Tours par Jacques de Beaune, baron 
de Semblançay, représenté avec sa femme Jeanne Ruzé sur le 
y tableau. 

Elle porte au même panneau la date 1527. Chaque scène est 
accompagnée d'une légende explicative en français. 

Les trois panneaux représentent : 

Le premier : Jésus-Christ choisit Saint Saturnin. — Crucifie- 
ment du Christ — Résurrection — Ascension — Descente du Saint- 
Esprit — Pêche miraculeuse. 

Le deuxième : Adieux de Saint Pierre et de Saint Saturnin — 
Saint Paul montre le ciel à Saint Saturnin — Il fait bâtir une église 
— Il ordonne un prêtre. 



XVI" SIÈCLE 105 



Le troisième : Délivrance de la fille du roi qui était possédée 
du démon — Le roi donne l'ordre de conduire Saint Saturnin au 
supplice — Martyre du Saint traîné par un taureau furieux. 

C'est sur ce dernier panneau que se trouvent les portraits de 
Semblançay et de sa femme. 

Appartient à la Cathédrale cT Angers (i) 

273. HISTOIRE DE SAINT REMY. 

Atelier français. Commencement du xvi* siècle. 

H. 5,00. L. 5,00. 
Laine et soie. 

Cette pièce représente divers traits de l'Histoire de Saint Remy 
et de Saint Guénébault. Elle fait partie d'une tenture en dix tapis- 
series, commandée par l'archevêque de Reims Robert de 
Lenoncourt, dont le portrait se voit sur le dernier panneau, ac- 
compagné d'une inscription en vers donnant la date de l'exécu- 
tion 1^31. 

Réparée récemment aux Gobelins. 

Appartient à V Eglise de Saint Rémi à Reims. 

274. HISTOIRE DE SAINT REMY. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. 5,00. L. 5,00. 
Laine et soie. 

Dans le haut, des personnages occupés à démolir une chapelle 
vers laquelle se dirige une procession. En bas, à gauche, Saint 
Remy, sacré évêque de Reims, au milieu d'une assemblée de pré- 
lats. A droite, le Saint guérit un possédé du démon. 

Réparée récemment aux Gobelins. 

Appartient à V Eglise de Saint Rémi à Reims. 

275. HISTOIRE DE SAINT REMY. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. 5,00. L. 5,00. 
Laine et soie. 

En haut, la bataille de Tolbiac, gagnée par Clovis sur Aurélien. 
En bas, à gauche, Saint Remy en présence de la reine Clotilde 
exhorte Clovis. A droite : Baptême de Clovis par Saint Remy. 

Réparée récemment aux Gobelins. 

Appartient à T Eglise de Saint Rémi à Reims. 

(i) Un quatrième panneau représentant la vocation de Saint Saturnin appar- 
tient à M. Siegfried et se voit au château de Langeais. 



io6 XVI" SIECLE 



276. HISTOIRE DE SAINT REMY. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. s, 00. L. 5,00. 
Laine et soie. 
Deux sujets différents : en haut. Saint Reray fait ramasser des 
blés pour parer à une disette ; des malfaiteurs mettent le feu aux 
gerbes. Dans le bas, est réuni un Concile où un hérétique Arien 
vient combattre la vraie foi. Il devient muet et fait amende hono- 
rable pour recouvrer la parole. 
Réparée aux Gobelins. 

Appartient à V Eglise Je Saint Reini à Reims. 

177. HISTOIRE DE SAINT REMY. 

Atelier français. Commencement du xvr siècle. 

H. 3,00. L. 5,00. 
Lame et soie. 
Quatre scènes relatant les diverses phases d'un procès se ter- 
minant par la résurrection d'un mort que Saint Remy fait revenir à 
la vie pour combattre le faux témoignage du gendre de ce défunt 
qui refusait de délivrer un legs fait à l'église. 
Réparée récemment aux Gobelins. 

Appartient à F Eglise de Saint Rémi à Reims. 

278. CYBELE. 

Atelier de Fontainebleau. Milieu du xvr siècle. 

H. 2,42. L. 4,52. 
Laine et soie. 

Au centre, dans un cartouche ovale, Cybèle, en camaïeu gris 
sur fond jaune. Sur le champ vert qui environne ce cartouche central 
s'enlèvent , en gris clair des consoles, vases, chimères, corbeilles de 
fleurs et petits personnages de fantaisie. Dans le haut : Chiffre de 
Henri II et de Diane de Poitiers. Dans la bordure montante, 
croissants sur fond jaune. Incomplète des parties supérieure 
et inférieure. — Restaurée à la Manufacture des Gobelins. 
Appartient au Musée des Gobelins^^K 

1-j^. LA MORT DE JOAB. 

Atelier de Fontainebleau. Milieu du xvf siècle. 

H. 3,90. L. 5,30. 
Laine et soie. 
Fond rouge. Edicules avec personnages à l'antique à gauche et 
à droite; corbeilles et vases de fleurs; oiseaux, caducées, orne- 
ments. Au centre de la composition, la mort de Joab. Au bas, 
aigle tenant la foudre. 

(i) Acheté par M. Darcel, en 1882. 



XVI '^ SIÈCLE 107 

Bordure fond jaune, avec Amours, flèches et carquois posés 
sur des trépieds; femme à pieds de chèvre portant des bannières. 

Les écussons entourés de cordelières, placés aux quatre angles, 
ont été ajoutés après coup. 

Appartitiit ail Musée îles Gobelins. 

►80. LES FÊTES DE HENRI 111. — LES SIRÈNES ET LE 
MONSTRE MARIN. 

Tapisserie de Bruxelles, d'après un carton attribué à 
François Quesnel, exécuté vers 1580. 

H. 3,90. L. ^,48. 
Laine, soie et or. 
Sur une rivière occupant le milieu de la scène et traversée dans 
le fond par un pont, un ilôt occupé par trois Sirènes et en avant 
une sorte de monstre marin attaqué par des combattants entassés 
dans des canots. Un groupe de grands personnages au premier plan -, 
on y reconnaît Henri IV de profil, sa femme Marguerite de Valois, 
et son beau-frère Charles II, duc de Lorraine. 

Bordure de fleurs, de rinceaux et de petites figures. 
Appartient au Musée des tapisseries de Florence. 

181. LES FÊTES DE HENRI 111. LES AMBASSADEURS 

POLONAIS ASSISTENT A UN BALLET DONNÉ A 
LA COUR. 

Tapisserie de Bruxelles, d'après un carton attribué à 
François Quesnel, exécuté vers is8o. 

H. 3,90. L. 4,20. 

Au premier plan, les ambassadeurs polonais ; l'un d'eux, 
débouta gauche dans une riche robe chamarrée, une aigrette à son 
chapeau cause avec Henri III, le futur roi; les autres, tournant le 
dos, regardent le ballet des diverses nations, donné en leur honneur 
en 1573. auquel assiste toute la cour, et, au premier rang, la reine 
Catherine. A droite, un rocher sur lequel sont assises des musi- 
ciennes jouant de divers instruments. 

Le fond est occupé par des perspectives champêtres correc- 
tement alignées. 

Même bordure qu'à l'autre pièce de la même série. 

Appartient au Musée des tapisseries de Florence. 

182. OUVRAGE FRANÇAIS. — XVL siècle. 

L'Adoration des Mages. 

H. 0,47. L. 0,50. 

Broderie d'or et de soie sur satin. 
On lit sur la bordure Puer natus est hodie., et filius nohisdatus est. 
Appartient à M. G. Schlumberger. Pans. 



io8 X' SIECLE 



283. OUVRAGE FRANÇAIS (i588?). 

Le Jugement de Paris — Samson et Dalila. Tapisserie 
brodée. 

H. 0,25. L. 2,03. 
Cette pièce rappelle parles costumes les célèbres tapisseries de 
la vie d'Henri III conservées au Musée des Offices. Les costumes, 
les paysages et les châteaux sont de la même date environ. Le 
carton de la broderie était d'un artiste habile. 

Appartient à M. Charles Porgès. Paris. 

284. CROIX DE CHASUBLE, EN BRODERIE, REPRÉSEN- 

TANT TROIS SCÈNES DE LA NAISSANCE DU 
CHRIST. 

Ecole de Provence, vers 1390. 

Broderie de soie. 

Chronologiquement cette suite de scènes doit être regardée de 
bas en haut. En bas Y Annonciation, au milieu laVisitation^ dans la 
Croix V Adoration des Mages. Pour ce travail l'art du brodeur s'est 
élevé à la hauteur de celui du peintre. Le carton de cette pièce dû 
à quelque artiste de l'école de Paris, ayant vécu dans le midi, 
rappelle par le charme de sa composition les plus délicates minia- 
tures du manuscrit. Le lit sur lequel la Vierge est assise est un 
meuble de la région bourguignonne et provençale ; mais la Vierge 
avec son voile, ses inflexions de corps, les princes adorateurs, sont 
essentiellement des figures de l'Ile de France. L'architecture des 
clochers en haut de la pièce est celle de certaines églises du Jura. 
Cette broderie est à rapprocher du Parement de Narbonne^ vu 
son importance et sa qualité. 

Trouvée dans la région du Midi. 

Appartient à M. Martin Le Roy, Paris. 

285. LES QUATRE AGES. 

Ecole de Fontainebleau, xvr siècle. 

M. Paul Decauville. 

286. TENTURE DE GOMBAUT ET MACÉE. 

Atelier de Tours, xvi" siècle. 

Deuxième pièce : le Jeu de Tricquet. 

H. 4,20. L. 5 m. 

Laine et soie. 
Appartient à M. Fenaillc. 



SCULPTURE 



SCULPTURE 



Les quelques pièces dont suit T indication n'ont pas la prétention 
de constituer une série complète^ montrant le développement et les 
œuvres essentielles de la sculpture française aux xiv'', xV" et xvr 
siècles . Elles ont été réunies simplement pour contribuer à la déco- 
ration des salles de l'Exposition et pour offrir en même temps quel- 
ques termes de comparaison caractéristiques entre V évolution de la 
peinture française et celle delà sculpture. Elles ont été empruntées 
presque uniquement à des collections parisiennes. 



288. FIGURE DE ROI en haut-relief. 
2' moitié du xiiT siècle. 
H. o.«;=j. Argent doré repoussé. 

Le roi est représenté debout, les mains jointes, tourné de trois 
quarts à droite. La position de ses pieds indique un léger mou- 
vement de marche. Il porte une riche couronne d'orfèvrerie, une 
tunique retenue par une ceinture et un manteau droit. 

Cette pièce d'orfèvrerie, capitale pour l'histoire de l'art français 
au XIII* siècle, a été découverte en 1902 à Bourges, lors de la démo- 
lition d'un vieux mur d'une maison gothique à pans de bois. 
M. Emile Molinier, qui l'étudié dans le volume du Centenaire de la 
Société des Antiquaires de France, suppose qu'elle provenait d'une 
Châsse des Rois Mages conservée à la cathédrale de Bourges et si- 
gnalée encore dans un inventaire de 1537. La Châsse aurait été 
détruite au moment des troubles protestants de 1560, la plupart 



Xllh' SIECLE 



des morceaux fondus, celui-ci caché et oublié sans doute par le 
receleur. 

La décoration de cette Châsse des rois Mages, devait com- 
prendre, en dehors de la Vierge assise et du Saint Joseph debout 
derrière elle, trois rois mages, le premier agenouillé, les autres 
debout, chaque ligure étant sans doute comprise dans une niche. 
Le style de ce morceau, qui ne parait pas postérieur à 1260 ou 
1270, est comparable à celui des plus belles œuvres plasti- 
ques du temps de Saint Louis. Il rappelle de bien près le roi qui 
figure dans le Jugement dernier du tympan de la cathédrale de 
Bourges, le Childebert de Saint-Germain-des-Prés, aujourd'hui au 
Louvre, ou telles des statues exécutées à Saint-Denis par ordre de 
Saint Louis pour les tombeaux de ses prédécesseurs. 

Comme ces dernières, c'est une ligure très impersonnelle, d'une 
noblesse tranquille en même temps que d'une vérité d'attitude et de 
mouvement admirable. C'est un spécimen unique dans son genre, 
très typique dans son caractère général, qui permet de se rendre 
compte au seuil de cette exposition, de la qualité de l'art français 
immédiatement antérieur à celui qui y est visé. 

M. Georges Hoentschel. 

289. TÈTE DE FEMME. 

Milieu du xiir siècle. 

H. 0,20. Pierre. 

Cette tête provient de Reims et sans doute de la cathédrale. 
C'est un type achevé de l'art hautement idéaliste du milieu du xiii" 
siècle. Le visage régulier est d'une pureté de lignes absolue, d'une 
expression calme et d'une noblesse extrême. 

M. PoL Neveux. 

290. TÊTE DE ROI. 

1' moitié du xiiT siècle. 

H. 0,26. Pierre autrefois peinte. 

Le ne^ a été refait. 

Ce fragment, qui provient également de Reims, devait appar- 
tenir à quelque figure décorative de la cathédrale. Les cheveux et 
la couronne sont largement et sommairement traités. Mais la 
figure, d'un modelé souple et individuel, indique déjà les recherches 
de vérité plus précise tentées par les derniers imagiers qui travail- 
lèrent à Reims vers le temps de la mort de Saint Louis et qui furent 
les véritables initiateurs du réalisme français du xiv' siècle. 

M. Albert Maignan. 




^ 




N° 307 du Catalogue 



Clichc Fichot. 




N° 317 du Catalogue. 



XIII" SIECLE ir 



291. ANGE DEBOUT. 

1" moitié du xiii' siècle. 

H. 0.80. Bois peint et doré. 

Malgré ses mutilations, cette figure d'ange souriant, qui faisait 
partie sans doute d'une Annonciation, garde une grandeur de style 
et une beauté tout à fait rare. Elle a été achetée à Gournay par 
M. Jules Maciet qui en a fait don au Musée des Arts décoratifs, 
ainsi que de la plupart des sculptures gothiques de cette collection. 
Elle provient probablement de Saint-Germer. Les draperies, amples 
avec leurs grands plis droits et bien formés, sont dans la meilleure 
tradition du xiii' siècle. Le sourire est celui que l'on retrouve dans 
nombre des figures d'anges de Reims, sourire épanoui qui devien- 
dra grimaçant seulement dans les œuvres de l'Est, de Bâle ou de 
Bamberg. dérivées des créations de nos imagiers champenois. 
Union centrale des Arts décoratifs. 

10,1. GROUPE DE L'ANNONCIATION. 

Fin du xiir siècle. 

H. 0.31 et 0.30. Ivoire. 

Ces deux statuettes, rapprochées pour la première fois lors de 
l'exposition rétrospective de 1900, constituent très probablement 
un groupe complet et merveilleusement intact. Seuls, les pieds et 
la main droite de l'ange ont été refaits, ses ailes et son phylactère 
manquent. Ces deux figurines ont toute l'ampleur des statues monu- 
mentales qui garnissent le portail de nos cathédrales du xiii' siè- 
cle et dans leurs dimensions restreintes, elles nous donnent un spé- 
cimen démonstratif de la perfection atteinte par nos imagiers fran- 
çais de cette époque. L'ange, en particulier, a dans l'expression, une 
finesse de sourire qui le rapproche des célèbres figures de Reims et 
aussi de l'ange de Saint-Germer, ici exposé (n" précédent). LaVierge 
est plus originale peut-être encore, elle s'incline légèrement et 
respectueusement devant le messager divin, avec une gravité 
sereine et une dignité que vont compromettre bientôt les recher- 
ches d'élégance précieuse du xiv' siècle. 

M. Chalandox — M. Garxier. 

293, VIERGE debout portant l'Enfant. 

Fin du xiir siècle. 

H. 0,96. Pierre peinte. 

Œuvre de transition entre le xni°etle xiv' siècle gardant encore 
la gravité et la dignité des figures du xiii' siècle, mais avec une 
recherche très marquée d'élégance et de sveltesse. 

Union centrale des Arts décoratifs. 



114 XIV"^ SIÈCLE 



294. 



LA VIERGE ET L'ENFANT. 

Début du XIV'- siècle. 

H. 1,40. Bois. 

Cette statue de provenance inconnue, rappelle encore, par la 
grandeur du style et le caractère large et simple des draperies, les 
statues monumentales de la seconde moitié du xiii' siècle. Elle 
n'est certainement pas très éloignée comme date de la Vierge de la 
Porte Dorée d'Amiens, et de celle du portail nord de Notre-Dame 
de Paris. L'enfant bénit encore, au lieu de jouer familièrement avec 
sa mère comme dans presque toutes les Vierges du xiv° siècle. 
Néanmoins, l'élégance de la figure féminine et sa position forte- 
ment hanchée, sa grâce souriante et l'allongement de ses propor- 
tions, semblent bien indiquer les caractères de l'art qui fleurit, no- 
tamment dans l'Ile-de-France, au début du xiv" siècle. 

M. Martin Le Roy. 

295. DEUX ANGES DEBOUT. 

Fin du xiir ou début du xiv' siècle. 

H. 0,60. Bois. 

Ces deux statuettes d'angelots long-vétus sont à rapprocher 
entre autres des anges provenant de Poissy, aujourd'hui à Cluny 
et au Louvre. Bien des caractères y rappellent encore l'art du xiir 
siècle ; mais la draperie plus mince, le sourire très accentué et lé- 
gèrement grimaçant, indiquent une date un peu plus avancée. 

M. Martin Le Roy. 

296. STATUE DE FEMME INCONNUE. 

I" moitié du xiv' siècle. 

H. 1,35. Bois peint. 

(Les mains et la partie supérieure de la tête sont restaurées). 

Cette statue, dont on ignore malheureusement la provenance, 
offre des rapports évidents avec certaines figures tombales de 
Saint-Denis, notamment avec celle qui passe pour représenter 
Marguerite d'Artois (13 11). Ce n'est pas cependant une ligure gi- 
sante. La personne était figurée debout, les mains jointes, comme 
la belle-sœur de Charles V, Marie de Bourbon, placée jadis ados- 
sée à un pilier de l'église de Poissy, aujourd'hui à Saint-Denis. 
C'était sans doute une statue de donatrice placée dans quelque 
église ou quelque chapelle en mémoire de ses bienfaits. Elle porte 
le costume laïque des dames du temps de Philippe le Bel. Elle nous 
offre, malgré l'emploi assez exceptionnel du bois, un bon type de 
ces statues-portraits du début du xiv" siècle, où les intentions réa- 
listes s'accusent à peine et où persistent les recherches de style et 



XIV SIECLE 115 



d'élégance de la statuaire gothique de l'époque précédente. On 
peut comparer le système de la draperie avec celui des anges de 
Saint-Martin de Laon, et de mainte Vierge de la même époque 
(début du xiv'^ siècle). Le travail parait bien appartenir à la région 
de rile-de-France, 

M. DE Sainville. 

297. VIERGE à demi-couchée sur un lit et tenant l'Enfant. 

I" moitié du xiv' siècle. 

H. 0.6 S- Haut rclicf\ bois peint et dore. 

La composition de la Nativité à laquelle appartenait ce frag- 
ment avec le bœuf et l'âne au pied du lit. peut être rapprochée de 
celles de nombre de miniatures et de peintures de l'époque, le type 
des figures également. C'est un exemple de ces thèmes courants 
dans l'art français de la fin du xiii° et du xiv° siècle, sur lesquels 
s'exerça l'activité des artistes de la cour des Valois, qu'ils fussent ori- 
ginaires du Centre, du Nord ou du Midi. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

298. "VIERGE assise allaitant l'Enfant. 

Milieu du xiv' siècle. 

H. 0,75. Marbre. 

Ce petit groupe en marbre est très caractéristique des formules 
courantes dans l'art français du milieu du xiv' siècle, ainsi que du 
sentiment général de l'art de l'époque, en sculpture comme en 
peinture. 

M. Martin Le Roy. 

299. VIERGE DE L'ANNONCIATION. 

Milieu du xiv' siècle. 

H. 0,70. Marbre. 

Infléchie sur le côté gauche, la tête voilée, sans couronne, la 
main droite haute, la gauche ramenée sur la poitrine et tenant le 
livre, cette statuette devait faire partie d'un groupe de l'Annoncia- 
tion. C'est un exemple parfait d'une exécution et d'une conserva- 
tion rares de ces figures élégantes, fines, aux formules de draperies 
un peu conventionnelles, si fréquentes dans l'art de l'Ile-de-France 
au milieu du xiv" siècle. Ancienne collection Maillet du BouUay. 

M. DOISTAU. 

300. VIERGE DEBOUT PORTANT L'ENFANT. 

Milieu du xiV siècle. 

H. 0,96. Marbre. 

Cette Vierge provient de la région du Nord de la France, d'Aire- 



ii6 XIV-= SIECLE 



sur-la-Lys. Elle est taillée dans une matière grisâtre propre à cette 
région, Comme style, elle dérive des types qui se créèrent au début 
du xiv° siècle dans l'Ile-de-France et dont on retrouve l'influence 
au Nord comme au Midi, en Flandre comme en Espagne. Elle est de 
de proportions très élancées, ce qui est assez contraire aux habi- 
tudes proprement flamandes. 

M. le D' Edmond Fournier. 

3o3 . VIERGE debout portant l'Enfant. 
XIV' siècle. 
H. 0,80. Bois. 

Cette figure d'un type connu, n'est pas cependant conçue sui- 
vant la formule banale des Vierges du xiv" siècle. L'ampleur de son 
manteau, la recherche de gravité de l'ensemble, la différencient des 
types élégants et maniérés qui sont courants à cette époque. Pro- 
venance inconnue. 

Union centrale des Arts Décoratifs. 

302. VIERGE assise tenant l'Enfant debout sur ses genoux. > 

XIV' siècle. 

H. 0,92. Bois. 

Un cabochon de verre placé sur la poitrine de la Vierge montre 
que la statuette a dû servir de reliquaire. Le type appartient à la 
première moitié du xiv° siècle ; mais l'œuvre elle-même pourrait 
être assez postérieure. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

303. VIERGE OU SAINTE couronnée. 

XIV' siècle. 

H. 0,7^. Pierre. 

Les deux avant-bras manquent et il est assez difficile de préci- 
ser quel était au juste le thème ici traité. Le style est élégant, mais 
un peu sec et sent la formule. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

304. VIERGE DE DOULEUR. 

2' moitié du xiv° siècle. 

H. 0,50. Pierre peinte. 

Cette statuette de Vierge debout, les mains jointes, devait faire 
pendant à un saint Jean et avoir sa place au pied d'un Christ cru- 
cifié. On croit qu'elle provient de Clermont-Ferrand. Le système 
de la draperie très caractéristique de l'art français du xiv' siècle, la 



XIV'^ SIFXLE 



117 



disposition du manteau qui forme voile sur la tête, le geste et 
l'attitude générale sout tout à fait proches de ce que l'on remarque 
dans les nombreuses crucifixions peintes de la même époque, 
celle du Parement de Narbonne ou du Diptyque du Bargello, par 
exemple. 

M. Camille Enlart. 

305. VIERGE DE DOULEUR. 

2° moitié du xiV siècle. 

H. 0,50. Marbre. 

Le style, ainsi que le type de cette figure, sont identiques à ceux 
de la précédente. Elle est seulement d'exécution plus fine et plus 
soignée. 

M. Gustave Dreyfus. 

306. APOTRE. 

2' moitié du xiv" siècle. 

H. 0,93. Bois peint. 

Figure de proportions assez courtes. Draperies maigres et 
anguleuses. Style franco-flamand analogue à celui des ligures de 
Beauneveu. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

307. CHARLES V ET JEANNE DE BOURBON. 

2* moitié du xiv" siècle. 

H. 1,8=,. Pierre autrefois peinte. 

Ces statues en pied de grandeur naturelle figuraient autrefois 
aux deux côtés du portail de l'église des Célestins de Paris, que 
Charles V avait fait construire près de son hôtel de Saint-Paul. 
Christine de Pisan mentionne cette construction parmi celles qui 
illustrèrent le règne de ce roi « grand bâtisseur », et elle ajoute 
«... la porte de cette église a la sculpture de son ymage et de la 
royne s'espouse, moult proprement faite.» Le portail de l'église des 
Célestins est dessiné notamment dans les Antiquités nationales de 
Millin (t. I, n" III, pi. ::) avec les deux effigies encore en place et, 
au trumeau, une statue du pape Célestin V, canonisé sous le nom 
de Saint Pierre Célestin. Dans la gravure de Millin, le roi porte 
encore sur le bras gauche le modèle de l'église qu'il a consacrée, 
mais sa main droite manque ; les deux mains de la reine manquent 
également. On a restitué depuis les parties manquantes d'après 
des gravures plus anciennes de Montfaucon. 

Les deux statues passèrent, à la Révolution, au Musée des Mo- 
numents français où, selon le baron de Guilhermy, on les considéra 
comme représentant Saint Louis et Marguerite de Provence. De là 



ii8 XIV" SIECLE 



viendrait que la plupart des figures de Saint Louis modernes offrent 
les traits authentiques de Charles V. 

En 1816, les effigies royales des Célestins furent envoyées à 
Saint Denis avec les statues funéraires qui y avaient leur place 
légitime et quelques autres comme les statues romanes de Corbeil 
où l'on se figurait reconnaître des portraits de rois ou de reines de 
France. 

Ce sont deux admirables effigies réalistes, souples et vivantes, 
dignes d'être classées auprès des statues-portraits du contrefort 
d'Amiens et de la cheminée de Poitiers. Elles leur sont même pro- 
bablement antérieures, ayant été exécutées, de l'avis de Courajod, 
avant 1377, comme le Parement de Narbonne, où figurent aussi les 
deux effigies ad vivnni de Charles V et de sa femme, morte en 
1377, effigies si intéressantes à comparer avec ces deux statues. 

De même que le Parement de Narbonne, nous serions beaucoup 
plus tentés de les attribuer à des artistes français, à un Jean 
de Saint Romain par exemple, auteur des effigies célèbres aussi, 
mais malheureusement disparues, de la grande Vis du Louvre, qu'à 
un flamand travaillant en France, tel André Beàuneveu, dont la 
manière peut se juger en sculpture, par les effigies tombales de 
Saint-Denis, infiniment plus lourdes dans leur réalisme un peu 
vulgaire. 

Le Charles V des Célestins, dans sa réalité de physionomie et 
d'allure générale, garde une élégance et un esprit qui sont tout 
français. Le style de sa draperie, très simple et très logique, est 
identique à celui de ces certaines figures essentiellement françaises 
du Parement de Narbonne, les Eglises et les Prophètes qui les 
accompagnent; la pose de la tête, la disposition même delà coif- 
fure rappellent certaines statues de rois de Reims. La reine Jeanne, 
pleine de familiarité et de bonhomie est un type de race et une 
figure d'une individualité extrêmement saisissante. Ce sont là deux 
documents historiques et deux œuvres d'art de premier ordre et 
l'Exposition des Primitifs français ne pouvait s'ouvrir sous un 
plus heureux patronage. 

Basilique de Saint-Denis. 

3o8. PETIT BUSTE D'ENFANT. 

2" moitié du xiV siècle. 

H. 0,20. Bois. 

Ce fragment, de provenance inconnue, est à coup sûr un por- 
trait. La physionomie enfantine y est étudiée de façon très précise 
et très individuelle, comme dans certains marbres funéraires. Toute 
proportion gardée, cette figure est du même art que les statues du 
contrefort d'Amiens, en particulier celle du dauphin Charles, plus 
tard Charles VI, ou que celles du Palais de Poitiers. 

Union eentrale des Arts décoratifs. 



XV' SIECLE Ht, 

309. LA VIERGE ET L'ENFANT. 

0." moitié du xiV siècle. 

H. 1-4'^. Bois peint et doré. 

Cette statue de Vierge portant sur le bras gauche, l'enfant qui 
joue avec un oiseau, selon la formule traditionnelle, provient 
d'Amiens. L'enfant est assez maladroit, le visage de la Vierge peu 
expressif, mais le style de la draperie est d'une très grande allure 
et peut se comparer notamment à celui des figures de l'iiglise et de 
la Synagogue du Parement de Narbonne; ces formules de l'art fran- 
çais du xiV siècle, plus ou moins compliquées ou appauvries, ont 
persisté souvent du reste en certaines régions, jusque dans le xv' 
siècle. 

Cette pièce est d'une qualité toute particulière au point de vue 
de la conservation de la polychromie et de l'or ancien. 

M. Albert Maignan. 

3io. ANGELOT assis tenant un phylactère. 
1" moitié du xiv' siècle. 
H. 0,30. Marbre. 

Cette figurine passe pour provenir de Bourges. Elle faisait par- 
tie, sans doute, d'un ensemble décoratif analogue à ceux qui étaient 
familiers aux peintres et miniaturistes et représentaient par exem- 
ple la Vierge glorieuse ou la Trinité, entourées d'anges portant des 
banderoles, analogue aussi au groupe sculpté de la chapelle Notre- 
Dame-la-Blanche, dont les angelots sont conservés au Mu- 
sée de Bourges. 

La figure poupine de celui-ci. tournée vers le haut, indique qu'il 
devait être placé au pied du trône de la Vierge. C'est un spécimen 
secondaire, il est vrai, mais charmant, de l'art qui se développe 
autour du duc Jean de Berry. 

M. Albert Maignan. 

3ii. 'VIERGE assise allaitant. 

XV' siècle. 
H. 0,55. Pierre peinte. 

Le type de la Vierge et la composition générale dérivent direc- 
tement du xiv° siècle. Mais la souplesse et la liberté plus grande de 
l'agencement, le type plus adouci font plutôt penser à une survi- 
vance de l'art du xiv dans le xv" siècle. La polychromie conser- 
vée en partie est harmonieuse. 

Union centrale des Arts décoratifs. 



120 XV'- SIFXLE 



3i2. SAINT-JEAN-BAPTISTE. 

XV' siècle. 
H. 1,30. Bois. 

Cette statue est attribuée à l'école bourguignonne, bien qu'elle 
ait été acquise par son possesseur actuel à Bayonne. Les propor- 
tions élancées de la figure, le caractère un peu menu des draperies, 
nous font penser plutôt à quelque atelier méridional ou septentrio- 
nal, dérivé de la pure école française du xiV siècle, mais peut- 
être assez éloigné du centre d'activité originel. 

M. Rey. 

31 3. SAINTE-CLAIRE. 

2" moitié du xv' siècle. 

H. 0,80 Bois. 

Cette statuette, de provenance bourguignonne, passe pour 
représenter Sainte Claire. Elle porterait dans ce cas le costume des 
Clarisses, à moins que ce ne soit simplement un costume de veuve 
ou de femme âgée. La disposition des attributs ne permet pas de 
préciser . C'est un morceau très robuste, sorti sans doute de quel- 
que atelier, issu de celui des ducs de Bourgogne, à Dijon. Les 
éléments français et flamands s'y sont fondus dans une combinaison 
originale et féconde. Rien n'est plus différent des pures produc- 
tions flamandes de l'époque qu'une oeuvre de cette nature ; rien 
n'est plus voisin, au contraire, de certaines figures françaises, 
comme la Sainte Anne, peinte au triptyque de Moulins, ou celle 
sculptée pour le château de Chantelle, aujourd'hui au Louvre. 

M. Ch. Masson. 

314. VIERGE debout portant l'enfant. 

2" moitié du xv' siècle. 

H. 0.50. Pierre. 

Cette statuette est tout à fait caractéristique, dans son allure 
générale et notamment dans sa draperie, de l'école bourguignonne 
du xv° siècle. C'est aux ateliers dijonnais qui travaillaient pour 
Philippe-le-Hardi que remontent ce système de plis larges et 
comme gonflés de sève, cette habileté dans le traitement des étoffes 
souples et laineuses, ce style puissant et pittoresque. Leur manière 
se perpétua au cours du xv' siècle, et il se constitua, quoi qu'on en 
ait dit, une véritable école locale dont l'action s'étendit sur un grand 
grand nombre de provinces françaises. Il semble bien que cette 
Vierge avec son ample manteau dont un pan lui couvre la tête 
et d'où émerge à peine le poupon qu'elle berce très familièrement 
entre ses bras, soit issue du centre même de la production bour 



XV" SIECLE 121 



guignonne. Elle est de la famille des Vierges du Louvre et de 
Cluny, de celle de Rouvres et de saint Jean de Losne. Cependant 
une grâce plus tendre, un sentiment plus délicat la différencient de 
certaines de ces Vierges, assez épaisses et vulgaires. Elle date évi- 
tainement du temps ou l'art bourguignon lui-même s'affine, se dé- 
tend et cherche aussi à s'approcher de cet idéal nouveau qui appa- 
raît, après les grands réalistes du xv' siècle, chez Bourdichon ou 
chez le maître de Moulins. 

M. Raymond Koechlin. 

3i5. SAINTE portant un Livre. 

xv° siècle. 

H. 0,62. Marbre. 

Cette statuette peu caractérisée comme type iconographique 
est d'une exécution raffinée et précieuse. On y sent comme dans 
un certain nombre de productions françaises du xV* siècle, notam- 
ment la Vierge du Marturet de Riom et celle de la chapelle de 
Châteaudun la survivance des traditions d'élégance et d'esprit 
du xiV siècle, sans aucune intervention de la lourdeur du réalisme 
bourguignon. Ces survivances,beaucoup trop négligées en général, 
expliquent bien des caractères de l'art français, particulièrement 
de celui du Centre, vers la fin du xv' siècle. Elles sont très sensibles 
ici dans la façon même de traiter la draperie. Il s'y ajoute une 
recherche de grâce souriante et calme, très particulière à l'époque 
qui précède immédiatement l'entrée en scène de l'italianisme. 
M'"' LA Marquise Arconati-Visconti. 

3i6. SAINT MICHEL. 

XV' siècle. 

H. 1,55 Pierre. 

Cette statue provient de la région de Chartres. Elle représente 
l'archange sous les traits d'un tout jeune homme revêtu d'une 
armure et portant par dessus un long manteau. La forme de l'ar- 
mure soigneusement étudiée dans ses détails indique à peu près le 
milieu du xv" siècle. La ligure très élégante et très iine, d'une 
allure discrète et modérée, avec une nuance de raffinement pré- 
cieux, rappelle comme esprit le charmant angelot-girouette du 
château du Lude. Il fait songer aussi au Saint Michel du Musée de 
Montargis et à la tête casquée du Musée d'Orléans, 

M. SiGISMONE) BaRDAC. 

317. VIERGE portant l'Enfant. 
2' moitié du xV siècle. 
H. 1,6") Pierre peinte. 

Cette statue, dont nous ne connaissons pas la provenance 



XV" SIECLE 



exacte, nous parait par tous ses caractères se rapprocher des pro- 
ductions de l'Ecole de la Loire immédiatement antérieures aux 
guerres d'Italie. Plus gothique et certainement plus ancienne que la 
Vierge d'Olivet, elle en est comme la préparation. C'est dans ce 
style qu'on devait travailler autour de Michel Colombe, en 
Touraine, vers 1480. Sa figure ronde et douce, avec le nez spirituel- 
lement retroussé lorsqu'on la voit de profd, les yeux sans malice, 
le sourire à peine indiqué est de celles qu'affectionnaient Fouquet 
et Bourdichon. Le corsage chastement moulé, le manteau aux plis 
lourds, "mais sans cassures à la flamande, sans tumulte à la bour- 
guignonne, se retrouvent également dans un certain nombre d'œu- 
vres tourangelles contemporaines de la jeunesse et de la maturité 
de Michel Colombe, dont par malheur nous ne connaissons aucune 
œuvre authentique de cette époque. 

M. Georges Hohntschel. 

3i8. BUSTE D'UNE VIERGE DE DOULEUR. 

2" moitié du xV siècle. 

H. 0,42 Bois. 

Ce fragment faisait partie d'une statue de Vierge debout au pied 
delà Croix, les mains croisées sur la poitrine. Bien qu'il ait été 
recueilli à Chambéry, il y a lieu de le rapprocher, à cause du 
type du visage très doux et discret, à cause de l'arrangement du 
voile, de certaines figures de l'école de la Loire, notamment d'une 
Vierge de douleur en bois dans l'Eglise de Beaulieu-les-Loches. 
celle-ci étant assez proche du reste comme esprit et comme date 
probable du Sépulcre de Solesmes. (1496) 

M. DURAND-G RÉVILLE. 

319. PERSONNAGE EN COSTUME CIVIL 

2' moitié du XV' siècle. 

H. 0,55. Pierre. 

Statuette un peu lourde, aux proportions courtes, à la draperie 
épaisse où se sent l'influence bourguignonne. Le personnage tient 
un livre ouvert et un phylactère. Il porte sur la tête un bonnet ana- 
logue à celui de certaines figures de Fouquet et de son école. 
Union centrale des Arts décoratifs. 

320. APOTRE. 

2' moitié du xv° siècle. 

H. 0,92. Pierre peinte. 

Cette statuette provient de Rouen. Le personnage imberbe, 
pieds nus, vêtu d'un simple manteau, parait bien représenter un 
apôtre. On remarquera le sac dans lequel il porte son livre : on le 



XV" SIECLE 1 = 3 



retrouve exactement semblable chez certains pleurants des tom- 
beaux du XV' siècle. C'est absolument aussi le même esprit qui se 
trahit dans les proportions assez trapues de la figure et dans le 
caractère réaliste et un peu vulgaire de la physionomie. La draperie 
n'a pas cependant la largeur et l'ampleur de la draperie bourgui- 
gnonne : avec son geste naïf, sa silhouette pittoresque, on dirait 
quelque personnage secondaire emprunté aux miniatures de Fou- 
quet. 

M. Albert Maignan. 

321. TÊTE D'ÉVÉQUE. 

Fin du XV' siècle. 

H. 0,42. Bois. 

Ce fragment, d'un stvle large et puissant, provient d'Amiens. 

C'est un type achevé de l'art réaliste du xv- siècle. On remarquera 

l'ornementation très soignée de la mitre, où est représenté un 

Christ bénissant, entre un saint Pierre et un saint Paul agenouillés. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

32-. SAINT-JEAN-BAPTISTE. 

2" moitié du xv° siècle. 

H. 0,90. Bois peint. 

Le saint, vêtu d'une tunique en peau de bête et d'un grandhnan- 
teau, porte simplement l'agneau posé sur le bras gauche, suivant 
les habitudes du xv' siècle. Cette statuette un peu courte, de senti- 
ment réaliste et pittoresque appartient à la région picarde. 

M. Martin Le Roy. 

323. LA VIERGE ET L'ENFANT. 
Fin du XV' siècle. 
H. 0,98, Bois autrefois peint. 

Cette statuette de provenance inconnue, paraît appartenir au 
nord de la France, peut-être à la région picarde. La Vierge de- 
bout, sans inflexion, tient sur le bras droit l'enfant Jésus à qui elle 
présente de la main gauche une grappe de raisin. Son manteau jest 
assez ample niais sans grande complication de plis. Son visage 
offre un type très particulier et très individuel. L'enfant, vêtu^d'une 
chemise ouverte qui laisse voir son petit corps grêle, soigneuse- 
ment détaillé, est d'une exécution spirituelle. L'ensemble témoigne 
d'un esprit réaliste et pittoresque, précis et minutieux, assez com- 
mun dans l'école française de la fin du xv" siècle, surtout dans le 
Nord, 

M. DK Saixville, 



124 ^V" SIÈCLE 

324. LA VIERGE ET SAINT JOSEPH. 

XV' siècle. 

H. 0,28. Ivoire. 

Ces deux figures agenouillées l'une en face de l'autre apparte- 
naient a un groupe d'applique représentant la Nativité. L'Enfant 
Jésus placé à l'origine entre les deux personnages a disparu. 

Cette façon de figurer la scène de la Nativité, d'après les repré- 
sentations des mystères, n'apparait guère dans l'art européen qu'au 
XV' siècle. On la retrouve, entre beaucoup d'autres exemples, dans 
le tableau attribué au Maître de Flemalle et appartenant au Musée 
de Dijon. 

M. Emile Molinier. 

325. SAINT MICHEL. 

XV' siècle. 

H. 0,80. Marbre. 

L'archange, revêtu d'une armure recouverte d'un ample man- 
teau, tient la balance de la main gauche et de la droite, la lance 
dont il transperce le démon. Celui-ci est représenté sous la 
figure humaine. L'attitude juste et précise, l'expression ingénue de 
la figure, la draperie souple et sans exagération, rapprochent cette 
charmante statuette des oeuvres françaises d'origine, bien qu'elle 
provienne directement d'Espagne. On sait du reste que presque 
toute la sculpture gothique dans ce pays est d'influence sinon 
d'exécution française. 

M. Georges Hoentschel. 

326. DONATEUR AGENOUILLÉ. 

Fin du XV' siècle. 

H. 0,65. Pierre. 

Le personnage assez jeune, imberbe et les cheveux longs, sem- 
ble porter un costume ecclésiastique. Statuette-applique qui était 
placée auprès d'une Vierge debout. Provient de Neufchâtel-en- 
Braye. 

M. Lemanx 

327. PERSONNAGE EN COSTUME CIVIL, tenant un faucon 

sur son poing. 

Début du xvr siècle. 

H. 0.4s. Pierre. 

Cette statuette d'une exécution très fine et soignée paraît avoir 
figuré dans quelque ensemble de retable sculpté, peut-être dans un 



XVr- SIECLE i2t 



cortège de rois Mages. C'est une sculpture ferme et précise qui 
rappelle les œuvres des huchiers brabançons de la fin du xV siècle, 
ou celle de ces imagiers français qui sculptèrent, à peu près dans les 
mêmes données, certains hauts-reliefs compliqués et pittoresques, 
ou ces petits groupes épisodiques dispersés le long des voussures 
des portails flamboyants. 

M. LE Comte Isaac de Camondo. 

328. SAINTE-CATHERINE. 

Début du xvr siècle. 

H, 0,35. Marbre. 

Cette petite figurine de sainte debout portant l'épée et le livre 
avec près d'elle la roue de son supplice, représente Sainte Catherine 
d'Alexandrie. Par sa matière et aussi un peu par son style, elle fait 
penser aux statuettes qui décorent les tombeaux de Brou. Elle 
paraît cependant plus française, étant beaucoup plus simple d'ajus- 
tement, d'attitude moins maniérée et de charme plus discret. 

M. Gustave Dreyfus. 

329. VIERGE DE L'ANNONCIATION. 

!"■ quart du xvr siècle. 

H. 0,45. Marbre. 

La Vierge est agenouillée à côté d'un pupitre à pied coudé très 
fréquent dans l'iconographie du xv' siècle. Elle se retourne vers 
l'ange qui lui apporte le message divin. Derrière elle, un petit per- 
sonnagebarbu, encapuchonné, représente probablement St Joseph. 
Ce fragment provient de Bourg-en-Bresse, et semble pouvoir se 
rattacher à l'art de Brou. L'influence flamande y est tout à fait évi- 
dente. Le marbre est celui du Jura. 

Union centrale des Arts décoratifs. 

330. VIERGE DEBOUT, LES BRAS CROISÉS. 

I" quart du xvr siècle. 

H. 1,03. Pierre. 

Cette figure paraît avoir fait partie d'un groupe de l'Annoncia- 
tion. Le caractère de la tête et de la draperie ainsi que les orne- 
ments du manteau donnent une date assez avancée. Le type icono- 
graphique est cependant encore celui du xiv° siècle; au xv' et au 
xvi" siècle, les Vierges françaises de l'Annonciation sont générale- 
ment agenouillées. 

Union centrale des Arts décoratifs. 



!26 XVI'^ SIECLE 



33i. BUSTE-RELIQUAÎRE. 

!"■ quart du xvr siècle. 

H. 0,4^. Bols peint. 

Ce buste provient d'une ancienne église de Chartres, Aucune 
inscription, aucun attribut ne permet d'indiquer la sainte ici repré- 
sentée. Le type accusé avec une recherche très précise d'individua- 
lisme est, dit-on, tout à fait propre à la région beauceronne. C'est 
un véritable portrait. 

M. Albert Mayeux. 

332. SAINTE MARTYRE. 

1"' quart du xvr siècle. 

H. 1,3'). Pierre autrefois peinte. 

La sainte ici représentée porte un livre et une palme, attributs 
peu caractéristiques qui ne permettent guère de la nommer. Elle 
provient, paraît-il, des environs de Nantes. Le surcot et les diffé- 
rentes parties du costume, caractéristique du temps de la reine Anne 
de Bretagne, sont très soigneusement détaillés. La figure est 
évidemment contemporaine des chefs-d'œuvre de l'école tou- 
rangelle et l'on peut même supposer que les sculptures de Michel 
Colombe au tombeau des Carmes de Nantes ne furent pas sans in- 
fluencer l'imagier, local sans doute, qui tailla cette figure vers 15 10 

ou IS20. 

M. Besse. 

333. LA VIERGE ET L'ENFANT. 

I" moitié du xvr siècle. 

H. 1,28. Pierre. 

Cette Vierge debout, portant l'enfant sur le bras gauche, pro- 
vient de la collection Vaïsse de Marseille. Elle appartient vraisem- 
blablement au Midi de la France. La recherche d'expression un peu 
grimaçante de la figure, le geste précieux, le mouvement du corps 
très accusé, témoignent des influences italiennes déjà presque 
prépondérantes. Elle rappelle, mais avec moins de charme, la 
Vierge de Saint-Galmier. 

Union Centrale des Arts décoratifs. 

334. SAINT-ROCH DANS UNE NICHE FLAMBOYANTE. 

I" moitié du xvf siècle. 

H. 0,88. Bois. 

Fragment pittoresque, mais un peu fruste, qui appartenait sans 
doute à la façade de quelque maison. Provient d'Amiens. 
Union Centrale des Arts décoratifs. 



XVI" SIÈCLE 127 

335. DEUX APOTRES, dans des niches Renaissance. 

I" moitié du xvr siècle. 

H. 0,80 Marbre. 

Ces deux fragments, représentant Saint Paul et saint Jacques 
dans des niches à coquilles flanquées de pilastres classiques pro- 
viennent sans doute de la décoration d'un tombeau due à quelque 
atelier franco-italien du temps de Louis XII ou de François I"', 
le style des figures très classiques et très mouvementées est à peu 
près celui des Juste, marbriers italiens établis en Touraine. 

M. M. DU Seigneur. 

336. LA VIERGE ET L'ENFANT. 

Milieu du xvr siècle. 

H. 0,95. Marbre. 

Cette statuette, d'une exécution très fine, et d'un maniérisme 
assez gracieux, n'est pas sans rapport avec les créations de l'école 
troyenne du milieu du xvr siècle. Mais ce style très pénétré d'ita- 
lianisme est assez répandu dans presque toutes les provinces 
françaises à cette époque et en l'absence de traditions, il nous pa- 
raît difficile de préciser sa provenance. 

M. Besse. 

337. LA JUSTICE. 

Milieu du xvr siècle. 

H. 0.58. Pierre. 

Cette figure allégorique de Vertu, oft're de grandes analogies 
avec plusieurs statuettes conservées au Musée de Cluny, ainsi que 
dans la collection Meige, à Paris, toutes d'origine champenoise, et 
faisant partie sans doute autrefois d'un même ensemble. On peut 
les attribuer à l'atelier des Juliot, sculpteurs travaillant à Troyes, 
de 1325 à i')50 environ. Ce sont des morceaux élégants, compli- 
qués et maniérés qui accusent l'influence grandissante de l'italia- 
nisme, tout en gardant certains caractères gothiques, dans le pitto- 
resque très cherché de l'ajustement, par exemple. Ancienne 
collection Gréau. 

M. Raymond Kœchlin. 

338. BUSTE D'ENFANT. 

2' moitié du xvr siècle. 

H. 0,29. Marbre. 

Le costume et la coiffure de ce petit portrait, indiquent la date 
approximative de 1570 a 1580. On l'a attribué (Molinier, Monu- 
ments Piot, t. VI) à Germain Pilon ou à son atelier, et on a proposé 
d'y reconnaître un portrait de la petite Marie-Elisabeth, fille de 



128 XVr SIECLE 



Charles IX et d'Elisabeth d'Autriche, morte en 1S78. "■ l'âge de cinq 
ans ; elle en aurait ici, trois ou quatre. Il est difficile de rien affir- 
mer devant une physionomie aussi peu formée, bien que le souci 
d'exactitude et la qualité réaliste de l'exécution soient très évi- 
dents. D'autre part, l'attribution à Pilon est assez plausible, mais 
n'est nullement prouvée ; le caractère de ce buste diffère beaucoup 
de celui du Louvre, qui passe pour représenter Henri IV enfant, 
et qui n'est du reste attribué à Pilon que par une simple tradition. 

Ancienne collection Bonnaffé. 

Mme la Marq_uise Arconati-Visconti. 



ŒUVRES EXPOSEES 



A LA 



BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 



MANUSCRITS A PEINTURES 



MANUSCRITS A PEINTURES 



AVIS 



La galerie affectée à l'Exposition est destinée à devenir, 
dans peu d'années, la pièce principale du Département des 
médailles et antiques de la Bibliothèque Nationale. En la cons- 
truisant et en l'aménageant, l'architecte M. Pascal s'est astreint 
à y faire respectueusement entrer les peintures et les sculp- 
tures qui faisaient l'ornement du Cabinet des médailles du roi 
établi au xviii'' siècle, au-dessus de l'arcade Colbert. 

Les organisateurs de l'Exposition se sont proposé d'y ras- 
sembler un choix de manuscrits, d'après lesquels on pourra 
suivre l'évolution de la peinture appliquée en France à la 
décoration des livres depuis le xiii*' siècle jusqu'au xvi^ Ces 
manuscrits sont ici catalogués suivant l'ordre chronologique, 
auquel il n'a été fait que de rares exceptions, justifiées par des 
analogies de provenance ou de sujet. 

Le même principe a présidé, en général, au placement 
des manuscrits dans les vitrines. Des exigences matérielles ont 
cependant obligé de s'en écarter sur quelques points. De 
plus, il a paru convenable de mettre à part, pour être placés 
dans un meuble spécial au milieu de la galerie, des morceaux 
d'élite qu'il importait de grouper, pour mieux faire apprécier 
les chefs-d'œuvre des artistes français du xiv'' et du xv** siècle. 
En outre, quatre vitrines marquées des lettres A, B, C et du 
chiffre XX ont été consacrées à vingt-cinq manuscrits de la 
Bibliothèque mazarine, et à neuf manuscrits de la célèbre 
collection de M. Henry Yates Thompson. Mais tous les 



manuscrits, et plusieurs de ceux dont on trouvera des 
fac-similé sur le mur du vestibule au rez-de-chaussée, sont 
mentionnés au catalogue, à la place qu'ils avaient droit 
d'occuper dans la série chronologique Chaque notice se 
termine par l'indication de la vitrine dans laquelle se trouve 
le volume décrit. Comme chacun des manuscrits exposés est 
accompagné d'un numéro de renvoi à l'article correspondant 
du catalogue, il sera toujours facile de se reporter soit 
des manuscrits au catalogue, soit du catalogue aux manus- 
crits. 

Indépendamment du grand meuble installé au milieu de 
la galerie et indiqué dans le catalogue par la lettre M, on a 
disposé sur trois rangées et contre les murs de la pièce vingt- 
huit vitrines, prêtées par l'Union des Arts décoratifs et dis- 
tinguées par les chiffres romains I-XXV et par les lettres 
A, B, C; ces trois dernières réservées aux manuscrits de la 
Bibliothèque mazarine, et la vitrine XX à ceux du cabinet de 
M. Henry Yates Thompson. 

Dans la première rangée, du côté du chantier, les 
vitrines I-VI. 

Dans la rangée du milieu, les vitrines Vll-X. 

Dans la troisième rangée, du côté de la rue Vivienne, les 
vitrines X-XVI. 

Contre le mur du midi, les vitrines A, B, C. 

Contre celui du couchant, les vitrines XX à XXII. 

Contre celui du nord, les vitrines XXIII à XXV. 

Contre celui du levant, les vitrines XVII à XIX. 

Les visiteurs sont invités à étudier l'Exposition de la 
Galerie en examinant successivement les vitrines dans l'or- 
dre suivant : 

Première rangée du côté de l'entrée, le côté droit et en 
retour, le côté gauche ; rangée du milieu, la droite et la gau- 
che ; troisième rangée, la droite et la gauche; vitrines ados- 
sées aux murs. 

La visite pourra commencer ou finir par l'examen des ma- 
nuscrits exposés sur les parois du meuble du milieu. 

Le public devra savoir gré aux établissements publics et 



aux bibliophiles de la bonne grâce avec laquelle ils ont secondé 
les organisateurs de l'Exposition. 

Leurs noms doivent être relevés en tête du Catalogue, 
avec l'indication des manuscrits dont ils ont consenti à se 
séparer pendant plusieurs mois. 

La bibliothèque de l'Arsenal (les manuscrits réunis dans 
les vitrines A. B. C). 

La bibliothèque Sainte-Geneviève (N"' 9 et 37). 

La bibliothèque Mazarine (N"' 58 et 139). 

La bibliothèque Méjanes, à Aix (N° 118 bis). 

La bibliothèque de Besançon {N" 43). 

La bibliothèque de Bourges (i), 

La bibliothèque de Poitiers (N" iiq). 

La bibliothèque de Verdun (N'' 21). 

Le séminaire de Soissons (N" 32). 

M™^ Jacquemart André, à Paris (N"' 34 et 86). 

M. Gallice, à Epernay (N"' 126 et 174). 

M. Tancrède de Scitivo de Greische (N" 127). 

Le très noble marquis de Bute (N° 53). 

M. Henry Yates Thompson (N'*' 11, 14,20,28,85,112, 115, 
129, 183). 

Au rez-de-chaussée sont exposés sous verre des fac-si- 
milé de manuscrits de premier ordre qu'il n'était pas possible 
de mettre en original sous les yeux des visiteurs tels que : 

Le registre des Hommages du comté de Clermont en 
Beauvaisis, disparu depuis le xviii'' siècle y 

Le portrait de Charles V, de la bible du Musée Meermans- 
Westreenien à la Haye ; 

Les Heures de Charles V et celles du duc de Berri, qui ont 
dû périr dans l'incendie de la bibliothèque de Turin; 

Les Heures du duc de Berri, de la Bibliothèque royale de 
Belgique ; 

Les Heures du duc de Berri, et plusieurs autres manuscrits 
du Musée Condé, à Chantilly ; 

La Cité de Dieu de Philippe de Commynes, de la Bibliothè- 
que royale de La Haye ; 

(i) La place a manqué pour exposer les grands lectionnaires que le duc de 
Berri avait donnés à la Sainte-Chapelle de Bourges. 



Les feuillets de la Cité de Dieu, des Minimes, de la Guiche 
passés en Amérique. 

Les Heures de Jacques Cœur, de la Bibliothèque royale 
de Munich. 

Les plus beaux manuscrits à peintures d'origine française 
que possède le Musée britannique. 

A encore trouvé place dans le vestibule une charte enlu- 
minée du bon roi René, communiquée par la bibliothèque 
Méjanes d'Aix. 



MANUSCRITS A PEINTURES 



LA BIBLE MORALISÉE. 

Latin 11560. 

La Bible moralisée est une compilation de versets de la Bible 
accompagnés de commentaires allégoriques et de réflexions mo- 
rales. Elle a dû être faite au temps de saint Louis. Elle comporte 
une très riche illustration, consistant en deux petits tableaux pour 
chacun des versets choisis par le compilateur. Le peintre chargé 
de l'illustration avait à remplir sur chaque page du manuscrit huit 
compartiments circulaires à fond d"or. encadrés entre les deux 
colonnes de texte. 

Ce merveilleux travail comprend plus de 5000 tableaux. Un 
exemplaire à peu près complet nous en est parvenu, mais partagé 
en trois morceaux : le premier (224 feuillets) est à la Bibliothèque 
bodléienne d'Oxford, le deuxième (222 feuillets) à la Bibliothèque 
Nationale, le troisième (184 feuillets) au Musée britannique (fonds 
Harléien). C'est le deuxième de ces morceaux qui est exposé ; il 
contient environ 1800 tableaux se rapportant au psautier, aux 
livres Sapientiaux et aux Prophètes. 

Un second exemplaire de la Bible moralisée, qui devait être 
une réplique du premier, n'est plus représenté que par un cahier 
de huit feuillets, que le possesseur, M. le vicomte de Hillerin, a 
envové en 1881 à une exposition rétrospective de l'Union des arts 
décoratifs. Ce cahier contient la fin de l'ouvrage. Sur la dernière 
page, le peintre a représenté deux religieux occupés, sous les yeux 



XIII» SIÈCLE 



d'un roi et d'une reine, l'un à dicter, l'autre à copier la Bible. On 
peut conjecturer que ce sont là les images de saint Louis et de 
la reine Blanche ou de la reine Marguerite. 

Il est assez probable que la composition de la Bible moralisée 
a été entreprise sous les auspices de saint Louis. 

Histoire littéraire delà France^ t.xxxi, p. 218-236. — Une page 
du ms. II 560 a été reproduite en héliogravure dans V Album pa- 
léographiqiie de la Société de l'iicole des chartes. — • Une page du 
ms. Harléien est dans le recueil de Warner, Illuminated manus- 
cipts. Vitrine I 

2. TABLEAUX BIBLIQUES DU Xlll* SIECLE. 

Nouv. acq. lat. 2294. 

Fragments d'un recueil qui constituait un volume de très grand 
luxe, et dont les peintures, remarquables à la fois par la composi- 
tion, le dessin et le coloris, étaient accompagnées de légendes 
latines. La Bibliothèque nationale n'en possède que quatre pages 
(don de M. Jules Macier) ; M. le comte Durrieu en a retrouvé 43 
feuillets dans la Bibliothèque de sir Thomas Phillipps. 

Bibliothèque de l'Ecole des chartes^ année 1889, p. 386. — 
Histoire littéraire de la France^ t. xxxi, p. 253 Vitrine I 

3. EVANGELIAIRE DE LA SAINTE CHAPELLE. 

Latin 17326. 

Ce volume, qu'un ancien inventaire du trésor de la Sainte 
Chapelle qualifie de «très beau texte des évangiles », contient les 
évangiles de toutes les messes de l'année. Il peut remonter au 
temps de saint Louis. Rien n'a été épargné pour en faire un livre 
qui répondit à la splendeur de la Sainte Chapelle. Toutes les pages, 
à peu d'exception près, sont ornées de miniatures à fond d'or d'un 
éclat éblouissant. 

Il en existe une réplique au Musée britannique, ms. addit. 17341. 
— La copie du texte est identique dans les deux exemplaires ; les 
lignes y sont coupées de la même façon. Les sujets des peintures 
sont aussi les mêmes, et ils occupent les mêmes espaces. Les 
miniatures du manuscrit de Londres ont été copiées d'après celles 
du manuscrit de Paris ; mais la reproduction n'est guère fidèle. 
Pour qu'on en puisse juger nous plaçons en regard du fol. 155 V 
de notre manuscrit la chromolithographie du feuillet 145 v" du 
manuscrit de Londres, que M. Warner a comprise dans son recueil, 
en reconnaissant l'antériorité du manuscrit de Paris. 

Vitrine I. 



XIII* SIECLE 



EVANGILES DES PRINCIPALES FÊTES DE 

L'ANNEE. 

Latin 8892. 

Volume exécuté au xiii' siècle. Il vient de la Sainte Chapelle, 
et la plupart des évangiles y sont accompagnés de peintures à fond 
d'or, dont l'éclat rappelle les plus beaux vitraux de l'époque. C'est 
un travail analogue à celui du ms. 17326. Vitrine II. 



5. VIE DE SAINT DENIS. 

Nouv. acq. franc, 1098. 

Manuscrit exécuté en 1 2 =)0 dans l'abbaye de Saint-Denis. Donné 
en 1877 par M. le duc de la Trémoïlle. Les pages exposées font 
partie d'une série de tableaux représentant les scènes de la vie de 
saint Denis. 

Bibliothèque de V Ecole des chartes^ ^'^ll-> t- xxxviii, p. 444. 

Vitrine II. 



6. PSAUTIER DE SAINT LOUIS. 

Latin 10325. 

Ce petit volume, exécuté peu de temps après le retour de saint 
Louis en France, soit vers l'année 1256, est surtout remarquable 
par une série de 78 tableaux, à fond d'or, dont les sujets sont 
empruntés aux premiers livres de l'Ancien Testament. 

Barbet de Jouy, Notice du Musée des Souverains^ p. 41 — Al- 
bum paléographique de la Société de l'Ecole des chartes. — Hist. 
litt. de la France ^i.xx-^i, p. 268. — Omont, Reproduction des 86 mi- 
niatures du ms. latin 10^2^. Paris, 1902. — Delisle, Notice de dou^e 
livres royaux^ P- 37- 

Un psautier pareil, dont les tableaux font suite à ceux du ms. 
10525, est conservé à Londres dans la collection de M. Yates 
Thompson. Vitrine II. 

7. FRAGMENTS DE MISSEL, noté. 

Cabinet de M. le comte de Wasiers. 

Manuscrit du xin' siècle. Le feuillet exposé contient le commen- 
cement de la préface ; on y remarque deux grandes initiales riche- 
ment enluminées, le P du Per omnia et le V du Vere dignum. 
Dans la seconde initiale, l'Agneau divin est placé entre les figures 
de l'Eglise et de la Synagogue. Vitrine III. 



XIIP SIECLE 



8. LE LIBER FLORIDUS, de Lambert, chanoine de Saint-Omer. 

Latin 8865. 
Le Liber Floridns est un recueil de textes théologiques et his- 
toriques, qui a été composé au commencement du xii' siècle. 
L'exemplaire original, en partie autographe, est à la Bibliothèque 
de Gand. L'exemplaire de la Bibliothèque nationale doit avoir été 
copié un peu après le milieu du xiii" siècle. Les pages exposées 
contiennent une partie des figures de l'Apocalypse. 

Vitrine III. 

9. LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Sainte-Geneviève, n" 782. 

Exemplaire qui paraît bien être celui que Primat, moine de 
Saint-Denis, offrit à Philippe le Hardi; le frontispice, représentant 
Loffrande du livre au roi, a été reproduit en tête du t. XXIII du 
Recueil des Historiens. Vitrine III. 

jo. LA SOMME LE ROI. 

Français, 938. 
Volume copié en 1294 par Perrin de Falons, orné de quinze 
tableaux, ce texte est accompagné de quinze tableaux sur les huit 
derniers desquels ont été tracées les figures allégoriques des Vices 
et des Vertus. La même suite de peintures se retrouve dans trois 
autres manuscrits de l'Exposition : les n°' 14939 et 958 de la Biblio- 
thèque Nationale (n"' 43 et 136 de ce livret) et le n" 6329 de l'Arse- 
nal. Elle existe aussi dans le ms. 809 de la Mazarine et dans le 
ms, additionnel 28162 du Musée britannique. - — Les ms. 938 et 
14939 nous ont conservé le programme détaillé des sujets que 
l'enlumineur devait traiter. Vitrine IV. 

II. PSAUTIER DE LA SAINTE CHAPELLE, vers 1290. 

Cabinet de M. H. Yates Thompson. 
Manuscrit postérieur à la mort du roi Philippe le Hardi, anté- 
rieur à la canonisation de saint Louis. Vitrine XX. 



12. BREVIAIRE DE PARIS. 



Latin 102 



Manuscrit exécuté peu de temps avant la canonisation de saint 
Louis (1297), à l'usage de la famille royale. Sur le frontispice sont 
représentées deux scènes de l'histoire de David. 

Delisle, Notice de dou^e livres royaux, p. 37. Vitrine IV. 



XIII«-XIV« SIECLE 



i3. PSAUTIER D'ORIGINE ARTESIENNE. 

Latin 10435. 
Ce livre, qui peut dater de la tin du xiii' siècle, renferme un 
grand nombre de petites miniatures dont le sujet est expli- 
qué par des légendes françaises. Sur les marges et aux bouts de 
lignes, il y a beaucoup de blasons, de figures grotesques et de 
croquis de personnages dont les noms sont tracés en caractères 
très fins. Vitrine IV. 

14. LA SAINTE ABBAYE. 

Cabinet de M. Henry Yates Thompson. 

Traité allégorique de dévotion. 

Cet exemplaire était jadis réuni à l'exemplaire de la Somme le 
Roi qui forme aujourd'hui le ms. add. 28162 du Musée britannique. 
Les deux manuscrits n'ont été séparés qu'en cessant d'appartenir 
au comte de Bastard. 

La Sainte Abbaye et la Somme le Roi sont l'œuvre du même 
calligraphe et du même enlumineur. La date peut en être fixée 
aux environs de l'année 1300. 

Reproduction de peintures de la Somme Le Roi dans le grand 
ouvrage du comte de Bastard, dans le Recueil de la Société paléo- 
graphique (pi. 245 et 246) et dans le Recueil de M. Warner. 

Reproduction de peintures de la Sainte Abbaye dans l'ouvrage 
du comte de Bastard et dans le Catalogue illustré de la Bibliothèque 
Didot. Vitrine XX. 

*. LA SOMME LE ROI, copiée en i3ii. 
Arsenal, ms. 6329. (Vitrine A, n" 5). 

i5. LE LIVRE DE DINA ET CALILA, mis en français par 
Raimond de Béziers. 

Latin 8504. 

Exemplaire offert en 13 13 au roi Philippe le Bel. 

Au commencement, grande miniature de présentation, sur la- 
quelle sont figurés Philippe le Bel et toute la famille royale : Louis, 
. roi de Navarre, Charles, comte de Valois, Isabelle, reine d'Angle- 
terre, et les deux jeunes princes qui devaient régner sous les noms 
de Philippe le Long et de Charles le Bel. Sur les deux pages précé- 
dentes sont représentées plusieurs scènes des fêtes qui eurent lieu 
à Paris en 13 13 pour célébrer la chevalerie des fils du roi. 

Journal des Savants^ 1898, p. 158. — Histoire litt. de la France, 
t. XXXIII, p. 192. — La miniaturereprésentant l'hommage du livre au 
roi, est gravée en tête du tome xxii du Recueil des Historiens de la 
France. Vitrine IV. 



10 XIV SIECLE 



16-17-18. VIE ET MIRACLES DE SAINT DENIS. 

Français 2090-2092. 
Cet ouvrage a été composé en latin par Yves, moine de Saint- 
Denis, et présenté au roi Philippe le Long, accompagné d'une 
version française et orné d'un grand nombre de miniatures, chefs- 
d'œuvre de l'art français dans le premier quart du xiv" siècle. 
Le manuscrit doit avoir été exécuté vers l'année 13 17. 

Notices et extraits des manuscrits^ t. XXI, part. II, p. 249. 

Vitrine V. 

19. DERNIERE PARTIE DE LA MEME COMPILATION. 

Latin 13836. 
Exemplaire copié par Guillaume L'Écossais, à la même 
époque, selon toute apparence, mais avec moins de luxe que 
l'exemplaire offert à Philippe le Long. Il est daté de 13 17. 

Vitrine V. 

20. BRÉVIAIRE DE VERDUN, PARTIE D'HIVER. 

Cabinet de M. H. Yates Thompson, 

Très beau volume, exécuté au commencement du xiV siècle 
pour Marguerite de Bar, abbesse de Saint-Maur de Verdun. 
L'illustration en est d'une richesse et d'une variété telles que 
M. Montagne Rhodes James y a trouvé à décrire 741 sujets {Catal. 
des mss. Thompson, série I, p. 148-178). Vitrine XX. 

21. Le tome II de ce Bréviaire (partie d'été) est conservé à la Biblio- 
thèque de Verdun, sous le n° 107. La décoration en est identique 
à celle du tome I ; mais elle est loin d'avoir été achevée. 

Le livre est ouvert au fol. 26, sur lequel on voit dans une initiale 
le fou niant l'existence de Dieu. Dans la marge inférieure de la 
même page l'enlumineur s'est amusé à figurer un lion qui joue du 
violon, et une dame qui fait manger un faucon dans sa main. 

De ces deux volumes doit être rapproché un Pontifical fait 
pour Renaud de Bar, évêque de Metz, de 1302 à 13 16, qui est dans 
la bibliothèque de sir Thomas Brooke, et sur lequel on peut con- 
sulter un Mémoire du Rév. E. S. Dewick, accompagné de planches 
et inséré dans le tome LIV de VArchaeologia ; toutes les peintures 
en ont été reproduites avec une parfaite fidélité dans un beau 
volume que sir Th. Brooke a offert au Roxburghe Club et dont le 
texte est l'œuvre du même Rév. Dewick. Le volume de fac simile 
est placé à côté du manuscrit de M. Yates Thompson (vitrine XX) 
pour montrer que le Bréviaire de Verdun et le Pontifical de Metz 
sont sortis du même atelier. Vitrine IV. 



XIV» SIÈCLE II 

22. LE ROMAN DE FAUVEL. 

Français 146. 
Rédaction amplifiée de ce roman, dont la copie peut avoir été 
faite sous le règne de Charles le Bel. — Plusieurs des miniatures 
sont à rapprocher de celles qui ornent, dans le ms. français 571, 
les vers de Raoul Le Petit, sur les faits etgestes du cheval Fauvel, 
ce représentant du vice et de la perfidie. La peinture du fol. 34 a 
pour sujet un charivari. 

Histoire littéraire de la France, t. xxxii, p. 112 et 146. 

Vitrine VI. 

23. BIBLE LATINE, copiée en jSîj, par Robert de Billyng. 

Latin 11935. 

Au commencement de la Genèse (fol. 5) a été peinte l'initiale I, 
qui occupe toute la hauteur de la page et dans le montant de la- 
quelle sont encadrés huit médaillons quadrilobés. Le peintre y a 
représenté: dans les six premiers, les travaux des six jours delà créa- 
tion ; dans le septième, Notre-Seigneur assis et bénissant ; dans le 
huitième, le calvaire. Les enlumineurs ont fait connaître leurs 
noms dans une note tracée à la fin de l'Apocalypse, en caractères 
d'une extrême finesse : «Jehan Pucelle, Anciau deCeus (ou Cens), 
Jacquet Maci, il hont enluminé ce livre ci. Geste lingne de vermil- 
lon, que vous véés, fu escrite en l'an de grâce MCGC et XXVII, en 
un jueudi darrenief jour d'avril, veille de mai, V" die. » 

La page contenant cette note a été reproduite dans la Notice sur 
dou:[e livres royaux. Vitrine VI. 

24-25. BREVIAIRE DE BELLEVILLE. 

Latin 10283 ®^ 10284. 

Bréviaire suivant l'usage des Frères Prêcheurs, paraissant 
avoir été exécuté avant la canonisation de saint Dominique (1334), 
pour Olivier de Clisson et pour Jeanne de Belleville, femme de 
celui-ci. Il a appartenu à Charles V, à Charles VI, à Richard II, roi 
d'Angleterre et à Jean, duc de Berri. 

Volume de très grand luxe à la décoration duquel ont travaillé 
Jean Pucelle, Ancelet de Cens (ou Cens) et Jaquet Maci. 

Les peintures sont d'un goût exquis. 

Le Bréviaire de Belleville a été beaucoup trop rajeuni quand il 
a été donné comme écrit et peint à la fin du xiv° siècle. (Monu- 
ments et Mémoires de la Fondation Piot^t. m, p. 194.^ 

Une page du calendrier reproduite par H.Yates Thompson, The 
book of liours of Joan II, queen of Navarre, part i, en regard de la 
p. 6. — Trois pages dans la Notice de dou^e livres royaux. 



12 XIV^ SIECLE 



Le premier tome du Bréviaire de Belleville contient une expli- 
cation du programme d'après lequel ont été illustrés les calendriers 
et les psautiers des deux parties de ce Bréviaire. Chaque page du 
calendrier devait être ornée de peintures représentant i" les pro- 
phètes et les apôtres, 2" les prédications de saint Paul, 3° les pro- 
grès de l'Église et la décadence de la Synagogue. Ce programme a 
été suivi pour l'illustration du Bréviaire de Belleville, des Heures 
de Jeanne de France, reine de Navarre, du Très beau Bréviaire de 
Charles V, des Grandes et des Petites Heures du duc de Berri. On 
en voit encore l'application dans un manuscrit espagnol de la bi- 
bliothèquedu baron Jamesde Rothschild: le Bréviaire de Martin le 
Vieux, roi d'Aragon, mort en 1410. Vitrine VI. 

26. ACTES DU PROCES DE ROBERT D'ARTOIS (i332). 

Français 18437. 

La première page du volume est remplie par un grand tableau 
représentant une séance de la cour, que préside le roi assisté des 
pairs. Vitrine VI. 

27. LE MIROIR HISTORIAL DE VINCENT DE BEAU- 

VAIS. 

Traduit par Jean du Vignai. Tome I de l'exemplaire offert par le 
traducteur à Jeanne de Bourgogne, femme du roi Philippe de Va- 
lois, en 1333, Français, 316. 

Le frontispice représentant d'une part saint Louis et Vincent de 
Beauvais, d'autre part la reine Jeanne de Bourgogne et Jean du Vi- 
guai, a été reproduit en héliogravure, dans la G.'n^ctte arche ologi- 
que^ année 1886, pi. 13, 

Un autre exemplaire a été exécuté un peu plus tard pour Jean, 
•duc de Normandie. Le tome I en est conservé à l'Arsenal, n" 5080, 
il est exposé dans la vitrine A, n" i. — Le tome II est à Leyde 
dans la Bibliothèque de l'Université (Codex Vossianus gallicus, 
folio, III, A). Deux pages en ont été reproduites en héliogravure 
dans la Gaiette archéologique, année 1886, pi. 14 et 15. 

Vitrine VI. 

28. HEURES DE JEANNE DE FRANCE, REINE DE 

NAVARRE, vers 1340. 

Cabinet de M. H. Yates Thompson. 

Volume dans lequel il faut remarquer : le calendrier, décoré 

suivant le programme adopté pour le Bréviaire de Belleville ; — 

les bordures tricolores des miniatures ; — une série de tableaux 

représentant divers traits de la vie de saint Louis. — La reine 



XIV SIÈCLE 



13 



Jeanne y est figurée une douzaine de fois. — Sur le fol. 150, on 
voit Philippe de Valois et la reine Jeanne de Bourgogne en prières 
devant les saintes reliques. 

Recueil delà Société paléographique, 2' série, pi. )6. — H.Yates 
Thompson, TJiirty two miniatures front tJie book of Hours of 
Joan II queen of Navarre^ London, 1899, 2 fascicules in-4'', 32 hélio- 
gravures. — Delisle, Notice de dou^^e livres royaux^ p. 78. 

Vitrine XX. 



29. L'IMAGE DU MONDE. 

Français, 574. 

Exemplaire de Guillaume Flote, chancelier de France sous le 
règne de Philippe de Valois. Il a plus tard appartenu au duc de 
Berri, qui a mis sa signature à la fin. Vitrine V. 

30. LA LEGENDE DOREE EN FRANÇAIS. 

Français, 241. 

Volume exécuté à Paris en 1348, fournissant un exemple 
à date certaine du travail des peintres parisiens à la fin du règne de 
Philippe de Valois. On lit ces mots sur le feuillet collé contre le 
premier plat du volume: « Richart de Monbaston, libraire, a fait 
escrire ceste légende des sains en françois, l'an de grâce Nostre 
Seigneur, mil CGC XLVIII ». Le frontispice du fol. 3 représente 
Notre Seigneur sur un fond losange. Vitrine V. 

3i. STATUTS de L'ORDRE DU SAINT-ESPRIT AU DROIT 
DESIR, institué à Naples, en i352, par Louis de Tarente, 
roi de Naples. 

Français, 4274. 

Ce manuscrit est une oeuvre italienne ; nous l'avons compris 
dans l'Exposition comme pièce de comparaison, et parce que 
c'est un monument du règne d'un prince de sang français, Louis de 
Tarente, époux de Jeanne , reine de Naples et comtesse de Pro- 
vence. 

Le frontispice représente le roi et la reine en adoration devant la 
divine Trinité. 

Une reproduction chromolithographique du manuscrit a été 
publiée en 1854 par le comte Horace de Viel Gastel. — Le fac- 
similé du frontispice a été compris par le comte de Bastard dans La 
librairie de Jean, duc de Berry. Vitrine V. 



14 XIV' SIÈCLE 



32. MIRACLES DE NOTRE-DAME, mis en vers par Gautier de 

de Coinci. 

Bibliothèque du Séminaire de Soissons. 

Exemplaire de la première moitié du xiv' siècle, très élégam- 
ment calligraphé et orné de nombreuses miniatures. Les anciens 
inventaires de la librairie du Louvre rappellent que le roi Charles V 
le racheta des Anglais, ce qui autorise à penser que ce fut un des 
volumes tombés au pouvoir des Anglais, avec les bagages du roi 
Jean, à la suite de la bataille de Poitiers, de même qu'une Bible 
française aujourd'hui conservée au Musée britannique (fonds 
royal, 19. D, II), en tête de laquelle on lit ces mots tracés en 
caractères de la fin du xiv° siècle : « Cest livre fut pris ove le roy 
de France à la bataille de Peyters...». 

Le texte et les miniatures de ce manuscrit ont été publiés par 
l'abbé Poquet dans le volume intitulé Les Miracles de la sainte 
Vierge^ traduits et mis en vers par Gautier de Coincy... Paris, 
1857. In 4». Vitrine IV. 

33. FRAGMENT DE LA BIBLE glosée en français par Jean 

de Sy. 

Français 15397. 

Exemplaire original dont la transcription doit être à peu près 
contemporaine de la rédaction rapportée à l'an 1356 par une annota- 
tion mise à la fin de la Genèse. Les tableaux des premiers cahiers 
de ce splendide manuscrit, dont beaucoup sont restés à l'état 
d'esquisse ou d'ébauche, peuvent être étudiés, comme les plus 
remarquables spécimens de la peinture parisienne du milieu du 
xiv^ siècle. 

Samuel Berger, La Bible française^ p. 238 et 358. — Notice du 
comte Durrieu, dans Le Manuscrit^ t. I, p. 93. Vitrine IV. 

34. LIVRE D'HEURES. 

Collection de Madame Jacquemart-André. 

Petit volume très élégant, du milieu du xiv° siècle, fait pour 
une dame, qui est représentée dans plusieurs initiales. Au bas de 
la plupart des pages sont dessinés des musiciens, des animaux, des 
monstres plus ou moins grotesques, etc. Au bas de la première 
miniature après le calendrier, le peintre a figuré un cavalier s'ap- 
prêtant à percer un léopard. On a cru reconnaître les armes de 
Savoie sur l'écu du cavalier et sur la housse du cheval, et on a 
supposé que le livre avait appartenu à une dame de la maison de 
Savoie. 

Joli type du livre d'Heures, tel qu'il a été généralement cons- 
titué depuis le milieu du xiv' siècle. Vitrine IV. 



XIV' SIÈCLE ■ 15 



35. LA VIE DE SAINT LOUIS par Guillaume de Saint-Pathus, 

confesseur de la reine Marguerite. 

Français 5716. 

Exemplaire du milieu du xiv siècle, qui était dans la 
librairie de Charles V. Il est orné de nombreuses minia- 
tures. 

Au fol. 246 V, la Justice de saint Louis. — Le frontispice est 
reproduit dans les Fac simile des livres de Charles V, pi. XIII. 

Vitrine III. 

* MISSEL DU COUVENT DE POISSI. 

Ms. 608 de l'Arsenal. Vitrine A, n" 4. 

36. SECOND VOLUME DE LA BIBLE HISTORIALE. 

Français 5707. 

Volume de grand luxe, copié en 1362, par Raoulet 
d'Orléans et dédié à Charles, alors duc de Normandie 
et dauphin de Viennois. 

Le frontispice du volume est un tableau à quatre compartiments 
et à bordure tricolore : le peintre y a représenté la Sagesse de 
Salomon. 

Sur le feuillet final on voit un petit portrait du dauphin Charles, 
en prières devant une statue de la Sainte Vierge. 

Barbet de Jouy, Notice du Musée des Souverains, p. 61. — S. 
Berger, La Bible française, p. 348. — Biblioth, de V Ecole des 
chartes, 1901, t. LXII, p. 551. — Phototypie de deux pages dans 
les Fac-similé de livres de Charles V. Vitrine IV. 

37. LES DÉCADES DE TITE LIVE, mises en français par 

Pierre Bersuire. 

Bibliothèque de Sainte-Geneviève, n° 777. 

Le frontispice est un grand tableau divisé en neuf comparti- 
ments à bordures tricolores, dans lesquels sont représentées des 
scènes de l'histoire romaine. Le volume est ouvert au fol. 316, de 
façon à faire voir le frontispice de la tierce décade. 

Charles V avait mis à la hn sa signature avec une note attestant 
qu'il avait fait écrire et enluminer ce livre. La signature et la note 
ont été grattées mais on a pu les faire revivre, et la note était ainsi 



i6 CHARLES V 



conçue : « Cest livre de Titus Livius est à nous Charles le cin- 
quième de notre nom et et le fimes escrire et enlumi- 
ner et parfere. » 

Le volume fut envoyé en 1427 par le duc de Bedford à son 
beau-frère le duc de Glocester. Vitrine III 

38. SECOND VOLUME DE LA BIBLE HISTORIALE. 

Français 157. 

Miniatures à bandes tricolores dans des quadrilobes, générale- 
ment sur fond diapré. 

Samuel Berger, La Bible française^ p. 333. Vitrine III 

39. LA BIBLE HISTORIALE. 

Ms. français 20090. 

Très beau manuscrit, dont les miniatures sont bordées de 
bandes tricolores et qui peut dater du commencement du règne de 
Charles V. Il a fait partie de la Librairie du Louvre. Charles VI le 
prêta en 1383 au duc de Berri, qui voulut se l'approprier; mais les 
exécuteurs testamentaires de ce prince le restituèrent à la librairie 
royale. 

Samuel Berger, La Bible française^ p. 360. Vitrine II 

40. PSAUTIER FÉRIAL DE LA CHAPELLE DU ROI. 

Latin 1082. 

Ce volume, écrit sur du fin parchemin, en caractères très régu- 
liers, est orné de petites miniatures bordées de bandes tricolores. 

La liste des anniversaires enregistrés dans le calendrier s'arrête 
au nom de Jehan, roy de France, écrit en lettres d'or. C'est un 
livre écrit au commencement du règne de Charles V. 

Vitrine II 

4J. BREVIAIRE DE PARIS, à l'usage du roi Charles V. 

Latin 1052. 

Les anciens inventaires des mobiliers de Charles V et du duc 
de Berri annoncent ainsi ce manuscrit : « Grand bréviaire entier, 
très noblement escript et très noblement enlumyné et ystorié; — 
Très bel Brevière, escript de bonne lettre de fourme, à l'usaige de 
Paris, bien historié et enluminé. » Le livre méritait bien cette 
pompeuse désignation. 

Il est orné d'environ 200 petites miniatures d'une extrême déli- 
catesse. Deux pages en ont été reproduites dans la Notice de dou^e 
livres royaux, planches XVII et XVIII. Vitrine II 



CHARLES V 



17 



42. LES VOYAGES DE JEAN DE MANDEVILLE. 

Xouv. acq. Français 4515 et 4516. 

La copie des Voyages est suivie d'un traité intitulé « la Preser- 
vacion de epidimie ». C'est un charmant volume que Charles V 
reçut en cadeau de Gervais Chrétien, son premier physicien, 
comme il l'atteste par une note autographe datée de 1371. Le 
frontispice est une miniature en quatre compartiments quadrilobés 
à encadrements tricolores. Le peintre a représenté dans les com- 
partiments supérieurs un lecteur sur sa chaire, et un prince rece- 
vant l'hommage d'un livre ; dans ceux du bas, l'aventure du 
chevalier de l'île de Rhodes et de la fille d'Hippocrate, que Diane 
avait métamorphosée en un grand dragon. 

Ce manuscrit, jadis volé à la Bibliothèque royale, a été coupé 
en deux volumes quand il est entré chez le bibliophile Barrois; il 
a été recouvré par la Bibliothèque Nationale en 1888. 

La première et la dernière page du Voyage sont en phototvpie 
dans les Fac-similé de livres de Charles F, pi. VI et MI. 

Vitrine II 

43. LE LIVRE DE L'INFORMATION DES PRINCES. 

Ms. de Besançon, n" 434. 

Exemplaire daté de l'année 1^72 par une note autographe de 
Charles V. Les miniatures en ont des bordures tricolores. A deux 
endroits, les armes de France, à fleurs de lis sans nombre, y sont 
posées entre deux lions. — Voir plus loin la notice 54. 

Vitrine II 

44. TRADUCTION DU POLICRATIQUE DE JEAN DE 

SALISBURY. 

Français 24287. 
Cette traduction fut faite en 1372 pour Charles V par le fran- 
ciscain Denis FouUechat. Notre manuscrit est peut-être l'exemplaire 
offert au roi, qui sur le frontispice est représenté dans son étude. 

Vitrine VII 

45. LA SOMME LE ROI. 

FVançais 14939. 

Volume copié à Paris en 1373- Il est surtout curieux parce qu'il 
contient le programme d'après lequel le peintre devait exécuter le 
travail. A titre d'exemple voici comment devait être compris le 
tableau symbolisant l'Amitié et la Haine : 



CHARLES V 



« Ci doit avoir une dame en estant qui a non Amistié, qui tient 
un coulon. Et devant elle doit avoir un homme en estant, qui est 
en forme d'omme viel, et a non Hely. — Et dessous la dame doit 
avoir deus personnes qui s'entr'embracent et baisent, qui ont à non 
David et Jonathas. — Et dessous Hely doit avoir un roy qui tient 
une lance et veult ferirun enfes qui tient un satrelium (psaltertum), 
à ses pies. Le roi a non Saii, at li enfant David. » 

Vitrine L 

46. LE RATIONAL DES DIVINS OFFICES de Guillaume 

Durant, traduit en français. 

Français 437. 

Cette traduction du Rational, que Charles V fit faire par Jean 
Golain, fut terminée en 1374, comme nous l'apprend une note 
écrite de la main du roi. Le frontispice représente Jean Golain, 
assis aux pieds du roi, qui ordonne de traduire le Rational ; derrière 
le roi se tiennent debout ses deux fils, le dauphin Charles et Louis 
duc d'Orléans ; de l'autre côté du tableau, le peintre a figuré la 
reine Jeanne de Bourbon, avec ses deux filles, Marie et Isabelle. 
Cette peinture est reproduite en phototypie dans les Fac-similé de 
Livres de Charles F, planche VIII. Vitrine VII 

47. TRADUCTION PAR NICOLE ORESME DES POLITI- 

QUES ET DES ÉCONOMIQUES D'ARISTOTE. 

Cabinet de M. le comte de Wasiers. 

Exemplaire du roi Charles V, copié peu de temps après l'achè- 
vement de la traduction à laquelle Nicole Oresme commença à tra- 
vailler en 1372. 

Il est orné de 17 peintures, dont huit sont encadrées de bordu- 
res tricolores. Celle du fol. 256 est un grand tableau, divisé en six 
compartiments : dans les trois du haut sont les états qui font par- 
tie de la cité : « Gens d'armes, gens de conseil, gent sacerdotale»; 
dans les trois du bas, les états qui ne font point partie de la cité : 
« Cultiveus de terre, gens de mestier, marchans. » 

L'exemplaire des Éthiques qui forme le premier volume de cet 
exemplaire des Politiques et des Économiques est à Bruxelles, 
n" 9505 de la Bibliothèque Royale. 

Delisle, Mélanges de paléographie, p. 26, Vitrine VII 

48. TRADUCTION FRANÇAISE DES PREMIERS LIVRES 

DE VALÈRE MAXIME. 

Français 9749. 
Exemplaire original de la traduction que Simon de Hesdin rédi- 
gea en 1375. 



CHARLES V 



19 



Sur la miniature initiale, on voit, dans le compartiment supé- 
rieur deux scribes occupés à écrire, l'un le texte latin, l'autre le 
texte français ; dans le compartiment inférieur, le traducteur otïrant 
son livre à Charles V. L'écusson du bas de la page est posé entre 
deux lions à très longues queues, du type que nous offretit plu- 
sieurs des volumes exécutés pour Charles V. 

Le frontispice est reproduit en héliogravure dans l'Album pa- 
léographique de la Société de l'Ecole des chartes. 

Vitrine VIII 

49. LE LIVRE DES VOIES DE DIEU (vers iSyS). 

Français 1792. 
Traduction des Visions de sainte Elisabeth, par Jac- 
ques Bauchans. 

Sur la première page est représenté l'hommage du livre à Char- 
les V ; la marge latérale extérieure est ornée des trois écus du roi, 
du dauphin et du duc d'Orléans, Cette page est reproduite dans les 
Fac-similé de Livres de Charles F, pi. III. Vitrine VII 

50. LA CITÉ DE DIEU DE SAINT AUGUSTIN, traduite par 

Raoul de Presles. 

Français 22912 et 22913. 

Exemplaire destiné à Charles V et dont l'exécution peut être 
fixée aux environs de l'année 1376. En tête de la dédicace une mi- 
niature représente le roi recevant le livre des mains du traducteur 
agenouillé et derrière lequel saint Augustin se tient debout. Sur le 
frontispice du premier volume, grande peinture divisée en trois 
registres, sur laquelle on voit en haut la cour céleste, en bas l'en- 
trée de l'enfer, au milieu le culte des payens, celui des Juifs et celui 
des Chrétiens. 

Cette peinture est reproduite en chromolithographie à la fin de 
l'atlas du Cabinet des manuscrits. La première page du texte, en 
phototypie dans les Fac-similé de Livres de Charles V, pi. x. Les 
sujets choisis pour l'illustration de ces deux volumes se retrouvent 
sur un exemplaire du tome II de la traduction de Raoul de Presles 
qui a appartenu au duc de Berri et qui fait aujourd'hui partie du 
cabinet de M. Yates Thompson. On voit aussi les mêmes sujets 
dans un exemplaire du texte latin conservée au Musée britannique 
(addit. 15244 et 15245), qui paraît avoir appartenu à Hugues Au- 
briot, prévôt de Paris, et dont la miniature du premier livre a été 
reproduite par M. 'Warner.(Lllu7ninated Mss.) 

Dans nos deux volumes les armes royales sont tantôt à fleurs de 
lis sans nombre, tantôt à 3 fleurs de lis. Vitrine VIII 



20 CHARLES V 



5i. LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Français 2813. 

Ce magnifique exemplaire des Grandes Chroniques, jadis divisé 
en deux tomes, a dû être écrit vers l'année 1375 par un calligraphe 
qui a continué à copier la suite de l'ouvrage jusqu'en 1379. Les 
peintures se rapportant aux événements antérieurs à l'année 1375 
sont encadrées de bordures tricolores. 

Le frontispice de la seconde partie est formé par la réunion de 
six petits tableaux représentant des scènes de la vie de saint 
Louis. 

En tête de la première partie a été ajouté, après coup, un 
grand tableau représentant, en grisailles, le sacre d'un roi, proba- 
blement celui de Charles VI. 

Le comte de Bastard a fait reproduire (pi. 2=^3 A et B) les pein- 
tures des fol. 3 v" 467 et 467 v": le sacre du roi et deux scènes du 
voyage de l'empereur Charles IV en France. — Le tableau du 
sacre de Charles V reproduit dans les Fac-similé de livres de 
Charles V, pi. XIV. Vitrine IX. 

52. LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Français 10135. 

Exemplaire de la fin du xiv' siècle, dont plusieurs des minia- 
tures sont entourées de bordures tricolores. Sur la dernière page 
la signature du roi Charles VI. Vitrine IX. 

53 LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Cabinet du très noble Marquis de Bute. 

Exemplaire copié à la fin du xiv' siècle, dont beaucoup de 
miniatures sont bordées d'une bande tricolore. 

Au bas de la première page, dans l'espace compris entre la 
dernière ligne du texte et le cadre à feuilles de lierre sont peints 
deux béliers s'élançant l'un sur l'autre et portant au cou, déployée 
en l'air, une draperie aux armes de France; sur la marge latérale, 
trois cygnes. 

Chaque colonne de texte est bordée à gauche d'un filet d'or 
garni de demi-fleurs de lis alternativement d'or et d'azur; les filets 
se terminent en haut par une grande et élégante fleur de lis. 

Ce ms. mérite d'être rapproché des deux exemplaires royaux 
indiqués sous les numéros précédents. 

11 est incomplet d'un certain nombre de feuillets dont plusieurs 
se sont retrouvés dans le ms. Cottonien Vitellius. E. II. 

Vitrine IX. 




Sanvanaud, phot. 




N° 178 du Catalogue 
(2* partie) 



Ga:[ette des Beaux-Arts. 



CHARLES V 21 



54. LE LIVRE DE L'INFORMATION DES PRINCES. 

Cette traduction d'un traité dont nous ne connaissons pas 
l'auteur, est l'œuvre du carme Jean Golein. La copie en fut 
achevée le 22 septembre 1379 par Henri du Trévou, l'un des 
copistes attitrés de Charles V. La première page, ornée d'une 
miniature à bordure tricolore, a été reproduite sur la planche XLI 
de VAlbinn paléographique de la Société de l'Ecole des chartes, et 
sur la pl.'.nche X des Fac-similé de livres de Charles V. Voir plus 
haut la notice 4^. Vitrine IX. 

55. HEURES DE SAVOIE, autrement dites Très belles grandes 

Heures de Charles V. 

Bibliothèque de l'Université de Turin. E. V. 49. 

Volume de grand luxe exécuté pour le roi Charles V et que. 
Charles VI donna à son oncle, le duc de Berri, en 1409, 
époque à laquelle le livre était déjà connu sous la dénomination de 
Heures de Savoie. Il y a lieu de craindre qu'il ait péri dans l'irré- 
parable catastrophe du 21 janvier 1904. 

Nous exposons l'héliotypie d'une page que MM. Carta, Cipolla 
et Frati ont comprise dans leur Atlante paleografico-artistico ^ 
publié en 1899. Cette page contient le commencement de l'Office 
de saint Louis, avec une miniature représentant la translation de la 
Sainte Couronne. 

Le manuscrit était orné d'un grand nombre de miniatures enca- 
drées de bordures tricolores. On y a compté une trentaine de 
petits tableaux, sur lesquels la figure de Charles est parfaitement 
reconnaissable. 

On ne saurait assez déplorer la perte de ces Heures, les plus 
belles probablement qui aient été à l'usage de Charles V. 

Vestibule. 

56. PORTRAIT DU ROI CHARLES V, PAR JEAN DE 

BRUGES. 

Musée Meermanno-Westreenien, à La Haye. 

Ce beau portrait sert de frontispice à la Bible historiale que 
Jean de Vaudetar offrit à Charles V, le 28 mars 1372. Une inscrip- 
tion latine mise en regard du portrait, nous apprend qu'il fut fait 
en 1371 par Jean de Bruges, peintre du roi : « Johannes de Brugis, 
pictor régis, fecit hanc picturam propria sua manu. ». Une réduc- 
tion du portrait en chromolithographie a été donnée dans V Inven- 
taire du mobilier de Charles V (Collection de documents inédits). 



22 CHARLES V 



Le directeur de la Bibliothèque royale de La Haye M. W. G. C. 
Byvank a bien voulu en faire exécuter une photographie destinée 
à notre Exposition. 

Vitrine X. 

57. HOMMAGE DU COMTÉ DE CLERMONT EN BEAU- 

VAISIS, rendu à Charles V par Louis, duc de Bourbon. 

Le registre de la Chambre des comptes qui contenait l'acte de 
cet hommage, avec un dénombrement très détaillé des dépen- 
dances, n'existe plus. Gaignières en avait fait exécuter, par son ser- 
viteur, Barthélemi Rémi, une copie oîi étaient reproduites les vues 
des châteaux et les armes des vassaux ducomte deClermont. Cette 
copie, aujourd'hui ms. français 20882, est ouverte à la page sur 
laquelle est figuré le château de Gournai. En tête du manuscrit 
était un grand tableau réprésentant la cérémonie de l'hommage de 
Louis, duc de Bourbon ; le roi trône au milieu de sa cour; derrière 
lui, se tiennent ses trois frères ; les ducs d'Anjou, de Berri et de 
Bourgogne, ses deux jeunes enfants, le dauphin Charles et Louis, 
le futur duc d'Orléans. Beaucoup de figures, notamment celles du 
roi, doivent être des portraits. Au haut et au bas du tableau sont 
peintes les armes des princes, des grands officiers et des grands 
vassaux. Dans la copie de Gaignières, ce tableau couvrait la page 37; 
mais le feuillet répondant aux pages 37 et 38 a disparu depuis plus 
ou moins longtemps. Nous en avons l'équivalent dans la litho- 
graphie qu'en avait fait exécuter le comte de Bastard, pour former 
la planche I de la Librairie de Jean, duc de Berry. 

Il faut comparer cette lithographie, exposée dans le vestibule 
du rez-de-chaussée, avec la gravure que Montfaucon a publiée dans 
les Monumens de la Monarchie française, t. III, en regard de la 
p. 50. 

Gaignière a fait entrer dans son recueil de Costumes (règnes de 
Charles V et de Charles VI) la copie de plusieurs peintures du 
registre des hommages de Clermont, notamment celles de la pres- 
tation de l'hommage de Louis, duc de Bourbon. Cette pièce est au 
fol. 8 du volume Oa 12 au Déportement des estampes. 

Vitrine I. 

58. LÉGENDE DORÉE EN FRANÇAIS. 

Bibliothèque Mazarine, ms. 1729. 

Exemplaire de la seconde moitié du xiv° siècle. 

Au commencement, grande miniature représentant Notre-Sei- 
gneur et la sainte Vierge, assis sur un long banc, au milieu d'un 
tableau doublement quadrilobé, à bordures tricolores, aux coins 
duquel sont les symboles des évangélistes. 



LE DUC DE BERRI 23 



Au bas de la page, deux lions à longues queues, séparés par un 
espace réservé pour recevoir des armes. 

Il existe au Musée Condé, une Légende dorée dont le frontis*» 
pice est analogue à celui du manuscrit de la Mazarine et dont les 
peintures ont des encadrements tricolores. Si l'un des deux a été 
fait pour Charles V, ce doit être celui de Chantilly, qui est un des 
chefs-d'œuvre de peinture du temps de ce prince. Vitrine X 

59. BIBLE HISTORIALE. 

Français 159. 

Volume orné de 107 miniatures à fonds diaprés, quadrillés, 
fleurdelisés, échiquetés ou losanges. Il fut donné au duc de Berri 
par Raoulet d'Octonville. L'ancien inventaire le dit « écrit de 
lettre française ». 

Berger, La Bible française^ p. 333 Vitrine M, côté droit. 

* AUTRE BIBLE HISTORIALE du duc de Berri. 

Arsenal, ms. 5058. Vitrine B, n" 2. 

60. LE LIVRE DU CIEL ET DU MONDE. 

Français 1082. 
Ouvrage attribué à Aristote, traduit en français par Nicole 
Oresme. — Exemplaire portant la signature du duc de Berri et 
dont la première page est ornée des armes du prince et de la devise 
Le temps vendra attachée à un cygne noir. — Le frontispice, à 
bordure tricolore, représente Notre Seigneurbénissant et montrant 
un médaillon sur lequel sont figurés la terre et la mer, avec une 
banderole chargée de cette légende : Vir insipiens non cognoscet, 
et stîdtus non intelltget hec. Vitrine IX. 

61 . TRADUCTION FRANÇAISE DU LIVREDE BOCCACE: 

DES FEMMES NOBLES ET RENOMMÉES. 

Français 598 
Volume orné de nombreuses peintures, que Jean de La Barre 
donna au duc de Berri en février 1404. Sur le frontispice, Boccace 
offre son livre à une dame attachée au service de Jeanne, reine de 
Naples. Vitrine M, côté droit. 

62. LES COMÉDIES DE TÉRENCE. 

Latin 7907 A. 

Au bas du frontispice, Térence placé au premier plan d'une 

vue de Rome, fait hommage de sa comédie à un magistrat; 

dans la partie supérieure, une représentation théâtrale à Rome. Ce 

livre fut donné au duc de Berri par Martin Gouge, son trésorier 



24 LE DUC DE BERRI 



général, en janvier 1408 ; il est à rapprocher du Térence de la bi- 
bliothèque de l'Arsenal que M. Henry Martin a décrit et qu'il 
a proposé d'appeler le Térence des ducs de Guyenne et de Berri. 

Vitrine M, pan coupé. 

63. RECUEIL DE RELATIONS DE VOYAGES, CONNU 
SOUS LE TITRE DE LIVRE DES MERVEILLES. 

Français 2810. 

Très beau volume, rempli de peintures que Jean sans Peur, 
duc de Bourgogne, donna en 1413 au duc de Berri. L'inscription 
mise en tête du volume par Jean Flamel a été reproduite dans le 
grand ouvrage du comte de Bastard, planche 255 A. 

Voir A. de Champeaux et P. Gauchery, Les travaux d'art exé- 
cutés pour le duc de Berri ^ p. 153. 

Le volume est ouvert au fol. 141 pour laisser voir la peinture 
qui représente Guillaume de Mandeville prenant congé du roi 
d'Angleterre. Vitrine M, côté droit. 

* JOSEPHE. 

Un exemplaire de la traduction de l'Histoire des Juifs, qui avait 
été copié pour le duc de Berri et dont les peintures des premiers 
livres avaient été exécutées par un ou plusieurs des enlumineurs 
de ce prince, est indiqué plus loin, (n" 128), parmi les œuvres de 
Jean Foucquet. 

La librairie du duc de Berri contenait un autre exemplaire de 
l'Histoire des Juifs (peut-être le texte latin), qui est indiqué dans 
les anciens inventaires sous ce titre : « Un livre de Josephas, en 
deux volumes, escript de lettre bien ancienne, dont l'un est histo- 
rié^ au commencement, de la Creacion du monde, de l'ouvrage de 
Lombardie, et l'autre du roi Herode et de plusieurs autres 
images.» 

On voit que cet exemplaire, comme celui qui est enregistré 
plus loin, n" 128, était coupé en deux volumes dont l'un commen- 
çait par un tableau de la Création et l'autre par une image 
d'Hérode. Vitrine M, côté gauche. 

64. PREMIER VOLUME DU ROMAN DE LANCELOT. 

Français 117. 

Volume ayant appartenu au duc de Berri, et plus tard au duc de 
Nemours et aux ducs de Bourbon. Vitrine IX. 



LE DUC DE BERRI 2^ 



65. POESIES DE GUILLAUME DE MACHAUT. 

Français 9221 
Exemplaire du duc de Berri, dans lequel plusieurs morceaux 
sont accompagnés de la notation musicale. Vitrine X. 

66. LA CITE DES DAMES, PAR CHRISTINE DE PISAN. 

Français 607 
Exemplaire revêtu de la signature du duc de Berri. Sur le fron- 
tispice, le peintre a représenté à droite Christine dans son étude, 
et à gauche deux dames travaillant à maçonner les murs de la 
Cité. Vitrine X. 

67. PSAUTIER LATIN FRANÇAIS, copié et enluminé pour 

Jean, duc de Berri. 

Français 1309 1. 
Les figures des prophètes et des apôtres qui sont en tête du vo- 
lume sont de la main d'André Beauneveu, comme l'atteste un 
article de l'inventaire dressé en 1402 : « Un Psautier escript en 
latin et françois, très richement enluminé, où il a plusieurs ystoi- 
res au commencement de la main de maistre André Beaunepveu». 
Dans des inventaires de 1413 et 1416, le nom du peintre est précédé 
du mot feu. (Voir R. de Lasteyrie, Monuments et mémoires de la 
Fondation Piot, t. III, p. 81 et 116 (avec reproduction de 6 minia- 
tures). — La reproduction du saint Pierre est dans Le Manuscrit^ 
t. I, p. 51. Vitrine M, côté droit. 

68. LES GRANDES HEURES DE JEAN, DUC DE BERRI. 

Latin 919. 

Admirable volume, dont l'exécution fut achevée en 1409, sui- 
vant une note de Jean Flamel, Il est ainsi désigné dans un inven- 
taire de l'année 14 13 : « Unes Très grans moult belles et riches 
heures, très notablement enluminées et historiées de grans his- 
toires de la main Jaquemart de Hedin et autres ouvriers de mon- 
seigneur ». Un autre inventaire les indique en ces termes :« les 
Belles grandes Heures de monseigneur qu'on appelle lesTrès riches 
Heures. 

Ce volume, malgré les mutilation qu'il a subies et malgré l'ab- 
sence des grandes peintures qui en ont disparu depuis la fin du 
XV' siècle, est encore un des plus merveilleux livres que le moyen 
âge ait produits. La décoration due en grande partie à Jacquemart 
de Hesdin ne laisse rien à désirer. Les « armes et devises » du 



LE DUC DE BERRl 



duc de Berri, c'est-à-dire les lettres VE enlacées, les ours et les cy- 
gnes, le « mot » LE TEMPS VENRA, y reviennent à chaque page 
au milieu de rinceaux exquis, de papillons, d'oiseaux, de 
quadrupèdes, d'anges, de démons et de figures grotesques 
variées à l'infini. On y remarque au moins cinq portraits du duc 
de Berri. 

Les ours et les cygnes ,qui étaient la « devise » favorite du 
duc de Berri, rappelaient peut-être le nom de OURSINE, de 
même que le chiffre VE pourrait bien avoir été formé de la pre- 
mière et de la dernière lettre du nom URSINE. Ne serait-ce pas le 
nom de la maîtresse qui avait charmé le prince pendant qu'il était 
prisonnier en Angleterre? Ces devises se trouvent si souvent sur 
les livres et les objets d'art du duc de Berri qu'il n'est pas inutile 
d'insérer ici l'explication qui en est donnée dans livre du ciier 
espris attribué au roi René. Le blason de Jean, duc de Berri, atta- 
ché à la voûte de l'hôpital du Dieu d'amour, y est ainsi décrit : 

'< . . .Estoit là ataché ung autre escu d'azur à trois fleurs de lis 
d'or, bordé d'une bordeure de gueulles dentelée, lequel escu si 
estoit adestré d'un cygne blanc navré en la poictrine, et de l'autre 
cousté d'un hours brun et très bien fait et paint bien proprement, 
desoubz lequel estoit en ung rollet escript : 

Jehan duc de Berry suis, ce de vérité saige, 
Qui en tenant prison, et pour mon père ostaige 
Le roy Jehan qui estoit es mains des Anglois pris, 
Je fu si ardemment d'estre amoureux espris 
D'une dame englaische, servante au dieu d'Amours, 
Que vaincu me senty par ses gracieux tours. 
Pour elle prins nng mot, et mis soubz mon escu 
Le cygne blanc navré. Autre mot puis n'y fu. 

Le livre du ciier d'amours espris^ dans Œuvres complètes du 
roiRenc^ éd. de Quatrebarbes, t. III, p. 117. 

Entre autres reproductions de pages des Grandes Heures, on 
peut citer celles qui sont dans les ouvrages suivants: Paléographie 
universelle de Silvestre. — Peintures et ornements des manuscrits 
du comte de Bastard. — Le Manuscrit^ t. II, p. 133 et 147 (article 
de Durrieu). — Monuments et Mémoires de la Fondation Piot^ 
t. III, p. 93 et 102 (article de Lasteyrie). — The book of hours of 
Joan 11^ queen of Navarre^ part I, en regard de la p. 8, (H. Yates 
Thompson). Vitrine M, côté droit 

69. PETITES HEURES DU DUC DE BERRI. 

Latin 18014. 

Ce volume a été souvent cité sous le titre d'Heures de Louis 
d'Anjou; mais quoique les devises du duc de Berri n'y aient pas été 



LE DUC DE BERRI 27 



peintes, il est cependant certain qu'il lui a appartenu et qu'il a été 
décoré par ses peintres, notamment par Jacquemart de Hesdin. 

La miniature représentant saint Louis sur son lit de mort (fol. 
16) reproduite dans la Paléographie universelle de Silvestre. — Les 
miniatures des fol. 183, 206 et 209 v", dans le mémoire de M. Dur- 
rÏQM, Les Miniatures d'André Beauneveu(^Le Manuscrit^ t. I, p. 85, 
88, 90. — Une page et 13 miniaturesdans le mémoire de M. de Las- 
teyrie (tome III des Monuments et Mémoires de la Fondation 
Piot). Vitrine X 

70. LES TRES BELLES HEURES TRÈS RICHEMENT EN- 

LUMINÉES DU DUC DE BERRI. 

Ms. 11.060 de la Bibliothèque royale de Belgique. 
De ce très beau manuscrit dont la décoration a été exécutée 
par Jacquemart de Hesdin, suivant un inventaire de l'année 1402, 
nous exposons dans le vestibule du rez-de-chaussée, la copie des 
deux plus belles peintures : le portrait du duc Jean et l'image de la 
Vierge. La photogravure de ces deux morceaux a trouvé place 
dans l'ouvrage de Dehaisnes, Histoire de V art dans la Flandre, pi. 
VIII et IX ; la Vierge avait été gravée dans le tome I du lat. des mss. 
de la Bibl. royale des Ducs de Bourgogne, publiés en 1844. Vol- 
R. de Lasteyrie, Monuments et Mémoires de la Fondation Piot., 
t. III, p. 84. Vestibule 

71. LES TRES BELLES HEURES DU DUC DE BERRI. 

Tel est le titre donné par un ancien inventaire à l'un des plus 
précieux livres du duc de Berri qui a jadis été coupé en plusieurs 
morceaux. 

Le plus important de ces morceaux est celui qui a été étudié 
par le comte Durrieu dans le volume publié en 1902 sous ce titre : 
Heures de Turin. Quarante-cinq feuillets à peintures provenant 
des Très belles Heures de Jean de France., duc de Berry. 

Aux cahiers du manuscrit de Turin avaient primitivement appar- 
tenu quatre feuillets, aujourd'hui conservés au Musée du Louvre. 
— Ces Heures de lurin ont péri le 21 janvier 1904 dans l'épouvan- 
table catastrophe qui a détruit tant de trésors de la Bibliothèque de 
Turin. Le souvenir de cet incomparable manuscrit restera conservé 
par la publication du comte Durrieu. 

Le deuxième morceau des Très belles Heures se trouve à Paris 
dans une collection particulière. 11 en existe des photographies, li- 
thographies et calques qu'un ancien propriétaire du livre avait fait 
exécuter et qui sont destinées à la Bibliothèque Nationale. Il y en 
a deux pages dans le grand ouvrage du comte de Bastard (pi. 
254). 



28 LE DUC DE BERRI 



Le troisième morceau fait partie de la Bibliothèque du prince 
Trivulce à Milan. 

La phototypie de plusieurs des peintures du premier morceau, 
dont nous avons à déplorer la perte, est exposée dans le vestibule 
du rez-de-chaussée. Sur une des pages il faut remarquer l'un des 
meilleurs portraits que nous possédions du duc de Berri. 

Du deuxième morceau nous exposons également plusieurs des 
copies que l'ancien propriétaire du manuscrit avait fait exé- 
cuter. Vestibule 

72. LES TRÈS RICHES HEURES DU DUC DE BERRI. 

Le manuscrit ainsi dénommé dans un inventaire de l'année 1416 
est celui qui est conservé au Musée Condé et qui constitue l'un des 
plus précieux trésors dont le duc d'Aumale a assuré la possession 
à la France. L'inestimable valeur de ce chef-d'œuvre de la pein- 
ture française au commencement du xv° siècle a été souvent 
signalée, depuis la notice qui en a été publiée, avec quatre hélio- 
gravures, en 1884 dans la Ga:{ette des Beaux-Arts. Elle va être 
mise en pleine lumière dans le volume qui paraîtra prochainement 
à la librairie Pion et dans lequel l'histoire et la description du 
manuscrit seront tracées de main de maître par M. le comte Durrieu 
et accompagnées de la reproduction héliographique des peintures 
par M. Dujardin. 

La partie primitive de la décoration des Très Riches Heures est 
attribuée à Pol de Limbourg et à ses frères par le rédacteur de 
l'inventaire de 1416. Les peintures de la dernière partie du livre 
ont été exécutées pour Charles I", duc de Savoie, très probable- 
par JeanColombe, de Bourges. 

Douze des héliogravures de M. Dujardin sont exposées dans le 
vestibule au rez-de-chaussée. Dix viennent de la partie primitive 
du livre attribuée à Pol de Limbourg et aux frères de ce peintre. 
Les deux autres se trouvent dans la partie du livre dont l'illustra- 
tion paraît avoir été confiée à Jean Colombe. Vestibule 

73. MISSEL ET PONTIFICAL D'ÉTlENNE DE LOYPEAU, 

ÉVÊQUE DE LUÇON. 

Latin 8886. 

Manuscrit exécuté par les artistes du duc de Berri, dont les 
armes sont peintes au bas du premier feuillet et sur la tranche du 
volume. 

Bibliothèque de l'Ecole des chartes^ 1856, 4* série, t. II, p. 152. 
Dans le même recueil, année 1887, t. XLVIII, p. 527, est décrit un 
volume analogue, venu du même Etienne de Loypeau et exécuté 
dans les mêmes conditions, qui fait partie de la bibliothèque du 
chapitre de Bayeux. Vitrine X 



REGNE DE CHARLES VI 



29 



74. LE LIVRE DE BONNES MŒURS, composé en 1410 par 

JACQUES LE GRANT. 

Français 1023. 
Exemplaire du duc de Berri, qui est repre'senté sur le frontis- 
pice et qui a mis sa signature à la fin. — Au fol, 18, figure allégo- 
rique : « Comment ire et haine nuisent à créature ». 

Vitrine M, côté droit 

75. LAI DE FRAGILITÉ, par Eustache Deschamps. 

Français 20029. 

Traduction du De conteniptu mundi^ d'Innocent III. Exemplaire 
orné de miniatures en grisailles, offert en 1583 à Charles VI. 

Œuvres d' Eustache DesehampSy t. II, p. 361, avec le fac-similé 
de deux miniatures, et t. XI, p. iio. Vitrine IX. 

76. LES PELERINAGES DE GUILLAUME 

DE DIGULLEVILLE. 

Français 823. 
Manuscrit copié en 1393 par Oudin de Carnavay. La date est à 
la fin du Pèlerinage de l'âme (fol. 168 V) ; le nom du copiste est 
donné en acrostiche sur la dernière page du volume. — En tête du 
poème, tableau divisé en quatre compartiments quadrilobés, à bor- 
dures tricolores. — Le manuscrit a appartenu à Jean Bourré, le 
conseiller auquel Louis XI accordait toute sa confiance.il est passé 
dans la librairie de Charles VIII, qui a fait ajouter au commence- 
cément un grand frontispice, aux armes royales, avec les mots 
Karolus octavus et un encadrement formé de petits carrés à la 
lettre gothique 5 en forme de 8. Vitrine M, côté droit. 

77. MIROIR HISTORIAL DE VINCENT DE BEAUVAIS, 

traduit par Jean du Vignai. 

Français 312. 

Tome I de l'exemplaire copié vers 1395, pour Louis, duc d'Or- 
léans. 

La miniature de présentation, reproduite en héliogravure dans 
la Ga;^ette archéologique (année 1886, pi. 16), représente les 
même sujets que celle de l'exemplaire offert à la reine Jeanne de 
Bourgogne. Voir plus haut, le n° 27. Vitrine IX. 

78. SECOND VOLUME DE LA TRADUCTION DE LA 

BIBLE, par Raoul de Presîes. 

Français 158. 
Manuscrit de la fin du xiV siècle, avec des miniatures à bordures 
tricolores. Beau frontispice à quatre compartiments quadrilobés. 

Vitrine M, côté droit. 



30 RÈGNE DE CHARLES VI 

* MISSEL DE SAINT-MAGLOIREDE PARIS. 

Arsenal, ms. 623. (Vitrine A, n" 6.) 

MISSEL donné en 1426 à Notre-Dame de Paris. 

Arsenal, ms. 622, (Vitrine A, n" 3.) Vitrine M côté droit 

79. TRADUCTION DE LA CITÉ DE DIEU, par Raoul de 

Presles. 

Français 170 et 171. 
Exemplaire dont quelques miniatures sont encadrées de bor- 
dures tricolores. Vitrine VIIL 

80. SECOND VOLUME DE LA TRADUCTION DE LA 

CITÉ DE DIEU. 

Français 174. 
Exemplaire des premières années du xv' siècle qui, trouvé dans 
les dépouilles du grand maître Jean de Montaigu, fut remis le 
7 janvier 14 10 dans la librairie du Louvre, En tête du volume, 
grand tableau représentant le Christ faisant annoncer par deux 
anges le jugement dernier. Vitrine M, côté droit. 

81. TRADUCTION FRANÇAISE DE LA LÉGENDE 

DOREE, par Jean du Vignai. 

Français 242. 
Fin du XIV* siècle. Le frontispice représente le couronnement 
de la Vierge dans la cour céleste. Vitrine VIII 

82. L'APPARITION DE JEAN DE MEUN, par HONORE 

BONET. 

Français 811. 
Exemplaire offert par l'auteur à Valentine de Milan, duchesse 
d'Orléans, comme on le voit sur la miniature de présentation. 

Vitrine VIIL 

83. HEURES DE LA SECONDE MOITIE DU XIV» SIECLE. 

Latin 10^27. 
En tête, deux miniatures à fond d'or : le Calvaire, la Vierge 
siégeant au ciel à côté de son fils, avec l'inscription : Maria în celis 
assumpta^ en or, sur le fond d'or. Vitrine VIL 



RÈGNE DE CHARLES VI 31 

84. HEURES DE MARGUERITE DE CLISSON. 

Latin 10528. 
Marguerite de Clisson, qui épousa en 1387 Jean de Blois, 
comte de Penthièvre, est représentée sur plusieurs pages de ce 
livre, et notamment au foL 29 v°. Vitrine M, côté droit. 

85. LE ROMAN DE BERTRAND DU GUESCLIN, 

par CUVELIER. 

Cabinet de M. H. Yates Thompson. 

Exemplaire de la fin du xiv' siècle. Orné de nombreuses minia- 
tures. Vitrine XX. 

86. LES HEURES DU MARECHAL DE BOUCICAUT. 

Collection de Madame Jacq.uemart André. 

Volume exécuté vers la fin du xiv" siècle pour le maréchal de 
Boucicaut. Il y faut remarquer la page sur laquelle le maréchal et 
sa femme Antoinette de Turenne, sont représentés à genoux, au 
dessous de l'image de Notre-Dame des Sept Joies. 

Sur cette page, les armes de Poitiers (d'azur à 6 besants d'or et 
au chef de même) et la devise SANS NOMBRE ont été substituées, 
après coup, aux armes et à la devise du maréchal. Le peintre chargé 
d'opérer la substitution a oublié d'eiïacer sur un médaillon les 
trois premiers mots de la devise de Boucicaut : CE Q.UE VOUS 
[VOUDREZ]. 

La Société des Bibliophiles françois a fait reproduire en cou- 
leurs les peintures de ce manuscrit, avec un mémoire dans lequel 
l'ancien possesseur, M. le comte de Villeneuve, a savamment 
établi l'origine de ce précieux volume (Notice sur un manuscrit du 
XIV' siècle : Les Heures Ju marec/ial de Boucicaut. Faris, 1889; 
in-folio). Vitrine M, côté droit. 

87. LA BIBLE MORALISEE. 

Ms. français 167. 

Exemplaire qui est ainsi décrit dans un inventaire de l'année 
1420: «La Bible historiée, escripte en parchemin de lettre déforme, 
en françois et en latin, à quatre colonnes, historiée de blanc et de 
noir, et enluminé d'or et d'azur; en chacun feuillet seize 
histoires ». 

Il n'y a pas moins de 5152 petits tableaux, consistant en simples 
dessins tracés à l'encre et à peine ombrés d'une grisaille légère au 
lavis. C'est un travail de la fin du xiV siècle. 



32 RÈGNE DE CHARLES VI 



Le volume appartenait en 1404 à Philippe le Hardi, duc de 
Bourgogne; il passa plus tard dans la librairie des ducs de Bourbon 
et finit par arriver dans celle du roi. 

Notices et extraits des manuscrits^ YI, p. 107. — His- 
toire littéraire de la France^ t, XXXI, p. 237. — Paulin Paris. Les 
Manuscrits français^ t. II, p. j^-i,. — Durrieu, Le Manuscrit^ 
t. II, p. 114. — De Champeaux et Gauchery, Les Travaux d'art 
exécutés pour le duc de Berry^ p. 138. — Reproduction d'une page 
dans V Album paléographique de la Société de l'Ecole des chartes, 
et de trois pages dans Le Manuscrit^ t. II, p. 87, loi et 113. 

88. BIBLE MORALISÉE. 

Ms. français 166. 

Exemplaire inachevé, du commencement du xv° siècle, identi- 
que pour le texte au ms. 167. La disposition matérielle est la même. 
L'exécution dut en être entreprise par l'ordre de Philippe le Hardi, 
duc de Bourgogne. Les peintures des premiers cahiers rappellent 
le style de l'illustration des Heures du duc de Berri conservées au 
Musée Condé ; on a cru pouvoir les attribuer à Pol de Limbourg 
et à son frère, connus aussi sous les noms de Polequin et Janequin 
Manuel. — La seconde partie du volume n'a reçu les peintures 
dont elle est ornée que vers le milieu du xv' siècle, alors que le 
livre appartenait à un membre de la famille de Poitiers. 

Au commencement de ce volume, grand et magnifique tableau 
en grisaille représentant saint Jérôme. Il a été reproduit dans les 
Notices et extraits^ t. VI, en regard de la page 124, et à la fin de 
l'ouvrage de MM. C. de Champeaux et Gauchery, qui l'apprécient 
à la p. 150. 

Notices et extraits des manuscrits^ t. VI, p. 113. — Hist. litt. de 
la i^r^wt^, t. XXXI, p. 241, — P. Paris, Les mss. jrançois \. II, 
p. 18. — B. Yxo^i^à'àvv?, Archive s hist. artist. et litt.^ 1890-1891, t. II, 
p. 342. — Durrieu Le Manuscrit .^ t. II, p. 120. — De Champeaux et 
Gauchery, Les travaux d'art exécutés pour le duc de Berry^ p. 138. 

Reproduction de deux pages àzns Le Manuscrit^ t. II, p. 117 
et 129. — Quatre des petits tableaux ont été gravés dans la Ga:^ette 
des Beaux-Arts^ 3°" période, t. IV, en regard de la p. 278. 

Vitrine VII. 

89. LIVRE D'HEURES DE LA PREMIERE MOITIÉ DU 

XV^ SIÈCLE. 

Latin 9471. 
Volume exécuté pour un membre de la famille de Rohan, et 
dont la très remarquable illustration est tirée de l'histoire sainte, 
depuis la Création jusqu'à la mort de Moïse. Le sujet des peintures 



RÈGNE DE CHARLES VI 35 



est la concordance de l'Ancien Testament avec le Nouveau. Vo- 
lume venu de la Bibliothèque de La Vallière. 

Une page en est reproduite dans l'opuscule de l'abbé Rive, 
Essai sur Vart de vérifier les miniatures- Vitrine XI. 

90. LIVRE D'HEURES. 

Français 9261. 

Les peintures de ce manuscrit, se rapportant à l'histoire sainte, 
dérivent du même type que celles du ms. latin 9471. 

Vitrine VIII 

91 . GASTON PHŒBUS, COMTE DE FOIX. LE LIVRE DE 

LA CHASSE. 

Français 619, 

Exemplaire de la fin du xiv* siècle, ou du commencement du 
xv", orné de peintures en camaïeu, aux armes du comte de Foix. — ■ 
Au fol. 57. '< Comment on doit aler lessier coure pour le cerf. » 

Vitrine VIL 

92. GASTON PHŒBUS, COMTE DE FOIX. LE LIVRE DE 

LA CHASSE. 

Français 616. 

Exemplaire du commencement du xv' siècle, aux armes de la 
famille de Poitiers. Sorti de la Bibliothèque du roi au commence- 
ment du XVIII' siècle, il a été réintégré en 1848 dans nos collec- 
tions. 

Belles et très nombreuses peintures représentant des scènes de 
chasse. 

A. de Champeaux et P. Gauchery, Les travaux d'art exécutés 
pour le duc de Berry, p. 152. Vitrine M, côté droit. 

93. TITE LIVE EN FRANÇAIS. 

Français 259. 
Enorme volume, copié au commencement du xv* siècle, orné de 
grandes peintures en tête de chaque décade (fol. i^, 2=^3 et 466), et 
de petites en tête de chaque livre. 

Vitrine M côté droit. 

94. TRADUCTION DU LIVRE DES PROPRIÉTÉS DES 

CHOSES, DE BARTHELEMl L'ANGLAIS, faite en 
1 371 , par Jean Corbichon pour le roi Charles V. 

Français 16993. 
Exemplaire un peu postérieur à la date de la traduction ; le ta- 
bleau du frontispice est divisé en quatre compartiments quadrilo- 



34 RÈGNE DE CHARLES VI 



bés, à bordures tricolores, dans le dernier desquels est représente 
l'hommage du livre fait au roi par le traducteur. On ne saurait affir- 
mer que ce soit l'exemplaire offert au roi. La même disposition du 
frontispice se trouve dans quatre autres exemplaires du même ou- 
vrage : les n"' 216, 22533 ^^ 22534 du fonds français et un manuscrit 
qui était en 1903 dans la librairie de M. Olschki, à Florence. Les 
encadrements tricolores se voient sur les m. s 16993 ®^ ^^534, ainsi 
que sur l'exemplaire de M. Olschki. 

Vitrine XL 

95. LE MÊME OUVRAGE. 

Français 216. 
Très belles peintures. Les sujets du frontispice sont les mêmes 
que ceux du ms. 16993, mentionné dans l'article précédent. L'exé- 
cution peut dater du commencement du xV siècle. 

Vitrine XI. 

96. LE MÊME OUVRAGE. 

Français 22531. 
Exemplaire du commencement du xv' siècle. Sur la première 
page, miniature représentant l'hommage du livre au roi; les marges 
de cette page sont couvertes d'une suite de neuf petits tableaux 
dont les sujets sont tirés du commencement de la Genèse. En re- 
gard de cette page ont été ajoutées, après coup, les armes deRoche- 
chouart. 

Vitrine XI. 

97. LA FLEUR DES HISTOIRES DE LA TERRE D'ORIENT 

par Hayton. 

Français 12201. 
Exemplaire vendu en 1403 à Philippe le Hardi, duc de Bourgo- 
gne, par Jacques Raponde. 

Notice du comte Durrieu, dans Le Manuscrit^i. II, p. 179, avec 
reproduction de la miniature dufol. 10 v" {ibid.^ p. 171). 

Vitrine M, côté droit. 

98. LE LIVRE DES CLÈRES FEMMES, traduit du latin de 

Boccace. 

Français 12420. 
Volume orné de 107 miniatures, que Jacques Raponde donna 
en 1403, comme cadeau d'étrennes à Philippe le Hardi, duc de 
Bourgogne. Ce volume a dû être copié en 1402. 

Le comte Durrieu, dans Le Manuscrit^ t. II, p. 167 et 168, avec 
reproduction des miniatures des fol. 18 v" et 20 v° {ihid.^ p. 161 et 
165). 

Vitrine XII. 



RÈGNE DE CHARLES VI 35 

99. TRADUCTION DU LIVRE DE BOCCACE : CAS DES 
HOMMES ET DES FEMMES ILLUSTRES. 

Français 226. 
Volume orné de nombreuses peintures. Celle du fol, 6 v°, 
représente quatre scènes de l'histoire des premiers parents : la 
création d'Eve, les recommandations de Dieu à Adam et iive, la 
tentation du serpent, l'expulsion du paradis terrestre. 

Vitrine XIL 

]oo. AUTRE EXEMPLAIRE du même ouvrage. 

Français 127. 
Ce volume paraît avoir été fait pour Jean de Daillon, gouver- 
neur du Dauphiné sous le règne de Louis XI, 

Vitrine M, côté droit. 

ICI. ŒUVRES DE CHRISTINE DE PISAN. 

Français 603. 
Exemplaire du commencement du xv* siècle. Au fol. 81 v°, 
miniature représentant Catherine de Pisan écrivant le livre de 
Mutation de fortune. 

Vitrine XII. 

102. POÉSIES DE CHRISTINE DE PISAN. 

Français 836. 
Exemplaire du commencement du xv' siècle, en tête duquel est 
représentée Christine offrant son livre à la reine Isabeau de 
Bavière, 

Vitrine XII. 

jo3. L'AIGUILLON D'AMOUR DIVIN, par saint Bonaventure, 
traduit par Simon de Courci. 

Français 926, 
Volume que Marie de Berri, fille du duc Jean, fit écrire en 1406 
par son confesseur, frère Simon de Courci, cordelier. — La prin- 
cesse y est représentée en prières devant la Vierge, 

Vitrine XIII. 

104. DIALOGUE DE CHARLES VI ET DE PIERRE 

SALMON, J409. 

Français 23279. 
Au fol. 53, bon portrait du duc de Berri, Edition accompagnée 
de fac-similé, donnée en 1833 par Crapelet, sous ce titre: Les 



36 RÈGNES DE CHARLES VI ET DE CHARLES VH 

Demandes faites par le roi Charles VI touchant son état et le gou- 
vernement de sa personne, avec les réponses de Salmon. 

Voir Moranvillé, La Chronique du Religieuxde Saint-Denis, 
dans la Bibliothèque de T Ecole des chartes, t. L, p. lo, et A. de 
Champeaux et P. Gauchery, Œuvres d'art exécutées pour le duc 
de Berry, p. 144. 

Vitrine M, côté droit. 

io5. LA BIBLE HISTORIALE. 

Français 163. 
Exemplaire aux armes de Montmorency-Laval, copié à Cha- 
teaubriant en 14 17. — Il a appartenu à un membre de la famille de 
Derval. 

Vitrine XIII. 

106. BRÉVIAIRE SUIVANT L'USAGE DE L'ÉGLISE DE 
SALISBURY. 

Latin 17294 

Volume de 711 feuillets, dont la décoration n'a pas été achevée; 
dans l'état actuel, elle consiste en 45 grands tableaux et en 
4300 petits disposés sur les marges, à raison de quatre ou cinq sur 
chaque page. 

Les grandes peintures sont d'une très remarquable exécution; 
les petites sont d'une qualité inférieure. 

Ce livre a été fait en France pour Jean, duc de Bedford, dont 
les armes sont peintes à plusieurs endroits. Sur le fol. 103, ces 
armes sont accolées à celles de Luxembourg, ce qui prouve que le 
travail de décoration n'était pas encore achevé en 1433, date à la- 
quelle le duc épousa sa seconde femme Jacqueline de Luxem- 
bourg. 

Ce beau manuscrit a jadis fait partie de la Bibliothèque du col- 
lège des Jésuites à Lyon, d'oià il passa chez le duc de La Vallière. 
A la vente des livres de ce riche amateur, il fut acheté 5000 livres 
pour la Bibliothèque du roi. 

Deux des peintures représentent: l'une, l'adoration des mages, et 
l'autre sainte Anne, avec les trois Marie, ont été gravées dans 
l'opuscule de l'abbé Rive. Essai sur Vart de vérifier les minia- 
tures. 

Catalogue des Livres du duc de La Vallière, i" partie, 1. 1, p. 273. 
— Article de Vallet de Viriville dans la Galette des Beaux- 
Arts, année 1866. — A. de Champeaux et P. Gauchery. Les œuvres 
d'art exécutées pour le duc de Berry, p. 160. 

Du Bréviaire du duc de Bedford doit être rapproché le Livre 
d'Heures du même prince, qui a été exécuté par les mêmes artistes 
et dont la décoration est tout à fait analogue. Composé de 289 



RÈGNE DE CHARLES VII 57 



feuillets, il se conserve au Musée britannique, où il est entré en 
1852 et où il porte le n" 18850 du fonds additionnel. On croit qu'il 
a été fait à Paris, en 1423, à l'occasion du mariage du duc de Bed- 
ford avec Anne, fille de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne; la 
duchesse Anne l'offrit à Henri VI, roi d'Angleterre, aux fêtes de 
Noël 1430, qui furent célébrées à Rouen, Le livre passa sans doute 
en Angleterre-, mais il revint en France au xvi* siècle, et il appar- 
tint au roi Henri II. 

Les fol. 96 et 258 v" de ce beau manuscrit ont été reproduits 
dans le recueil de la Société paléographique (i'" série, n"* 172 et 173), 
le premier représente la faute et le repentir de David; le second. 
le duc de Bedford en prières aux pieds de saint Georges. La page 
qui contient l'image de saint Marc se trouve chromolithographiée 
dans le recueil de Warner. 

Vitrine M, côté gauche. 

107. LES APHORISMES D'HIPPOCRATE, avec le commentaire 
de Galien. 

Français 24246. 

Traduction faite en 1362 par Martin de Saint-Gilles. Exemplaire 
copié à Rouen, en 1429-1430, par les soins de Jean Tourtier, chi- 
rurgien du duc de Bedford. Les marges de plusieurs pages sont or- 
nées des insignes de ce prince : des racines, l'antilope, l'aigle por- 
tant une couronne ; au coin les devises : A vous entier, — feu suis 
contente. 

Vitrine XIII. 

[08. LA MER DES HISTOIRES DE JEAN DE COLONNE. 

Latin 491s. 

Exemplaire dans lequel les initiales de presque tous les chapi- 
tres sont aux armes de la famille des Ursins. Sur le frontispice, 
on voit la cour céleste, au dessous de laquelle sont représentés 
en prières deux membres de la famille des Ursins, un prélat et un 
chevalier. La splendeur de ce manuscrit, dans lequel le nombre 
des miniatures'est très considérable, fait songer à ce Missel de Jac- 
ques Jouvenel des Ursins, qui a misérablement péri en 1871, dans 
l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris. Le frontispice (fol. 21) est 
à rapprocher du tableau du Musée du Louvre où sont représentés 
Jean Jouvenel et Michelle de Vitry, avec leurs onze enfants. 

A. de Champeaux et P. Gauchery, Les Œuvres d'art exécutées 
pour le duc de Berry, p. 157. 

Vitrine M, côté gauche. 



REGNE DE CHARLES VII 



109. CEREMONIAL DES GAGES DE BATAILLE. 

Français 22')8. 
Manuscrit du milieu du xV siècle, dans la première initiale 
duquel sont les armes de Bretagne, 

Crapelet, Cérémonies des gages de bataille^ Paris, 1830, in-8" ; 
avec la reproduction des miniatures. — Il existe des épreuves des 
dix premières pages d'une reproduction en fac-similé que le comte 
de Bastard avait entrepris de publier. — Durrieu, Un grayid enlu- 
mineur parisien^ p. 25 et 71. 

Vitrine XIY. 

* LES DOUZE PÉRILS D'ENFER. 

Exemplaire de la reine Marie d'Anjou. 
Ms. de l'Arsenal, 5207. (Vitrine B, n" 3). 

110. ARMORIAL D'AUVERGNE, DE BOURBONNAIS ET 

DE FOREZ, dédié à Charles Vil, par le Hérault Guillaume 
Revel. 

Français 22297. 
Il contient les vues d'un certain nombre de villes et de châteaux 
d'Auvergne, de Bourbonnais et de Forez. 

Vitrine XV. 

m. LIVRE D'HEURES D'ISABELLE STUART, 
DUCHESSE DE BRETAGNE. 

Latin 1369. 
Volume écrit vers l'année 1441. — Sur les fol. }% et 56 sont 
peints le portrait d'Isabelle Stuart et celui de son mari François 1""', 
duc de Bretagne. 

Vitrine XIV. 

112. HEURES DE L'AMIRAL PRIGENT DE COÈTIVY. 

Cabinet de M. Yates Thompson. 

Volume orné de 148 miniatures d'un très bon travail. Sur beau- 
coup de pages se voient peintes les armes et les devises de l'ami- 
ral de Coëtivy, mort au siège de Cherbourg en 1450. Les devises 
sont : Dame sans per et Hélas ! Belle merci. 

Delisle, dans Bibliothcque de V hcole des chartes., 1900, t. LXl, 
p. 186. — S. C. Cockerel, dans Catalogue des mss. Thompson., 
seconde série, p. 238 

Vitrine XX. 



RÈGNE DE CHARLES VII 39 



11 3. MISSEL ROMAIN, à l'usage du cardinal Alain de Coëtivy, 

mort en 1 474. 

Latin 848 
Au fol. 272, petites miniatures représentant la mort et le cou- 
ronnement de la sainte Vierge. 

Vitrine M, côté gauche. 

114. LIVRE D'HEURES A L'USAGE DE PIERRE 11, DUC 

DE BRETAGNE. 

Latin 11^9. 
Ces Heures ont dû être écrites vers l'année 14'^'y. Le duc y est 
figuré sur le fol. 23. La plus curieuse des miniatures est celle du 
fol. 160 V", qui représente le Mont-Saint-Michel, peinture à rappro- 
cher de celle qui est dans les Heures du duc de Berri, conservées 
au Musée Condé à Chantilly. 

Vitrine XIV. 

ii5. HEURES DU BATARD D'ORLEANS, JEAN, COMTE 
DE DUNOIS. 

Cabinet de M. H. Yates Thompson. 

Volume exécuté en France, vers 1440 (?). Parmi les miniatures, 
il faut remarquer celle du fol. 22 v% qui représente le bâtard 
d'Orléans en prières. C'est de cette peinture que dérive le portrait 
de Dunois qu'a fait graver Montfaucon et qui a été souvent repro- 
duit. 

Catal. des ms. Thompson^ série I, p. 49. 



Vitrine XX. 



116. HEURES DE JACQUES CŒUR. 



Bibliothèque royale de Munich, ms. latin 10103. 

L'importance de ce très curieux manuscrit nous a été révélée 
en 1902 par le D"^ Franz Boll, qui lui a consacré une excellente 
notice dans le Bncherfreunde du mois de mai 1902. 

Au jugement de M. Boll, les Heures de Jacques Coeur peuvent 
prendre place à côté et un peu au-dessous de celles d'iitienne 
Chevalier, avec lesquelles elles ont plus d'un point de contact. 
M. le comte Durrieu, sur le vu des fac-similés joints à la disserta- 
tion de M. Boll, est porté à croire que l'un des peintres qui ont 
travaillé à les illustrer était ce Jean Colombe, de Bourges, que 
nous savons avoir été employé par le duc de Savoie et auquel sont 



40 XV-^ SIECLE 



attribuées les peintures ajoutées en dernier lieu aux Heures du 
duc de Berri conservées à Chantilly. 

Parmi les tableaux qui donnent à ce petit volume une valeur 
exceptionnelle, il faut citer celui du fol. 15 v" : portrait de Jacques 
Cœur, avec la devise yl cuer vaillant riens inpossible, et celui qui 
couvre en entier deux pages (fol. 148 v° et 149 recto) : vue très 
exacte de l'hôtel de Jacques Cœur, tel qu'il existe encore aujour- 
d'hui à Bourges. 

Voici les sujets des autres pages, dont la photographie est 
exposée : la Visitation, la Nati^'ité, l'Annonce de la nativité aux 
bergers, l'Adoration des mages, le Retour d'Egypte, la Présentation 
au temple, la Vierge et l'enfant divin, la Résurrection de Lazare, 
le Calvaire, la Descente du Saint Esprit. 

Vestibule. 

117. HEURES DU BON ROI RENÉ D'ANJOU. 

Latin 1 156 A. 

Mauuscrit exécuté vers l'année 1440 (?) 

Beaucoup d'initiales renferment un écusson tiercé de Jérusalem, 
d'Anjou-Sicile et d'Anjou moderne. ■ — Sur les encadrements de 
beaucoup de pages on a peint des aigles, avec de doubles croix 
d'or couronnées, des chausse-trappes et des voiles blanches por- 
tant en bleu la devise EN DIEU EN SOIT. — Au fol. 81 v". 
portrait de René, et au fol. 61, celui de Louis II, duc d'Anjou, 
père de René, qui a été ajouté après coup dans le manuscrit. Les 
deux portraits sont photogravés dans la Galette archéologique 
(année 1886), pour illustrer une notice de M. Bouchot; le portrait 
de René est dans la Revue de Fart ancien et moderne^ t. XV, 
p. 175. 

Vitrine M, côté gauche. 

118. LIVRE D'HEURES DU BON ROI RENÉ D'ANJOU, 

Latin 17332. 
Ce manuscrit a été exécuté vers 1470, après le mariage de René 
avec Jeanne de Laval. Les initiales du nom des deux époux (R. J.) 
se voient sur les marges et dans beaucoup d'initiales. Les armes de 
René ornent l'initiale de l'Office de la Vierge (fol. 16), en regard 
d'un tableau représentant la Vierge, qui a été gravé dans la Galette 
des Beaux-Arts^ 2" période, t. XXX. p. 369. C'est la seule grande 
peinture qui ait été faite dans ce volume, où beaucoup de pages ont 
été laissées en blanc pour le travail du peintre. 

Vitrine M, côté gauche. 



XV« SIÈCLE 41 

118 bis. LETTRES D'ANOBLISSEMENT délivrées par le roi 
René à Jehannot Roy, d'Aix, le 22 mars 1476. 

Bibliothèque Méjanes. 
L'initiale de ces lettres est enluminée aux armes et à la devise 
de René. 

Dans le vestibule. 

119. PSAUTIER DE JEANNE DE LAVAL, femme du bon roi 
René d'Anjou. 

Bibliothèque de Poitiers, n" 41. 

En tête du livre, après le calendrier, sur le recto de dix feuil- 
lets, sont peintes avec beaucoup d'élégance, les principales 
scènes de la Passion. 

Vitrine M, côté gauche. 

J20. LE ROMAN DE TROILLE ET DE CRISEIDA, copié en 
1455 et 1456, par Pierre d'Amboise, pour Marie de Clèves, 
duchesse d'Orléans. 

Français 25528. 
Volume orné de peintures en grisailles. Les armes et la devise 
de Marie de Clèves : Riens ne m'est plus, sont peintes sur le fron- 
tispice. 

Vitrine XV. 

I2J. CHRONIQUE DE JEAN DE COURCl. 

Français 2685. 

Exemplaire de l'échevinage de Rouen, copié en 1457. Le 
feuillet 159, exposé, représente la fondation des villes de Venise, 
Sicambre, Carthage et Rome. — Sur les marges, sont les armes de 
France, de France écartelé de Dauphiné, de Berri (France à la 
bordure de gueules), de Normandie et de Rouen. 

Le Cabinet des manuscrits, t. i, p. 546. 

Vitrine XIV. 

122. LES MIRACLES DE NOTRE-DAME, traduits par Jean 
Miélot, seconde partie. 

Français 9199. 
Volume copié vers l'année 1456, pour être offert à Philippe le 
Bon, duc de Bourgogne. Il est orné de 67 peintures en camaïeu, 
dont plusieurs sont de véritables chefs-d'oeuvre ; M. le comte 



42 REGNE DE CHARLES VII 

Durrieu a proposé de les attribuer à un peintre français, Philippe 
deMazerolles. Cet artiste aurait travaillé dans un atelier de Bruges, 
d'où sont sortis de beaux manuscrits des bibliothèques de Philippe 
le Bon et du grand bâtard de Bourgogne. 

Le texte dums. 9199 paraît avoir été servilement copié sur un 
manuscrit de la même époque qui est aujourd'hui à Oxford, dans 
la bibliothèque bodléienne, et dont les 248 pages ont été reproduites 
en autotypie, pour le Roxburghe Club, aux frais de M. John Mal- 
colm, avec une savante introduction de M. George F. Warner: 
Miracles de Notre-Dame, collectcd by Jean Mielot (Westminster, 
1885 ; in-fol). Cette reproduction est placée à côté du ms. 9199. 

Vitrine XVI. 

123. MIRACLES DE NOTRE-DAME, traduits par Jean Miélot, 

première partie. 

Français 9198. 

Volume dont la transcription a été achevée à La Haye, en Hol- 
lande, le 10 avril 1456. Il est depuis longtemps juxtaposé au ms. 
9199, comme pour en former le tome premier. Il est orné de 
58 tableaux en camaïeu, dont deux, représentant l'étude de Jean 
Miélot et l'hommage du livre au duc de Bourgogne, sont repro- 
duits dans la publication dédiée au Roxburghe Club. 

Vitrine XVI. 

124. HEURES DE LOUIS, DUC DE SAVOIE, vers 1455. 

Latin 9477. 

Les armes de Savoie et la devise Fert montrent que ce livre 
vient de la maison de Savoie. Parmi les jolies miniatures qui ornent 
le livre, on remarque celle du fol. 77 : cortège de dames parées, 
dont plusieurs sont des musiciennes. 

Mugnier, Les manuscrits à miniatures de la Maison de Savoie 
(Moutiers, 1894), p. 79 et suiv. Ce savant y a reconnu des vues de 
plusieurs localités de la Savoie. — Le Manuscrit, t. II, p. 26. 

Vitrine XV. 

I 26 *>. LE LIVRE DES MERVEILLES ET DIVERSITÉS DE CE 
MONDE, selon Solin, Gervaise et Plinius, translaté de latin 
en français. 

Cabinet de M. H. Gallice (jadis n" 148 du fonds Barrois). 



(i) Le n° 125 avait été réservé pour un manuscrit qui n'a pas été envoyé. 



JEAN FOUCQUET 43 



Ce manuscrit copié au xv'' siècle est orné de 57 miniatures. 
Celle du chapitre XIII, relative à la Crète, représente les inventions 
dont la légende faisait honneur aux Cretois. 

La Bibliothèque Nationale possède un exemplaire du même 
ouvrage, que le comte de Béthune avait fait relier en trois volumes 
(ms. français 1^77-1379). 

Vitrine XVI. 

127. LIVRE D'HEURES. 

Cabinet de M. Tancrède de Scitivana de Greische. 
Ecriture et miniatures du milieu du xV siècle. 

Vitrine XVI. 



L'ŒUVRE DE JEAN FOUCQUET 



J28. LES ANTIQUITES JUIVES DE JOSEPHE, ILLUS- 
TRÉES PAR JEAN FOUCQUET. 

Français 247. 

Des quatorze grandes histoires qui ornent cet incomparable 
volume, les trois premières sont des artistes qui travaillaient pour 
le duc Jean de Berri, et les autres « de la main du bon paintre et 
enlumineur du roi Louis XI, Jean Foucquet, natif de Tours ». C'est 
ce que nous apprend une note ajoutée à la fin du volume par 
François Robertet, secrétaire de Pierre de Beaujeu, duc de Bour- 
bon. Cette note est la base de tout ce qu'on a écrit depuis un 
demi-siècle sur le plus illustre des peintres français du temps de 
Charles VII et de Louis XI, et ce sont les peintures du Josèphe 
qui ont permis de reconnaître les autres oeuvres qu'on peut légiti- 
mement lui attribuer. Les onze tableaux, dont la place était restée 
en blanc à la mort du duc de Berri, ont été exécutés, une quaran- 
taine d'années plus tard, par Foucquet, pour un arrière petit-fils 
du duc de Berri, Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. C'est un 
travail dont tous les critiques s'accordent à proclamer la perfection 
et dont la reproduction chromolithographique, publiée par Curmer 
{^Œuvres de Jehan Foucqttet, Paris. 1 866-1 867), donne une idée 
très imparfaite. 

Le comte de Bastard, qui a le premier apprécié à sa valeur le 
talent de Foucquet (dans Les Manuscrits françois de Paulin 
Paris, t. II, p. 265), a fait reproduire dans son grand ouvrage \k 
première peinture, œuvre d'un des enlumineurs du duc de Berri, et 



44 JEAN FOUCQ.UET 



cinq des peintures de Jean Foucquet : la prise de Jéricho, l'annonce 
à David de la mort de Saûl, le temple de Salomon, la captivité des 
tribus d'Israël et la fin de cette captivité par l'ordre de Cyrus. 

Entre autres travaux relatifs au manuscrit et à l'œuvre de 
Foucquet en général, il faut citer les publications suivantes : 

Œuvres de Jehan Foucquet, 'çnhW.ée.s par Curmer, Paris, 1866- 
1867. — A, de Champeaux et P. Gauchery, Œuvres d'art exécutées 
pour le duc de Berry^ p. 155. — Articles de H. Bouchot, dans la 
Ga^^ette des Beaux-arts, 3° période, t. IV, et dans la Revue de Vart 
ancien et moderne, année 1903, 



Vitrine M, côté gauche. 



129. MÊME OUVRAGE, t. 11. 



Le tome II du Josèphe de Fouquet passait pour perdu depuis 
longtemps, quand il a été reconnu par M. Henry Yates Thompson 
dans une vente faite à Londres en 1903. Le célèbre bibliophile 
s'en est rendu acquéreur. 

Malheureusement il ne subsiste plus qu'une des treize histoi- 
res qui décoraient ce volume : le tableau représentant l'entrée 
d'Hérode à Jérusalem. M. Thompson l'a fait reproduire en hélio- 
gravure, et a placé à côté l'héliogravure d'une des peintures du 
tome I, celle qui représente la prise de possession du Temple par 
Pompée. Le rapprochement des deux pages suffit pour démontrer 
avec évidence que les deux tableaux sont dus au même artiste. Le 
fascicule in-folio qui contient les deux héliogravures est intitulé : 
Fac similes of two Histoires by Jean Foucquet froni vols. I and II 
of the Anciennetés des Juifs (Privately printed, London 1902). Cf. 
Journal des Savants, mai 1903). Vitrine XX. 

iS©. LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Français 6465. 

Grand volume, dont une partie des peintures est attribuée a 
Jean Foucquet. La date en est incertaine ; il peut appartenir à la 
première moitié du règne de Louis XI. C'est probablement à tort 
qu'on a appliqué au ms. 6465 un texte, assez vaguement cité, rela- 
tif à un exemplaire dont la copie aurait été commandée par 
Charles VII en 1458 à Jean Donier, maître es arts, et à Noël 
Frebois. (Galette des Beaux-Arts, y période, t. IV, p. 418.) 

Au fol. 89 v", tableau du couronnement de Charlemagne. Sur ce 
tableau, voir un mémoire du comte Paul Durrieu dans les Mélan- 
ges G. B. de Rossi, de l'Ecole française de Eome, 1892. — La mi- 
niature de l'entrée d'un roi à Paris est gravée dans la Ga:{^ctte des 
Beaux-Arts, y période, t. IV, p. 418. 

Vitrine M, côté gauche. 



JEAN FOUCQ.UET 45 



i3i. FEUILLET DETACHE DES HEURES D'ETIENNE 
CHEVALIER, ILLUSTRÉES PAR JEAN FOUCQUET. 

Nouv. acq. lat. 1416. 

Ce feuillet, dont la Bibliothèque Nationale doit la possession à 
la clairvoyance de feu Georges Duplessis et à la libéralité de M. le 
duc de La Trémoïlle, contient une miniature représentant sainte 
Anne et les trois Maries avec leur famille. Il s'ajoute aux 40 feuil- 
lets recouvrés par le duc d'Aumale et qui sont maintenant bien 
connus, grâce aux chromolithographies de Curmer, et mieux encore 
grâce à la publication de M. Gruyer: Chantilly, Notices des pein- 
tures. Les Quarante Fouquet (2' édition), 1900, in-4''. 

Deux des feuillets de Chantilly ont encore été reproduits en 
héliogravure par Dujardin, pour prendre place dans le tome I du 
Catalogue des manuscrits du Musée Condé. Ces héliogravures sont 
exposéees dans le vestibule du rez-de-chaussée. 

Sur le feuillet de la Bibliothèque Nationale, on peut voir une 
notice du comte Paul Durrieu, publiée avec fac-similé, en 1881, 
dans le Bulletin de la Société des antiquaires de France. 

On s'est peu occupé en France d'un petit livre d'Heures 
d'Etienne Chevalier qui est au Musée britannique (addit. 16997). — 
Reproduction en noir de deux miniatures dans le recueil de la 
Société paléographique, 2° série, pi. 116); une autre est donnée 
en couleurs dans le recueil de Warner. 

Vitrine M, pan coupé, 

j32. STATUTS DE L'ORDRE DE SAINT-MICHEL. 

Ms. français 198 19. 

Le frontispice représente Louis XI tenant un chapitre de l'ordre 
de Saint-Michel. M, Durrieu a développé les arguments qui auto- 
risent à attribuer cette remarquable peinture à Jean Foucquet. Il a 
identifié comme il suit les personnages qui sont debout, rangés à la 
droite du roi : le hérault Montjoie, Jean Bourré, ... ?, Louis de La- 
val, seigneur de Châtillon, le connétable de Saint-Pol (?), Jean II, 
duc de Bourbon, Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon; 
— et à la gauche, le greffier Jean Robertet, le chancelier de l'ordre 
Gui Bernard, évêquede Langres. Antoine de Chabannes, comte de 
Dammartin. quatre figures encore indéterminées et enfin Charles 
de France, duc de Guyenne, frère du roi. 

Le mémoire de M. Durrieu (^Ga^ette archéol. année 1890) est 
accompagné d'une héliogravure. 

Vitrine M, côté gauche. 



46 RÈGNE DE LOUIS XI 



I 33-1 34. TRADUCTION DE LA BIBLE, par Raoul de Presles. 

Français 20065 ^^ 20066. 

Grand manuscrit dont l'illustration n'a pas été conduite bien 
loin. 

Deux pages dans le premier volume et huit dans le second ont 
seules reçu leurs peintures ; elles suffisent pour faire honneur à 
l'artiste qui devait illustrer cette Bible, dont l'exécution peut être 
rapportée au règne de Louis XL 

Dans le ms. 20065, au fol. 26 v", grand tableau des travaux du 
peuple d'Israël en Egypte ; dans le ms. 20066, aux fol. 6 v" et 7, 
scènes d'idolâtrie. 

Berger, La Bible française, p. 358. — A. de Champeaux et 
V. Gauchery. Les œuvres d'art exécutées pour le duc de Berry, 
p. 161. 

Il est douteux que cette Bible inachevée ait été, comme on l'a 
dit (^ibid.), un des livres confisqués sur Jean Jouvenel, que le duc de 
Bedfort s'appropria et parmi lesquels on cite une bible trouvée en 
la possession d'un chartreux. 

Vitrines XY et XYI. 



]35. LES CHRONIQUES DE NORMANDIE en français. 

Français 2623. 

Exemplaire de l'échevinage de Rouen, copié vers le commen- 
cement du règne de Louis XL Le fol. 40 v", exposé, représente 
l'offrande faite à une église par Robert le Magnifique, duc de Nor- 
mandie, et celle d'un chevalier à qui le duc avait donné 100 florins 
pour aller à l'offrande. Sur les marges de cette page sont les armes 
de France, de Dauphiné, de Normandie et de Rouen. 

Vitrine XV. 
i36. LA SOMME LE ROI. 

Français 958. 

Volume copié en 1464 par Jean Hubert, pourisabeau d'Ecosse, 
duchesse de Bretagne. Au commencement du volume sont repré- 
présentées, au pied du crucifix, trois dames: Isabeau d'Ecosse, Mar- 
guerite de Bretagne qui épousa François II, duc de Bretagne, et 
Marie, fille d'Isabeau, femme de Jean, vicomte de Rohan. 

— Les peintures sont accompagnées des instructions d'après 
lesquelles le peintre avait dû travailler. Ce sont les mêmes textes 
que ceux du manuscrit de l'année 1373- indiqués plus haut, 
n" 45. Vitrine XIV. 



RÈGNE DE LOUIS XI 47 

* VANITÉ DES CHOSES MONDAINES, 1466. 

Arsenal, ms. 5102, (Vitrine A, n" i.) 

i38 "'. LIVRES D'HEURES DE JEAN LE BON, COMTE 
D'ANGOULÊME, ou de son fils, Charles. 

Latin 1173. 

Volume aux armes du comte d'Angoulême. Il est orné de belles 
peintures et de gravures coloriées. La table des Pâques, qui se 
trouve au fol. 52 v", et qui a l'année 1464 pour point de départ, 
nous autorise à supposer que le livre a été copié aux environs de 
cette date. 

Vitrine XVII. 

1 39. HEURES DE CHARLES DE FRANCE, DUC DE 
NORMANDIE, frère du roi Louis XI (1465-1469). 

Ms. 473 de la Mazarine. 

'Notice dansla Bibliothèque de rEcoIc des chartes^ 1894, t. LV, 
p. 337 ; reproduite dans Le Manuscrit^ t. I, p. 149, avec la photo- 
gravure d'une page ayant fait partie de ce manuscrit et se trouvant 
aujourd'hui dans une collection particulière. 

Vitrine M, pan coupé. 

140. LE LIVRE DE LA DESTRUCTION DE TROYE. 

Français 254. 

Manuscrit copié en 1467 par Richard Le Grant, et qui a appar- 
tenu à l'amiral Louis Malet de Graville. Le frontispice représente 
l'attaque d'une place forte. 

Le comte Durrieu, Un grand enlumineur parisien^ p. 70. 

Vitrine XII. 

141-142. LA CITÉ DE DIEU, EN FRANÇAIS. 

Français 18 et 19. 

Ce magnifique manuscrit, dont l'enluminure s'achevait en 1473, 

était destiné à Charles de Gaucourt. Il a successivement appartenu 

. à Jean Bourré, l'un des plus intimes conseillers de Louis XI, et à 

Louis Malet de Graville. L'exécution des peintures en a été dirigée 



(i) Le n° 137 étnit réservé à un manuscrit qui n'a pas été envoyé à l'Exposition. 



48 RÈGNE DE LOUIS XI 



par Robert Gaguin et confiée à un peintre nommé François : egre- 
giits pictor Francisciis. C'est ce qui résulte d'une lettre de Gaguin, 
qu'a signalée M.Thuasne et qu'il a très judicieusement appliquée au 
présent manuscrit, dans un mémoire publié en \'è<:^'è{E.evtie des 
Bibliothèques^ t. VIII, p. 33). M. Thuasne est allé plus loin en 
supposant que ce peintre François, devait être un fils de l'illustre 
tourangeau Jean Foucquet, ce qui est encore une hypothèse. Quoi- 
qu'il en soit, il est permis de supposer que ce François peut être 
identifié avec « Maître François l'Enlumineur », qui faisait partie 
en 1473 de la maison de Charles d'Anjou, comte du Maine 
(B. Prost, dans Archives histor.^ artist. et littéraires^ 1889-1890, 
t. I, p. 426). 

Le frontispice est un tableau représentant l'hommage que 
Raoul de Presles fit à Charles V, de sa traduction de la Cité de 
Dieu. Le peintre a fait entrer dans la composition du tableau, 
deux groupes de religieux et de religieuses, le pape, des pèfes de 
l'Eglise et des théologiens. Cette belle page a été reproduite en 
héliogravure, par Dujardin (pi. III de l'ouvrage du comte Dur- 
rieu. Un grand enlumineur parisien') ; l'héliogravure se retrouve 
dans le mémoire de M. Thuasne. Cf. Delisle, dans le Journal des 
Savants, 1898. — Au peintre qui a illustré la Cité de Dieu, pour 
Charles de Gaucourt, paraît devoir être attribuée l'illustration d'un 
Valère Maxime qui est au Musée britannique (Harley, 4^74 et 4375) 
et qui faisait partie au xvii' siècle de la bibliothèque de l'abbaye de 
Sainte-Geneviève de Paris. M. Warner, à qui est due cette attribu- 
tion, a fait reproduire dans son recueil la peinture qui sert de 
frontispice au livre IX. Vitrine XVII. 

143. SECOND EXEMPLAIRE DU MÊME OUVRAGE, qui 

paraît bien être une réplique du premier et qui a été fait pour 
Philippe de Commynes. 

Le tome premier en est à La Haye, dans le Musée Meermanno- 
Westreenien. 

Nous en exposons, dans le vestibule, une copie en couleur du 
frontispice, qu'a bien voulu nous envoyer M. le docteur W. G. C. 
Byvank. 

Le tome II est à la Bibliothèque de Nantes. 

Le comte Durrieu, Un grand enlumineur parisien^ p. 79. 

Vestibule. 

144. UN TROISIEME EXEMPLAIRE DU MÊME OUVRAGE, 

venu du couvent des Minimes de la Guiche, a été recueilli à la 
Bibliothèque de Mâcon. 

On en a coupé trois feuillets, qui ont été vendus aux enchères à 



RÈGNE DE LOUIS XI 



49 



Londres en 1899 et qui sont aujourd'hui dans une bibliothèque 
américaine. La photogravure en a été insérée dans le tirage à part 
d'un article an Journal des Savants^ du mois de juillet 1899. Il y en 
a des épreuves dans le vestibule du rez-de-chaussée. 

Vestibule. 

145. TRADUCTION PAR JEAN DU VlGNAl DU MIROIR 

HISTORIAL DE VINCENT DE BEAUVAIS. Tomes 1 
et ï 1 . 

Français 50. 

Exemplaire du duc de Nemours, qui est passé dans la maison de 
Bourbon, et dont le tome III est au Musée Condé. — Grandes 
peintures d'une bonne facture. Sur le frontispice du tome I, sont 
figurés des travaux de construction d'un édifice. 

Le comte Durrieu, Un grand enlumineur parisien^ p. 19 

Vitrine XIII. 

146. COMPILATION INTITULÉE « CONPENDION 

YSTORIAL, DIT LE MIGNON. » 

Français 9186. 

Manuscrit du duc de Nemours, qui appartint plus tarda Tanne- 
gui du Chàtel. Il est orné de grandes miniatures, dont une repré- 
sentant l'Enfer, est héliogravée dans le mémoire du comte Durrieu, 
Un grajid enlumineur parisien, planche lY. Le volume est ouvert 
de façon à faire voir la représentation du Paradis, au fol. 301. 

Vitrine M, côté gauche. 

147. TRADUCTION, PAR JEAN CORBICHON, DU LIVRE 

DES PROPRIÉTÉS DES CHOSES. 

Français 9140. 

Exemplaire enluminé du temps de Louis XI pour Jean du Mas, 
seigneur de L'Isle, par Evrard d'Espingues, peintre originaire de Co- 
logne, qui, après avoir habité Paris, entra au service du duc de Ne- 
mours et vint se fixer à Ahun. Voir Comptes rendus de l'Académie 
des inscriptions^ 1895, P- 74- 

Le frontispice représente la cour céleste. 

Vitrine XIV. 



50 RÈGNE DE LOUIS XI 



148. MÊME OUVRAGE, 

Français 22532. 

Exemplaire de la seconde moitié du xv° siècle. Au fol. 186 v", 
esquisse d'une carte de la Palestine et des pays voisins ; les noms 
des lieux figurés sont indiqués par des légendes en caractères cur- 
sifs très fins, qui devaient disparaître après l'exécution de la carte. 

Vitrine XIV. 

149. POSTILLES DE NICOLAS DE LIRE SUR LA BIBLE. 

Latin 11972-11978. 

Cet ouvrage, qui remplit sept volumes in-quarto, a été fait pour 
Gui Bernard, évêque de Langres. Il porte la date de 1464 à 
la fin du tome coté 11976 ; mais il a été terminé plus tard. 
M. l'abbé Marcel a trouvé un compte mentionnant les paiements 
faits en 1472 au copiste Pierre Rouche, dont le chiffre P.R. se 
trouve à la fin de plusieurs des volumes, et au peintre qui avait été 
chargé de l'enluminure du manuscrit : « à maistre Guillaume Hu- 
gueniot, enlumineur à Langres, 39 1. 3 s. 4 d., pour 27 histoires et 
229 lettres d'or et d'azur, ensemble les paraphes auprès chacune 
lettre de 20 deniers, valant 19 1. i s. 8 d. » 

L'abbé Marcel, La Calligraphie et la Miniature à Langres à la 
fin du XV" siècle ; Paris, 1892. Grand in-4°. Extrait des Mémoires 
de la Soc. de Langres. — Bibliothèque de r Ecole des chartes^ 
1892, t. LUI, p. 481. Vitrine XIII. 

i5o. TRADUCTION DE LA VIE DU CHRIST PAR LU- 
DOLPHE DE SAXE. 

Français 177-179 
Exemplaire en trois volumes. Une des miniatures du tome III 
représente Louis, bâtard de Bourbon, mort en 1487, pour qui ces 
volumes ont été copiés et enluminés. Vitrine XIII. 

i5i. TRADUCTION DE TITE LIVE PAR PIERRE BER- 
SUIRE. 

Français 20071. 

Copie de la seconde moitié du xV siècle, avec de grandes 
peintures, aux armes et au chiffre de François de Rochechouart et 
de Blanche d'Aumont. Le comte de Bastard en attribuait en partie 
l'illustration à Jean Foucquet (P. Paris, Les Manuscrits français, 
t. II, p. 266). Vitrine XVIII. 



RÈGNE DE LOUIS XI ^i 

i52. LES PASSAGES D'OUTRE-MER, 1472. 

Français 5594. 

Ouvrage de Sébastien iMamerot, dédié à Louis de Laval, sei- 
gneur de Châtillon. Il est orné de 65 grandes miniatures. 

Au fol. 221, tableau de l'embarquement de Philippe-x\uguste 
pour aller au siège d'Acre. Vitrine XI. 

i53. LIVRE D'HEURES DE LOUIS DE LAVAL. 

Latin 920. 

Ce manuscrit, l'un des chefs-d'œuvre de la peinture française 
du temps de Louis XI, fut fait pour Louis de Laval, grand maître 
des eaux et forêts de France, mort le 21 août 1489. L'héritier de 
Louis de Laval le donna à Anne de France, duchesse de Bourbon- 
nais, sœur de Charles VIII. Alfred Ramé, en 1881, appela l'atten- 
tion du Comité des travaux historiques sur les Heures de Louis de 
Laval, et en particulier sur l'analogie que plusieurs peintures de ce 
livre offrent avec les célèbres Heures d'Etienne Chevalier. 

Le portrait de Louis de Laval qui est au fol. 51 est particulière- 
ment remarquable; d'autres portraits du même personnage sont 
aux fol. 45 et 129 V". Vitrine XII. 

154. LIVRE D'HEURES EXÉCUTÉ EN 1475, A TOURS, 
selon toute apparence. 

Latin 1 179. 

Ce volume a été achevé le 30 mai 1475 pour Macé Prestesaille, 
qui l'a fait faire en mémoire et souvenance de sa femme Jeanne 
Prince, décédée le 26 novembre 1474, et de ses enfants. 

Vitrine XL 



i55. RELATION DU SIEGE DE RHODES. 



Latin 6067. 



Volume dédié en 1480 par Guillaume Caoursin à Pierre 
d'Aubusson, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 

Une page est reproduite dans le grand ouvrage du comte de 
Bastard, pi. 258 : Pierre d'Aubusson recevant la relation de Guil- 
laume Caoursin. Vitrine XI. 

Au fol. 32, vue à vol d'oiseau du port et de la ville de Rhodes. 



52 RÈGNE DE LOUIS XI 

i56. LIVRE D'HEURES, D'ORIGINE BRETONNE, qui, selon 
toute apparence, a été fait pour François II, duc de Bretagne, 
mort en i 488. 

Latin 1385. 

Encadrements à fonds d'or, ornés de fleurs, d'insectes, d'oiseaux 
et de quadrupèdes peints avec beaucoup de finesse. 

Vitrine XL 

iSy. PREMIER VOLUME DE LA LEGENDE DORÉE EN 
FRANÇAIS. 

Français 244 et 245. 

Exemplaire en deux volumes richement enluminés, aux armes 
et au chiffre d'Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy, sa 
femme. Cet Antoine, qui mourut vers 1487, était un grand biblio- 
phile, dont beaucoup de manuscrits sont conservés au Musée 
Condé. Au haut du frontispice du ms. 244, tableau de la cour 
céleste; au-dessous, quatre tableaux figurent les diverses périodes 
de l'histoire sainte, caractérisées par de courtes légendes en lettres 
d'or: tempns deviationis (la faute des premiers parents), tempns 
revocationis (le serpent d'airain), tempus pcrcgrinationis. tempns 
rcconciliationis. Au bas de la page, un écrivain dans son étude et 
un prédicateur dans sa chaire. 

Le comte Durrieu, Un grand enlumineur parisien^ p. 33 et 82, 
avec l'héliogravure d'une des peintures. Vitrine XL 

i58. CHRONIQUE UNIVERSELLE DE JEAN DE COURCl, 
DITE LA BOUQUECHARDIÈRE. 

Français 6183. 

Exemplaire aux armes de Louis de Brézé, relié pour Diane de 
Poitiers. 

Ms. français 18 et 19. 
Grandes peintures du temps de Louis XI ou de Charles VIII, 
analogues à celles de la Cité de Dieu (Voir la notice 141-142). La 
première, au fol. 10, représente la fondation des villes d'Argos 
et d'Athènes. Vitrine XVIII. 

159. LE DEFENSEUR DE LA CONCEPTION-IMMA- 
CULÉE. 

Français 989. 
Traduction faite par Antoine de Lévis, comte de Villars. 



RÈGNE DE LOUIS XI 53 



Sur le frontispice a été peint l'hommage du livre fait à Jeanne 
de France, femme de Jean II, duc de Bourbon. Les marges de la 
même page sont ornées de petites miniatures représentant des 
scènes de la vie de la Vierge. Vitrine XVII. 

160. LA DANSE DES AVEUGLES, vers 1480. 

Français 1989. 

Volume copié et enluminé pour Jean II, duc de Bourbon. Il y 
a les armoiries de 23 membres de la famille de Bourbon. 

Au fol. 19, les jeux de la Fortune qui, les yeux bandés, tourne 
la roue en présence d'une bande de danseurs. 

Le Cabinet des manuscrits^ t. I, p. 168 et 169. 

Vitrine XVII. 

161. LA VIE DE JÉSUS-CHRIST, tome 1. 

Français 407. 

Les deux volumes de cette Vie de Jésus-Christ ont été copiés à 
Tours en 1482, pour la reine Charlotte de Savoie, femme de 
Louis XI. C'est à eux que se rapportent deux articles d'un compte 
arrêté par la reine, le 28 avril 1482 : « A Thibaut Bredine, libraire, 
demeurant à Tours, pour avoir fait escripre XXXV cayers d'un 
livre de Vita Christt^ fleury et relyé le dit livre, pour ce L livres. 
A Guillaume Piqueau, enlumineur, demeurant à Tours, pour avoir 
enluminé le dit livre et fait plusieurs lettres et parafîes, XII livres. » 

Vitrine XVII. 

162. FORME ET DEVIS D'UN TOURNOI. 

Français 2692. 

Programme adressé par René d'Anjou à Charles d'Anjou, 
comte du Maine. 

Exemplaire offert à Charles VIII par Louis de Bruges, sire de 
La Gruthuyse. Aux fol. =^2 v" et 33 : grand tableau représentant 
l'arrivée du seigneur appelant et du seigneur défendant. 

Vitrine XIX. 

i63. AUTRE EXEMPLAIRE. 

Français 2693. 
Au fol. 31 v°: Entrée dans la lice, d'un des chefs du tournoi. 

Vitrine XIX, 



54 RÈGNE DE CHARLES VIII 

164. TROISIÈME EXEMPLAIRE. 

Français 2695. 

Au fol. 100 v" : Comment les tournoyeurs se vont battans par 
troupeaux. Vitrine XIX. 

i65. VIE DE SAINT LOUIS. 

Français 2829. 

Pierre de Beaujeu, duc de Bourbon, fit écrire et « historier » ce 
livre qui fut l'un des plus riches morceaux de la librairie de 
Charles VIII. Le frontispice porte les marques qui distinguent les 
volumes auxquels ce roi attachait une importance particulière : 
les mots Carolus octavus, la lettre gothique s en forme de 8, et la 
devise Plus qu'autre. Vitrine XVIII. 

j66. la vie de SAINT JÉRÔME en français, suivie d'une 
Exposition de l'Oraison dominicale. 

Français 418. 

Exemplaire aux armes d'Anne de Beaujeu, femme de Pierre, 
duc de Bourbon. — Au fol. 163 v'\ tableau représentant Jésus en 
prières au jardin des Oliviers. Vitrine XVIII. 

167. HEURES DE LA CROIX, EN VERS FRANÇAIS. 

Français s66i. 

Manuscrit fait à Tours en 1492, par Robert Du Herlin. En tête 
est la devise de Charles VIII : Plus qu'autre. 

Barbet de Jouy, Notice du Musée des Souverains, p. 75. 

Vitrine XVII. 

168. PSAUTIER LATIN-FRANÇAIS, à l'usage du roi CharlesVlU. 

Latin 774. 
Le frontispice représente le roi à genoux devant David. 

Vitrine XVllL 

169. HEURES DU ROI CHARLES Vlll. 

Latin 1145. 
Volume dont l'enluminure est fort médiocre. — Au commence- 
ment, miniature représentant le roi en prières et derrière lui saint 
François. Vitrine XVII. 



RÈGNE DE CHARLES VIII 5^ 



170. ORAISONS ADRESSEES A NOTRE-SEIGNEUR ET A 

LA SAINTE VIERGE. 

Latin 1 190. 
A l'intérieur de la couverture on a ménagé une coulisse 
pour recouvrir deux excellentes miniatures, sur lesquelles 
M. Bouchot a reconnu les portraits de Charles VIII et d'Anne de 
Bretagne. Ces deux portraits ont été reproduits dans la GûyCfic 
archéologique de l'année 1888. Vitrine XVII. 

171. LE SÉJOUR D'HONNEUR, PAR OCTAVIEN DE 

SAINT-GELAIS. 

Français 12783. 
Exemplaire de Charles VIII. ' Vitrine XVIIî. 

172. MISSEL ROMAIN, exécuté en 1492 pour Jean de Foix, 

évêque de Cominges. 

Latin 16827. 

Le copiste de ce Missel s'est fait connaître : Pierre de La Noulx, 
habitant des Herbiers, au diocèse de Luçon. 

Le comte Durrieu. Un grand miniaturiste parisien^ p. 80, 
note. Vitrine XIX. 

173. FEUILLET D'UN LIVRE D'HEURES, écrit en lettres 

d'argent sur parchemin teint en pourpre ou peut-être en 
noir. 

Nouv. acq. lat. 149. 
Sur les marges sont peintes des scènes de l'Ancien-Testament. 
la fable du Loup et de l'Agneau, etc. Vitrine XYII. 

174. HEURES DE ROME. 

Cabinet de M. H. Gallice. 
Joli petit livre de la lin du xv" siècle, qui doit avoir été fait pour 
servir à des fidèles du diocèse de Troyes, comme l'indiquent les in- 
vocations à saint Frobert, à sainte Houlde et à sainte Mathie dans 
les Litanies des saints. Ce volume est remaïquable par l'abondance 
et l'éclat des illustrations, dont beaucoup sont tirées de l'Ancien- 
Tesiament et qui consistent d'abord en quinze peintures occupant 
des pages entières et en petites peintures qui couvrent la marge la- 
térale extérieure et la marge inférieure de toutes les pages. 

Vitrine XVII. 



^6 RÈGNE DE CHARLES VIII 

* DIVERS LIVRES D'HEURES DU XV SIECLE. 

Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 646, 1197, 1192, 1189, 616, 652 et 
562. 

(Vitrine C, n"' i, 3, 4, 5, 7, 8, 10.) 

175. STATUTS DE L'ORDRE DE SAINT-MICHEL, copiés 
vers 1494 pour Charles Vlll. 

Ms. français 14363. 

Ce volume, ofïert au roi, comme l'atteste la pièce de vers placée 
sous la miniature du frontispice, a conservé sa reliure originale en 
velours bleu. Les plats sont ornés de l'image de saint Michel au 
milieu d'un semé de coquilles. 

La miniature représente, une apparition de saint Michel au roi. 
Dans la figure de l'archange, M. le comte Durrieu a cru reconnaitre les 
traits de la reine Anne de BreJ:agne; il identifie comme il suit les 
trois personnages : en avant, Charles VIII ; derrière lui, à droite, 
contre la bordure, Pierre II, duc de Bourbon ; à côté de celui-ci, 
très probablement, Etienne de Vères, l'un des membres les plus 
influents dans les conseils du roi. 

La peinture a été très hypothétiquement attribuée à Jean Per- 
réal. — Fac-similé dans Z^ Ma«M5c/'//de Labitte, t. I, p. 19, et dans 
la Revue de l'Art ancien et moderne^ tome XV, p. 177. 

Vitrine XVII. 



L'ŒUVRE DE JEAN BOURDICHON 

176. HEURES DE FERDINAND, ROI DE NAPLES, MORT 

EN 1498. 

Latin 10532. 

Ce beau livre a longtemps passé pour une œuvre italienne. 
C'est en 1902, dans la Ga:^ette des Beaux-Arts^ que M. Hmile 
Mâle l'a restitué à l'école française, en s'appuyant sur d'excellents 
arguments pour l'attribuer à Jean Bourdichon. 

A la page 146, l'Adoration des Mages. 

Les Heures de Ferdinand peuvent soutenir la comparaison 
avec celles d'Anne de Bretagne. Vitiine M, côté gauche. 

77. HEURES DU ROI CHARLES VIII. 

Latin 1370. 
Ce petit livre doit être attribué à Charles VIII : les armes de 
France sont à l'intérieur de beaucoup d'initiales; d'après une note 



JEAN BOURDICHON 57 



du catalogue de la bibliothèque de Gaignières, la reliure primitive 
était ornée de ces s [gothiques, en forme de 8] qui étaient une des 
devises de Charles VIII. Au fol. 213 v" se lit une prière en l'hon- 
neur de saint Charlemagne. La plupart des peintures qu'il contient 
sont de fines grisailles, d'un assez bon travail, pour que M. Emile 
Mâle se soit cru autorisé à en faire honneur à Jean Bourdichon, 
le peintre des Heures d'Anne de Bretagne. 

Voiries trois articles suivants. Vitrine M, pan coupé. 

1 78. HEURES E LA REINE ANNE DE BRETAGNE. 

Ms. latin 9474. 

La réputation de ce livre, solidement établie de bien longue 
date, a été popularisée par la reproduction chromolithographique, 
bien imparfaite cependant, que Curmer en a publiée en 1859. Elle 
est justifiée par la beauté des grandes miniatures qui remplissent 
une cinquantaine de pages, et plus encore peut-être par le 
naturel, l'éclat et la variété des peintures de fleurs, de fruits, de 
libellules, de papillons, de mouches et de chenilles dont sont cou- 
vertes les marges du manuscrit. Un mandement de la reine Anne, 
du 14 mars i=)08, nous a révélé le nom de l'auteur de ce merveil- 
leux travail : Jean Bourdichon, tourangeau, mort un peu avant 
l'année 1^21 et qui occupe une des premières places dans l'histoire 
de la peinture française au temps de Charles VIII et de Louis XII. 

L'une des meilleures et des plus récentes appréciations de 
l'œuvre de Bourdichon est celle que M. Emile Mâle lui a consacrée 
en 1902 dans la Galette des Beaux-Arts. 

Le portrait de la reine Anne est au commencement du 
volume. 

Barbet de Jouy, Notice du Musée des Souverains^ p. 85. — 
Delisle, Le Cabinet desManuscrits, t. III, p. 545-347. 

Vitrine M, côté gauche. 

179. MISSEL ROMAIN, du commencement du XVI' siècle, à 

l'usage d'une église de Touraine. 

Latin 886. 
Ce volume a été à l'usage de Martin de Beaune, archevêque de 
Tours, de 1520 a IS27; mais il paraît bien avoir été fait pour un 
des deux prélats de la famille Fumée, Hugues ou Hardouin, qui 
administrèrent l'abbaye de Beaulieu en Touraine, de 1485 à 1521. 
M. Mâle a cru pouvoir attribuer à Jean Bourdichon les meilleures 
peintures de ce très beau Missel. 

Voir le mémoire publié en 1902 dans la Galette des Beaux- 
Arts. Vitrine M, côté gauche. 



58 REGNE DE LOUIS XII 

]8i ' . TRADUCTION DE L'IMITATION ET DE L'ÉCHELLE 
DE PARADIS. 

Français 929. 

Exemplaire aux armes d'Angoulême, du temps de Louis XII. 
Les deux miniatures qui le décorent, sont à rapprocher des gra- 
vures qu'on voit dans quelques exemplaires de l'édition de l'Imi- 
tation et de l'Échelle du Paradis, imprimée à Toulouse en 1488. 

Vitrine XXL 

182. DIURNAL DE RENE II, DUC DE LORRAINE, 

(]473-]5o8). 

Latin 10491. 

Volume exécuté vers l'année 1500 (?), orné de onze grandes 
peintures, dont la troisième représente Jésus au milieu de ses dis- 
ciples. 

Le Diurnal de René II fut donné, en 15 19, au couvent des sœurs 
de Sainte-Claire de Pontamousson, par la veuve de ce prince. 
Philippe de Gueldre. Vitrine XXL 

* BREVIAIRE DU MEME PRINCE. 

Ms. 601 de l'Arsenal. — (Vitrine B, n" i). 

i83. MEDITATION (DE LUDOLFE) SUR LA VIE DE 
JÉSUS-CHRIST, tome II. 

C:ibinet de M. Henry Yates Thompson. 

Très riche manuscrit, exécuté pour Philippe de Gueldre, femme 
de René II, duc de Lorraine, qui en fit don après la mort de son 
mari, arrivée en 1508, au couvent des religieuses de Pontamousson, 

Catal.Jcs Mss. Thompson^ série I, p. 216. 

Le tome I de ce manuscrit est dans le trésor de la cathédrale de 
Lyon. Vitrine XX. 

* HEURES DE JEANNE DE FRANCE, femme de Louis XI 1. 

(Vers i5oo). 

Arsenal, ms. 644. (Vitrine C, n" 11). 



(i) Le numéro i8o avait été réservé pour un manuscrit qui n'a pas été envoyé. 



REGNE DE LOUIS XII 



59 



' HEURES ENLUMINÉES par Jean de Montluçon. 

Arsenal, ins. 438. (Vitrine C. n" 2). 

• EVANGELIAIRE A L'USAGE DE L'ÉGLISE D'AMIENS. 

Arsenal, ms. 661. (Vitrine C. n" 6). Vitrine XX. 

184. TRADUCTION D'APPIEN, par Claude de Seyssel. 

Français 71^. 
Miniature de présentation au roi Louis XII. Vitrine XXI. 

i85. TROIS LIVRES DE DIODORE DE SICILE, traduits par 
Claude de Seyssel. 

Français 712. 
Miniature de présentation au roi Louis XII. Vitrine XXI. 

186. TRADUCTION EN VERS DE L'ENEIDE DE VIRGILE 

par Octovien de Saint-Gelais. 

Français 861. 

Exemplaire daté du 27 avril 1500. Il fut présenté au roi, dont 
les armes, soutenus par deux porcs-épics, sont peintes sur le 
fol. 3. Vitrine XXI. 

187. ÉPITRES D'OVIDE, traduites par Octovien de Saint- 

Gelais. 

Français 873. 

Exemplaire du roi Louis XII, sur les marges duquel sont pein- 
tes des L, des ailes d'oiseau et des ailes de moulin à vent. En tête 
de chaque épître, l'image de l'héroïne. Au fol. 68 v", « Epîtrs de 
Canocée à Macarée. » 

Une page reproduite dans le grand ouvrage du comte de Bas- 
tard. Vitrine XXII. 

188. AUTRE EXEMPLAIRE. 

Français 874. 
Sur le fol. 3, l'image de Pénélope. Vitrine XXIII. 



REGNE DE LOIUS XII 



189. POEME DE JEAN MAROT sur la campagne de Louis XI 1 
en Italie {iSoy) et la soumission de la ville de Gênes. 

Français 5091. 
Exemplaire dédié à la reine Anne de Bretagne. Il est orné de 
onze grandes miniatures attribuées à Jean Perréal dit Jean de Paris. 
Ces tableaux ont été reproduits dans le volume de M. Bancel inti- 
tulé /^//^« de Perréal dit Jehan de Paris (Paris, 1885, in-8°). — 
Une page en avait été donnée en fac-similé dans le grand ouvrage 
du comte de Bastard (pi. 259). Vitrine M, pan coupé. 

J90. LE TRÉPASSEMENT DE SAINT JÉRÔME, en français. 

Français 421. 
Exemplaire dédié à Louise de Savoie, qui est qualifiée de mère 
du dauphin François et de madame d'Alençon, d'où l'on peut con- 
clure que le manuscrit a été fait entre les années 1509 et 151 5. — 
Au fol. 6, tableau de la mort de saint Jérôme. Vitrine XXIII 

19J. LES ÉCHECS AMOUREUX. 

Français 143. 
Ce manuscrit a dû être fait pour l'éducation des enfants de 
Louise de Savoie, François, depuis roi de France, et Marguerite, 
depuis reine de Navarre. On a cru voir sur une des peintures, les 
portraits des deux enfants et de leur gouverneur Artus Gouffier. 
P. Paris, Les Manuscrits français, t. I, p. 279. 

Vitrine XXI. 

192. LES REMEDES DE L'UNE ET L'AUTRE FORTUNE. 

Traduction de ce livre de Pétrarque par Jean Daudin. 

Français 224. 
Volume orné de peintures à pleine page, aux armes de Louise 
de Savoie, dont le portrait est en tête du livre. 

Vitrine XXII. 

193. MÊME OUVRAGE. 

Français 225. 
Volume exécuté à Rouen en iso^, pour le roi Louis XII. Il est 
orné de peintures à pleine page, dont la plus intéressante est au 
fol. 165 : on y voit représenté Louis XII, le cardinal d'Amboise, 
Anne de Bretagne et la petite princesse Claude, qui devait être 
reine de France. Vitrine XXII. 



RÈGNE DE LOUIS XII 6i 



194. LA FLEUR DES HISTOIRES DE JEAN MANSEL. 

Ms. français 53. 
Ce volume contient la seconde partie de la grande compilation 
de Jean Mansel, texte de la deuxième rédaction. Il doit venir de la 
librairie de l'amiral Louis Malet de Graville. Parmi les nombreuses 
et belles miniatures qu'on y voit sur les marges et au milieu du 
texte, on doit remarquer celle du fol. 167 V, qui représente un 
gros vaisseau. Vitrine M, côté gauche. 

195. MÊME OUVRAGE. 

Français S4. 
Manuscrit rouennais fait pour le cardinal d'Amboise. Il ne ren- 
ferme pas moins de 428 miniatures. Le mot Rotomagensis est ins- 
crit sur un vase qui est entré dans la décoration du fol. 190. 

Vitrine XXIII. 

196. ŒUVRES DIVERSES DE SAINT JÉRÔME, en deux vo- 

lumes. 

Latin 1890 et 1891. 
Ces deux volumes ont été copiés en 1483 et 1484 à Florence. 
Les frontispices aux armes du cardinal d'Amboise, ont été refaits 
une trentaine d'années plus tard. Vitrine XXIll. 

197. TRADUCTION FRANÇAISE DE LA PRAGMATIQUE 

DE CHARLES Vil. 

Français 2031. 

Exemplaire aux armes du roi et de l'amiral Louis Malet de Gra- 
ville. En tête, grande peinture représentant la remise du livre au 
roi par le traducteur. 

Sur une des miniatures, le peintre a montré le roi Louis XI 
recevant les remontrances du Parlement. Vitrine XXII. 

* GILLES DE ROME, DU GOUVERNEMENT DES 
PRINCES. — Exemplaire du maréchal d'Aubigny. 

Ms. 5062 de l'Arsenal. (Vitrine B, n" 5.) 

198. HEURES DE LA FAMILLE ANGO, de Rouen. 

Nouv. acq. lat. 392. 
Manuscrit exécuté à l'occasion de la naissance de Marie Ango 
en juillet 15 14. Dans ce charmant volume, presque toutes les pages 



62 REGNE DE LOUIS XII 



sont encadrées de quatre peintures exécutées avec finesse et dispo- 
sées avec beaucoup d'art. Au bas de la plupart des feuillets, on a 
figuré des scènes enfantines, très gracieuses et très animées. L'an- 
cien possesseur, le comte de Bastard y a compté i6o groupes d'en- 
fants, 956 compositions de tout genre et environ 4.000 figures. 

Vitrine XXIV. 

199. CHANTS ROYAUX EN L'HONNEUR DE LA VIERGE, 

déclamés au Puy d'Amiens. 

Français 145. 
Copie de tableaux offerts à la cathédrale d'Amiens par les con- 
frères de Notre-Dame du Puy de cette ville, et dont plusieurs exis- 
tent encore aujourd'hui. Ce volume fut présenté en 1517 ou 1518, 
à Louise de Savoie ; il contient 47 grandes peintures, qui durent 
être faites par Jean Pinchon, '< enlumineur et historien de Paris ». 
Le Cabinet des mamiscrits^ t. I, p. 185. 

Vitrine XXIV 

200. CHANTS ROYAUX DU PUY DE ROUEN, de i5i9 à 

]528. 

Français 1537. 
Au fol. 36: métier à tisser. Vitrine XXIII 

20i. FLEUR DE VERTU. 

Français 1877. 

Ouvrage allégorique traduit de l'italien par François de Rohan. 
archevêque de Lyon, et paraissant avoir été fait pour Marguerite 
d'Angoulême. 

Sur le fol. 36 V", le Renard et le Corbeau, figure allégorique de 
la flatterie. 

Le Cabinet des manuscrits^ t. I, p. 186. 

Vitrine XXIV 

* INITIATOIRE de Henri d'Albret et de Marguerite de Valois^ 

Ms. de l'Arsenal, n" =,096. — (Vitrine B, n" 4.) 

202. COMMENTAIRES DE LA GUERRE GALLIQUE, par 

Albert Pigghe de Campen. 
Tome II. 

Français 13429. 

Le tome I de cet ouvrage est au Musée britannique, et le tome 
III au Musée Condé, à Chantilly. 



XVP SIÈCLE 63 



Godefroi le Batave en a fait l'illustration. 

Le volume possédé par la Bibliothèque Nationale contient les 
médaillons des grands personnages de la cour de François I". 

La Société des Bibliophiles françois a publié le texte des trois 
volumes, avec le fac-similé des peintures. Vitrine XXIV 

203. OFFICE DE NOTRE-DAME, suivant l'usage de Rome. 

Latin 10563. 

Manuscrit daté de 1531, orné de peintures en camaïeu avec 
rehauts d'or. — Au fol. 14, image de saint Jean, avec une appari- 
tion de la sainte Vierge au milieu des nuages, sur un fond d'or. 

Vitrine XXIV 

204. HEURES D'ANTOINE LE BON, DUC DE LORRAINE. 

i533 

Nouv. acq. lat. 302. 
La devise J'espère avoir se lit sur beaucoup de pages. 

Vitrine XXIV 

* HEURES DE CLAUDE 1 ', DUC DE LORRAINE. 

Ms. de l'Arsenal, n" 654. — (Vitrine B, n" 7.) 

205. HEURES DE HENRI II. 

Latin 1429. 

Volume orné de peintures remarquables, dont plusieurs en 
camaïeu bleu, rouge ou or. Initiales sur champ fleurdelisé, 
quelques unes avec les armes de France justaposées à celles des 
Médicis, d'autres avec les armes de Dinteville. Ce livre paraît être 
sorti du même atelier que les Heures du connétable de Montmo- 
rency, conservées au Musée Condé. 

Le Comte de Bastard en a reproduit dans son grand ouvrage 
(pi. 260) le tableau qui représente le roi touchant les malades des 
écrouelles. — Barbet de Jouy, Notice du Musée des Souverains^ 
p. 108. — Didot, Etude sur Jean Cousin^ p. 50 (attribution des 
peintures à Jean Cousin). — Delisle, Les Heures du connétable 
Anne de Montmorency^ p. 16 {Annuaire bulletin de la Soc. de Vhist. 
de France^ 1900). 

De ce manuscrit il convient de rapprocher un livre de prières à 
l'usage de Henri II, lequel affecte la forme d'une fleur de lis quand 
il est ouvert, (à la Bibliothèque d'Amiens, n" loi du fonds L'Esca- 
lopier). Voir Le Manuscrit^ t. I, p. 3. Vitrine XXIV 



64 XVI" SIÈCLE 



206. HEURES DE DINTEVILLE. 

Latin 10558. 

Volume ofifrant beaucoup d'analogie avec le précédent. Plusieurs 
des tableaux sont les uns en camaïeu vert, les autres en camaïeu 
rouge. Les armes de la famille de Dinteville y ont été peintes sur 
beaucoup de feuillets; nous venons de les signaler dans les Heures 
de Henri II. 

Voir la notice sur les Heures du connétable Anne de Montmo- 
rency, p. 18. Vitrine XXIV 

207. CHOIX DE MESSES ET DE PARTIES D'OFFICES. 

Latin 9446. 
Volume de grand luxe, à l'usage de François II de Dinteville, 
évêque d'Auxerre, de 1533 à 1554. Vitrine XXIV 

* PSAUTIER DE CLAUDE GOUFFIER. 

Manuscrit à rapprocher du livre d'heures que le même person- 
nage fit imprimer à Paris en 1558. 

Arsenal, n" 5095. — (Vitrine B, n" 6). 

* PRIVILEGES DES NOTAIRES ET SECRÉTAIRES 

DU ROI. 

Arsenal, n" 5169. — (Vitrine B, n" 8). 

208. RECUEIL DES ROIS DE FRANCE, par Jean Du Tillet. 

Français 2848. 
Le portrait de François i" inséré dans cet ouvrage, au fol. 150 
V, a été reproduit par le comte de Bastard. Peintures et ornements 
des manuscrits, pi. a6i. Vitrine XXIV 

209. HEURES, DITES DE HENRI IV. 

Latin 1171. 

Volume écrit au xvi' siècle sur des feuillets de parchemin doré. 
La dénomination sous laquelle il est connu tient à ce que les noms 
et les armes de Henri IV ont été dorées sur la couverture. Il vient 
de la librairie de Gaillon et porte au dos la marque du cardinal de 
Bourbon : des lis, avec la légende Candore superat et odore. 

Les 60 miniatures dont le livre est orné sont peintes en gri- 
sailles, avec des rehauts d'or. 



XVI' SIÈCLE 65 



Les ornements des marges sont ainsi décrits dans le catalogue 
du Musée des Souverains : 

«Semé de lettres M simples, doubles, entrecroisées; chapelet 
auquel est suspendue une médaille de saint François ; lettres de 
l'alphabet alignées autour des pages ; semé de cordons ; tourteaux ; 
M brisées ; gerbe de pensées ; colonnes rompues, autour desquelles 
s'enroulent des rubans sur lesquels sont plusieurs fois répétés les 
mots (Car. non.), qui peuvent être l'abréviation de (Carolvs 
NONvs). Le livre aurait appartenu à Charles IX, avant d'être en la 
possession de Henri IV». (Barbet dejouy, Notice des objets compo- 
sant le Musée des Souverains^ -ç. i^â^.) Vitrine XXIII 

210. LIVRE DU CARDINAL GEORGES D'ARMAGNAC. 

Recueil de prières et de cérémonies à l'usage de ce 
prélat, qui mourut en 1585. 

Nouv. acq. lat. 1506. 

Le portrait de Georges d'Armagnac est peint en tête du vo- 
lume. Vitrine XXV 



:> 



LIVRES IMPRIMES 
ORNÉS DE PEINTURES. 



211. JOSEPHE FLAVIUS. 

De labataille judaïque, trad. en français. Paris, Antoine 
Vérard, 1492. In-fol. Sur vélin. 

Vitrine XXV 

212. LANCELOT DU LAC. 

Paris, Antoine Vérard, 1494, in-fol. 

Exemplaire paraissant avoir appartenu à Louis XII, lorsqu'il 
n'était encore que duc d'Orléans, et c'est très vraisemblablement 
ce prince qu'on voit représenté sous les yeux du public, couvert 
de son armure dorée. Il tient d'une main un petit bâton, 
et de l'autre il saisit la selle d'un cheval blanc qu'il est 
prêt à monter, ayant un pied dansl'étrier. Au même moment, Vé- 
rard offre an prince, un exemplaire du roman relié en velours 
bleu avec semé de fleurs de Ivs. Vitrine XXV 



21-,. LANCELOT DU LAC. 

Paris, Antoine Vérard, 1494. 3 vol. in-fol. Sur vélin. 

Exemplaire de Charles VIII. Des vers français adressés au roi 
sont imprimés sur un feuillet séparé, placé en tête du i"" volume 
et qui ne se trouve que dans cet exemplaire. La première 
grande miniature représente un combat à la lance entre un grand 
nombre de chevaliers. Au fond du tableau sont deux tribunes 
occupées, l'une par les cinq juges du combat, l'autre par le roi 
Charles VIII, à qui Vérard fait hommage de cet exemplaire, orné 
d'initiales, de bordures en or et en couleurs, de 13 grandes minia- 
tures et de 140 petites. Vitrine XXV 



LIVRES IMPRIMÉS 67 



214. JACQUES DE VORAGINE. La Légende dorée, traduite ?n 
françois par Jean du Vignai. 

Paris, Antoine Vérard, 1493. In-fol. Sur vélin. 

Exemplaire de Charles VllI, orné de 17S miniatures et d'orne- 
ments variés. Le volume est ouvert de manière à présenter la 
grande miniature de la première page. On y voit Charles VIII 
agenouillé devant un prie-Dieu, saint Louis, debout derrière lui, 
le touchant d'une main à l'épaule, lui montre la cour céleste repré- 
sentée dans la partie supérieure du tableau. Au-dessous, égale- 
ment à genoux devant son prie-Dieu et entourée de plusieurs 
femmes, la reine Anne de Bretagne a les yeux dirigés vers le ciel. 

Vitrine XXV 

2i5. APOLOGUES ET FABLES D'ÉSOPE, trad. du grec en la- 
tin par Laurent Valle, et du latin en français par Guil. Tardif, 
Paris, A. Vérard, vers 1490. In-fol, 

Exemplaire de Charles VIII. Le vol. est ouvert de manière à 
présenter la grande miniature de la première page. On y voit Char- 
les VIII et sa femme Anne de Bretagne, tous deux debout et cou- 
ronnés. Le roi tient un sceptre d'or d'une main, et de l'autre reçoit 
le volume que lui offre Vérard à genoux. Cinq hommes et trois 
femmes assistent à cette présentation. A'itrine XXV 

216. LES CHRONIQUES DE FRANCE. 

Paris, imp. (par Jehan Maurand) pour Antoine 
Vérard, 1493. 3 "^o^- in-fol. Sur vélin. 

Exemplaire de Charles VIII, contenant près de 1,000 minia- 
tures. Vitrine XXV 



MANUSCRITS 
DE LA BIBLIOTHEQUE DE L'ARSENAL 



217. PETIT TRAITÉ DE LA VANITÉ DES CHOSES MON- 

DAINES. — XV* siècle. 

Ce traité fut composé en 1466 par frère Jehan Ber- 
thélemy, de l'ordre des Frères Mineurs, à la requête de 
sœur Jehanne Gérande, religieuse du couvent de l'Hu- 
milité Notre-Dame de Longchamp. 

Fol. I. Représentation de frère Jehan Berthelemy et de sœur 
Jehanne Gérande. 

Arsenal, ms. 5102. — Vitrine A, n" i. 

218. BIBLE HISTORIALE DE JEAN, DUC DE BERRY. — 

XIV' siècle au XV' siècle. 

Tome II, comprenant des Paraboles à l'Apocalypse. 
Uex-libris autographe du duc de Berry est à la fin du 
volume. — Le manuscrit contient 48 peintures. 

Fol. 300. La Sagesse de Salomon, grande peinture à quatre 
compartiments. 

I. Le jugement de Salomon. 
IL La mort d'Adonias. 

III. Salomon enseignant. 

IV. Salomon et la reine de Saba. 
Arsenal, ms. 5058. — Vitrine A, n" 2. 

219. MISSEL A L'USAGE DE L'ÉGLISE DE PARIS. — Fin du 

XIV' siècle ou commencement du XV°. 

Ce missel fut donné à Notre-Dame de Paris, en 1426, 



70 XIV SIÈCLE 

par Olivier de l'Empire et Gérard Morel, prêtre, chapelain 
de Notre-Dame. 

Fol. 138 ter. A gauche, le Christ en croix, entre la Vierge et 

saint Jean. Deux anges recueillent le sang qui coule des plaies 

des mains. — A droite, Dieu le père assis sur le trône, bénissant et 

tenant le monde. Aux quatre angles, les attributs des évangélistes. 

Les deux tableaux sont encadrés d'une bordure tricolore, 

Arsenal, ms. 622. — Vitrine A, n" 3, 

220. MISSEL DE SAINT-LOUIS DE POISSY. — XIV^ siècle. 

Le calendrier contient les obits de Philippe-le-Bel, 
de sa femme, de Louis X et de Charles de Valois, père 
de Philippe VI. 

Fol. 148 F. A gauche, le Christ en croix, entre la Vierge et 
saint Jean. A droite, le Christ tenant le monde et bénissant, en- 
touré des attributs des quatre évangélistes. Ces peintures exécu- 
tées dans la seconde moitié du xiv' siècle ont été retouchées dans 
certaines parties à l'extrême fin du xv" siècle. C'est de cette der- 
nière époque que datent les médaillons des angles, les nimbes et 
les rehauts d'or des robes de la Vierge et de saint Jean. 

Arsenal, ms. 608. — Vitrine A, n" 4. 

221. LA SOMME LE ROI. — Commencement du XI V^ siècle. 

Volume écrit par Lambert le Petit, en 131 1, pour 
Jeanne, comtesse d'Eu et de Guines. 

Fol. 1-2. A gauche, Jeanne, comtesse d'Eu et de Guines, age- 
nouillée et priant devant la Vierge tenant l'Enfant ; aux quatre an- 
gles du tableau, les armes de la comtesse de Guines. — A droite, 
le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Un ange dans une 
nuée recueille le sang coulant du côté. 

Ce portrait de Jeanne d'Eu a été publié et étudié récemment 
(Voir Henry Martin, Notes pour un « Corpus iconum » du moyen-âge., 
dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France., 7* série, 
t. I" (1902), p. 23-51). 

Arsenal, ms. 6329. — Vitrine A, n» 5. 

222. MISSEL DE SAINT-MAGLOIRE DE PARIS. — X1V« au 

XV' siècle. 

Ce missel fut donné à Saint-Magloire, en 1412, paj 



XVI'et XV SIÈCLE 71 



Jehan de la Croix, conseiller et maître des comptes du 
roi, et damoiselle Jehanne la Coquatrixe, sa femme. 

Fol. 213 B. A gauche, le Christ en croix entre les deux larrons. 
Le soldat perce le côté du Christ avec la lance ; auprès de lui, 
la Vierge, soutenue par saint Jean ; derrière eux, les saintes femmes. 
Du côté opposé, le centurion, soldats et juifs. Dans le ciel, la lune 
et le soleil ; un ange recueille le sang du Christ ; un diable emporte 
l'âme du mauvais larron, un ange reçoit l'âme du bon larron. — A 
droite. Dieu le père, coiffé de la tiare, assis sur un trône avec dais, 
bénissant et tenant le monde ; aux quatre angles, les évangélistes 
avec leurs attributs. 

Arsenal, ms. 623. — Vitrine A, n" 6. 

223. BRÉVIAIRE DE RENÉ 11 DE LORRAINE. — Fin du XV' 

siècle. 

Ce manuscrit, longtemps appelé Psautier du roi René, 
contient 14 miniatures. 

Fol. 44. Joueurs d'instruments, avec deux bannières aux armes 
de Lorraine. 

Arsenal, ms. 601. — Vitrine B, n" i. 

224. MIROIR HISTORIAL DE VINCENT DE BEAUVAIS, 

traduit en français par Jean du Vignai. — XIV' siècle. 

Tome II d'un exemplaire en quatre volumes. Le 
tome I est conservé à la Bibliothèque de Leyde. Les 
tomes III et IV n'ont pas été retrouvés. 

Exemplaire du roi Jean, dont la signature est à la fin 
du volume. 

Le manuscrit contient 450 miniatures. 

Fol. 115. L'Empereur Domitien sur son trône, dictant une lettre 
où il se donne le titre de dieu. Autour de lui sont disposés des mi- 
roirs pour surveiller ce qui se faisait derrière lui. 

Dans la petite miniature du feuillet de gauche, chiens déterrant 
le cadavre d'un mathématicien mis à mort sur l'ordre de Domi- 
tien. 

Arsenal, ms, "^oSo. — Vitrine B, n° 2. 

225. LE LIVRE DES DOUZE PÉRILS D'ENFER, par Robert 

Blondel. — XV* siècle. 

Fol. I. L'auteur, Robert Blondel, à genoux, présentant son 



72 XIV et XV SIÈCLE 



livre à Marie d'Anjou, femme de Charles VII, entourée de ses 
dames d'honneur. 

La licorne, le chiffre et les armes qui se voient dans l'encadre- 
ment, ont été ajoutés après coup, quand le volume se trouvait entre 
les mains de Catherine de Coëtivy, bâtarde de Charles VII et 
femme d'Antoine de Chource. 

Bernard de Montfaucon, qui a fait graver cette peinture, cite le 
manuscrit comme appartenant à M. d'Aigrefeuille, président en 
la Cour des comptes de Montpellier. Le volume est aujourd'hui 
relié aux armes de Condé. 

Arsenal, ms. 5207. — Vitrine B, n" 3. 

226. INITIATOIRE INSTRUCTION EN LA RELIGION 

CHRESTIENNE POUR LES ENFFANS. — Volume 
exécuté vers 1527. 

Fol. I. Henri d'Albret, grand-père du roi Henri IV, cueillant 
une marguerite. Au-dessous de lui, ses armes peintes, et au-des- 
sous des armes, sur une banderole, les mots : « Inveni unam pre- 
ciosam margaritam quam intimo corde collegi. » 

Sur l'autre page, les armes de Henri d'Albret et de Marguerite 
de Valois, et au-dessous, les marguerites, emblème de la prin- 
cesse. 

Arsenal, ms. 5096. — Vitrine B, n" 4. 

227. LE LIVRE DU GOUVERNEMENT DES PRINCES, par 

Gilles de Rome. — XV' au XVl' siècle. 

Manuscrit exécuté probablement pour Robert Stuart, 
comte de Beaumont-le-Roger, dit le maréchal d'Aubigny, 
maréchal de France en 151 5, mort en 1543. 

Fol. 149"°. Vue d'une rue, avec boutiques. A droite, un mar- 
chand de gâteaux, de sucre, de liqueurs, etc., à l'enseigne : Bon 
Ipocras\ plus loin un barbier, puis des marchands d'étoffes. A 
gauche, deux tailleurs d'habits assis les jambes croisées. 
Arsenal, ms. 5062. — Vitrine B, n" 5. 

228. PSAUTIER FRANÇAIS DE CLAUDE GOUFFIER, 

marquis de Boissy, grand écuyer de France, duc de Roannais, 
mort en 1570. — XVI' Siècle. 

Fol. 18"°. Divers épisodes de la vie de David. En haut du 
tableau, les armes et le chiffre de Claude Gouffier ; en bas, sa devise : 
« Hic terminus haeret ». 

Arsenal, ms. 5095. — Vitrine B, n" 6. 



XV et XVI* SIÈCLE 



73 



229. LIVRE D'HEURES DE CLAUDE 1" DUC DE LOR- 

RAINE. — XV1« siècle. 

Le volufîie, qui est du commencement du xvr siècle, a 
reçu après coup les armes du duc de Lorraine. Vers le 
milieu du siècle, il fut ajouté plusieurs cahiers au livre 
d'heures. La peinture exposée fait partie de ces cahiers 
ajoutés. 

Fol. 91'°. Episode de la Passion. La prière du Christ et les 
apôtres endormis. Au premier plan, saint Pierre dormant, puis 
saint Jean l'évangéliste et saint Jacques le Majeur. Dans le fond, 
la troupe des soldats pénétrant dans le jardin des Oliviers. Tout à 
fait au dernier plan, Jérusalem. 

On a voulu rapprocher cette peinture de certaines œuvres de 
Jean Cousin. 

Arsenal, ms. 654. — Vitrine B, n" 7. 

230. PRIVILÈGES DU COLLEGE DES NOTAIRES ET 

SECRÉTAIRES DU ROI. — XVI siècle. 

Fol. 2^°. Intérieur de la salle du collège des notaires et secré- 
taires du roi. 

Arsenal, ms. 5169. — Vitrine B, n" 8. 

23i. LIVRE D'HEURES DE PARIS. — XV^ siècle. 

Fol. 30. Tableau central : L'Annonciation. Dans les tableaux de 
l'encadrement : la conception de la Vierge, la naissance de la 
Vierge, la consécration de la Vierge au Temple, la Vierge tissant, 
le mariage de la Vierge, l'annonce aux bergers. 
Arsenal, ms. 646. — Vitrine C, n" i. 

232. LIVRE D'HEURES enluminé par JEAN DE MONTLUÇON. 

— Fin du XV' siècle. 

Fol. 74. Le mariage de la Vierge et de saint Joseph. La signa- 
ture du peintre se voit sur la bordure du vêtement du grand- 
prêtre officiant : « Johannes de Montelucio me pinxit ». 
Arsenal, ms. 438. — Vitrine C, n» 3. 

233. LIVRE D'HEURES DE PARIS. — XV' siècle. 

Fol. ()2''". Le couronnement de la Vierge. 
Arsenal, ms. 1197. Vitrine C, n''3. 



74 XV' et XVI' SIÈCLE 



234. LIVRE D'HEURES DE PARIS. — XV' siècle. 

Fol. 28. L'Annonciation. Dans les petits tableaux de l'encadre- 
ment : la conception de la Vierge, la naissance de la Vierge, le 
mariage de la Vierge. 

Arsenal, ms. 1192. — Vitrine C, n" 4. 

235. LIVRE D'HEURES DE REIMS.— XV' siècle. 

Volume écrit par Mariette, femme de Person l'Es- 
cripvain. 

Fol. 65. Un enterrement. Au fond, à gauche, un charnier plein 
de têtes de morts. Au-dessus, un ange dispute à un diable l'âme 
du défunt qui s'élance vers Dieu. 

Arsenal, ms. 1189. — Vitrine C, n" 5. 

236. ÉVANGÉLIAIRE D'AMIENS. — Commencement du XVI' 

siècle. 

Ce volume fut donné, en même temps qu'un Epistolaire, à 
l'église Saint-Firmin-au-Val d'Amiens, en 1505, par sire Antoine 
Clabault, maieur d'Amiens. 

Fol. 151. Grand tableau : la naissance de saint Jean-Baptiste. 
Dans le fond, une servante fait chauffer un linge pour l'enfant. 
Au-dessus de sa tête, un lustre d'une grande élégance. — Dans les 
tableaux de l'encadrement, on voit : en haut, l'ange parlant à 
Zacharie dans le Saint des saints ; au-dessous, la fille d'Hérodiade 
présentant à Hérode et à sa mère la tête de Jean-Baptiste ; au-des- 
sous encore, I3 fille d'Hérodiade recevant des mains du bourreau 
la tête de Jean-Baptiste sur un plateau. 

Arsenal, ms. 661. — Vitrine C, n" 6. 

237. LIVRE D'HEURES DE VANNES. — XV' siècle. 

Ce manuscrit a appartenu au P. de La Chaise, confes- 
seur du roi Louis XIV. 

Fol. 25. Le baiser de Judas. — La Trinité. 
Arsenal, ms. 616. — Vitrine C, n" 7. 

238 LIVRE D'HEURES. — XV' siècle. 

Fol. 49"° . Famille en adoration devant de Saint-Sacrement. 
Derrière le chef de famille, cinq hommes ou jeunes gens. De l'au- 
tre côté, sept femmes ou jeunes filles agenouillées. Il semble bien 



XV« et X'VI* SIÈCLE 75 



que ce sont là des portraits, mais le manuscrit ne contient ni armes, 
ni marques de possession. 

Arsenal, ms. 652. — Vitrine C, n" 8. 

239. LIVRE D'HEURES D'UN COMTE DE VENDOME, 

attribué à l'Ecole de Jean Bourdichon. — Fin du XV' siècle. 

Fol. 24. A gauche, trois prophètes. — A droite, l'Annonciation. 
Au-dessous, les armes du comte de Vendôme, avec la devise : 
Bien ay causé^ et le chififre A. L. F. 

Arsenal, ms. 417. — Vitrine C, n" 9. 

240. LIVRE D'HEURES DE ROUEN, — XV siècle. 

Fol. 60^° . Les Noces de Cana. 
Arsenal, ms. 562. — Vitrine C, n" 10. 

241. LIVRE D'HEURES DE JEANNE DE FRANCE, fille de 

Louis XI et première femme de Louis XI 1. — XV' au XVI" 

siècle. 

Fol. 27. A droite, l'Annonciation. — A gauche, portrait age- 
nouillé de Jeanne de France (la bienheureuse Jeanne de Valois). 
En haut du cadre, les armes de France. Sur l'écusson posé devant 
le prie-dieu et aussi dans l'encadrement, les lettres I. M., initiales 
du nom que la princesse avait adopté après son divorce, Jehanne 
Marienne. Jeanne de France, divorcée le 12 décembre 1498, mou- 
rut le 4 février 15013. De 1498 à 1505, cette princesse vécut à 
Bourges, où elle fonda l'ordre des Annonciades. C'est à cette 
époque qu'à été faite cette peinture. Le portrait de Jeanne de 
France a été publié et étudié récemment. (Voir Henry Martin, 
Notes pour un « Corpus iconum » du moyen âge^ dans Mémoires 
la Société des Antiquaires de France^ 7° série, t. P'"(i902), p. 23-51). 

Arsenal, ms. 644. — Vitrine C, n" 11. 



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Exposition des primitifs français au Pal 




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